Regain de volatilité en vue des anticipations d’inflation

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L’environnement inflationniste se complexifie. Malgré le déclin persistant du taux d’inflation mondial, toujours largement influencé par le repli des cours du pétrole, les distorsions de prix s’accentuent. Alors que les pressions déflationnistes sont toujours assez largement à l’œuvre dans l’industrie, des poches d’accélération à la hausse des prix sont apparues récemment dans certaines catégories d’activités domestiques de plusieurs économies influentes.

Si le risque d’un dérapage incontrôlé de l’inflation reste assurément faible, ces évolutions pourraient suffire à instiller un changement de sentiment des marchés sur les sous-jacents inflationnistes. Au moment où se préparent de grandes manœuvres monétaires et où les effets de base liés à la chute des prix du pétrole sont amenés à se tarir, le risque d’un regain de tensions sur les anticipations d’inflation et, de facto, les marchés de taux n’est probablement pas négligeable…

Economie mondiale, le momentum se détériore

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En dépit de l’optimisme des marchés financiers et des bonnes nouvelles en provenance de la zone euro, les signes de détérioration de la situation économique internationale se sont multipliés ces derniers mois. L’effritement du climat des affaires, de la croissance de la production industrielle et le ralentissement des exportations pointent tous, en effet, vers une retombée de la croissance mondiale en début d’année. Ces observations sont décevantes, suggérant que ni la reprise européenne, ni la chute des cours du pétrole ne produisent, à ce stade, les effets escomptés. Quelles en sont les raisons ?

Scénario 2015. 1- Place aux consommateurs

L’effondrement des prix du pétrole de ces derniers mois a des effets considérables sur les perspectives économiques pour 2015 que reflètent les changements importants apportés à notre scénario international. Ceux-ci se résument en trois points essentiels :

  • Une quasi-disparition de l’inflation à l’échelle planétaire : à moins de 1,5% en moyenne cette année, l’inflation mondiale devrait être la plus faible jamais enregistrée par le FMI depuis le début de la série en 1969 ;
  • Une très nette amélioration des perspectives de consommation mondiale dont la progression pourrait atteindre 3,5 %, son meilleur résultat depuis 2007, voire davantage selon les développements du second semestre de l’année ;
  • Une stimulation de la croissance internationale, à 3,8 % selon nos estimations, notamment tirée par une très nette amélioration des perspectives des pays avancés.

2015 fermera-t-elle dès lors le chapitre de trois années de croissance bridée et, plus récemment, de déflation rampante ?

C’est possible mais probablement trop tôt pour l’affirmer compte-tenu de la baisse des perspectives de croissance nominale inhérente à la chute de l’inflation, de l’usure d’un cycle de plus de cinq années de croissance ralentie et de la fragilité du monde émergent. C’est en cela que les révisions à la hausse des perspectives économiques ne peuvent, à ce stade, être synonymes d’évacuation des risques pour les marchés financiers.

Nous initions aujourd’hui une série de trois publications au fil desquelles nous passerons en revue les thèmes clés de ce scénario 2015, à savoir :

  • 1. Place aux consommateurs
  • 2. Plus de croissance réelle, pas forcément nominale : une garantie de taux d’intérêt durablement bas
  • 3. L’allocation d’actifs en mode zéro inflation

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Matières premières, une remise à plat des perspectives structurelles internationales

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Les cours des matières premières sont traditionnellement assez imperméables aux évolutions de court terme d’offre et de demande. Ainsi, tant que les errements de l’économie mondiale ne remettaient pas en cause les perspectives économiques de long terme, leurs effets sur ces marchés n’étaient que marginaux.

Le décrochage des cours depuis mi-octobre doit donc être interprété comme symptomatique d’un changement notable de perception des développements économiques mondiaux de moyen-long terme. C’est en cela que l’emballement à la baisse des cours du pétrole de ces derniers jours est porteur de mauvaise nouvelle, malgré les bénéfices évidents que pourront en retirer les consommateurs des pays importateurs.

Autres publications récentes sur le sujet :

« Inflation négative : une bonne nouvelle pour les consommateurs ? » 

« Prix du pétrole, inflation et T-Bonds »

Prix du pétrole, inflation mondiale et T-Bonds

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La désinflation continue à gagner du terrain à l’échelle planétaire et les choses ne semblent pas sur le point de s’améliorer à brève échéance. Aux conséquences du manque de dynamisme de la croissance sur fond de tensions compétitives persistantes, s’ajouteront dans les mois à venir les effets de la chute des cours mondiaux du pétrole et des matières premières agricoles. L’inflation mondiale pourrait ainsi reculer dans la région des 2,5 % d’ici au premier trimestre 2015 en même temps qu’un nombre croissant d’économies basculeront sur le territoire d’une inflation négative. Un tel environnement a tout lieu d’être associé à un affaissement du niveau général des taux d’intérêt à l’échelle mondiale…

La baisse des prix du pétrole, un stabilisateur pour la croissance

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Nos prévisions d’un fort repli des prix des matières premières semblent se concrétiser depuis le début de l’été. Malgré le contexte géopolitique très tendu, la chute des cours du pétrole atteint déjà 15 % et, le repli de la consommation aidant, la facture pétrolière mondiale s’est contractée d’un point de PIB depuis le début de l’année. L’exposition des différents pays à cet ajustement est variable, généralement plus favorable aux économies développées qu’aux pays émergents, mais quoiqu’il en soit, la baisse des prix du pétrole conserve un caractère stabilisant susceptible d’être d’un précieux soutien dans le contexte présent.