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Vieillissement démographique mondial, de quoi parle-t-on? Quelles implications pour la croissance et les prix d’actifs?
Author Archives: Véronique Riches-Flores
France-Allemagne, question de momentum
Les détails maintenant publiés de la croissance allemande, l’analyse qui en est faite est sans équivoque : les développements observés outre-Rhin sont bons ! Au premier trimestre, les dépenses de consommation ont progressé de 0,6 %, après deux trimestres de hausse de 0,7 % chacun ; l’investissement des entreprises a augmenté de 1,5 % ; l’investissement immobilier s’est ressaisi de 1,3 % et les exportations, certes légèrement moins dynamiques qu’au second semestre 2014, se sont néanmoins accrues de 0,8 % pour ressortir en hausse de 4,3 % sur un an. Ces bons résultats se sont traduits par deux effets :
– un destockage à hauteur de trois dixièmes du PIB, la croissance hors effets stocks aura donc été de 0,6 %, plutôt que de 0,3 % – l’inverse du cas français où la hausse totale du PIB de 0,6 % n’est plus que de 0,1 % hors stocks ;
– un rebond des importations de 1,5 %, suggérant que le pays joue enfin le rôle de locomotive à l’égard du reste de la zone euro, dont témoigne d’ailleurs l’accélération des exportations françaises à destination de l’Allemagne au cours des six derniers mois à mars.
Pourquoi dès lors ne pas s’arrêter là et en tirer les conclusions qui s’imposent : l’Allemagne va bien, beaucoup mieux que ses partenaires, et se trouve, maintenant, en mesure de tirer la croissance régionale grâce au regain de sa demande domestique, ce qui ne peut être que porteur pour le DAX ?
Full Stop
Arrêt de l’embellie en Europe, arrêt de la croissance aux États-Unis, constat peu ou prou identique en Chine, les indicateurs du jour sont à peu près unanimes : la croissance semble à l’arrêt dans la plupart des économies les plus influentes de la planète…
Aux États-Unis, l’indice du climat des affaires manufacturier de la Fed de Philadelphie, bien que toujours faible et en léger repli en mai, surprend surtout par ses faibles oscillations depuis le début de l’année. Le PMI manufacturier, dont la pertinence reste à démontrer s’agissant des États-Unis, n’est guère plus engageant, en repli de trois dixièmes par rapport au mois d’avril il n’est pas particulièrement mauvais mais suggère, là encore, une faiblesse persistante de l’activité. Enfin, les ventes de maisons existantes, en repli de 3,3 % en avril après leur rebond de 6,5 % de mars, affichent finalement une stagnation presque parfaite au cours des six derniers mois.


En Zone euro, l’amélioration des indicateurs de conjoncture marque bel et bien le pas. Après le repli du ZEW en Allemagne, la baisse des indices PMI allemands confirme les difficultés persistantes de l’industrie en proie au manque de relai à l’exportation. Moins attendu, le retournement des PMI services pose la question de la solidité de la reprise domestique enregistrée depuis la fin de l’année dernière. À surveiller demain, l’IFO allemand dont tout laisse penser qu’il pourrait refluer significativement, en ligne avec les signaux envoyés par le ZEW tant sur les perspectives que sur la situation courante.


Le frémissement de deux dixième du PMI chinois, en hausse de 48,9 à 49,1 entre avril et mai, est du même acabit. Éventuel signal d’un arrêt de la détérioration de ces derniers mois, c’est bien le seul réconfort que nous offre, peut-être, cette enquête à ce stade.
La situation reste donc compliquée sur le front de l’activité internationale.
Les déceptions récentes interrogent la FED
Tour d’horizon mai 2015
Un avant-goût de fin de cycle américain
Les indicateurs américains se suivent et se ressemblent depuis le début de l’année. Après une croissance quasiment nulle au premier trimestre, la déprime gagne du terrain : industrie, investissement, consommation, immobilier – y compris après le rebond d’avril -, productivité… L’emploi ne devrait, à l’évidence, pas tarder.
L’espoir que le contrechoc pétrolier prolonge le cycle de quelques trimestres, dorénavant évaporé, le risque de récession refait surface. À en juger par les indicateurs les plus récents, la probabilité d’une telle issue s’accroît, en effet, sensiblement. Lire la suite…
Le ZEW et la BCE
L’indice ZEW confirme son retournement en mai avec dorénavant non plus seulement une baisse des perspectives mais un repli du sentiment sur l’évolution des conditions courantes. Les détails sectoriels de l’enquête publiée ce matin confirment par ailleurs un net tassement du sentiment relatif aux activités les plus tournées vers l’exportation : industrie lourde, chimie, électronique mais aussi automobile. Un tel contexte n’est guère porteur pour le marché allemand qui, malgré la correction de ces dernières semaines conserve un potentiel de repli additionnel au vu des déceptions liées à l’inertie des débouchés internationaux sur fond, qui plus est, de ré-appréciation de l’euro.
L’intervention de Benoît Coeuré est donc bienvenue. En annonçant que la BCE s’apprête à ajuster ses achats d’actifs pour faire face au surcroît de besoins ponctuels de financement, la BCE prend le contre-pied des marchés et vise ainsi non seulement à faire retomber les tensions sur les taux longs mais à freiner la hausse de l’euro.
Aura-t-elle gain de cause ? C’est vraisemblable pour ce qui concerne le niveau des taux longs, moins sûr pour ce qui concerne la parité de l’euro qui reste dans une large mesure dépendante des anticipations sur la Fed. Sauf débouchage très malheureux du dossier grec, l’euro devrait donc conserver une tendance graduellement haussière.
Difficile dès lors d’imaginer que la prise de parole de B. Coeuré puisse avoir un effet positif durable sur les marchés d’actions européens.
Faiblesse de la productivité, talon d’Achille du cycle en cours
La publication d’une contraction des gains de productivité pour le deuxième trimestre consécutif a eu un retentissement marqué sur les marchés financiers et pourrait bien modifier la perception des risques assortis à la situation conjoncturelle américaine, remettant notamment dans le radar le spectre d’une possible récession. Pourquoi ces chiffres sont-ils tellement importants ?
Nous revenons ici sur le cycle de productivité, ses origines et ses implications sur les enchaînements conjoncturels en matière de rentabilité, de profits, d’inflation et de politique monétaire. Une façon de mettre en exergue les particularités du cycle présent et les dangers qu’encourrait la Fed en les mettant au second plan, à savoir celui d’accroître sensiblement la probabilité d’une récession que nous estimons aujourd’hui comprise entre 25 % et 30 %.
