Industrie européenne, le soufflet retombe, mais l’amélioration est toujours en place

La production industrielle allemande, construction comprise, s’est contractée de 1,4 % au mois d’avril. Sa composante manufacturière a reculé davantage, de 1,8 %, après une hausse de 2,7 % en mars. L’équivalent français n’a pas fait beaucoup mieux : -0,6 % contre +0,5 % en mars et +1,4 % en février.
Le reflux, concomitant, des exportations de ces deux pays ne laisse guère de doute sur le phénomène à l’œuvre. Le rebond inédit des importations américaines en anticipation de la hausse des droits de douanes a dopé les échanges internationaux en même temps que la demande régionale, un temps. La normalisation en cours, actée par la baisse des de plus de 16 % des importations américaines en avril, joue donc à revers sur l’industrie mondiale. La reprise n’est pas enterrée pour autant, à en juger par la bonne tenue des commandes adressées à l’industrie allemande ou par celle des climats des affaires du mois de mai, toujours portés par les promesses budgétaires outre-Rhin.

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La BCE en mode pause, après la baisse de ce mois-ci

Le message est on ne peut plus clair : la BCE marquera une pause après la baisse de ses taux directeurs d’aujourd’hui, quand bien même elle a révisé de trois dixièmes à la baisse sa prévision d’inflation et n’a pas modifié son scénario de croissance, maintenu à 0,9 % malgré la bonne surprise d’une hausse de 0,3 % du PIB. Si Mme Lagarde n’utilise pas le terme approprié pour qualifier le niveau du taux de dépôt de 2 %, la formulation choisie laisse peu de doute : «après la décision d’aujourd’hui, la BCE est bien positionnée pour naviguer dans l’environnement incertain actuel ». Parmi ces incertitudes, c’est sur les risques de facteurs exogènes d’inflation qu’elle appuie : tensions commerciales, incidence du climat sur les prix alimentaires et politiques en faveur de la défense sont autant de facteurs susceptibles de faire dévier l’inflation de sa trajectoire, malgré la confiance affichée sur les tendances en cours.
L’arrêt des baisses de taux est-il définitif ? C’est, vraisemblablement, du côté américain que se jouera l’histoire d’ici la fin de l’année. En marquant une pause maintenant, la BCE conserve, en effet, quelques marges d’action pour suivre la Fed, si jamais cette dernière venait à baisser ses taux dans les mois à venir. En celà, la posture de la BCE est légitime et plutôt raisonnable, comme nous l’avions suggéré dans notre preview

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Mauvais tournant en mai pour l’économie américaine

Jusqu’à maintenant, et malgré un PIB en baisse au premier trimestre, ni l’inflation, ni la consommation n’avaient reflété les craintes sur l’activité nées de la politique économique de l’administration Trump et, en premier lieu, des coupes budgétaires et des tarifs.
Publiés cet après-midi, les indicateurs d’emploi de l’ADP tirent, néanmoins, une première sonnette d’alarme, avec seulement 34 K créations de postes, soit le plus faible rythme constaté depuis mars 2023. D’autant que cette hausse est uniquement concentrée dans le secteur des loisirs, sans lequel l’emploi afficherait une évolution négative, plombé par les services professionnels, le secteur minier, le commerce et l’industrie.

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BMG mai 2025 – La zone euro commence à faire la différence

En mai, notre Baromètre Macroéconomique Global revient en zone positive, à 0,3 après 0 en avril. Atténuation des tensions commerciales et initiatives publiques en Europe ont, certainement, permis le rebond des indicateurs de climats des affaires et du commerce extérieur. La consommation et l’investissement sont moins bien lotis, en terrain, respectivement, négatif et neutre. Notre indicateur d’inflation repasse au-dessus de zéro pour la première fois depuis février 2023, quand bien même très légèrement, à 0,1.

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La BCE contrainte de prendre ses distances par rapport aux bons chiffres d’inflation

En mai, l’inflation de la zone euro est ressortie en baisse de trois dixièmes par rapport au mois d’avril, à 1,9 %. Sa composante sous-jacente s’est repliée davantage, tirée vers le bas par les services, pour atteindre son plus bas niveau depuis janvier 2022, à 2,3 % après 2,7 %. Après avoir été portée par des effets saisonniers en avril, l’évolution des prix a donc été nettement plus favorable en mai, ce qui conduira sans doute la BCE à revoir à la baisse sa prévision pour 2025.
Ces bons résultats ne justifient pas, pour autant, que la BCE envisage de prolonger ses baisses de taux au-delà de celle, quasiment acquise, de ce jeudi. Abaissés à 2 %, ses taux directeurs seront déjà parmi les plus faibles des grands pays occidentaux et un certain nombre de voix s’élèvent, à juste titre, en faveur d’une pause. Les incertitudes sur les développements encore à venir sur le front commercial et l’inflation future restent intactes. Par ailleurs, les initiatives budgétaires inédites font peser le risque d’un policy-mix par trop accommodant que les responsables de la politique monétaire ne peuvent ignorer. Alors que la BCE annoncera, sans doute, une révision à la hausse de ses perspectives de croissance pour 2025 dans la foulée de la bonne surprise du premier trimestre, il serait légitime qu’elle prépare le terrain à une pause dans l’exercice de baisse de ses taux directeurs.

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L’industrie allemande fait son retour et referme la porte de la récession

Au premier trimestre, le PIB allemand a progressé de 0,4 %, contre 0,2 % en première estimation. Hors variations de stocks, la hausse a été plus impressionnante encore, de 1,2 %, quand bien même ce résultat fait suite à un deuxième semestre 2024 très dégradé. A l’exception de la consommation publique et, donc, des stocks, toutes les composantes du PIB ont progressé, à des rythmes, parfois, rarement observés depuis plusieurs années.
De même, l’industrie, quoique toujours très en difficulté, retrouve un peu de son rôle moteur. Une tendance que les initiatives publiques du chancelier Merz ont tout lieu d’accentuer. La probabilité d’une reprise allemande gagne incontestablement du terrain.

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Le Japon remporte le prix de l’inflation la plus forte du monde développé en avril

Comme le laissaient entendre les données de la région de Tokyo, avril est resté caractérisé par une inflation élevée au Japon, de 3,6 %, comme en mars, malgré une hausse des prix limitée, de seulement 0,1 % d’un mois sur l’autre. Cela fait maintenant un semestre que le Japon, naguère en déflation chronique, affiche la plus forte inflation des grands pays développés.
Enflés par le doublement des prix du riz sur un an, les prix des aliments transformés ont dopé l’inflation hors produits frais, considérée comme la principale mesure « sous-jacente » par la banque centrale. Celle-ci a atteint 3,5 %, son plus haut niveau depuis janvier 2023. Suffisant pour que la BoJ renoue avec ses hausses de taux directeurs ? Pas si simple malgré les tensions renouvelées sur les taux à très long terme du pays. Une fois l’intégralité de l’alimentation et de l’énergie, retranchée, les hausses de prix restent contenues, de 1,6 % seulement au cours des douze derniers mois. La BoJ peut-elle encore se réfugier derrière ces chiffres ? Le jeu semble de plus en plus périlleux.

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Fuite en avant budgétaire aux Etats-Unis

Après l’échec du DOGE et la volte-face sur les droits de douane, voilà le troisième volet du programme de D. Trump sur le devant de la scène : le budget fédéral, en ce moment en discussion au Congrès. Il n’est pas garanti que les résultats, en termes économiques, soient bien meilleurs. Le programme des républicains qui fait de la baisse des impôts une priorité absolue est très loin d’être équilibré en dépit de coupes drastiques des prestations sociales. Dès lors, ce budget :
– Est profondément inégalitaire, promettant de creuser davantage le fossé entre les différentes couches de la population américaine.
– Est largement déficitaire et pourrait l’être davantage si certaines économies sont abandonnées : les républicains, avec une assez courte majorité à la chambre des représentants, n’ont pas forcément tous les moyens de leurs ambitions.
– Promet une envolée de la dette publique dont les marchés ont commencé à acter les conséquences, avec une envolée des taux de financement à long terme et une baisse du dollar.
Nous synthétisons ici les principaux aspects de ce programme budgétaire et les chiffrages à ce stade disponibles.

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