Vers une baisse des taux de la BoE, sans grande conviction sur la suite

La Banque d’Angleterre est restée très prudente jusqu’à présent et n’a abaissé ses taux directeurs qu’à deux reprises depuis août, contre cinq pour la BCE. Chaque baisse a, par ailleurs, été assortie d’une certaine retenue quant à la poursuite de l’assouplissement, tandis que chaque pause a été accompagnée d’une porte ouverte à une reprise des baisses. En décembre, la BoE avait laissé ses taux inchangés, face à une légère accélération de l’inflation, dont la composante sous-jacente s’est néanmoins repliée trois dixièmes le même mois, à 3,2 %, un plus bas (avec septembre) depuis l’embardée des prix post-covid. Les taux d’intérêt réels sont, par ailleurs, repassés au-dessus de ceux des Etats-Unis et les anticipations implicites d’inflation campent sur de bas niveaux depuis l’automne. L’ensemble devrait permettre à la BoE d’abaisser ses taux directeurs une nouvelle fois jeudi, de 4,75 % à 4,50 %, pour limiter une atonie prolongée de l’activité et, peut-être, prévenir une réappréciation trop rapide de la livre sterling. La BoE a tout lieu néanmoins de conserver un discours prudent sur la suite qu’elle donnera à sa politique monétaire, avant les mesures du budget 2025 qui seront introduites en avril, parmi lesquelles la revalorisation du salaire minimum.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

BMG janvier 2025 – La désinflation tire-t-elle à sa fin ?

Notre BMG continue de fluctuer autour de la zone neutre, pour s’établir à 0 en janvier, après révision en hausse de deux dixièmes, à 0,2, en décembre 2024. Quand bien même les climats des affaires et le commerce extérieur sont bien orientés, le contexte se dégrade sur le front de la consommation. Surtout, notre baromètre d’inflation témoigne d’un potentiel changement de tendance, avec un retour en zone neutre, à -0,1, son plus haut niveau depuis presque deux ans.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

« Wait and see » sur l’inflation en Europe et aux Etats-Unis

Des deux côtés de l’Atlantique, les données de prix publiées hier et aujourd’hui sont apparues en ralentissement ou, du moins, un peu plus en phase avec une inflation contenue :
– En zone euro au mois de janvier, l’inflation a accéléré en Espagne et en Belgique. Elle est, en revanche, restée très faible en France, à 1,4 % et, surtout, a franchement ralenti en Allemagne, à 2,3 % après 2,6 %.
– Aux Etats-Unis, l’inflation PCE s’est accélérée en décembre, passant de 2,4 % à 2,6 %. Néanmoins, pour le deuxième mois consécutif, l’évolution mensuelle des prix sous-jacents est restée compatible avec un retour à 2 %.
Dans un contexte hautement incertain sur les perspectives de prix, ces résultats rassurent plutôt. Sans être en mesure de faire évoluer significativement les anticipations de politique monétaire, ils chassent les risques d’un regain de tensions imminent.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Croissance américaine, le cadeau empoisonné de J. Biden à D. Trump

D. Trump, quoiqu’il en dise, aura du mal à faire mieux que son prédécesseur, dont le mandat a été marqué par une croissance du PIB de 13 % en quatre ans, à un rythme moyen de 3,2 %. Ironie du sort, ce succès lui revient en partie, en tout cas pour la première partie du mandat de son successeur qui ne pouvait que marcher dans les traces du plan de relance qu’il avait lui-même précédemment préparé, mais qui s’en souvient ?
J. Biden, s’il est parvenu a maintenir la croissance à flot depuis deux ans et demi commençait, à l’évidence, à manquer de moyens. L’impulsion donnée à l’investissement en 2022, essentiellement consommée, les bases de la croissance commençaient à s’étioler. Si le repli de l’inflation avait permis de stimuler la consommation des ménages, il ne restait plus grand-chose pour alimenter la machine, comme en témoignent les détails du PIB du dernier trimestre de son mandat, publiés aujourd’hui. La stratégie de D. Trump qui consiste pour beaucoup à démolir ce qui a été achevé ces quatre dernières années parviendra-t-elle à recréer les bases de nouvelles sources de croissance ? L’ambition est de taille.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les ailes de colombe de Mme Lagarde bel et bien ligotées par les faucons de la BCE

Super cool sur l’inflation dans son communiqué initial, la BCE apparaît, in fine, beaucoup plus réservée sur les perspectives, en particulier sur le front des services. Après avoir confirmé la baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, à 2,75 % pour le taux de dépôt, Mme Lagarde a quasiment mis à l’écart la probabilité d’une nouvelle baisse de ses taux au mois de mars dès sa réponse à la première question qui lui a été posée. La présidente de la BCE a souligné la nécessité d’avoir plus d’informations sur les tendances en cours avant d’aller plus loin dans le processus de baisse des taux, quand bien même ce dernier n’est probablement pas terminé : les conditions monétaires sont, en effet, jugées toujours restrictives et les taux encore supérieurs à ce qui serait la neutralité … même si ce diagnostic peut encore évoluer dans le futur ! En bref, les chances que la BCE aille là où les marchés l’attendent, sont malmenées.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

PIB français : l’effet glaciation de la crise politique

Attendu stable par l’INSEE et la Banque de France, après une hausse de 0,4 % à l’été, le PIB français s’est finalement contracté de 0,1 % au dernier trimestre 2024, en raison d’une contribution négative d’un dixième des variations de stocks et de deux dixièmes du commerce extérieur. Au final, sur l’ensemble de l’année, la révision à la hausse du deuxième trimestre a permis de sauvegarder une croissance moyenne de 1,1 %. L’impact négatif de la crise politique ne fait aucun doute sur l’origine des mauvais chiffres de fin d’année. L’économie française s’est littéralement figée au dernier trimestre, suspendue aux résultats de négociations budgétaires tumultueuses, assorties de menaces d’austérité, et victime des pénalités additionnelles en provenance d’une économie allemande en récession et du contrecoup des JO. L’ensemble est toutefois moins mauvais que redouté, en particulier sur le front de la consommation des ménages sur laquelle la désinflation produit quelques effets salvateurs, ainsi que souligné par ailleurs par les données mensuelles d’achats de biens. Le budget en discussion permettra-t-il de préserver cet atout ? C’est toute la question.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

D. Trump devrait féliciter la Fed dont la prudence fait refluer les taux, non l’inverse !

Le meilleur moyen de faire refluer les taux d’intérêt auxquels se financent les entreprises, les ménages et l’Etat américains n’est pas de baisser les taux directeurs de manière injustifiée mais, souvent, l’inverse. D. Trump gagnerait bien du temps et de l’énergie s’il acceptait cette vérité, on ne peut mieux illustrée par les développements monétaires des derniers mois. Rappel : le 18 septembre, la Fed surprend en versant d’un côté démesurément accommodant. Pour prévenir un risque conjoncturel qu’elle est à peu près la seule à redouter, elle baisse d’un demi-point ses taux directeurs de 5,50% à 5 % et annonce envisager de les ramener à 3,5 % d’ici fin 2025. Perçue comme trop conciliante à l’égard de l’inflation, son action pousse les taux longs en sens inverse de celui des Fed Funds : le rendement des T-Notes à 10 ans grimpe de 3,60 % le 18 septembre à 4,40 % à la veille du FOMC suivant. La Fed a fait un faux pas qui lui à couté sa crédibilité et les primes de terme se tendent d’autant plus que les menaces inflationnistes s’exacerbent à l’approche de la réélection de D. Trump. Son erreur la menace de perdre la main sur la formation des taux d’intérêt à terme, une issue hautement inconfortable qu’il lui faut corriger. C’est ce qu’elle a fait en décembre par un changement de discours complété de perspectives de baisses des Fed Funds drastiquement rabotées et ce qu’elle a réitéré cette semaine en fermant la porte à de nouvelles baisses de ses taux directeurs jusqu’à nouvel ordre, sans exclure la possibilité d’un nouveau resserrement : les taux à deux ans se sont, de fait, légèrement tendus, mais les taux à plus long terme, qui avaient stoppé leur ascension après le FOMC de décembre, se sont, à l’inverse, légèrement détendus, aidés par la dissipation des craintes relatives au protectionnisme de D. Trump depuis le 6 janvier.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Profil bas pour un président de la Fed sur un siège éjectable…

Le maintien des taux de la Fed à 4,25/4,5 % au terme du FOMC de cette semaine ne fait guère de doute. Dans un contexte de croissance soutenue, de récent raffermissement des créations d’emplois et d’incertitude persistante sur l’inflation future, le mini-cycle de baisses des taux directeurs de la Fed devrait prendre fin, tout au moins marquer une pause jusqu’à nouvel ordre. J. Powell en dira-t-il davantage sur la suite ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre