Le Vietnam, bouc émissaire, de la guerre commerciale sino-américaine

Les derniers PMI le confirment, l’Asie résiste aux pressions commerciales. Et pour cause, la pause de 90 jours des hausses de tarifs annoncées le 2 avril en a, jusqu’à présent, différé l’essentiel des effets de la guerre commerciale. En Chine, les différentes mesures du climat des affaires se sont améliorées en juin, tout comme les enquêtes manufacturières de la plupart des pays d’Asie : Corée, Inde, Japon, Philippines, Malaysie ou Thailande.
Ce n’est pas le cas au Vietnam, où le PMI manufacturier a reculé d’un point, à 48,9. Le pays, en ligne de mire de l’administration américaine, est parvenu à conclure un accord commercial avec les Etats-Unis pour échapper aux droits de 46 % annoncés le 2 avril. Il s’en tire néanmoins avec une surtaxe de 20 % sur ses ventes à destination des Etats-Unis. La pillule est amère pour une économie dont 30 % des exportations ont pour destination la première économie mondiale et représentent presque autant de son PIB. Elle risque de passer d’autant plus mal que les Américains ont instauré une surtaxe de 20 % additionnelle aux ventes de produits d’origine étrangère par le Vietnam. La mesure, qui vise directement les tentatives de contournement des taxes américaines par les entreprises chinoises, devrait finir par impacter ces dernières et par peser d’autant plus sur l’économie vietnamienne.

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Le risque d’un effet cocotte-minute sur les prix américains

Insensible aux tergiversations sur les droits de douanes, l’indicateur des prix payés de l’ISM manufacturier campe pour le quatrième mois consécutif sur de très hauts niveaux, entre 69 et 70 (69,7 en juin). Les moratoires, accords, délais sur la mise en place des droits de douane ne changent donc pas fondamentalement la perception du contexte inflationniste des directeurs d’achats. L’équivalent S&P des PMI ne dit d’ailleurs rien d’autre, pire, il suggère une forte accélération des prix facturés au cours du mois écoulé. Le risque est, dès lors, limpide : même en cas de nouvelle reculade de D.Trump, les prix à la consommation risquent de fortement accélérer au second semestre, malgré leur surprenante inertie des derniers mois.

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Réussite italienne, à quel point ?

C’est bien connu, l’herbe est, toujours, plus verte ailleurs, surtout vu de France. C’est le message que nous renvoient de manière récurrente les analyses sur les performances économiques italiennes ces derniers temps, lesquelles sont souvent l’occasion de passer au pilori celles de sa voisine. Tour à tour, on y apprend :
– Que l’activité à l’exportation est en bien meilleure posture que celle de l’Hexagone.
– Que, notamment dopé par cette vigueur retrouvée sur le front du commerce extérieur, le PIB par tête italien a rejoint celui de la France et le taux de chômage ses plus bas historiques.
– Que l’Italie aurait su faire des prouesses budgétaires que la France est incapable de mener à bien, en témoigne la stabilisation de sa dette publique à 135 % du PIB l’an dernier, son niveau d’avant covid, après une envolée à 154 % en 2020, et l’écrasement persistant des spreads de taux italo-français de ces derniers mois.
Un ensemble dont il découle, forcément, un satisfecit quant à la politique menée par G. Meloni depuis son accession au pouvoir en octobre 2022.
Aucun de ces constats n’est totalement faux. Que la France fasse moins bien que la botte est sans doute un sujet pour la fierté hexagonale, à moins de se réjouir que le pays le plus mal en point des fondateurs de l’Europe depuis la création de la monnaie unique parvienne, enfin, à sortir la tête de l’eau, grâce notamment au changement de cap de la politique européenne à son égard et aux initiatives qui ont suivi. Encore faudrait-il que les faits valident les dires. Or, le diagnostic italien n’a rien d’exceptionnel, certainement pas en comparaison d’autres pays du sud, ni, même, par rapport à son voisin français, si mal en point qu’il soit. Alors, quelle est la part d’exactitude, de réels progrès et d’espoirs que l’Italie s’en sorte mieux dorénavant, voire d’éventuelles leçons que l’Hexagone pourrait retirer de l’expérience italienne ?

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L’industrie allemande fait son retour et referme la porte de la récession

Au premier trimestre, le PIB allemand a progressé de 0,4 %, contre 0,2 % en première estimation. Hors variations de stocks, la hausse a été plus impressionnante encore, de 1,2 %, quand bien même ce résultat fait suite à un deuxième semestre 2024 très dégradé. A l’exception de la consommation publique et, donc, des stocks, toutes les composantes du PIB ont progressé, à des rythmes, parfois, rarement observés depuis plusieurs années.
De même, l’industrie, quoique toujours très en difficulté, retrouve un peu de son rôle moteur. Une tendance que les initiatives publiques du chancelier Merz ont tout lieu d’accentuer. La probabilité d’une reprise allemande gagne incontestablement du terrain.

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Le Japon remporte le prix de l’inflation la plus forte du monde développé en avril

Comme le laissaient entendre les données de la région de Tokyo, avril est resté caractérisé par une inflation élevée au Japon, de 3,6 %, comme en mars, malgré une hausse des prix limitée, de seulement 0,1 % d’un mois sur l’autre. Cela fait maintenant un semestre que le Japon, naguère en déflation chronique, affiche la plus forte inflation des grands pays développés.
Enflés par le doublement des prix du riz sur un an, les prix des aliments transformés ont dopé l’inflation hors produits frais, considérée comme la principale mesure « sous-jacente » par la banque centrale. Celle-ci a atteint 3,5 %, son plus haut niveau depuis janvier 2023. Suffisant pour que la BoJ renoue avec ses hausses de taux directeurs ? Pas si simple malgré les tensions renouvelées sur les taux à très long terme du pays. Une fois l’intégralité de l’alimentation et de l’énergie, retranchée, les hausses de prix restent contenues, de 1,6 % seulement au cours des douze derniers mois. La BoJ peut-elle encore se réfugier derrière ces chiffres ? Le jeu semble de plus en plus périlleux.

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Fuite en avant budgétaire aux Etats-Unis

Après l’échec du DOGE et la volte-face sur les droits de douane, voilà le troisième volet du programme de D. Trump sur le devant de la scène : le budget fédéral, en ce moment en discussion au Congrès. Il n’est pas garanti que les résultats, en termes économiques, soient bien meilleurs. Le programme des républicains qui fait de la baisse des impôts une priorité absolue est très loin d’être équilibré en dépit de coupes drastiques des prestations sociales. Dès lors, ce budget :
– Est profondément inégalitaire, promettant de creuser davantage le fossé entre les différentes couches de la population américaine.
– Est largement déficitaire et pourrait l’être davantage si certaines économies sont abandonnées : les républicains, avec une assez courte majorité à la chambre des représentants, n’ont pas forcément tous les moyens de leurs ambitions.
– Promet une envolée de la dette publique dont les marchés ont commencé à acter les conséquences, avec une envolée des taux de financement à long terme et une baisse du dollar.
Nous synthétisons ici les principaux aspects de ce programme budgétaire et les chiffrages à ce stade disponibles.

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Porteur pour l’industrie, l’effort de défense nuit-il aux services en Europe ?

En mai, plus encore qu’en avril, les climats des affaires composites ne permettent pas vraiment de tirer des conclusions définitives sur l’activité européenne. En France, les PMI remontent mais les indicateurs INSEE reculent. A l’inverse, en Allemagne, les indicateurs S&P refluent, tandis que l’IFO regagne du terrain.
Dans le détail, cependant, les retours en provenance de l’industrie confirment l’amélioration déjà amorcée depuis quelques mois (voir Les économies européennes sur le bon pied en début d’année), à rebours des craintes suscitées par la guerre commerciale américaine et après cinq ans de crise. Les services sont nettement plus à la peine. Pour la première fois depuis début 2022, le PMI manufacturier européen est, ainsi, repassé au-dessus de celui du tertiaire, un phénomène généralement constaté en début de cycle de reprise. Pour l’heure, nous n’en sommes pas là : l’ensemble reste morose et particulièrement fragile. Si les récentes initiatives européennes semblent porter quelques fruits, la détérioration des perspectives tertiaires menace d’en confisquer les retombées, notamment pour les consommateurs.

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Les facteurs de déflation s’accumulent en Chine, la PBOC baisse ses taux

La Banque centrale chinoise a réduit son taux préférentiel des prêts à un an de 3,1 % à 3,0 % aujourd’hui et le taux des prêts à 5 ans de 3,6 % à 3,5 %. Il y a deux semaines elle avait, déjà, abaissé son taux de repo inversé à 7 jours de 10 points de base et les exigences de réserves obligatoires de 50 points de base. Alors que la crise immobilière persiste et que les effets déflationnistes de la guerre commerciale sont amplifiés par la hausse du yuan contre dollar, la situation est critique pour l’Empire du Milieu, quand bien même, à ce stade, le protectionnisme américain n’a pas d’effets notables sur l’activité. La PBOC pourrait ne pas en avoir fini avec les mesures d’assouplissement monétaire, en particulier si le dollar venait à s’effriter davantage.

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