Les anticipations sur l’éventualité d’un geste supplémentaire de la BCE étaient vraisemblablement plus élevées que nous ne l’avions envisagé, à en juger par la nervosité des marchés à l’annonce d’un statu quo.
Mais de quoi pouvaient être nourries ces attentes, au juste ?
Certes, Mario Draghi aurait pu annoncer dès aujourd’hui le prolongement de son programme d’achat d’actifs que personne n’envisage pouvoir prendre fin en mars prochain. Cela aurait-il été d’une quelconque efficacité quant aux objectifs recherches ? Naturellement non, surtout si M. Draghi n’a pas encore la réponse à la principale question qui taraude les marchés, à savoir : quel type d’actifs ajouter à la liste pour effectivement être en mesure d’injecter 80 milliards d’euros par mois.
Par ailleurs, alors que le risque n° 1, celui de voir s’envoler l’euro, pourrait se concrétiser sans tarder si la FED déjoue une nouvelle fois les pronostics sur sa capacité à relever le niveau de ses taux à horizon prévisible, mieux vaut que la BCE attende pour les effets d’annonce. L’arme des baisses de taux étant difficilement compatible avec la situation bancaire en présence, l’étroitesse des marges de manœuvres n’autorise guère au gaspi de celle-ci, en effet.
Enfin, si Mario Draghi nourrit l’espoir de parvenir à impulser une relance de l’investissement public -par une « éventuelle extension du plan Juncker »- ou celui d’intégrer les obligations bancaires à sa liste d’achats d’actifs, sans doute lui faut-il plus de temps pour convaincre; un temps que lui offre, tant bien que mal, la situation présente.
La BCE fera forcément davantage et pendant longtemps. Mais, heureusement serait-on tenté de dire, l’inventivité a ses limites et celle-ci requièrent du temps.









