La Fed sous pression après les données d’inflation du jour

L’inflation américaine est restée à peu près stable en mai, à 2,4% et 2,8 % pour sa composante sous-jacente. Sur un mois, la hausse des prix n’a pas excédé 0,1% dans les deux cas, malgré les droits de douane et la baisse du dollar. Plus le temps passe, plus l’inflation défie les prévisions et moins les réticences de la Fed à baisser ses taux semblent justifiées. La désinflation de ces derniers mois a, en effet, pour contrepartie d’avoir fait remonter les taux réels des Fed Funds de 1,5 % en janvier dernier à 2,1 %, un resserrement de facto des conditions monétaires peu justifié au regard de la conjoncture en présence.

Il va devenir difficile à la Fed de ne pas acter de ce changement de situation, au risque d’être prise en défaut à terme, en cas de tensions retardées sur les prix des importations, fonction notamment de l’issue des tractations en cours avec la Chine, ou de reprise de l’activité.

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L’emploi américain, pas assez mauvais pour presser la Fed

Plutôt médiocres, les créations nettes d’emplois aux Etats-Unis ont ralenti au rythme de 139 K en mai, après 147 K en avril. A noter que les révisions à la baisse opérées depuis le début d’année ont retiré 125 K postes sur quatre mois par rapport aux chiffres initiaux. Pas impossible qu’il en soit, d’ailleurs, de même en mai, au vu des divergences inhabituelles avec les données de l’ADP, beaucoup plus dégradées que celles du rapport officiel.
Dans le détail, les loisirs, les Etats fédérés et l’éducation/santé, ont concentré la quasi-totalité des créations de postes en mai. Les pertes affectent en revanche cinq secteurs, parmi lesquels les activités minières, manufacturières, le commerce de détail, les services professionnels et l’Etat fédéral, victime des coupes du DOGE pour le quatrième mois consécutif. Au total, l’image d’une économie mal en point malgré des données somme toute supérieures aux attentes.

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Industrie européenne, le soufflet retombe, mais l’amélioration est toujours en place

La production industrielle allemande, construction comprise, s’est contractée de 1,4 % au mois d’avril. Sa composante manufacturière a reculé davantage, de 1,8 %, après une hausse de 2,7 % en mars. L’équivalent français n’a pas fait beaucoup mieux : -0,6 % contre +0,5 % en mars et +1,4 % en février.
Le reflux, concomitant, des exportations de ces deux pays ne laisse guère de doute sur le phénomène à l’œuvre. Le rebond inédit des importations américaines en anticipation de la hausse des droits de douanes a dopé les échanges internationaux en même temps que la demande régionale, un temps. La normalisation en cours, actée par la baisse des de plus de 16 % des importations américaines en avril, joue donc à revers sur l’industrie mondiale. La reprise n’est pas enterrée pour autant, à en juger par la bonne tenue des commandes adressées à l’industrie allemande ou par celle des climats des affaires du mois de mai, toujours portés par les promesses budgétaires outre-Rhin.

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Mauvais tournant en mai pour l’économie américaine

Jusqu’à maintenant, et malgré un PIB en baisse au premier trimestre, ni l’inflation, ni la consommation n’avaient reflété les craintes sur l’activité nées de la politique économique de l’administration Trump et, en premier lieu, des coupes budgétaires et des tarifs.
Publiés cet après-midi, les indicateurs d’emploi de l’ADP tirent, néanmoins, une première sonnette d’alarme, avec seulement 34 K créations de postes, soit le plus faible rythme constaté depuis mars 2023. D’autant que cette hausse est uniquement concentrée dans le secteur des loisirs, sans lequel l’emploi afficherait une évolution négative, plombé par les services professionnels, le secteur minier, le commerce et l’industrie.

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BMG mai 2025 – La zone euro commence à faire la différence

En mai, notre Baromètre Macroéconomique Global revient en zone positive, à 0,3 après 0 en avril. Atténuation des tensions commerciales et initiatives publiques en Europe ont, certainement, permis le rebond des indicateurs de climats des affaires et du commerce extérieur. La consommation et l’investissement sont moins bien lotis, en terrain, respectivement, négatif et neutre. Notre indicateur d’inflation repasse au-dessus de zéro pour la première fois depuis février 2023, quand bien même très légèrement, à 0,1.

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La BCE contrainte de prendre ses distances par rapport aux bons chiffres d’inflation

En mai, l’inflation de la zone euro est ressortie en baisse de trois dixièmes par rapport au mois d’avril, à 1,9 %. Sa composante sous-jacente s’est repliée davantage, tirée vers le bas par les services, pour atteindre son plus bas niveau depuis janvier 2022, à 2,3 % après 2,7 %. Après avoir été portée par des effets saisonniers en avril, l’évolution des prix a donc été nettement plus favorable en mai, ce qui conduira sans doute la BCE à revoir à la baisse sa prévision pour 2025.
Ces bons résultats ne justifient pas, pour autant, que la BCE envisage de prolonger ses baisses de taux au-delà de celle, quasiment acquise, de ce jeudi. Abaissés à 2 %, ses taux directeurs seront déjà parmi les plus faibles des grands pays occidentaux et un certain nombre de voix s’élèvent, à juste titre, en faveur d’une pause. Les incertitudes sur les développements encore à venir sur le front commercial et l’inflation future restent intactes. Par ailleurs, les initiatives budgétaires inédites font peser le risque d’un policy-mix par trop accommodant que les responsables de la politique monétaire ne peuvent ignorer. Alors que la BCE annoncera, sans doute, une révision à la hausse de ses perspectives de croissance pour 2025 dans la foulée de la bonne surprise du premier trimestre, il serait légitime qu’elle prépare le terrain à une pause dans l’exercice de baisse de ses taux directeurs.

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Quelle attitude attendre des banques centrales face aux tensions sur les taux longs ?

La situation sur le marché de la dette américaine s’est envenimée après la baisse de la notation de l’agence Moody’s de vendredi dernier et les taux à 30 ans ont franchi le Rubicon en milieu de semaine, pour s’établir temporairement près de 5,15 % jeudi. Si le vote, de justesse, du méga programme de baisses d’impôts républicain par la Chambre des représentants a fini par emporter la confiance des investisseurs, le contexte n’en reste pas moins tendu et la menace d’un regain de volatilité des marchés de taux et d’actions toujours présente.
L’intensification des tensions obligataires sur le marché américain s’est répandue comme une traînée de poudre dans le reste du monde développé ces derniers jours, avec pour résultat une montée généralisée des taux à long ou très longs termes, en Europe, mais également en Asie, Japon en tête de gondole, où la situation déjà tendue depuis le début de l’année a pris un tour critique. Les rendements des JGB à très long terme se sont envolés depuis le début de l’année, à quasiment 3 % pour les 30 ans, un record.
La poudrière ouverte aux Etats-Unis essaime, donc, et, s’il est une leçon à retenir de ces derniers jours, c’est que les choses vont vite.
Signe de défiance généralisée face aux dérives budgétaires imposées tant par les politiques de défense que par les réponses aux menaces protectionnistes américaines, dans un contexte d’incertitudes persistantes sur les perspectives d’inflation, les explications, outre les facteurs fondamentaux, ne marquent pas pour justifier la multiplication des foyers de tensions obligataires à travers le monde.

Les banques centrales ne peuvent, à l’évidence, ignorer ce changement de contexte. Dans quelle mesure celui-ci interfèrera sur leur choix de politique monétaire est, toutefois, encore très incertain et, probablement, variable selon les cas.

Une chose semble pourtant sûre : les tensions sur les taux à long terme aujourd’hui observées ne sont pas le reflet d’une amélioration des perspectives de croissance économique mais traduisent une double perte de confiance : 1) dans la maîtrise des comptes publics par les gouvernements 2) dans la capacité des banques centrales à contrôler l’inflation à terme. Des conditions qui devraient conduire ces dernières à réagir par plus de vigilance, tant du moins qu’elles en ont la latitude. C’est précisément l’enjeu de la préservation de leur indépendance. Une question qui pourrait ne pas toucher seulement la Fed aujourd’hui.

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