La production manufacturière allemande vingt ans en arrière

Un pas en avant, trois pas en arrière. La production industrielle allemande, construction comprise, s’est repliée de 4,3 % en août. La production manufacturière a reculé plus nettement encore, de 5,5 %, ce qui correspond à sa plus forte baisse mensuelle depuis mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. A titre de comparaison, hors rattrapages post crises, le niveau de production en présence est si bas qu’il avait été franchi pour la première fois, à la hausse il y a vingt ans, presque mois pour mois, en septembre 2005.
Les données d’août sont, sans doute, exceptionnellement mauvaises et il ne serait pas étonnant d’observer une correction à la hausse en septembre. Néanmoins, au vu des tendances de fond, les perspectives de rebond sont, elles aussi, très limitées : les commandes sont en berne, tout comme le commerce avec les Etats-Unis ou l’Asie. La probabilité d’une nouvelle baisse du PIB au troisième trimestre, après celle de 0,3 % au deuxième, gagne donc encore du terrain.

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L’inflation allemande fait toujours tâche

Maintenant que les quatre grands pays de la zone euro ont publié leurs données d’inflation de septembre, deux conclusions s’imposent.
– Comme attendu, les effets de base énergétiques, encore franchement négatifs en août, se sont partiellement résorbés en septembre et devraient entraîner une hausse de l’inflation en zone euro d’environ deux dixièmes. Conformément à ces attentes, l’inflation a augmenté de 0,2 ou 0,3 point en Allemagne, en France et en Espagne, à respectivement 2,4 %, 1,2 % et 2,9 % l’an. L’équivalent italien est resté stable, à 1,6 %.
– Pour ce qui est de l’inflation sous-jacente, les dynamiques sont en revanche très différentes d’un pays à l’autre. Les données allemandes conservent un rythme soutenu, avec une accélération des prix hors énergie et alimentation, de 2,7 % à 2,8 %. Ailleurs, les chiffres sont plus contenus, dans la zone des 2 %, voire en dessous pour l’Hexagone.

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Ni satisfécit ni marges de manœuvre pour la BCE dans l’attente de la Fed

L’avance prise par la BCE dans le cycle de détente monétaire devient-elle un handicap, aujourd’hui ? Toujours est-il qu’elle ne lui simplifie pas la tâche. Avec des taux directeurs à 2 %, la BCE a, a priori, fait le travail : ses taux réels sont, en effet, revenus à zéro, soit pour, ainsi dire, à la neutralité. Elle pourrait s’en satisfaire, comme le laisse d’ailleurs entendre sa posture récente et la pause initiée depuis le mois de juin, sauf que, la situation est nettement plus complexe :
1- Comme elle l’a souligné ces derniers temps, les mécanismes de transmission de sa politique monétaire ne sont pas satisfaisants. Si la croissance du crédit au secteur privé se reprend, son rythme est encore considérablement ralenti, en particulier au regard de la pentification de la courbe des taux d’intérêt produite par la division par deux des taux directeurs. Il est vrai que cette dernière n’a guère eu d’effets d’entraînement sur les taux à moyen et long terme, lesquels se sont sensiblement tendus, au contraire de ce qu’aurait dû produire l’assouplissement monétaire. Le fait n’est pas propre à la région mais commun à la plupart des économies développées à l’égard desquelles les investisseurs sont de plus en plus exigeants au regard de la devise des finances publiques, militaires notamment, et des incertitudes sur le front de l’inflation. Ces effets atténuent, évidemment, l’influence des initiatives monétaires sur la croissance économique.

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Réussite italienne, à quel point ?

C’est bien connu, l’herbe est, toujours, plus verte ailleurs, surtout vu de France. C’est le message que nous renvoient de manière récurrente les analyses sur les performances économiques italiennes ces derniers temps, lesquelles sont souvent l’occasion de passer au pilori celles de sa voisine. Tour à tour, on y apprend :
– Que l’activité à l’exportation est en bien meilleure posture que celle de l’Hexagone.
– Que, notamment dopé par cette vigueur retrouvée sur le front du commerce extérieur, le PIB par tête italien a rejoint celui de la France et le taux de chômage ses plus bas historiques.
– Que l’Italie aurait su faire des prouesses budgétaires que la France est incapable de mener à bien, en témoigne la stabilisation de sa dette publique à 135 % du PIB l’an dernier, son niveau d’avant covid, après une envolée à 154 % en 2020, et l’écrasement persistant des spreads de taux italo-français de ces derniers mois.
Un ensemble dont il découle, forcément, un satisfecit quant à la politique menée par G. Meloni depuis son accession au pouvoir en octobre 2022.
Aucun de ces constats n’est totalement faux. Que la France fasse moins bien que la botte est sans doute un sujet pour la fierté hexagonale, à moins de se réjouir que le pays le plus mal en point des fondateurs de l’Europe depuis la création de la monnaie unique parvienne, enfin, à sortir la tête de l’eau, grâce notamment au changement de cap de la politique européenne à son égard et aux initiatives qui ont suivi. Encore faudrait-il que les faits valident les dires. Or, le diagnostic italien n’a rien d’exceptionnel, certainement pas en comparaison d’autres pays du sud, ni, même, par rapport à son voisin français, si mal en point qu’il soit. Alors, quelle est la part d’exactitude, de réels progrès et d’espoirs que l’Italie s’en sorte mieux dorénavant, voire d’éventuelles leçons que l’Hexagone pourrait retirer de l’expérience italienne ?

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L’industrie allemande fait son retour et referme la porte de la récession

Au premier trimestre, le PIB allemand a progressé de 0,4 %, contre 0,2 % en première estimation. Hors variations de stocks, la hausse a été plus impressionnante encore, de 1,2 %, quand bien même ce résultat fait suite à un deuxième semestre 2024 très dégradé. A l’exception de la consommation publique et, donc, des stocks, toutes les composantes du PIB ont progressé, à des rythmes, parfois, rarement observés depuis plusieurs années.
De même, l’industrie, quoique toujours très en difficulté, retrouve un peu de son rôle moteur. Une tendance que les initiatives publiques du chancelier Merz ont tout lieu d’accentuer. La probabilité d’une reprise allemande gagne incontestablement du terrain.

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Porteur pour l’industrie, l’effort de défense nuit-il aux services en Europe ?

En mai, plus encore qu’en avril, les climats des affaires composites ne permettent pas vraiment de tirer des conclusions définitives sur l’activité européenne. En France, les PMI remontent mais les indicateurs INSEE reculent. A l’inverse, en Allemagne, les indicateurs S&P refluent, tandis que l’IFO regagne du terrain.
Dans le détail, cependant, les retours en provenance de l’industrie confirment l’amélioration déjà amorcée depuis quelques mois (voir Les économies européennes sur le bon pied en début d’année), à rebours des craintes suscitées par la guerre commerciale américaine et après cinq ans de crise. Les services sont nettement plus à la peine. Pour la première fois depuis début 2022, le PMI manufacturier européen est, ainsi, repassé au-dessus de celui du tertiaire, un phénomène généralement constaté en début de cycle de reprise. Pour l’heure, nous n’en sommes pas là : l’ensemble reste morose et particulièrement fragile. Si les récentes initiatives européennes semblent porter quelques fruits, la détérioration des perspectives tertiaires menace d’en confisquer les retombées, notamment pour les consommateurs.

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Le rebond du PIB de la zone euro laisse la France de côté

En zone euro, le PIB réel du premier trimestre a progressé de 0,4 %, après 0,2 % en fin d’année dernière, en nette amélioration donc quand bien même ces données sont biaisées par la contribution exceptionnelle de l’Irlande sans laquelle la croissance a atteint 0,2 %, après 0,1 %. Quoi qu’il en soit, l’UEM commence l’année avec un acquis de 0,8 %, égal à la croissance de l’ensemble de l’année dernière, quand bien même les prochains trimestres s’annoncent difficiles en raison des répercussions de la guerre commerciale américaine.
Parmi les principaux pays, l’Allemagne récupère 0,2 % de croissance, après une contraction de même ampleur. Selon DESTATIS, la consommation des ménages et l’investissement expliqueraient cette amélioration.  La croissance italienne a accéléré, à 0,3 % après 0,4 %, tandis que le PIB espagnol a ralenti, avec une hausse de 0,6 %, contre 0,7 % fin 2024.

Au milieu de ce tableau, plutôt bienvenu, la France fait figure d’exception, avec une croissance minimale, de 0,1 % après une baisse de même ampleur au dernier trimestre 2024. Surtout, les stocks ont contribué à hauteur de 0,5 point à la hausse du premier trimestre, de sorte que sans ces derniers, le PIB ressort en baisse de -0,4 %, sa plus mauvaise performance depuis quatre ans.

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Les ménages européens broient du noir sur fond d’inquiétudes sur l’inflation

Inquiets sur les perspectives économiques, le chômage, l’inflation et leur situation financière, les ménages européens ne sont pas loin d’être aussi préoccupés par les développements récents que les Américains, à en juger par les résultats des enquêtes de la Commission publiés ce matin. Alors que ces derniers ne disent pas grand-chose de nouveau sur l’évolution du sentiment des entreprises, un peu plus en berne que le mois dernier dans l’industrie et les services…, les retours en provenance des ménages interpellent. L’indicateur de confiance des ménages a perdu plus de deux points ce mois-ci, soit sa plus forte baisse mensuelle hors période covid depuis 2011. Contrairement aux tendances récentes observées sur le front des prix, les ménages témoignent d’inquiétudes croissantes sur les perspectives d’inflation. Est-ce la raison pour laquelle ils se montrent aussi réservés sur les autres aspects de la conjoncture à venir ? Entre les tensions géopolitiques et la chute des marchés, les explications ne manquent pas. Toujours est-il que leur faible niveau de confiance résonne comme un avertissement sur les perspectives conjoncturelles de la région. A bon entendeur…

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