La BoJ contrainte de reculer sur l’inflation ?

Au premier trimestre, le PIB japonais a reculé de 0,2 %, après une progression de 0,6 % en fin d’année dernière. Pour l’heure, la croissance, sur un an, est sauvée grâce au deuxième trimestre 2024 exceptionnel et atteint 1,6 %. Reste que 2025 commence assez mal pour l’économie japonaise, en raison notamment d’une dégradation aux causes multiples sur le front du commerce extérieur.
De mauvaises données des comptes nationaux appelleraient une politique monétaire moins restrictive et, en l’occurrence, une pause dans les hausses des taux de la BoJ. Deux éléments nuancent cette interprétation :
– Les mauvaises données du commerce extérieur concernent plus les échanges de services que ceux des biens, ce qui rend la lecture en terme de compétitivité des entreprises et de taux de change moins aisée.
– Le déflateur de la consommation s’est envolé de 1,5 % au premier trimestre par rapport au précédent, sa plus forte hausse en dix ans et les derniers retours sur l’inflation ne sont pas bons ce printemps, ce qui a de quoi préoccuper la BoJ, en particulier s’agissant des perspectives de consommation, stagnante depuis deux trimestres.
Toutes choses égales par ailleurs, la BoJ pourrait donc justifier d’une poursuite de ses hausses de taux, en raison de l’environnement de prix. Pour autant, les droits de douane américains compliquent, encore, sa tâche.

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« Deux poupées au lieu de trente » les américains ont reçu le message

Plutôt qu’un emballement à la hausse des prix et à la baisse de l’activité, les droits de douane américains atteignent l’économie par petites touches., de sorte que leurs effets paraissent, à première vue, flous, parfois indolores, voire contre-intuitifs. Ainsi, les ventes de détail se sont maintenues, la production manufacturière a reculé légèrement et, surtout, les prix à la production ont baissé, dans la foulée de CPI plutôt rassurants, alors même que les droits de douane laissaient entendre une nouvelle jambe d’inflation.

Pour autant, les mouvements en présence sont loin d’être uniformes, et le tableau qui se dessine n’est pas des plus rassurants : face aux signes d’accélération des prix des biens, les ménages semblent avoir rogné sur leurs dépenses non essentielles, ce qui a contribué à la baisse des prix dans certains secteurs, notamment dans les services.

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Moins de pressions inflationnistes….pauvre J.Powell

Les tarifs annoncés le 2 avril n’ont, pour l’heure, pas bouleversé l’environnement de prix américains. En effet, le CPI a augmenté de 0,2 % en avril, tout comme sa composante sous-jacente. Sur un an, l’inflation a baissé d’un dixième de point, à 2,3 %, tandis qu’elle est restée stable une fois retranchée de ses composantes « alimentaire » et « énergie », à 2,8 %.

Les détails sectoriels ne montrent pas, non plus, de distorsions imputables à la politique commerciale américaine. L’habillement ou les biens de transport ont même vu leurs prix reculer sur un mois. Idem pour les services de loisirs ou de communication, sur fond de déprime de la demande et de baisse de 0,1 % des revenus réels.

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Et maintenant, c’est quoi le programme, l’Amérique renonce à se libérer ?

Après un mois d’avril sous le signe de l’escalade dans la guerre commerciale, le mois de mai est marqué par une relative détente entre les Etats-Unis et la Chine. Supérieurs à 100 % des deux côtés, les droits de douane sont, grâce à un accord conclu ce lundi matin, ramenés à 10 % pour les produits américains entrant en Chine et à 30 % pour les biens chinois entrants aux Etats-Unis. Cet accord n’est pas définitif mais marque une trêve de 90 jours, censée, donc, arriver à terme mi-août, un mois après la pause des tarifs à l’égard du reste du monde annoncée le 9 avril.
Il permet de mettre à l’écart les menaces les plus importantes induites par l’escalade de la guerre commerciale sino-américaine de ces dernières semaines et a, sans surprise, été salué par les marchés mondiaux : en Chine, avec une progression de 0,8 % de l’indice Shanghai et de 1,7 % de celui de Shenzhen et aux Etats-Unis, avec une hausse de plus de 3 % du S&P 500 et de plus de 4 % du Nasdaq composite. Le dollar, de son côté, s’est adjugé un rebond de 1,6 %, l’euro retombant sous le niveau de 1,11$ qu’il n’avait plus connu depuis le 2 avril. Si l’objectif était l’apaisement, le pari est réussi, tout au moins, ce lundi. S’il s’agissait de rendre la politique américaine plus lisible, on est encore loin du compte.

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L’économie « made by D. Trump » : une première contraction du PIB américain…

… A priori pas la dernière. D.Trump veut imprimer sa marque sur les Etats-Unis, voilà qui est fait. Le PIB américain a reculé de 0,3 % en rythme annualisé (r.a.) au premier trimestre, soit une baisse minime, de 0,1 % selon la lecture communément admise en Europe. Ce que les comptes nationaux recouvrent n’est toutefois guère rassurant. les entreprises américaines ont massivement importé pour stocker et ont anticipé leurs investissements, essentiellement informatiques, en prévision des hausses de droits de douane. Les ménages n’ont pas eu ce loisir et ont finalement peu devancé l’appel, contrairement à ce que pouvaient laisser penser les ventes de détail. La consommation n’a augmenté que de 1,8 % r.a. au premier trimestre, sa plus faible hausse depuis le printemps 2023. Enfin, sous l’effet du DOGE, les dépenses publiques ont baissé pour la première fois depuis près de trois ans.
Les hausses de prix ont, par ailleurs, nettement accéléré au premier trimestre, que ce soient celles du PIB, de 3,7 % r.a., ou des dépenses de consommation, de 3,6 % r.a, après une fin d’année dernière dans la région des 2 %. Difficile, pour le coup, d’attribuer ces hausses aux droits de douane, dont les effets seront plus visibles à partir d’avril. Il sera compliqué pour la Fed de faire abstraction de cette mauvaise publication, même après les données assagies du mois de mars, au cours duquel les prix PCE ont stagné, tant que les taxes prohibitives sur les importations chinoises seront maintenues.

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Le rebond du PIB de la zone euro laisse la France de côté

En zone euro, le PIB réel du premier trimestre a progressé de 0,4 %, après 0,2 % en fin d’année dernière, en nette amélioration donc quand bien même ces données sont biaisées par la contribution exceptionnelle de l’Irlande sans laquelle la croissance a atteint 0,2 %, après 0,1 %. Quoi qu’il en soit, l’UEM commence l’année avec un acquis de 0,8 %, égal à la croissance de l’ensemble de l’année dernière, quand bien même les prochains trimestres s’annoncent difficiles en raison des répercussions de la guerre commerciale américaine.
Parmi les principaux pays, l’Allemagne récupère 0,2 % de croissance, après une contraction de même ampleur. Selon DESTATIS, la consommation des ménages et l’investissement expliqueraient cette amélioration.  La croissance italienne a accéléré, à 0,3 % après 0,4 %, tandis que le PIB espagnol a ralenti, avec une hausse de 0,6 %, contre 0,7 % fin 2024.

Au milieu de ce tableau, plutôt bienvenu, la France fait figure d’exception, avec une croissance minimale, de 0,1 % après une baisse de même ampleur au dernier trimestre 2024. Surtout, les stocks ont contribué à hauteur de 0,5 point à la hausse du premier trimestre, de sorte que sans ces derniers, le PIB ressort en baisse de -0,4 %, sa plus mauvaise performance depuis quatre ans.

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D. Trump : une récession américaine en moins de 100 jours !

Les données de la semaine dernière avaient plutôt rassuré. PMI, ventes de détail, production industrielle et commandes de biens durables s’étaient plus ou moins maintenus, laissant entendre que les effets des droits de douane étaient, si ce n’est négligeables, du moins reportés dans le temps, peut-être, d’ici là, édulcorés par une volte-face de D. Trump sur les mesures tarifaires, comme il le laissait entendre… Les témoignages de ces derniers jours ne sont plus du même tonneau : effondrement des flux commerciaux sino-américains, blocage de l’activité portuaire et rayons de commerces vides ont commencé à occuper les Unes des médias. En l’absence d’informations précises, le diagnostic restait, néanmoins, en suspens. Les données de ces tout derniers jours lèvent les doutes. La chute des ISM régionaux, le nouveau record de déficit commercial et l’effondrement de la confiance des ménages sont suffisamment marqués pour conclure, qu’au-delà des incertitudes relatives aux transactions exceptionnelles d’or en début d’année sur le chiffrage du PIB du premier trimestre qui sera publié demain, l’économie américaine semble bel et bien avoir entamé une récession courant avril. Le diagnostic posé, les marchés s’ajustent : chute des taux d’intérêt et des prix des matières premières sauvent les indices américains, les investisseurs semblant laisser de côté, pour l’instant, ce que signifie ce diagnostic pour les perspectives de résultats des entreprises américaines…

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Les ménages européens broient du noir sur fond d’inquiétudes sur l’inflation

Inquiets sur les perspectives économiques, le chômage, l’inflation et leur situation financière, les ménages européens ne sont pas loin d’être aussi préoccupés par les développements récents que les Américains, à en juger par les résultats des enquêtes de la Commission publiés ce matin. Alors que ces derniers ne disent pas grand-chose de nouveau sur l’évolution du sentiment des entreprises, un peu plus en berne que le mois dernier dans l’industrie et les services…, les retours en provenance des ménages interpellent. L’indicateur de confiance des ménages a perdu plus de deux points ce mois-ci, soit sa plus forte baisse mensuelle hors période covid depuis 2011. Contrairement aux tendances récentes observées sur le front des prix, les ménages témoignent d’inquiétudes croissantes sur les perspectives d’inflation. Est-ce la raison pour laquelle ils se montrent aussi réservés sur les autres aspects de la conjoncture à venir ? Entre les tensions géopolitiques et la chute des marchés, les explications ne manquent pas. Toujours est-il que leur faible niveau de confiance résonne comme un avertissement sur les perspectives conjoncturelles de la région. A bon entendeur…

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