La FED n’est pas entendue par les marchés

Les observateurs sont d’accord, les micro modifications apportées au communiqué de la FED après son comité des deux derniers jours, confirment sa volonté de relever le niveau de ses taux d’intérêt. Mise à part le changement de qualificatif sur l’évolution de la consommation, en « hausse modérée » plutôt qu’en « forte croissance », tous les changements apportés à sa rhétorique sont là pour rouvrir la porte d’une possible action en décembre, parmi lesquels :

  • le retrait de la proposition relative à la persistance d’anticipations d’une inflation faible à court terme
  • et le remplacement de « davantage » (further) par « certains » (some) au sujet des éléments nécessaires à son passage à l’acte.

La Fed prépare ainsi le terrain pour une éventuelle remontée de ses taux lors de sa prochaine réunion, sous réserve, toutefois, que les développements sur le front de la croissance, de l’inflation et des marchés financiers l’autorisent. Avec cette dernière condition, elle conserve encore une fois toute latitude, ce qui dans le contexte actuel de regain d’instabilité sur les marchés financiers internationaux laisse encore beaucoup d’incertitude sur ce qu’elle fera ou non le 14 décembre.

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Les marchés ne s’y sont pas trompés, qui ne semblent avoir vu dans ce communiqué aucune garantie d’un passage à l’acte. Il est intéressant à ce titre de revenir sur leur réaction au communiqué d’octobre l’an dernier pour prendre la mesure de ce qui ressemble bien à une sorte de capitulation, en dépit de la remontée récente des taux futures.

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Mieux vaut dans un tel contexte patienter pour voir les réactions aux résultats des élections de la semaine prochaine, la tournure économique et celle des marchés boursiers, avant de parier sur une remontée effective des Fed Funds le 14 décembre prochain

Tapering, who cares ?

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Mario Draghi aurait pu faire mieux pour convaincre que la réduction de son programme d’achats d’actifs à partir du mois de mars n’était pas un sujet. Car assurer, comme il l’a fait, que le QE ne serait pas stoppé brutalement, quand personne n’avait osé imaginer un tel scénario, suggère plutôt que la question d’un éventuel « tapering » soit bel et bien d’actualité…

Les raisons susceptibles d’inciter la BCE à franchir le pas sont, de fait, assez nombreuses, de sorte que l’interprétation que les marchés ont eue des propos du Président de la BCE lors de sa conférence de presse du 20 octobre, peut être perçue comme assez largement conciliante. Retour sur un sujet auquel il pourrait être difficile d’échapper dans les prochaines semaines.

Tapering

Pas de panique, la hausse des taux c’est pas pour tout de suite, on attendra les élections pour y voir plus clair… ça promet !

Communiqué, conférence de presse, décryptage des mots, tournures, assurance de Janet Yellen, le rituel post FOMC bat son plein, comme c’est le cas depuis deux ans après chaque réunion du comité de politique monétaire de la FED, toutes les six semaines. Pour autant, rien de nouveau. Les dés restent suspendus à cette phrase « le comité estime que le cas pour une hausse des taux des Fed Funds s’est accru, mais il a décidé, pour l’instant, d’attendre d’avoir plus d’évidence d’une poursuite des avancées vers ses objectifs ». Sage décision car ces évidences pourraient se faire attendre encore longtemps à en juger par la tournure récente des indicateurs économiques américains. Dès lors, si notre analyse est la bonne, l’inconfort de Janet Yellen lors de sa conférence de presse, ne devrait pas durer, à moins que celui-ci soit lié à d’autres préoccupations, celle, entre autres, d’être sur un siège éjectable en cas de victoire de Donald Trump à la présidentielle du 8 novembre prochain, une hypothèse de plus en plus difficile à ignorer.
Bien plus que les tergiversations sur l’évolution de la fonction de réaction de la FED, qui ont su faire diversion jusqu’à aujourd’hui, le dossier chaud n’est plus entre les mains de Janet Yellen mais bel et bien entre les mains des électeurs américains. Que la Fed agite ou non l’hypothèse d’une hausse de ses taux avant la fin de l’année a, dans une telle perspective, bien peu d’importance au regard des risques qu’encourrait l’économie américaine et le reste du monde en cas de victoire du candidat républicain D. Trump.
Il est, dans cette perspective, peu probable que cette nouvelle absence de décision de la FED, du reste largement anticipée, ait un quelconque impact significatif sur les marchés financiers, au-delà des atermoiements sans conséquence de la Banque du Japon dont la devise ne va clairement pas dans la direction recherchée…

Entre les lignes des turbulences obligataires : Janet, Mario ou, déjà, D. Trump ?

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Pour qui suit de près les développements de marchés, il se passe des choses étranges du côté obligataire. Au cours des sept derniers jours, les taux des emprunts d’État à long terme ont, en effet, enregistré une remontée notable dans le monde développé. Négligeables, au vu du très bas niveau persistant des taux d’intérêt, ces mouvements n’en sont pas moins intrigants dès lors qu’aucun des fondamentaux qui jusqu’alors guidaient les évolutions de ces marchés ne permet véritablement d’expliquer cette volte-face. Y-a-t-il des éléments de rupture, de quel type et quels en sont les enjeux ?

FOMC – mais où est le loup ?

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La Fed, nous l’avons exprimé plus tôt dans la journée, avait toutes les raisons de reprendre son bâton de pèlerin en rouvrant la porte à une possible hausse des taux d’ici la fin de l’année, à l’occasion du FOMC de ces deux derniers jours. À ce stade, rien de tel, tout du moins de façon explicite. Si son communiqué prend acte de l’amélioration des indicateurs économiques récents, notamment sur le marché de l’emploi, il souligne néanmoins la détérioration persistante des tendances sur le front de l’investissement. Par ailleurs, rien de son analyse sur l’inflation ne suggère une quelconque préoccupation, malgré des arguments, à l’évidence, à sa portée sur ce dernier front.

En somme ce communiqué est des plus opaques, laissant les voies ouvertes à tous les scénarios… au point de se demander ce qu’il cache. Les minutes du FOMC dévoileront-elles une autre réalité, comme cela a été régulièrement le cas ces derniers mois ? La Fed redoute-t-elle les effets contrariants de la chute des cours des MP ou les conséquences d’une hausse trop rapide du billet vert tandis que les autres grandes banques centrales s’apprêtent à assouplir leur politique, comme suggéré dans notre hebdomadaire (voir à ce sujet Quid de la FED face à la rechute des MP ?, du 22 juillet) ? Ou encore, virera-t-elle sa cuti à la rentrée ? Autant de questions susceptibles de compliquer la lecture des marchés dans les prochaines semaines.

FOMC Juillet 16

La Fed, trop dovish pour rassurer

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Plus « dovish » qu’anticipé par le consensus, le communiqué de la Fed et le propos de Janet Yellen lors de sa conférence de presse sont clairs : la tournure de la conjoncture américaine déçoit et suscite un regain de prudence. En conséquence de quoi la Fed révise à la baisse son scénario de croissance et décale sine die son intention de relever le niveau de ses taux directeurs. Le ton du communiqué, comme celui de la Présidente de la Fed, sont nettement moins réconfortants sur les perspectives américaines que ne le suggéraient les derniers communiqués, voire même les propos de Janet Yellen du 6 juin, trois jours après le rapport sur l’Emploi.

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En attendant la Fed

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Que nous réservent le communiqué de la Fed et la conférence de presse de sa Présidente Janet Yellen ce soir ? Nous passons en revue les différents cas de figure de l’issue de ce FOMC ainsi que leurs principales implications, étant entendu que nous n’envisageons pas l’éventualité d’une hausse des taux aujourd’hui.

Les plans de la Fed à nouveau contrariés

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Cet article sera publié sur le site Boursorama le jeudi 2 juin

C’est devenu un classique ces deux dernières années : la Fed avance d’un pas et recule de deux.

Alors que les minutes de son dernier comité de politique monétaire du mois d’avril semblaient avoir dégagé l’horizon, la Fed promettant un début de normalisation de ses taux directeurs pour les mois à venir, le Beige Book publié hier soir offre bien peu d’éléments susceptibles de convaincre du bien-fondé d’un tel changement de la politique monétaire américaine.

Ce compte-rendu ajoute, en effet, à la panoplie d’indicateurs médiocres publiés ces derniers jours, avec une description des plus réservées de l’état de santé de l’économie américaine.