Ouragan ou non, l’inflation américaine est absente

Nous avions conclu à la suite des minutes du dernier FOMC que les données sur l’inflation viendraient départager les marchés sur les perspectives de la politique de la FED, c’est apparemment chose faite. La déception sur les statistiques de septembre a brutalement retenti sur les taux futurs, le dollar et les cours de l’or. L’effet des ouragans, censés avoir dopé les prix d’un certain nombre de biens et service, est à ce stade invisible. Hors l’impact de la remontée des prix du pétrole sur ceux des transports, l’inflation américaine reste désespérément amorphe, à 1,3 % pour sa composante hors énergie et alimentation.

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John Taylor, un chien dans un jeu de quilles ?

Le président américain semble avoir terminé les consultations des candidats potentiels au poste de gouverneur de la FED en remplacement probable de Mme Janet Yellen, quand bien même la présidente actuelle de l’institution fait encore partie des cinq finalistes. Parmi ces prétendants, le dernier en date, John B. Taylor, professeur de l’université de Stanford, plusieurs fois conseiller économique de la Maison blanche, aurait séduit D. Trump. Célèbre pour la formulation en 1993 de la fonction de réaction de politique monétaire la plus prisée des banques centrales occidentales entre le milieu des années quatre-vingt-dix et la crise de 2008, J. B. Taylor pourrait être perçu comme le garant d’une application stricte de cette règle qui depuis porte son nom, que les républicains avaient un temps pensé imposer à la FED sous le contrôle tutélaire du Congrès.

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Janet Yellen: a hawk among doves

Far from confirming the determination to tighten monetary policy shown by Janet Yellen after the Fed’s monetary policy meeting in September, the minutes from the FOMC’s latest meeting show that its members remain highly undecided with respect to ongoing low inflation and the need to raise interest rates further before having confirmation that low inflation is a temporary phenomenon. Fed Chair Janet Yellen is now a hawk within the FOMC, whereas she had previously been a dove: as well as being intriguing, this U-turn creates doubt about the future direction of US monetary policy.

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Minutes du FOMC – Janet Yellen, « hawk » parmi les « doves »

Loin de la détermination affichée par J. Yellen en faveur d’un durcissement des conditions monétaires après le comité de politique monétaire du mois de septembre, les minutes de ce FOMC soulignent une grande indécision des membres de la FED à l’égard du faible niveau persistant de l’inflation et de la nécessité de remonter davantage les taux directeurs avant d’avoir la confirmation que ce phénomène n’est que transitoire. Contrairement à la posture qu’elle semblait occuper jusqu’alors au sein du conseil, la présidente de la FED, J. Yellen, fait figure de « faucon » ; une volte-face qui, au-delà d’être intrigante, sème le doute quant à l’orientation à venir de la politique monétaire américaine.

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Puigdemont laisse la voie libre à la BCE

C’est vraisemblablement ce que retiendront les marchés, à court terme, de l’allocution du président de la Catalogne devant le parlement régional.

Si la situation espagnole est loin d’être éclaircie, le scénario du pire qu’aurait été celui de la proclamation d’une république indépendante de Catalogne, est écarté. Durant son discours, le président Catalan n’a pas remis en cause les résultats de la consultation du 1er octobre qui, selon lui, ont donné à la région le droit à son indépendance et a affirmé que « la Catalogne sera une république indépendante ». Toutefois, afin de laisser le temps au dialogue et à la médiation, il a demandé la suspension sine die de la loi adoptée en septembre dernier qui imposait la déclaration d’une république indépendante dans les deux jours suivant le référendum en cas de résultat positif. En procédant de la sorte Puigdemont limite -sans évacuer totalement- la possibilité pour Madrid d’utiliser l’article 155 de la Constitution qui permettrait à l’État central de reprendre le contrôle de la région.

Cette stratégie, plutôt que celle de l’affrontement aux conséquences imprévisibles, éloigne le spectre d’une crise imminente, quand bien même nul ne peut dire à ce stade quels seront les développements à venir dans le scénario le plus probable, celui d’une fin de non-recevoir de Madrid aux demandes de dialogue.

Le dossier est donc loin d’être clos et animera vraisemblablement encore longtemps la vie politique en Espagne. Il devrait toutefois être beaucoup plus facile à la BCE de passer outre ces menaces qu’en cas de crise avérée, au moment où cette dernière s’apprête à communiquer sur sa stratégie monétaire de l’année 2018 au terme de son prochain comité de politique monétaire du 26 octobre. Alors que les voix des membres de la BCE en faveur d’une réduction programmée de ses achats d’actifs se multiplient, l’atténuation du risque de crise imminente en Espagne a toutes les chances de peser en leur faveur. L’euro, dont le cours a déjà réagi positivement au discours du président catalan, devrait en sortir renforcé en même temps que le niveau des taux futurs dont on peut légitimement envisager qu’ils se retendent dans les jours à venir.

The Fed’s favored indicator, the US jobless rate, has fallen to 4.2%. But that’s not the whole story


Determining which way the US job market’s cursor is pointing after publication of the September report is no mean feat. Initially, the financial markets shrugged off the bad news of 30,000 job losses and focused on the good unemployment and wage figures. But uncertainty gradually came to the fore. This is because no indicator projected so much impact of September’s severe weather on US employment and by extension on US economic activity, until this report was published. In this context, and even though the members of the Fed are eager to increase the Fed funds rate, it is not clear that they will be able to cast aside the bad news of contracting salaried employment. Rather, they might have to wait for the next employment report, to be published on November 3, to obtain a clearer picture. Were they to take the initiative now, as their behavior in the last few days would indicate, the markets would be making a risky bet.

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Le taux de chômage américain, indicateur fétiche de la FED, tombe à 4,2 %… Gare au loup

Malin qui peut dire de quel côté s’oriente le curseur du marché de l’emploi américain après la publication du rapport du mois de septembre. Alors que les marchés financiers ont eu pour première réaction d’ignorer la mauvaise nouvelle d’une perte de 30 000 emplois pour donner la primeur aux bons chiffres du taux de chômage et des salaires, l’incertitude reprend le dessus. Aucun indicateur ne laissait supposer, un tel impact des perturbations climatiques sur l’emploi et, donc, l’activité américaine, avant la publication de ce rapport. Dans de telles conditions, pas sûr  que les membres de FED aient la latitude de relever le niveau des Fed funds.

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Garder la tête froide

« Phénomène suffisamment rare pour être souligné », « du jamais vu depuis 2012 »… Le ton des commentaires de ce matin sur la révision à la hausse, de 1,6 % à 1,8 %, des prévisions de l’INSEE sur la croissance française de cette année, laisse dubitatif tant il semble disproportionné. Du même tonneau, les analyses sur le rebond de 3,6 % des commandes à l’industrie allemande du mois d’août semblent un brin décalées par rapport à la réalité économique. Que la conjoncture européenne s’améliore est indiscutable, gare toutefois à ne pas tirer de conclusions trop hâtives face à un contexte de marché financier incitant assurément à voir midi à sa porte.

En l’occurrence, s’il est une raison de se réjouir des statistiques allemandes de ce matin, c’est parce que ces dernières étaient jusqu’alors les grandes absentes de la panoplie des indicateurs d’une meilleure santé de la conjoncture, ce qui finissait par devenir gênant par rapport au discours ambiant. Derrière la statistique allemande des commandes se trouvent, en effet, d’importantes informations sur l’évolution de la demande internationale, en particulier celle de biens d’équipement, dont on attend qu’ils s’inscrivent en phase avec l’embellie pressentie du côté de l’investissement des entreprises. Leur raffermissement est donc une bonne nouvelle. On notera toutefois, qu’à ce stade, leur croissance n’égale pas encore le rythme du premier trimestre de cette année, en particulier du fait d’une persistante mollesse des commandes étrangères dont le niveau n’est pas plus élevé aujourd’hui qu’en début d’année.

L’évolution des autres composantes de la demande étrangère est également plutôt décevante, notamment pour ce qui concerne les ordres en provenance de la zone euro en repli ces deux derniers mois du fait d’une contraction des commandes de biens d’équipement…

Au total, si ces données vont dans la bonne direction, elles mériteront d’être confirmées pour valider le regain d’optimisme en présence au sujet des perspectives tant de l’Allemagne que du reste de la zone euro.