Fuite en avant budgétaire aux Etats-Unis

Après l’échec du DOGE et la volte-face sur les droits de douane, voilà le troisième volet du programme de D. Trump sur le devant de la scène : le budget fédéral, en ce moment en discussion au Congrès. Il n’est pas garanti que les résultats, en termes économiques, soient bien meilleurs. Le programme des républicains qui fait de la baisse des impôts une priorité absolue est très loin d’être équilibré en dépit de coupes drastiques des prestations sociales. Dès lors, ce budget :
– Est profondément inégalitaire, promettant de creuser davantage le fossé entre les différentes couches de la population américaine.
– Est largement déficitaire et pourrait l’être davantage si certaines économies sont abandonnées : les républicains, avec une assez courte majorité à la chambre des représentants, n’ont pas forcément tous les moyens de leurs ambitions.
– Promet une envolée de la dette publique dont les marchés ont commencé à acter les conséquences, avec une envolée des taux de financement à long terme et une baisse du dollar.
Nous synthétisons ici les principaux aspects de ce programme budgétaire et les chiffrages à ce stade disponibles.

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Porteur pour l’industrie, l’effort de défense nuit-il aux services en Europe ?

En mai, plus encore qu’en avril, les climats des affaires composites ne permettent pas vraiment de tirer des conclusions définitives sur l’activité européenne. En France, les PMI remontent mais les indicateurs INSEE reculent. A l’inverse, en Allemagne, les indicateurs S&P refluent, tandis que l’IFO regagne du terrain.
Dans le détail, cependant, les retours en provenance de l’industrie confirment l’amélioration déjà amorcée depuis quelques mois (voir Les économies européennes sur le bon pied en début d’année), à rebours des craintes suscitées par la guerre commerciale américaine et après cinq ans de crise. Les services sont nettement plus à la peine. Pour la première fois depuis début 2022, le PMI manufacturier européen est, ainsi, repassé au-dessus de celui du tertiaire, un phénomène généralement constaté en début de cycle de reprise. Pour l’heure, nous n’en sommes pas là : l’ensemble reste morose et particulièrement fragile. Si les récentes initiatives européennes semblent porter quelques fruits, la détérioration des perspectives tertiaires menace d’en confisquer les retombées, notamment pour les consommateurs.

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Les facteurs de déflation s’accumulent en Chine, la PBOC baisse ses taux

La Banque centrale chinoise a réduit son taux préférentiel des prêts à un an de 3,1 % à 3,0 % aujourd’hui et le taux des prêts à 5 ans de 3,6 % à 3,5 %. Il y a deux semaines elle avait, déjà, abaissé son taux de repo inversé à 7 jours de 10 points de base et les exigences de réserves obligatoires de 50 points de base. Alors que la crise immobilière persiste et que les effets déflationnistes de la guerre commerciale sont amplifiés par la hausse du yuan contre dollar, la situation est critique pour l’Empire du Milieu, quand bien même, à ce stade, le protectionnisme américain n’a pas d’effets notables sur l’activité. La PBOC pourrait ne pas en avoir fini avec les mesures d’assouplissement monétaire, en particulier si le dollar venait à s’effriter davantage.

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La BoJ contrainte de reculer sur l’inflation ?

Au premier trimestre, le PIB japonais a reculé de 0,2 %, après une progression de 0,6 % en fin d’année dernière. Pour l’heure, la croissance, sur un an, est sauvée grâce au deuxième trimestre 2024 exceptionnel et atteint 1,6 %. Reste que 2025 commence assez mal pour l’économie japonaise, en raison notamment d’une dégradation aux causes multiples sur le front du commerce extérieur.
De mauvaises données des comptes nationaux appelleraient une politique monétaire moins restrictive et, en l’occurrence, une pause dans les hausses des taux de la BoJ. Deux éléments nuancent cette interprétation :
– Les mauvaises données du commerce extérieur concernent plus les échanges de services que ceux des biens, ce qui rend la lecture en terme de compétitivité des entreprises et de taux de change moins aisée.
– Le déflateur de la consommation s’est envolé de 1,5 % au premier trimestre par rapport au précédent, sa plus forte hausse en dix ans et les derniers retours sur l’inflation ne sont pas bons ce printemps, ce qui a de quoi préoccuper la BoJ, en particulier s’agissant des perspectives de consommation, stagnante depuis deux trimestres.
Toutes choses égales par ailleurs, la BoJ pourrait donc justifier d’une poursuite de ses hausses de taux, en raison de l’environnement de prix. Pour autant, les droits de douane américains compliquent, encore, sa tâche.

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« Deux poupées au lieu de trente » les américains ont reçu le message

Plutôt qu’un emballement à la hausse des prix et à la baisse de l’activité, les droits de douane américains atteignent l’économie par petites touches., de sorte que leurs effets paraissent, à première vue, flous, parfois indolores, voire contre-intuitifs. Ainsi, les ventes de détail se sont maintenues, la production manufacturière a reculé légèrement et, surtout, les prix à la production ont baissé, dans la foulée de CPI plutôt rassurants, alors même que les droits de douane laissaient entendre une nouvelle jambe d’inflation.

Pour autant, les mouvements en présence sont loin d’être uniformes, et le tableau qui se dessine n’est pas des plus rassurants : face aux signes d’accélération des prix des biens, les ménages semblent avoir rogné sur leurs dépenses non essentielles, ce qui a contribué à la baisse des prix dans certains secteurs, notamment dans les services.

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Moins de pressions inflationnistes….pauvre J.Powell

Les tarifs annoncés le 2 avril n’ont, pour l’heure, pas bouleversé l’environnement de prix américains. En effet, le CPI a augmenté de 0,2 % en avril, tout comme sa composante sous-jacente. Sur un an, l’inflation a baissé d’un dixième de point, à 2,3 %, tandis qu’elle est restée stable une fois retranchée de ses composantes « alimentaire » et « énergie », à 2,8 %.

Les détails sectoriels ne montrent pas, non plus, de distorsions imputables à la politique commerciale américaine. L’habillement ou les biens de transport ont même vu leurs prix reculer sur un mois. Idem pour les services de loisirs ou de communication, sur fond de déprime de la demande et de baisse de 0,1 % des revenus réels.

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Et maintenant, c’est quoi le programme, l’Amérique renonce à se libérer ?

Après un mois d’avril sous le signe de l’escalade dans la guerre commerciale, le mois de mai est marqué par une relative détente entre les Etats-Unis et la Chine. Supérieurs à 100 % des deux côtés, les droits de douane sont, grâce à un accord conclu ce lundi matin, ramenés à 10 % pour les produits américains entrant en Chine et à 30 % pour les biens chinois entrants aux Etats-Unis. Cet accord n’est pas définitif mais marque une trêve de 90 jours, censée, donc, arriver à terme mi-août, un mois après la pause des tarifs à l’égard du reste du monde annoncée le 9 avril.
Il permet de mettre à l’écart les menaces les plus importantes induites par l’escalade de la guerre commerciale sino-américaine de ces dernières semaines et a, sans surprise, été salué par les marchés mondiaux : en Chine, avec une progression de 0,8 % de l’indice Shanghai et de 1,7 % de celui de Shenzhen et aux Etats-Unis, avec une hausse de plus de 3 % du S&P 500 et de plus de 4 % du Nasdaq composite. Le dollar, de son côté, s’est adjugé un rebond de 1,6 %, l’euro retombant sous le niveau de 1,11$ qu’il n’avait plus connu depuis le 2 avril. Si l’objectif était l’apaisement, le pari est réussi, tout au moins, ce lundi. S’il s’agissait de rendre la politique américaine plus lisible, on est encore loin du compte.

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L’économie « made by D. Trump » : une première contraction du PIB américain…

… A priori pas la dernière. D.Trump veut imprimer sa marque sur les Etats-Unis, voilà qui est fait. Le PIB américain a reculé de 0,3 % en rythme annualisé (r.a.) au premier trimestre, soit une baisse minime, de 0,1 % selon la lecture communément admise en Europe. Ce que les comptes nationaux recouvrent n’est toutefois guère rassurant. les entreprises américaines ont massivement importé pour stocker et ont anticipé leurs investissements, essentiellement informatiques, en prévision des hausses de droits de douane. Les ménages n’ont pas eu ce loisir et ont finalement peu devancé l’appel, contrairement à ce que pouvaient laisser penser les ventes de détail. La consommation n’a augmenté que de 1,8 % r.a. au premier trimestre, sa plus faible hausse depuis le printemps 2023. Enfin, sous l’effet du DOGE, les dépenses publiques ont baissé pour la première fois depuis près de trois ans.
Les hausses de prix ont, par ailleurs, nettement accéléré au premier trimestre, que ce soient celles du PIB, de 3,7 % r.a., ou des dépenses de consommation, de 3,6 % r.a, après une fin d’année dernière dans la région des 2 %. Difficile, pour le coup, d’attribuer ces hausses aux droits de douane, dont les effets seront plus visibles à partir d’avril. Il sera compliqué pour la Fed de faire abstraction de cette mauvaise publication, même après les données assagies du mois de mars, au cours duquel les prix PCE ont stagné, tant que les taxes prohibitives sur les importations chinoises seront maintenues.

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