L'inflation britannique est tombée à un plus bas historique de 0,3% au mois de janvier et a de grandes chances de continuer à refluer dans les prochains mois pour terminer en territoire légèrement négatif au printemps sous le double effet de la chute des prix de l'énergie et de l'alimentation.
L'évolution contrarie les plans de la BoE qui se préparait à entamer un cycle de remontée de ses taux directeurs cette année. Alors que les indications sur l'activité économique restent bien orientées, la Banque d'Angleterre est face au même dilemme que celui de la Fed: faire fi des données sur l'inflation attribuées à des phénomènes temporaires et ajuster sa politique aux seules données d'activité, ou décaler ses choix, au risque de prendre du retard sur l'inflation future.
Comme dans le cas américain, c'est probablement en fonction des évolutions salariales qu'elle prendra in fine sa décision. Sur ce front néanmoins, la lecture des tendances à l'oeuvre ne signale aucune urgence à modifier l'orientation actuelle de la politique monétaire :
– les coûts salariaux unitaires évoluent très faiblement, sur une tendance à peine positive de 0,2% l'an selon les derniers chiffres du troisième trimestre 2014;
– La croissance annuelle du salaire hebdomadaire est globalement étale, en léger repli dans le secteur manufacturier et stable dans les services, à l'exception du secteur financier seul réel pan de l'économie dans lequel les rémunérations se tendent.
Il n'y a donc pas d'urgence à ce que la BoE se précipite à actionner une hausse de ses taux directeurs qui risquerait de pousser la Livre Sterling vers des niveaux handicapants pour la croissance future.
Un statu quo prolongé reste donc l'option la plus vraisemblable, ce que ne semblent pas avoir totalement intégré les marchés, à en juger par la remontée récente des taux à deux ans…
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