Résistance bienvenue pour les enquêtes INSEE et IFO

Après les PMI, plutôt corrects au vu des inquiétudes en présence, les retours des enquêtes INSEE et IFO d’avril sont encore meilleurs, avec des indicateurs stables, bien que toujours faibles, à respectivement 96 et 87. Si les niveaux en présence témoignent, toujours, d’une conjoncture morose, cette dernière ne s’est pas dégradée depuis l’emballement de la guerre commerciale. Comme pour les enquêtes S&P, les climats des affaires manufacturiers, notamment, semblent préservés. Les retours sur le plan des services sont en phase avec ceux de mars. A contrario, les consommateurs ne sont pas à la fête, le commerce de détail est le plus touché, des deux côtés du Rhin.
Le risque de dégradations plus nettes dans les mois à venir est, évidemment, présent. Cependant, même sur ce point, les perspectives vont plutôt dans le bon sens…

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L’inflation seule aurait suffi pour faire baisser les taux américains…

Après un début d’année inquiétant, l’inflation américaine montre de vrais signaux de ralentissement. Elle est passée de 2,8 % en février à 2,4 % en mars. Même chose pour l’inflation sous-jacente, en recul de trois dixièmes, à 2,8 %. En termes mensuels, les prix à la consommation ont même baissé de 0,1 %, pour la première fois depuis presque trois ans, sous l’effet combiné du ralentissement du CPI « cœur », à 0,1 % et de la baisse de 2,4 % des prix de l’énergie. En résumé, à l’exception de l’alimentaire, en hausse de 0,4 % sur un mois, les données du mois de mars sont d’un cru rarement égalé depuis la fin du covid….
Dans ce contexte, la Fed aurait clairement pu envisager de reprendre ses baisses de taux… Si seulement il n’y avait pas les initiaties ravageuses de D. Trump.

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Inflation industrielle aux USA, c’est parti !

Sous l’effet, très vraisemblablement, des hausses des droits de douane, l’indice des prix de l’ISM manufacturier a augmenté de 7 points en mars, après une hausse de même ampleur en février. Il s’établit, désormais à 69,4, son plus haut niveau depuis juin 2022. L’indicateur, très corrélé à l’évolution des prix à la production des biens, laisse donc peu de doutes : l’inflation redémarre dans l’industrie avec, à ce stade, des augmentations vraisemblables des PPI de 0,5 % par mois, soit 6 % en rythme annualisé.

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Inflation américaine, un sursis bienvenu, …avant les hausses de tarifs douaniers ?

L’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis a augmenté de 0,2 % en février, tout comme sa composante sous-jacente. L’inflation annuelle est passée de 3 % à 2,8 %. L’inflation hors énergie et alimentaire a baissé, elle aussi, de deux dixièmes, à 3,1 %. L’objectif de la Fed reste lointain, mais ces chiffres vont, incontestablement, dans la bonne direction, après ce qui apparaît comme une anomalie au mois de janvier.

Les principales composantes de l’inflation ont, par ailleurs, augmenté plus modérément que ces derniers mois, notamment dans les services, où leur hausse est de 0,3 %, soit de 4,2 % sur un an, leur plus faible variation annuelle depuis début 2022.
Reste maintenant les effets à venir des hausses de tarifs et de leur ampleur, domaine encore très incertain, auxquels s’ajouteront à partir du mois de mai des effets de base nettement moins favorables…

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Emploi US : pas folichon mais rien, a priori, en mesure pousser la Fed à changer de cap

Bonne nouvelle s’il en est, le rapport sur l’emploi américain n’est pas celui d’une économie en récession, même si, mieux vaut le rappeler, l’emploi n’est pas une variable avancée de la conjoncture. Avec 140 K créations de postes privés en février, la situation est plutôt meilleure qu’indiqué par les données de l’ADP de mercredi et meilleure que celle du mois de janvier, mois au cours duquel seulement 81 K emplois nets avaient été ajoutés. Le rapport est moins anodin dans le détail, avec notamment, un deuxième mois consécutif de destructions de postes dans les services professionnels et les loisirs et l’hôtellerie et un retour en territoire négatif du commerce de détail. On retrouve là les stigmates d’un tassement de la demande révélé ces dernières semaines. Le secteur gouvernemental dans sa globalité annonce 11K créations nettes de postes, la baisse de 10 K des emplois fédéraux ayant été compensée par une hausse des emplois des Etats et collectivité.

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Changement de cap de la politique allemande : les taux s’envolent, à juste titre

Une bonne nouvelle ne vient jamais seule. Ce qui se passe depuis le début de la semaine en Allemagne et en Europe en est une illustration. On aurait, bien entendu, préféré que l’Allemagne se réveille il y a dix ans et qu’elle fasse, alors, pour une bonne cause économique, ce qu’elle envisage aujourd’hui sous le coup de la menace géopolitique. Mieux vaut tard que jamais, néanmoins, tant le retard en matière d’investissement public de la première économie de l’Union européenne s’est accentué depuis la réunification. Pointé du doigt de longue date par la plupart des spécialistes, ce déficit d’investissement est responsable d’une sous-performance structurelle de productivité que, même les années de prospérité à l’exportation ne sont pas parvenues à effacer, d’autant plus difficiles à surmonter depuis que ce temps est dépassé.

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Ravalement de façade des indicateurs européens

En février, l’indicateur de confiance des ménages et des entreprises en zone euro a regagné un point, à 96,3, une bonne nouvelle a priori, renforcée par l’amélioration du climat des affaires de la France et de l’Allemagne, pays parmi les plus en difficulté de la région, au contraire de l’Italie et de l’Espagne. A y regarder de plus près, le bilan reste pourtant très mitigé. Si le rebond industriel est bienvenu, il concerne surtout les perspectives des industries allemandes, toujours très faibles et aujourd’hui menacées par les annonces de D. Trump. Les retours en provenance des services, qui ont jusqu’alors soutenu la croissance, sont nettement moins favorables, pointant notamment vers une forte détérioration des perspectives de demande et d’emplois, comme confirmé, en France, par les données de chômage du mois de janvier.
Dans le même temps, la détente monétaire a permis un rebond bienvenu des crédits aux ménages et aux entreprises. Ceux-ci ont progressé de respectivement 0,9 % et 1,6 % pour l’ensemble de la région, soit leur plus forte hausse depuis la mi-2023.
Le diagnostic en présence est donc, on ne peut plus, mitigé : en apparence, plutôt meilleur qu’au cours des tout derniers mois, il soulève bien des questions sur les tendances à venir, face, qui plus est, à la montagne d’incertitudes qui attendent l’Europe pour la suite de l’année.

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La conjoncture américaine prend une tournure fort contrariante

L’enquête PMI américaine de février montre un net recul. L’indicateur des services est ressorti en zone de contraction, à 49,7 après 52,9, pour la première fois depuis deux ans. Le climat des affaires composite, dont la chute a été amortie par la hausse du manufacturier, a perdu plus de deux points, à 50,4. L’incertitude politique, notamment concernant les baisses de dépenses fédérales, est, explicitement, pointée du doigt parmi les causes de la stagnation de la demande. Les indicateurs d’emploi du S&P se replient.

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