Après les Jolts et le Beige Book, l’ADP en renfort des anticipations de baisse des taux

L’OAT respire ! Les tensions sur les taux souverains américains n’ont pas aidé le marché français ces deux dernières semaines et l’effet apaisant des mauvais chiffres en provenance de la conjoncture américaine est, pour le moins bienvenu… de ce point de vue, au moins. Le rapport Jolts publié hier n’était, déjà, pas des plus encourageants, mais il s’agissait des données du mois de juillet, dont on savait qu’il n’avait pas été bon en terme de créations d’emplois, tout comme les deux précédents, après révisions, lesquelles avaient valu son poste au responsable du bureau statistique… Le Beige Book publié hier soir est, toutefois, venu enfoncer le clou : l’activité dans la plupart des districts était mentionnée comme faible ou inchangée durant le mois écoulé, idem pour l’emploi selon lequel « onze districts ont décrit peu ou pas de changement net dans les niveaux d’emploi, tandis qu’un district a décrit une légère baisse. Sept districts ont noté que les entreprises hésitaient à embaucher en raison d’une demande plus faible ou de l’incertitude ». L’un et l’autre de ces rapports peuvent ne pas être considérés comme sérieux par D. Trump. Ce dernier aura, toutefois, plus de mal à limoger le responsable de l’ADP, organisme privé. Or, son dernier rapport ne met guère l’économie américaine à l’honneur, avec seulement 54 K créations de postes privés en août, moins que les 106 K de juillet et parmi les plus mauvais chiffres de ces dernières années.

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Le surstockage enfle les PMI industriels mondiaux, un mauvais signal pour la suite…

L’indice PMI manufacturier du monde développé s’est nettement redressé en août, à 50,9 après 49,2. Il se situe maintenant dans les mêmes eaux que l’indice global et que son équivalent pour les pays émergents, pourtant soutenu par les très bons indices indiens. L’industrie du monde développé semble renaitre de ses cendres, avec un niveau d’indice PMI qu’elle n’avait pas connu depuis longtemps, période covid. Faut-il y voir les effets de l’essor des politiques de défense, de réindustrialisation ou de la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine ? Aucun de ces arguments ne semble, aujourd’hui, à l’origine de cette apparente embellie. Le rapport de S&P insiste surtout sur un phénomène de stockage, beaucoup plus plausible compte-tenu du contexte en présence, en particulier des menaces que font peser les mesures protectionnistes de D. Trump sur les perspectives… Une conclusion nettement moins encourageante pour la suite.

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Et si le danger venait d’ailleurs pour l’industrie européenne…

En mai, les commandes à l’industrie allemande se sont repliées de 1,4 %, après une hausse de 1,6 %. Pour autant, ni la guerre commerciale, ni la hausse de l’euro, ne semblent expliquer ces mauvais résultats. En effet, les ordres étrangers hors zone euro ont enregistré leur plus forte progression depuis trois ans, avec un bond mensuel de 9 % en juin. C’est en l’occurrence, des commandes domestiques que viennent les très mauvaises nouvelles. Ces dernières ont chuté de 7,8 %, une tendance à rapprocher, sans doute de la chute de 6,5 % des commandes en provenance de la zone euro.
Aussi inattendue que soit la bonne tenue de la demande étrangère, les difficultés sur le front domestique ne sont pas franchement surprenantes. A ce stade, l’orientation militaire des plans de relance inquiète plus qu’elle ne rassure les ménages, quand les entreprises dans leur majorité n’en ressentent pas encore les effets sur leur activité. L’Europe est-elle en train d’oublier l’essentiel ?

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Le conflit au Proche-Orient en trois points

Les tensions entre Israël et l’Iran ont pris une nouvelle dimension dans la nuit du 13 au 14 juin, avec les bombardements israéliens visant des cibles militaires et nucléaires iraniennes auxquels l’Iran a immédiatement riposté par des tirs de missiles sur le territoire israélien, marquant ainsi le début d’une escalade militaire inédite entre les deux pays dont l’intensité s’est accrue tout au long du week-end. De longue date menaçant, ce conflit s’inscrit dans la continuité d’une série de tensions et d’affrontements indirects. Il s’agit, néanmoins, de la première confrontation militaire ouverte et massive entre l’Iran et Israël, aux implications potentiellement considérables sur la scène internationale dont nous résumons dans ce qui suit les principaux points.

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PMI, budget : J. Powell pourrait-il songer à relever ses taux ?

Adopté ce jour par la Chambre des représentants, le programme de choc fiscal du GOP vient de passer une première étape, avant le vote du Sénat censé intervenir courant juin. A la clé 4.200 mds de dollars de baisses d’impôts sur dix ans (4.900 intérêts compris), dont l’essentiel d’ici 2027, financés à hauteur de moins du tiers par les dépenses, essentiellement sociales. Quelques minutes après le vote de la chambre, les PMI en légère amélioration rassurent quant à la tournure de la conjoncture. En hausse de respectivement 1,5 et plus de 2 points dans les services et le secteur manufacturier, les indicateurs sont au-dessus des attentes. Bonne nouvelle, donc, pour ce mois mai… si ce n’était ce qui l’accompagnait, à savoir une envolée des prix facturés par les entreprises dont l’indicateur composite PMI s’est adjugé une hausse exceptionnelle en mai, pour retrouver son plus haut niveau depuis août 2022, quand l’inflation dépassait les 8 % .

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L’accélération de l’inflation britannique dépasse largement les attentes

En avril, l’inflation britannique a atteint 3,5 %, neuf dixièmes de plus qu’en mars. Une part de cette hausse était attendue, du fait de l’augmentation des prix administrés de l’énergie. C’est la raison pour laquelle, la BoE anticipait une accélération de l’inflation au deuxième trimestre. Sa prévision n’excédait cependant pas 3,4 %, déjà dépassée par les données du mois dernier. Loin de se normaliser, la hausse des prix sous-jacents a atteint 1,4 % en avril, propulsant son taux annuel de 3,4 % à 3,8 %.
La BoE peut, toujours, invoquer des éléments transitoires pour expliquer de tels mouvements : comme en Europe continentale, les prix des « packs vacances » ont biaisé les chiffres d’avril. Néanmoins, au vu de la croissance de 0,7 % enregistrée au premier trimestre et des débats internes, ces résultats mettent clairement en porte-à-faux sa stratégie d’assouplissement monétaire.

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Les économies européennes sur le bon pied en début d’année

La zone euro avait publié, il y a deux semaines, une croissance de 0,4 % pour le premier trimestre, qui a été révisée à 0,3 % seulement mais reste à 0,2 % hors Irlande. Les données publiées aujourd’hui montrent également une hausse de 0,3 % des créations d’emplois et une progression de la production manufacturière de 2,6 % en mars, portée par les très bonnes données allemandes.
De l’autre côté de la Manche, la croissance britannique, sauvée in extremis en fin d’année dernière, a nettement accéléré au premier trimestre, pour atteindre 0,7 % soit 1,3 % en glissement annuel. A la suite d’un très bon mois de février, où le PIB a augmenté de 0,5 % par rapport à janvier, le mois de mars est resté de bonne facture, avec une hausse de 0,2 %.
Le tout dresse le tableau d’une conjoncture européenne robuste au premier trimestre.

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Les Américains prennent de l’avance sur une tempête que la Fed ne peut anticiper

Mars sera-t-il le dernier mois sauf pour l’économie américaine, avant la déferlante promise par la hausse des droits de douanes ? En tout cas, les Américains semblent s’y préparer : après les données de ventes automobiles en forte hausse publiées la semaine dernière, les ventes de détail ont progressé de 1,4 %, leur plus forte augmentation en valeur depuis deux ans, malgré la baisse marquée des dépenses d’essence. Les achats de véhicules ont bondi de 5 % en valeur, ceux de matériaux de construction de plus de 3 %, et les équipements de loisirs de 2,4 %. L’envolée des anticipations d’inflation a donc porté ses fruits sur la consommation. Les industriels américains n’en ont, toutefois, pas beaucoup profité : la production manufacturière n’a augmenté que de 0,3 % en mars, grâce à une hausse de 1,7 % des biens d’équipement mais la production de biens de consommation a, en revanche, reculé de 1 % ce qui porte à 0,3 % sa progression annuelle. Les entreprises américaines ne sont pas prêtes à pouvoir se substituer au chinoises et les Américains en ont bien conscience et devancent l’appel.

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