Beaucoup de bruit pour rien sur les marchés de taux américains

Après avoir stagné en avril, les ventes de détail à prix courants n’ont progressé que de 0,1 % d’un mois sur l’autre en mai. Un indice de plus du ralentissement de la croissance américaine, auquel les marchés ont réagi par un décrochage immédiat des taux à 10 ans de 5 points de base. Contredits, depuis, par les données de production industrielle, en hausse de 0,9 %, les marchés revoient légèrement leur copie. Bref, l’indécision suit son court.
Cette hyper-sensibilité des marchés à la moindre information économique est pour le moins ennuyeuse, créant une instabilité de plus en plus grande sans réel fondement. Car s’il est une réalité, c’est bien celle d’une stagnation à peu près littérale de l’activité industrielle depuis plus de deux ans, aux Etats-Unis comme dans la plupart des pays industrialisés, que les données américaines du mois de mai ne remettent pas en cause, surtout au vu des retours en provenance de la demande domestique. La Fed y verra-t-elle un message subliminal qui nous échappe ? On peut toujours l’imaginer mais sur le fond, néanmoins, rien de nouveau.

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Les marchés ignorent le message faucon du FOMC et se cabrent sur le bon CPI…

Comme envisagé, la Fed a révisé ses perspectives de baisses des taux et ne conserve dans ses Dots qu’un seul mouvement d’un quart de point d’ici la fin de l’année, à 5,0 %-5,25 %, au lieu de trois jusqu’alors. Réponse logique à la révision à la hausse de ses prévisions d’inflation de deux dixièmes, à respectivement 2,6 % et 2,8 % pour le PCE total et sous-jacent d’ici la fin de l’année, la correction est néanmoins plus importante que généralement attendue. Le message est, par ailleurs, renforcé par un communiqué très ferme, particulièrement insistant sur l’objectif d’inflation recherché et une posture de J. Powell nettement plus faucon que depuis le début de l’année.

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Quoi qu’il en soit de la Fed ce soir, l’inflation rouvre la porte à des baisses de taux

La Fed a tout lieu de publier ce soir un changement potentiellement marqué de ses perspectives de baisses des taux pour cette année. Compte-tenu des doutes émis par nombre de ses membres sur l’ancrage de la désinflation, elle pourrait réviser ses Dots de trois baisses d’un quart de point envisagées en mars, à deux, voire une seule dans un cas extrême. Les données du mois de mai indiquent, pourtant, une nette amélioration de la situation. Non seulement l’inflation des prix à la consommation est passée de 3,4 % à 3,3 % et sa composante sous-jacente, de 3,6 % à 3,4 % mais rares sont aujourd’hui les postes pour lesquels le rythme mensuel de hausse des prix dépasse le niveau requis pour revenir à 2 %, à savoir 0,17 %. La désinflation s’installe donc bel et bien dans un contexte conjoncturel, par ailleurs, nettement moins favorable qu’il y a quelques mois, quoi qu’il en soit des évolutions de l’emploi. Sauf grande surprise d’un côté ou de l’autre durant l’été, l’ensemble redonne du poids à de possibles baisses des taux dès le mois de septembre ; une évolution bienvenue pour les taux français !

 

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En attendant les ISM, les PMI américains enterrent les baisses de taux en 2024

Fort heureusement, les résultats de Nvidia jouent comme un puissant anesthésiant sur les marchés, permettant tout à la fois de digérer les minutes pas très market friendly du dernier FOMC et des PMI encore moins. Il est vrai que les analystes ont, également, appris à se méfier des résultats, souvent fantaisistes de ces enquêtes depuis le début de la décennie. Toujours est-il que le fort rebond du PMI des services, que ne peuvent a priori expliquer que des effets volume et/ou prix, ne va pas du tout dans le sens de possibles baisses des taux de la FED. Point de consolation, les détails de cette enquête ne donnent pas d’éléments probants susceptibles d’en justifier le résultat, lequel tient principalement aux commandes…

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Moins de croissance, plus d’inflation… Pas vraiment «market friendly» le PIB américain

A 1,6 % en rythme annualisé, la croissance du PIB américain du premier trimestre ressort moitié moindre qu’à la fin de l’année dernière, inférieure d’un point environ aux attentes. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les marchés, si ne s’y était pas greffée une première estimation des prix sous-jacents à la consommation (PCE) nettement supérieure aux attentes, en hausse de 3,7 % r. a., très au-delà de l’acquis connu jusqu’au mois de février qui ne dépasse pas 3,1 %. Toutes choses égales par ailleurs, les données mensuelles du PCE attendues demain devraient, donc, ressortir en hausse de 0,4 %-0,5 % au lieu des 0,3 % anticipé par le consensus…
Triple mauvaise nouvelle donc à laquelle le 10 ans américain répond par une nouvelle jambe de hausse à 4,73 % et les indices américains par des chutes de 1,5 % à 2 %. Bref, le tableau de la conjoncture américaine prend de plus en plus les couleurs de la stagflation ; scénario le pire pour la Fed, comme pour les marchés. Entre la politique hyper expansionniste de J. Biden et l’espoir de baisse des taux, il y a décidément incompatibilité grandissante.

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La hausse des taux commence à mordre sur l’immobilier américain ; tant mieux !

Les ventes de détail à prix courants ont augmenté de 0,6 % en mars aux Etats-Unis, après 0,9 % en février. Malgré une hausse trimestrielle presque nulle en raison du mauvais mois de janvier, les nouvelles sur le front de la consommation tiennent le coup, quand bien même, distorsions de prix et accroissement des stocks dans le commerce de détail modèrent quelque peu la confiance.

Les nouvelles sont moins sympathiques du côté de l’immobilier. L’indicateur NAHB de confiance des constructeurs a plafonné en avril après quatre mois de hausse, à un bas niveau de 51. Les perspectives de report de l’assouplissement monétaire et la hausse des taux qui va de pair ne sont pas sans conséquence sur les prévisions du secteur, sans le fléchissement duquel la FED aura du mal à passer à l’action ; un mal pour un bien, en somme qui incite à accueillir favorablement le tassement des indicateurs immobiliers de ces derniers temps, avant les mises en chantier et permis de construire attendus demain.

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Il va falloir faire sans la Fed, Mme Lagarde…

On a beau chercher on ne trouve rien, rien dans le rapport sur l’emploi américain du mois de mars, susceptible d’être utilisé pour justifier une décision de baisse des taux directeurs de la Fed, rien qui ne laisse penser que les conditions monétaires en présence aient un quelconque effet négatif sur la dynamique du marché de l’emploi, lequel poursuit, irrésistiblement, son rattrapage post-covid.

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Conjoncture américaine : ça coince ?

Après une baisse de 1,1 % en janvier (contre 0,8 % en première estimation), pour partie attribuée aux perturbations climatiques, les ventes de détail américaines à prix courants étaient attendues en nette hausse en février. Elles ont, franchement, déçu, avec une hausse de 0,6 % seulement. Leur acquis de croissance pour le premier trimestre est donc toujours négatif, à -0,6 % à prix courants, davantage, donc, une fois corrigées de l’inflation, tandis qu’en moyenne au cours des trois derniers mois, la majorité des secteurs sous revue a enregistré une contraction. Les consommateurs ont-ils plus de difficultés à faire face aux dernières hausses des prix ? Après les CPI, les prix à la production ne sont pas du meilleur cru, renforçant notamment les marqueurs de tensions inflationnistes persistantes. A quelques jour du FOMC, l’arbitrage croissance/inflation repointe son nez.

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