Climats des affaires, le diable se cache dans les commandes et les délais de livraison

Publiés ce matin, les PMI Caixin/S&P pour l’Empire du Milieu n’ont affiché qu’un recul marginal, avec une baisse de sept dixièmes du composite, d’un peu moins d’un point du manufacturier et d’un peu plus d’un point pour les services, chacun en zone d’expansion, à 51,1 s’agissant de l’indice synthétique. Publiée la semaine dernière, l’enquête CFLP apportait des conclusions similaires. A première vue, donc, la situation, est peu impactée par la guerre commerciale.

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La Fed peut-elle répondre aux sirènes des marchés sans se déjuger ?

Probablement pas dès mercredi prochain, malgré la mauvaise tournure de la conjoncture économique américaine. Quel que soit le son de cloche officiel qui tente de faire passer la contraction du PIB du premier trimestre pour une bonne nouvelle, celle d’une économie d’une rare vigueur, qui justifierait l’envolée des importations…, les données du mois d’avril sont, elles, sans ambiguïté. Le choc des tarifs est bel et bien en train de ruiner les consommateurs et bon nombre d’entreprises, comme en témoignent nombre d’informations récentes, en dépit d’un rapport sur l’emploi encore respectable en avril. La Fed aurait, sur ce front, de bonnes raisons d’envisager de baisser la contrainte monétaire. Malgré tout, les menaces autour des perspectives d’inflation sont de taille. Non seulement, les prix du PIB du premier trimestre n’étaient pas du tout conformes aux attentes de la Fed mais les pénuries de biens chinois dans les rayons des distributeurs et détaillants et les répliques de l’Empire du Milieu sur les terres rares ou autres exportations sensibles, sont largement en mesure de créer des tensions sur l’offre productive. Les consommateurs américains ne s’y trompent pas, qui envisagent à 7 % l’inflation d’ici un an selon le Conference Board.
En baissant ses taux dans de telles conditions, la Fed risquerait, à l’évidence, de se déjuger, ce qui aurait pour conséquence probable d’entrainer le dollar à la baisse et d’accroître la défiance à son égard, avec pour effet probable de tendre les conditions de financement à long terme du Trésor. À ce titre, les membres du FOMC ont sans doute en mémoire les conséquences de leur erreur de casting du mois de septembre et son impact assez malvenu sur la partie longue de la courbe des taux. Jamais auparavant, en effet, l’amorce d’un cycle de baisse des Fed Funds n’avait induit de telles remontées des taux à 10 ans… En cherchant le cas échéant à satisfaire les attentes de D. Trump, J. Powell risquerait, précisément, de provoquer l’inverse, dans un contexte d’ores et déjà très sensible.
Il est, de fait, assez peu vraisemblable que la Fed crée la surprise mercredi prochain. La probabilité implicite qu’elle baisse ses taux recueille, d’ailleurs, moins de 10 % sur les marchés. Ces derniers anticipent, malgré tout, à 60 % une baisse des taux directeurs à l’occasion du FOMC du mois de juin. C’est sur ce dernier point que la communication de J. Powell sera appréciée lors de sa conférence de presse. Dans quelle mesure pourra-t-il s’engager ?

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Inflation européenne : l’effet « Pâques » de retour

Attendue en légère baisse après les chiffres des principaux pays, l’inflation européenne est finalement, ressortie stable en avril, à 2,2 %. En effet, les données lettones, portugaises ou néerlandaises, par exemple, ont été publiées en accélération et compensent la stabilité de l’inflation française et italienne, à respectivement 0,8 % et 2,1 %, et la baisse allemande, à 2,2 % après 2,3 %. A priori, cela ne change pas fondamentalement le tableau : l’inflation reste autour de 2 % sur l’ensemble de la zone.

Dans le détail, pourtant, les prix de l’énergie ont baissé de 3,5 % au cours des douze derniers mois, ce qui aurait pu autoriser, toutes choses égales par ailleurs, de meilleurs résultats. Les prix de l’alimentation sont restés relativement sages, en hausse de 3 % l’an contre 2,9 % en mars, et l’inflation des biens, de 0,6 %, est restée inchangée. A contrario, l’inflation dans les services est passée de 3,5 % à 3,9 %, avec, qui plus est, une hausse mensuelle supérieure à celle de tous les mois d’avril récents, 2022/23 inclus. Conséquence, l’inflation sous-jacente est désormais supérieure de 3 dixièmes à celle de mars, à 2,7 %.

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L’économie « made by D. Trump » : une première contraction du PIB américain…

… A priori pas la dernière. D.Trump veut imprimer sa marque sur les Etats-Unis, voilà qui est fait. Le PIB américain a reculé de 0,3 % en rythme annualisé (r.a.) au premier trimestre, soit une baisse minime, de 0,1 % selon la lecture communément admise en Europe. Ce que les comptes nationaux recouvrent n’est toutefois guère rassurant. les entreprises américaines ont massivement importé pour stocker et ont anticipé leurs investissements, essentiellement informatiques, en prévision des hausses de droits de douane. Les ménages n’ont pas eu ce loisir et ont finalement peu devancé l’appel, contrairement à ce que pouvaient laisser penser les ventes de détail. La consommation n’a augmenté que de 1,8 % r.a. au premier trimestre, sa plus faible hausse depuis le printemps 2023. Enfin, sous l’effet du DOGE, les dépenses publiques ont baissé pour la première fois depuis près de trois ans.
Les hausses de prix ont, par ailleurs, nettement accéléré au premier trimestre, que ce soient celles du PIB, de 3,7 % r.a., ou des dépenses de consommation, de 3,6 % r.a, après une fin d’année dernière dans la région des 2 %. Difficile, pour le coup, d’attribuer ces hausses aux droits de douane, dont les effets seront plus visibles à partir d’avril. Il sera compliqué pour la Fed de faire abstraction de cette mauvaise publication, même après les données assagies du mois de mars, au cours duquel les prix PCE ont stagné, tant que les taxes prohibitives sur les importations chinoises seront maintenues.

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Le rebond du PIB de la zone euro laisse la France de côté

En zone euro, le PIB réel du premier trimestre a progressé de 0,4 %, après 0,2 % en fin d’année dernière, en nette amélioration donc quand bien même ces données sont biaisées par la contribution exceptionnelle de l’Irlande sans laquelle la croissance a atteint 0,2 %, après 0,1 %. Quoi qu’il en soit, l’UEM commence l’année avec un acquis de 0,8 %, égal à la croissance de l’ensemble de l’année dernière, quand bien même les prochains trimestres s’annoncent difficiles en raison des répercussions de la guerre commerciale américaine.
Parmi les principaux pays, l’Allemagne récupère 0,2 % de croissance, après une contraction de même ampleur. Selon DESTATIS, la consommation des ménages et l’investissement expliqueraient cette amélioration.  La croissance italienne a accéléré, à 0,3 % après 0,4 %, tandis que le PIB espagnol a ralenti, avec une hausse de 0,6 %, contre 0,7 % fin 2024.

Au milieu de ce tableau, plutôt bienvenu, la France fait figure d’exception, avec une croissance minimale, de 0,1 % après une baisse de même ampleur au dernier trimestre 2024. Surtout, les stocks ont contribué à hauteur de 0,5 point à la hausse du premier trimestre, de sorte que sans ces derniers, le PIB ressort en baisse de -0,4 %, sa plus mauvaise performance depuis quatre ans.

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D. Trump : une récession américaine en moins de 100 jours !

Les données de la semaine dernière avaient plutôt rassuré. PMI, ventes de détail, production industrielle et commandes de biens durables s’étaient plus ou moins maintenus, laissant entendre que les effets des droits de douane étaient, si ce n’est négligeables, du moins reportés dans le temps, peut-être, d’ici là, édulcorés par une volte-face de D. Trump sur les mesures tarifaires, comme il le laissait entendre… Les témoignages de ces derniers jours ne sont plus du même tonneau : effondrement des flux commerciaux sino-américains, blocage de l’activité portuaire et rayons de commerces vides ont commencé à occuper les Unes des médias. En l’absence d’informations précises, le diagnostic restait, néanmoins, en suspens. Les données de ces tout derniers jours lèvent les doutes. La chute des ISM régionaux, le nouveau record de déficit commercial et l’effondrement de la confiance des ménages sont suffisamment marqués pour conclure, qu’au-delà des incertitudes relatives aux transactions exceptionnelles d’or en début d’année sur le chiffrage du PIB du premier trimestre qui sera publié demain, l’économie américaine semble bel et bien avoir entamé une récession courant avril. Le diagnostic posé, les marchés s’ajustent : chute des taux d’intérêt et des prix des matières premières sauvent les indices américains, les investisseurs semblant laisser de côté, pour l’instant, ce que signifie ce diagnostic pour les perspectives de résultats des entreprises américaines…

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Les ménages européens broient du noir sur fond d’inquiétudes sur l’inflation

Inquiets sur les perspectives économiques, le chômage, l’inflation et leur situation financière, les ménages européens ne sont pas loin d’être aussi préoccupés par les développements récents que les Américains, à en juger par les résultats des enquêtes de la Commission publiés ce matin. Alors que ces derniers ne disent pas grand-chose de nouveau sur l’évolution du sentiment des entreprises, un peu plus en berne que le mois dernier dans l’industrie et les services…, les retours en provenance des ménages interpellent. L’indicateur de confiance des ménages a perdu plus de deux points ce mois-ci, soit sa plus forte baisse mensuelle hors période covid depuis 2011. Contrairement aux tendances récentes observées sur le front des prix, les ménages témoignent d’inquiétudes croissantes sur les perspectives d’inflation. Est-ce la raison pour laquelle ils se montrent aussi réservés sur les autres aspects de la conjoncture à venir ? Entre les tensions géopolitiques et la chute des marchés, les explications ne manquent pas. Toujours est-il que leur faible niveau de confiance résonne comme un avertissement sur les perspectives conjoncturelles de la région. A bon entendeur…

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Des valeurs bancaires aux cycliques européennes, un chemin sinueux

D. Trump recule, la BCE conserve un cap accommodant, l’Europe se mobilise pour sa défense et ses infrastructures et, malgré les menaces, la conjoncture mondiale semble résister. Que faut-il de plus pour remettre les bourses européennes sur les rails sur lesquels elles évoluaient avant le 2 avril ? Malgré le désordre provoqué par la guerre commerciale, les indices européens ont continué à surperformer les bourses mondiales, valeurs cycliques toujours privilégiées bien que malmenées, et la pause de 90 jours dans les tarifs douaniers annoncée le 9 avril produit ses effets. Après un rebond unanime au son du canon, les investisseurs ont retrouvé de l’appétit pour les valeurs cycliques au cours de la semaine écoulée. La voie ouverte par les valeurs bancaires finira-t-elle par embarquer les autres secteurs traditionnellement les plus cycliques de la cote ? C’est la principale question qui s’adresse aujourd’hui aux investisseurs, dans un contexte tout à la fois chamboulé par D. Trump et disloqué par une trop longue période d’anémie de croissance.

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