Moins de baisses de taux à venir ? J. Powell sème le doute… La BCE gagne du temps #fed #taux #qt #bilan

Moins dovish que prévu ? La Fed a comme anticipé abaissé d’un quart de point son objectif des Fed Funds, à 3,75/4 %. Elle a, par ailleurs, confirmé l’arrêt de la réduction de son bilan, à partir du 1er décembre, précisant qu’elle réinvestira l’équivalent de l’intégralité des obligations souveraines de son bilan arrivant à échéance sur le marché des Treasuries, de même que 35 milliards par mois de ses titres hypothécaires. Cette dernière décision était moins largement anticipée. Si J. Powell avait fait part de cette éventualité mi-octobre, nombreux analystes l’envisageaient plus tardive.

C’est, malgré tout, une Fed moins « dovish » que prévu que retiendront les marchés. En premier lieu parce que sa décision de baisser les taux d’un quart de point n’était pas unanime. S. Miran, sans surprise, aurait souhaité une baisse de 50 pb mais, surtout, Jeffrey Schmid était contre toute baisse des taux. J. Powell a, par ailleurs, mentionné des divergences importantes de point de vue entre les gouverneurs de la Fed sur ce qu’il conviendrait de faire en décembre, soulignant qu’une nouvelle baisse des taux n’était pas acquise. Ces commentaires ont sonné comme un coup de semonce auprès d’investisseurs convaincus que la Fed procéderait comme elle l’avait prévu en septembre, d’ici la fin de l’année, voire bien davantage en 2026. Les taux à deux ans ont repris plus de dix points de base dans le sillage des propos de J. Powell, suivis de près par les taux à 10 ans, remontés à 4,08 %, tandis que l’indice ICE du dollar s’est envolé de plus d’un demi-point, à quasiment 99,6, son plus haut niveau depuis juin.

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La baisse des Fed Funds entrainera-t-elle celle des taux longs ?

La Fed devrait acter une baisse d’un quart de point de son objectif des Fed Funds à l’issue du FOMC mercredi soir, de 4/4,25 % à 3,75/4 %. Malgré les tarifs, l’inflation reste contenue, avec des évolutions certes peu compatibles avec un retour à 2 % mais pas, non plus, annonciatrices d’un quelconque dérapage. Les données du marché de l’emploi, de leur côté, sont apparues dégradées selon la publication de l’ADP de début de mois, tandis que le shutdown se prolonge. La Fed n’a donc pas lieu de remettre en cause ce qu’elle avait envisagé en septembre et devrait également préparer le terrain pour un ajustement supplémentaire de ses taux directeurs au mois de décembre. Jusque là rien de bien nouveau. Les marchés ont, en effet, pleinement intégré ces ajustements à venir.
Le débat s’est néanmoins complexifié après que J. Powell a annoncé mi-octobre l’arrêt probable de la réduction du bilan de la Fed d’ici peu. La probabilité que cette dernière soit actée dès cette semaine est loin d’être négligeable. Si tel est le cas, de nombreuses questions pourraient s’ajouter au débat, parmi lesquelles la justification d’une telle décision et ses implications éventuelles sur les anticipations d’inflation. Avec une baisse des taux plutôt pro-cyclique, l’arrêt du QT devra être bien compris pour ne pas risquer d’attiser le sentiment d’une politique monétaire par trop indulgente dans le contexte en présence, à quelques mois d’une réforme fiscale inédite et d’un vaste programme de déréglementation bancaire. C’est sur la partie longue de la courbe de taux que se joueront ces enjeux, laquelle a une influence beaucoup plus importante sur l’économie que les taux directeurs eux-mêmes.

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La confiance de façade de la BoE peine à convaincre

Taux directeurs inchangés à 4 %, ralentissement du rythme de resserrement quantitatif de 100 à 70 milliards de livres par an : la BoE a, peu ou prou, suivi le scénario anticipé par les marchés. Son communiqué précise qu’elle compte vendre moins d’obligations à maturité longue, dont les taux ont poursuivi leur ascension à des plus hauts depuis la fin des années 1990. Censées permettre de mieux maîtriser la partie longue de la courbe des taux, ces annonces semblent avoir échoué : les taux à 10 et 30 ans des Gilts regagnent jusqu’à six points de base cet après-midi.
Apparemment confiante sur un reflux imminent de l’inflation britannique, la banque d’Angleterre a également tenté de rassurer, considérant la hausse des taux à très long terme comme un phénomène généralisé, plutôt que spécifique. Le diagnostic n’est pas faux. Il n’en reste pas moins que le Royaume-Uni est bel et bien le pays le plus impacté par ces tensions extrêmes, en même temps que le plus visiblement empêtré dans un état de stagflation. La BoE n’a, de fait, pas convaincu, son discours sur l’inflation ayant aussi quelques relents de « langue de bois » : « L’inflation sur douze mois s’est établie à 3,8 % en août et devrait augmenter légèrement en septembre, avant de retomber vers l’objectif de 2 % par la suite. »… Ce n’est pas ce que suggère, à ce stade, les rythmes d’inflation en présence dans la plupart des secteurs d’activité. La faible croissance économique, ne rassure pas, quant à elle, sur la trajectoire des finances publiques.
L’épisode du Brexit et plus encore celui de Liz Truss ont semé un vent de défiance à l’égard de la dette britannique face auquel la banque centrale est assez démunie.

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Ventes de détail et production américaine, « who cares » ? S. Miran débarque à la Fed

En août, les ventes de détail à prix courants ont progressé de 0,6 %, comme en juillet. Corrigée de l’inflation, leur hausse est un peu moins dynamique, autour de 0,2 %. Toujours est-il que ces données n’ont rien de particulièrement alarmant. Ajoutées à celles des prix des échanges extérieurs, elles ont même poussé la Fed d’Atlanta à réviser à la hausse sa projection de croissance pour le troisième trimestre, de 3,1 % à 3,4 % en rythme annualisé. La production manufacturière a, quant à elle, augmenté de 0,2 % pour rejoindre son plus haut niveau depuis l’automne 2022, un résultat que D. Trump devrait savourer. Alors, fausse alerte en provenance du marché de l’emploi et retenue de la Fed demain ? Cette dernière option ne convainc pas.

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Ni satisfécit ni marges de manœuvre pour la BCE dans l’attente de la Fed

L’avance prise par la BCE dans le cycle de détente monétaire devient-elle un handicap, aujourd’hui ? Toujours est-il qu’elle ne lui simplifie pas la tâche. Avec des taux directeurs à 2 %, la BCE a, a priori, fait le travail : ses taux réels sont, en effet, revenus à zéro, soit pour, ainsi dire, à la neutralité. Elle pourrait s’en satisfaire, comme le laisse d’ailleurs entendre sa posture récente et la pause initiée depuis le mois de juin, sauf que, la situation est nettement plus complexe :
1- Comme elle l’a souligné ces derniers temps, les mécanismes de transmission de sa politique monétaire ne sont pas satisfaisants. Si la croissance du crédit au secteur privé se reprend, son rythme est encore considérablement ralenti, en particulier au regard de la pentification de la courbe des taux d’intérêt produite par la division par deux des taux directeurs. Il est vrai que cette dernière n’a guère eu d’effets d’entraînement sur les taux à moyen et long terme, lesquels se sont sensiblement tendus, au contraire de ce qu’aurait dû produire l’assouplissement monétaire. Le fait n’est pas propre à la région mais commun à la plupart des économies développées à l’égard desquelles les investisseurs sont de plus en plus exigeants au regard de la devise des finances publiques, militaires notamment, et des incertitudes sur le front de l’inflation. Ces effets atténuent, évidemment, l’influence des initiatives monétaires sur la croissance économique.

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La BCE et les PMI européens suspendus aux nouvelles de l’Oncle Sam

Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés à 2 %, une posture que, sauf surprise, elle devrait garder au cours des prochaines réunions. C’est le message qu’a voulu délivrer la présidente de la BCE, lequel contrarie quelque peu les attentes des marchés. Si C. Lagarde a égrené les risques positifs et négatifs qui entourent les perspectives actuelles, sa lecture se veut clairement rassurante (1) la croissance tient bon, soutenue par les baisses de taux antérieures et pourrait, le cas échéant, profiter d’un accord commercial équilibré avec les Etats-Unis (2) l’inflation se normalise et les salaires ralentissent, mais les risques sur l’offre et les dépenses militaires pourraient accroître les tensions sur les prix… En attendant d’y voir plus clair, la BCE privilégie un statu quo. Elle n’a d’ailleurs guère le choix comme exposé dans notre Preview (Pause sous contrainte de la BCE). C. Lagarde doit conserver des marges d’action pour faire face aux incertitudes en provenance des Etats-Unis, d’un éventuel départ précipité de J. Powell en particulier.
Les données conjoncturelles ne la mettent pas forcément en port-à-faux. L’indice PMI composite de la zone euro a regagné un peu de terrain, à 51 après 50,6. L’équivalent allemand est resté stable, à 50,3 et le français a regagné un peu de terrain, en zone de contraction, à 49,6. Idem pour l’indice INSEE, stable mais inférieur à sa moyenne de long terme. Pas de mouvement très notable, non plus, sur les indicateurs de prix.

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Pause sous contrainte de la BCE

Après huit baisses de taux, dont sept consécutives, la BCE devrait garder ses taux directeurs inchangés à 2 % ce jeudi. Jusque-là, rien de bien anormal. La banque centrale européenne a déjà fait beaucoup au cours de l’année écoulée en comparaison des autres grandes banques centrales du monde développé. Avec 2 % d’inflation en juin, ses taux réels sont revenus à zéro, ce qui constitue une exception parmi les principaux pays occidentaux. La conjoncture européenne mériterait, pourtant, davantage. En premier lieu parce qu’elle ne se porte pas au mieux et que ses perspectives, un temps, plus encourageantes, battent à nouveau de l’aile sous le joug des menaces protectionnistes américaines. En second lieu, parce que la transmission des baisses de taux de la BCE est loin d’être optimale. La croissance du crédit au secteur privé n’excédait pas 1,7 % l’an en mai, loin derrière ce que devrait autoriser la pente de la courbe des taux d’intérêt, alors que l’enquête BLS auprès des établissements de crédit mentionne déjà un resserrement des conditions de prêts, face au regain d’incertitudes.

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BoJ, Fed : quand les risques sur l’avenir l’emportent sur l’inflation passée

Si l’inflation des tout derniers mois était l’alpha et l’omega des décisions de politique monétaire, alors la BoJ aurait, au moins à une occasion, remonté ses taux directeurs depuis la dernière hausse de janvier. Au lieu de cela, elle a laissé ses taux inchangés pour la troisième fois consécutive, à 0,5 % ce matin. Dans un souci de contenir les tensions sur la partie longue de la courbe des taux, elle a, même, confirmé sa décision de réduire le rythme de baisse de ses achats d’obligations à partir d’avril prochain.
A contrario, les données d’inflation américaine sont on ne peut plus en phase avec ce qu’il lui faudrait pour que la Fed prépare, demain, le terrain à une baisse des Fed Funds en juillet, à défaut de se précipiter en y procédant dès maintenant. Ce n’est, pourtant, pas l’hypothèse privilégiée.
Dans un cas comme dans l’autre, la fonction de réaction des banques centrales est devenue de plus en plus complexe, imprégnée d’une multiplication de risques et de sources d’incertitudes qui ont pour conséquence de retarder les processus de décision : impact incertain de la guerre commerciale sur les perspectives de croissance et d’inflation, tensions sur les marchés de taux à long terme, politiques budgétaires particulièrement dispendieuses, sans parler des risques géopolitiques. Face à un tel degré d’incertitude, le plus probable est que la Fed ne s’engage qu’à demi-mot sur sa politique à venir, quand bien même il lui sera difficile de gommer l’intégralité des baisses de taux affichées dans les Dotplots du mois de mars.

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