BMG juin 2025 – L’inflation repointe doucement son nez

En juin, notre Baromètre Macroéconomique Global est retombé à 0, après 0,2 en mai, révisé en baisse d’un dixième. Etats-unis et Chine s’améliorent mais la zone euro et le Royaume-Uni retombent. Malgré la hausse de l’indicateur le plus avancé, celui des climats des affaires, les autres composantes de notre BMG sont neutre s’agissant des exportations, ou négatives pour la consommation et l’investissement. Dopé par sa composante américaine, notre indicateur d’inflation regagne un peu plus de terrain, à 0,2, après 0,1 en mai.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’adoption du budget par le Sénat américain efface le mauvais rapport ADP

La bonne nouvelle chasse la mauvaise. Le projet de loi budgétaire « One Big Beautiful Bill Act » a été adopté par le Sénat. Il prévoit des baisses historiques d’impôts avec, à la clé, un surcroît de dette fédérale de 3000 milliards de dollars d’ici 10 ans, soit environ 10 % du PIB actuel. La victoire des républicains a été gagnée de justesse, grace au vote du vice-président JD Vance, à 51 voix contre 50, après la défection de trois républicains. Le texte amendé et adopté par le Sénat est maintenant discuté de nouveau à la chambre des représentants. Pour D.Trump, qui engrange les succès depuis deux semaines, il s’agit d’une victoire majeure, peu importe la méthode, les oppositions internes et les conséquences de cette réforme pour les finances publiques ou les Américains les moins fortunés, qui verront surtout de ces changements les effets négatifs des coupes promises des budgets sociaux.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Le risque d’un effet cocotte-minute sur les prix américains

Insensible aux tergiversations sur les droits de douanes, l’indicateur des prix payés de l’ISM manufacturier campe pour le quatrième mois consécutif sur de très hauts niveaux, entre 69 et 70 (69,7 en juin). Les moratoires, accords, délais sur la mise en place des droits de douane ne changent donc pas fondamentalement la perception du contexte inflationniste des directeurs d’achats. L’équivalent S&P des PMI ne dit d’ailleurs rien d’autre, pire, il suggère une forte accélération des prix facturés au cours du mois écoulé. Le risque est, dès lors, limpide : même en cas de nouvelle reculade de D.Trump, les prix à la consommation risquent de fortement accélérer au second semestre, malgré leur surprenante inertie des derniers mois.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

PMI : le retour de l’Allemagne, la France patine

Après le ZEW mardi dernier, les PMI allemands de juin sont ressortis en nette amélioration. L’indicateur composite a retrouvé la zone d’expansion, à 50,4, soit deux points de plus qu’en mai. A contrario, l’indicateur français est retombé de près d’un point, à 48,5, en zone de contraction plus marquée. Malgré un léger redressement des enquêtes INSEE, l’économie hexagonale a donc bien du mal à retrouver le chemin d’une croissance plus robuste, un objectif que l’Allemagne semble sur le point d’accomplir, grâce à un tournant budgétaire inédit mené par son nouveau chancelier. Après deux années de récession, l’économie allemande sort de bois et redonne de la voix à ses dirigeants en Europe.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Réussite italienne, à quel point ?

C’est bien connu, l’herbe est, toujours, plus verte ailleurs, surtout vu de France. C’est le message que nous renvoient de manière récurrente les analyses sur les performances économiques italiennes ces derniers temps, lesquelles sont souvent l’occasion de passer au pilori celles de sa voisine. Tour à tour, on y apprend :
– Que l’activité à l’exportation est en bien meilleure posture que celle de l’Hexagone.
– Que, notamment dopé par cette vigueur retrouvée sur le front du commerce extérieur, le PIB par tête italien a rejoint celui de la France et le taux de chômage ses plus bas historiques.
– Que l’Italie aurait su faire des prouesses budgétaires que la France est incapable de mener à bien, en témoigne la stabilisation de sa dette publique à 135 % du PIB l’an dernier, son niveau d’avant covid, après une envolée à 154 % en 2020, et l’écrasement persistant des spreads de taux italo-français de ces derniers mois.
Un ensemble dont il découle, forcément, un satisfecit quant à la politique menée par G. Meloni depuis son accession au pouvoir en octobre 2022.
Aucun de ces constats n’est totalement faux. Que la France fasse moins bien que la botte est sans doute un sujet pour la fierté hexagonale, à moins de se réjouir que le pays le plus mal en point des fondateurs de l’Europe depuis la création de la monnaie unique parvienne, enfin, à sortir la tête de l’eau, grâce notamment au changement de cap de la politique européenne à son égard et aux initiatives qui ont suivi. Encore faudrait-il que les faits valident les dires. Or, le diagnostic italien n’a rien d’exceptionnel, certainement pas en comparaison d’autres pays du sud, ni, même, par rapport à son voisin français, si mal en point qu’il soit. Alors, quelle est la part d’exactitude, de réels progrès et d’espoirs que l’Italie s’en sorte mieux dorénavant, voire d’éventuelles leçons que l’Hexagone pourrait retirer de l’expérience italienne ?

Lire la suite…

Croissance, inflation, chômage : la Fed souligne les méfaits de la politique actuelle

« Les Dotplots envisageaient deux baisses de taux en 2025 en mars, les retirer se révèlera compliqué dans le contexte en présence. C’est dans ses projections à plus long terme que la Fed pourrait affirmer sa prudence à l’égard de la politique de l’administration, en réduisant, par exemple, ses projections de baisse des taux pour 2026 et 2027 ». Cet extrait de notre Preview d’hier reflète assez fidèlement la communication de la Fed à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours. Comme anticipé, cette dernière n’a pas changé le niveau de ses taux directeurs, pas plus qu’elle n’a donné d’indication sur la possibilité d’une baisse en juillet. Contrainte de conserver sa projection d’un repli de 50 points de base d’ici la fin de l’année, face aux bons résultats d’inflation et à la multiplication des signes de fragilité de l’économie, elle a néanmoins limité la portée de ce scénario en fermant la porte à la perspective d’un cycle prolongé d’assouplissement monétaire. Il ne reste plus en effet que 25 points de base des 50 envisagés au mois de mars pour 2026, avant un nouveau quart de point en 2027…
Malgré un degré inhabituel d’incertitudes, amplement souligné par J. Powell, les projections du FOMC sont on ne peut plus claires : selon ses membres, la politique en présence est synonyme de moins de croissance mais de plus d’inflation et de chômage, avec pour résultat de réduire la marge de baisse des taux d’intérêt, en dépit d’une croissance nominale à peu près identique. Si le chiffrage n’est pas strictement celui d’un scénario de stagflation, la direction est bien celle-là.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

BoJ, Fed : quand les risques sur l’avenir l’emportent sur l’inflation passée

Si l’inflation des tout derniers mois était l’alpha et l’omega des décisions de politique monétaire, alors la BoJ aurait, au moins à une occasion, remonté ses taux directeurs depuis la dernière hausse de janvier. Au lieu de cela, elle a laissé ses taux inchangés pour la troisième fois consécutive, à 0,5 % ce matin. Dans un souci de contenir les tensions sur la partie longue de la courbe des taux, elle a, même, confirmé sa décision de réduire le rythme de baisse de ses achats d’obligations à partir d’avril prochain.
A contrario, les données d’inflation américaine sont on ne peut plus en phase avec ce qu’il lui faudrait pour que la Fed prépare, demain, le terrain à une baisse des Fed Funds en juillet, à défaut de se précipiter en y procédant dès maintenant. Ce n’est, pourtant, pas l’hypothèse privilégiée.
Dans un cas comme dans l’autre, la fonction de réaction des banques centrales est devenue de plus en plus complexe, imprégnée d’une multiplication de risques et de sources d’incertitudes qui ont pour conséquence de retarder les processus de décision : impact incertain de la guerre commerciale sur les perspectives de croissance et d’inflation, tensions sur les marchés de taux à long terme, politiques budgétaires particulièrement dispendieuses, sans parler des risques géopolitiques. Face à un tel degré d’incertitude, le plus probable est que la Fed ne s’engage qu’à demi-mot sur sa politique à venir, quand bien même il lui sera difficile de gommer l’intégralité des baisses de taux affichées dans les Dotplots du mois de mars.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’embellie allemande est de plus en plus convaincante

Premier indicateur de confiance publié pour le mois de juin en zone euro, le ZEW allemand a progressé, de telle sorte que la moyenne des conditions courantes et des perspectives a atteint son plus haut niveau depuis février 2023, à -12,25. Après la chute d’avril dans le sillage de l’annonce des droits de douane américains, l’indicateur des perspectives a quasiment retrouvé son haut niveau de mars. C’est néanmoins, de l’amélioration continue des conditions courantes que nous vient la meilleure nouvelle. En hausse de 10 points, le solde d’opinions sur celles-ci enregistre sa plus forte progression depuis deux ans, quand bien même à un niveau toujours très bas de -72.

Lire la suite…