En Chine, comme ailleurs, les prouesses technologiques ne font pas tout

Palpable depuis les printemps, la tendance se précise avec les données du dernier trimestre et de l’ensemble de l’année 2025 : sauf le secteur technologique, l’économie chinoise patine, voire s’enlise dangereusement. Vue sous cet angle, la situation ressemble plus qu’on ne le pense à l’américaine, aggravée dans le cas de l’Empire du Milieu par de puissants effets richesse négatifs, contrairement aux Etats-Unis, où ces derniers camouflent efficacement la misère d’une croissance en K. La crise immobilière a, de ce fait, des conséquences décuplées sur une économie chinoise, tout à la fois, capable de briller dans les domaines stratégiques de pointe et de donner l’impression de sombrer dans de nombreux autres, à l’égard desquels le gouvernement semble avoir capitulé, au grand dam d’une large majorité des consommateurs. Il faudra bien, pourtant, que la situation évolue pour que Xi Jinping conserve le soutien indéfectible d’une population dont il a plus que jamais besoin dans le contexte en présence.

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La croissance chinoise déçoit, sans surprise

Les données du commerce extérieur en fort ralentissement avaient donné la trajectoire, les PMI avaient enfoncé le clou, les statistiques publiées cette nuit le confirment : la conjoncture chinoise est à la peine. Non seulement la croissance de la production industrielle a nettement ralenti en octobre mais les activités de services ont également marqué le pas, sur fond de persistance de la crise immobilière et de frilosité des consommateurs.

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La croissance chinoise se maintient, malgré des détails peu engageants

Le PIB chinois affiche une croissance toujours robuste au troisième trimestre, de 1,1 %, légèrement au-dessus de celle de 1 % du deuxième trimestre. Quand bien même la croissance en glissement annuel a, elle, ralenti de 5,2% au deuxième trimestre, à 4,8 %, il s’agit d’une bonne surprise pour l’Empire du milieu. D’autant que les autres données du jour n’incitent pas vraiment à l’optimisme. La croissance de la valeur ajoutée dans l’industrie et les services tient bon. Côté dépenses, en revanche, les ventes de détail et l’investissement refluent et les exportations, en chute libre vers les Etats-Unis, sont, pour l’heure, sauvées par le reste du monde.

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Les prouesses technologiques ne font pas la croissance en Chine mais son rayonnement

Les changements et progrès de l’économie chinoise sont réels et indiscutables en matière scientifique, technologique et énergétique. Ils offrent au pays un réel avantage aux entreprises de l’Empire du Milieu que les bourses chinoises et hongkongaises commencent à en prendre en considération, mais ne doivent pas être confondus avec ses performances conjoncturelles. Ces dernières sont toujours sous l’emprise du surendettement et des surcapacités chroniques de production, qui entravent d’autant plus la croissance que la demande mondiale évolue peu et que la guerre commerciale produit ses effets nocifs.
De fait, les données de la nuit sont, une nouvelle fois, d’un bien mauvais cru. Les exportations avaient donné la direction la semaine dernière, les retours en provenance de l’industrie, de l’investissement et des ventes de détail, confirment, toutes, un sérieux coup de frein de la croissance économique du troisième trimestre, après un premier semestre de bonnes surprises. Sans doute faudra-t-il un certain temps avant que les investisseurs parviennent à appréhender ces contradictions d’une histoire éminemment différente de celle qui a fait la performance de l’indice Shanghai par le passé (voir à ce sujet notre présentation du mois de juillet et sa Retransmission vidéo) et qui, aujourd’hui, fait celle du Shenzhen Tech.

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Le Vietnam, bouc émissaire, de la guerre commerciale sino-américaine

Les derniers PMI le confirment, l’Asie résiste aux pressions commerciales. Et pour cause, la pause de 90 jours des hausses de tarifs annoncées le 2 avril en a, jusqu’à présent, différé l’essentiel des effets de la guerre commerciale. En Chine, les différentes mesures du climat des affaires se sont améliorées en juin, tout comme les enquêtes manufacturières de la plupart des pays d’Asie : Corée, Inde, Japon, Philippines, Malaysie ou Thailande.
Ce n’est pas le cas au Vietnam, où le PMI manufacturier a reculé d’un point, à 48,9. Le pays, en ligne de mire de l’administration américaine, est parvenu à conclure un accord commercial avec les Etats-Unis pour échapper aux droits de 46 % annoncés le 2 avril. Il s’en tire néanmoins avec une surtaxe de 20 % sur ses ventes à destination des Etats-Unis. La pillule est amère pour une économie dont 30 % des exportations ont pour destination la première économie mondiale et représentent presque autant de son PIB. Elle risque de passer d’autant plus mal que les Américains ont instauré une surtaxe de 20 % additionnelle aux ventes de produits d’origine étrangère par le Vietnam. La mesure, qui vise directement les tentatives de contournement des taxes américaines par les entreprises chinoises, devrait finir par impacter ces dernières et par peser d’autant plus sur l’économie vietnamienne.

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Les facteurs de déflation s’accumulent en Chine, la PBOC baisse ses taux

La Banque centrale chinoise a réduit son taux préférentiel des prêts à un an de 3,1 % à 3,0 % aujourd’hui et le taux des prêts à 5 ans de 3,6 % à 3,5 %. Il y a deux semaines elle avait, déjà, abaissé son taux de repo inversé à 7 jours de 10 points de base et les exigences de réserves obligatoires de 50 points de base. Alors que la crise immobilière persiste et que les effets déflationnistes de la guerre commerciale sont amplifiés par la hausse du yuan contre dollar, la situation est critique pour l’Empire du Milieu, quand bien même, à ce stade, le protectionnisme américain n’a pas d’effets notables sur l’activité. La PBOC pourrait ne pas en avoir fini avec les mesures d’assouplissement monétaire, en particulier si le dollar venait à s’effriter davantage.

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En Chine, l’honneur est sauf avec une croissance de 5 %, l’avenir beaucoup moins

Si tous les prévisionnistes étaient aussi performants que les autorités chinoises, les économistes disparaîtraient sans doute… Les 5 % visés pour 2024 ont donc été atteints, grâce à une accélération de la croissance du PIB réel à 1,6 % au dernier trimestre, la plus soutenue depuis le premier trimestre 2023. Au-delà de ce satisfécit, pas grand-chose à ajouter. Le rebond des exportations en fin d’année, coïncide avec l’empilement des stocks dans le commerce de détail aux Etats-Unis et il est tentant d’y voir un effet d’anticipation des entreprises américaines avant la hausse promise des droits de douanes par D. Trump, même si la baisse du yuan a pu y contribuer. Si l’activité industrielle en a profité, mieux vaut ne pas tirer de plans sur la comète sur le caractère prédictif de ces données. Quelques signes, néanmoins, plus encourageants ressortent du panel des données publiées dans la nuit. Les dépenses d’investissement frémissent et du côté des consommateurs, les pressions semblent s’apaiser. Les mesures de soutien gouvernementales portent leur fruits, en témoigne la hausse des prix de vente des logements de seconde main pour le troisième mois consécutif. De là à considérer que le pays soit sorti d’affaires, il y a un pas que les données du jour ne permettent pas de franchir, à la veille de la prise de fonction du président américain réélu, D. Trump.

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Entourloupe des PMI ?

Les PMI chinois publiés par S&P la nuit dernière sont de bonne facture. Avec une hausse de trois dixièmes dans le secteur manufacturier et un bond de 1,5 point dans les services, l’indice composite ressort à un plus haut de 54,1 depuis mai 2023, synonyme d’une amélioration notable de l’activité, soulignée par S&P dans son rapport.  Ce dernier met également en exergue des hausses de prix, dans ce cas, plutôt rassurantes au regard de la situation de déflation latente traversée par le pays jusqu’à récemment. Un ensemble, au total, réconfortant pour l’Empire du Milieu.

Sauf que, ces résultats ne sont guère conformes à ce qu’expriment les indicateurs nationaux publiés par le NBS, lesquels PMI pointent au contraire vers un tassement de l’activité. Le sujet n’aurait sans doute pas valu qu’on s’y arrête sans le précédent américain de ces derniers jours et les messages confusants délivrés par les PMI d’une part et les ISM de l’autre. L’épisode n’en est pas moins dans les esprits et n’est pas dénué d’importance quand on sait à quel point ces indicateurs influent sur le sentiment des marchés mondiaux.

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