





Tenter de répondre à cette question est éminemment périlleux dans le contexte présent, assimilable à celui de crash obligataire. Les conditions fondamentales finiront, toutefois, par reprendre le dessus à un moment ou un autre, il est donc important de les garder à l’esprit. Quelles sont-elles ?

La volte-face des anticipations d’inflation de ces dernières semaines est difficilement justifiable dans le contexte présent c’est néanmoins de leur évolution que pourrait venir le danger immédiat pour les marchés financiers. Quelles statistiques surveiller plus particulièrement ?.
Regain de lucidité ou perte de repères ? Difficile à dire tant les messages envoyés ces derniers jours par les marchés financiers semblent désordonnés. Chute des marchés obligataires, mini-panique boursière, flambée des cours du pétrole, repli du billet vert… S’il existe un fil conducteur derrière ces mouvements ce n’est pas sur le front économique qu’il se trouve mais dans ce qui ressemble de plus en plus à un vent de défiance à l’égard des banques centrales. La remontée des anticipations d’inflation qui accompagne –ou préfigure ?- celle des cours du pétrole n’est pas la bienvenue. Au contraire de ce qu’elle pourrait suggérer de prime abord, à savoir le succès des politiques de lutte contre la déflation, c’est le risque que les banques centrales soient prises de court par les marchés obligataires qu’elle agite. Dès lors, soit ces dernières, la FED et la BCE en particulier, sont capables d’offrir plus de visibilité sur leur analyse de la situation présente et le contexte financier retrouvera un cadre, sinon paisible, du moins cohérent, soit elles ne le sont pas et la panique finira par l’emporter.
Dans un contexte comme l’actuel il y a deux types de réactions. La première, majoritaire dans un premier temps, consiste à observer la correction du marché comme une opportunité d’achat, une respiration bienvenue pour tous ceux qui n’auraient pas su profiter du mouvement haussier de ces dernières semaines. Ces premiers appuieront leurs recommandations sur l’effet imparable de l’injection massive de liquidités par les banques centrales sur les flux acheteurs, sur l’exagération des craintes relatives à la situation économique présente et sur les effets positifs encore à venir de la reprise de l’activité en zone euro. La deuxième catégorie, traditionnellement moins représentée après des phases de hausse exceptionnelle des marchés, tend à interpréter de tels mouvements comme un coup d’arrêt sinon définitif du moins suffisamment marqué pour justifier de se protéger d’une correction potentiellement durable. Nous faisons partie de ce dernier clan, ceci pour trois raisons essentielles.
Le net ralentissement de la croissance en place aux Etats-Unis ne laisse guère place au doute : les conditions en termes d’activité et d’inflation ne sont pas réunies pour une hausse des taux d’intérêt. Le communiqué post-FOMC de ce soir devrait donc confirmer l’absence de hausse des taux en juin et probablement en juillet. Ira-t-il plus loin, en faveur d’une communication plus radicale qui évacuerait dès aujourd’hui tout enclenchement d’un cycle de hausse des taux cette année, comme le conclut notre scénario ? Trois raisons suggèrent que tel ne sera pas le cas :
Le communiqué de la Fed devrait, donc, rester relativement modéré, prenant acte, d’une part, des incertitudes conjoncturelles comme une bonne raison de décaler le scénario de hausse de ses taux, tout en conservant à ce stade l’idée d’une hausse vraisemblable d’ici la fin de l’année. Sans doute faudra-t-il donc attendre les deux prochaines réunions, peut-être même le mois de septembre, pour qu’elle évacue définitivement cette dernière hypothèse.
Si tel est le cas, ce communiqué devrait avoir un impact relativement limité sur les marchés financiers, qui pourrait se concrétiser par les mouvements suivants :