Bienvenue en 2016 !

Télécharger la publication

… Les dix points clés de l’actualité économique et financière de ce début d’année 2016.

  • Correction des marchés mondiaux, an II
  • Chine : l’indice Shanghai et le yuan
  • Pétrole : 50 ou 20$/b ?
  • L’inflation mondiale 2 % ou 4 % ?
  • Fed : 50 ou 150 points de base de hausse des taux ?
  • Économie américaine : hiver doux ?…
  • … Ou hiver manufacturier ?
  • Nouvelle donne allemande
  • La croissance domestique allemande ne fait pas le DAX
  • Démondialisation : la tendance est plus rapide que prévu

Court-circuit du marché chinois après une chute de 7 % des indices ce 4 janvier

L’année 2016 commence sur les chapeaux de roues en Asie avec une chute de 7 % du marché chinois à l’origine d’une interruption des transactions ce lundi 4 janvier. Alors que les développements du Proche-Orient de ce week-end avaient préparé le terrain pour une rentrée mouvementée, le nouveau repli du PMI manufacturier chinois et celui du yuan ont eu raison de l’humeur des investisseurs régionaux. Un bien mauvais signal pour cette rentrée 2016.

L’inconnue pétrolière du scénario 2016

Inflation, pouvoir d’achat, taux d’intérêt… Avant de s’enquérir du scénario de tel ou tel, mieux vaut lui demander quelle est son hypothèse de prix du pétrole, car c’est bien de cette dernière que devrait dépendre l’essentiel des prévisions pour cette année. Après une division par trois des cours du brut en moins de dix-huit mois, nul n’y échappe ; même l’hypothèse de prix inchangés, généralement utilisée pour neutraliser l’impact d’une variable considérée comme exogène, ne permet pas de passer outre l’influence des effets de base de la chute des cours du pétrole sur les éléments clés du scénario mondial 2016. Difficile, dès lors, de faire l’impasse sur cet épineux sujet et ce qu’il peut nous réserver.

petrole et inflation mondiale Lire la suite…

PMI américain, de l’eau dans le gaz du côté de la Fed

La chute de 2,4 points du PMI américain dans les services au mois de décembre n’arrive pas au meilleur moment pour Janet Yellen. À 53,7 points, l’indicateur est en effet retombé à son plus bas niveau depuis la fin de l’année dernière.

A l’heure où de nombreux observateurs escomptent des services qu’ils prennent le relais d’une industrie en quasi récession, cette publication n’est assurément pas la bienvenue, de quoi risquer de faire vaciller bien des certitudes, y compris du côté de la Reserve Fédérale. À quand le changement de cap, pas avant la publication des minutes quand même (voir à ce sujet « Les étrennes empoisonnées de Janet Yellen »)!

Quoi qu’il en soit, l’ensemble promet des remous.

Ça se passe en Asie

Télécharger l’hebdo

Envolée du dollar, hausse des taux d’intérêt de la Fed, chute des prix du pétrole, baisse de l’euro… Chacun de ces chocs retentit en Asie avec des effets différenciés selon les pays, souvent complexifiés par l’extrême imbrication économique et financière des économies qui composent ce continent. Toutefois, l’histoire ne se fait pas à sens unique et les répliques asiatiques conditionnent à leur tour bien des aspects de la conjoncture internationale. Alors que la Fed a concentré l’essentiel de l’attention des marchés ces derniers temps, c’est en Asie que pourraient se jouer les plus grands défis de l’année 2016, ceux qui permettront que la croissance mondiale se ressaisisse, que les prix du pétrole se redressent et que la volatilité des marchés s’apaise, ou, au contraire, ceux qui pourraient limiter les marges de manœuvre de la Fed dans sa volonté de « normaliser » le niveau de ses taux d’intérêt, conduire la BCE à considérer d’en faire plus ou faire dévisser la croissance et les cours mondiaux des marchés d’action…

CNYBilan BOJ

La Fed, pas si « dovish »

Ce n’est pas tant sur la hausse de ses taux que sur ce qui l’accompagnerait que la Fed était attendue. Or, le communiqué est clair : la Fed est en mode de resserrement. Rien ne laisse supposer dans l’analyse publiée à l’issue du FOMC un exercice de remontée des taux directeurs particulièrement étalé dans le temps. La Fed a fait ses comptes : il suffit que les prix du pétrole se stabilisent pour que l’effet de base négatif de leur chute passée sur le taux d’inflation s’estompe. Nous retrouvons là nos propres estimations (voir à ce sujet Regain des anticipations d’inflation) selon lesquelles, aux cours actuels du pétrole, le taux d’inflation devrait remonter de près de cinq dixièmes au premier trimestre. Avec des mesures de l’inflation sous-jacentes pour la plupart déjà aux environs de 2 %, la Fed ne souhaite pas rester inerte face à un tel changement.

Sauf poursuite de la chute des cours du pétrole à un rythme suffisamment rapide pour prévenir ce tassement des effets de base, la Fed s’apprête donc à relever le niveau de ses taux en début d’année prochaine, sinon dès la prochaine réunion, du moins à celle de mars.

L’ensemble est moins accommodant que généralement anticipé et il faudra vraisemblablement un nouveau flot de mauvaises nouvelles conjoncturelles pour convaincre que la Fed ne relèvera pas ses taux autant que le suggèrent ses propres prévisions (deux fois plus agressives que ce qu’intégraient les marchés ces derniers jours).

À brève échéance, ces éléments suggèrent une accélération à la hausse des taux longs et du dollar ; une bonne nouvelle relative pour les bourses européennes et japonaise, moins bonne en revanche pour les marchés émergents, notamment chinois et hongkongais (la Banque centrale de Hong-Kong a suivi la Fed en relevant de 25 point de base son taux directeur).

La communication de la Fed ouvre la voie à un regain de volatilité sur les marchés de taux. À ce titre, une stabilisation des cours du pétrole pourrait créer les conditions d’une embardée des taux longs rapidement dommageable aux perspectives de croissance. Les développements sur le marché pétrolier auront en toute état de cause une influence déterminante sur l’évolution des anticipations de taux des jours à venir.

Les immanquables du scénario 2016

Le cycle avance et se complexifie. Si le quantitative easing pratiqué par les banques centrales ces dernières années a permis d’évacuer les risques extrêmes, les déséquilibres par ailleurs créés par ces injections massives de liquidités compliquent la donne conjoncturelle : bulles immobilières, surendettement asiatique, distorsions de prix et des taux de changes. L’ensemble entretient un environnement d’une rare fragilité dans lequel, même les économies apparemment les mieux loties font état d’une vulnérabilité hors norme faute d’une assise suffisante de leur croissance.

En 2015, la croissance de l’économie mondiale a probablement été plus proche de 2 % que de 3 %. 2016 ne s’annonce pas sous un meilleur jour. Alors que la perspective d’une hausse des taux fait redouter une récession aux États-Unis, la Chine, paralysée par son surendettement et la surévaluation de son taux de change, s’enlise. Les pressions à la baisse des prix des matières premières confisquent les ressources d’un monde émergent dont rares sortent indemnes. Dans un tel contexte, si l’Europe va indiscutablement mieux, comment envisager qu’elle renoue avec les rythmes de croissance qui seraient nécessaires pour combler ses déficits et son sous-emploi ?

La crise a duré trop longtemps pour ne pas avoir de retombées politiques majeures. Après avoir abandonné sa gestion aux banquiers centraux, les gouvernements, volontaires ou forcés, reprennent la main : crise des réfugiés, crise syrienne, COP 21… C’est en dehors de la sphère monétaire que les lignes semblent dorénavant devoir bouger, sans que l’on puisse précisément anticiper comment les choses se feront et jusqu’où iront les initiatives que l’on présent.

L’ensemble n’est pas des plus porteurs pour les marchés financiers. Notre scénario de fin de cycle mondial des marchés boursiers est aujourd’hui partagé par un nombre croissant d’observateurs. Sur fond de retour généralisé de la volatilité, l’environnement obligataire devient, à son tour, plus erratique et exposé à des incertitudes croissantes. On reste tenté de considérer que l’or puisse dans un tel contexte retrouver son statut de placement refuge. Lire la suite…