La croissance française portée disparue, les agences de notation, pas très loin…

De nouveau un zéro pointé pour la croissance française de la fin de l’année dernière, les données révisées du troisième trimestre ayant gommé la contraction initiale de 0,1 % ; soit un total de quatre trimestres de croissance zéro sur les cinq derniers. ça fait cher la stagnation, si l’on en juge par l’évolution des déficits et de la dette publics au cours de la même période. Consolation, les acquis de la fin 2022 et la croissance de 0,7 % du deuxième trimestre ont permis de sauver les meubles. L’économie française peut afficher une croissance de 0,9 % en moyenne pour l’ensemble de l’année dernière, qui se compare avantageusement à la récession qui frappe l’Allemagne. Elle pourrait avoir bien du mal, cependant, à faire aussi bien cette année, même avec les J. O. Les agences de notation pourraient avoir du pain sur la planche.

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Message colombe de BCE et déflateur du PIB américain font refluer les taux

Les marchés n’ont pas attendu la conférence de presse de Mme Lagarde pour prendre ce qu’ils attendaient de la communication de la BCE, en l’occurrence, une nette inflexion du ton du communiqué relativement au mois de décembre, lequel, s’il ne mentionne pas de futures baisses des taux, est suffisamment clair pour convaincre : la BCE est confortée dans ses perspectives de repli de l’inflation, elle constate l’efficacité de sa politique sur la demande et le bon relai des hausses de taux dans les conditions de financement. Bien que, toujours, « data dependant », le message de Mme Lagarde est sans ambiguité, la présidente de la BCE nuançant, au passage, les propos de son chef économiste de la semaine dernière en rappelant, que si les salaires étaient suivis de près, ils n’étaient qu’un indicateur parmi de nombreux autres que la BCE surveille et, qu’en l’occurrence, la plupart de ceux-ci, y compris ces derniers, allaient dans le sens d’une modération de l’inflation.
Dont acte. Si mentionner une baisse de taux est encore interdit à Mme Lagarde, tout est dans son discours pour envisager que la BCE prépare le terrain en ce sens, y compris ses commentaires sur les perspectives très timorées de croissance, dont notamment le durcissement des politiques budgétaires. A peine le communiqué publié, les taux à deux ans décrochaient, avant de poursuivre leur tendance au repli tout au long de la conférence.

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L’économie américaine marque des points

Meilleur qu’attendu, le PIB américain a progressé de 3,3 % r.a. au quatrième trimestre (0,8 % en rythme trimestriel), après 4,9 % au troisième. Toutes ses composantes ont contribué à cette hausse, en premier lieu la consommation privée et publique, à hauteur de respectivement 1,9 point r.a. et 0,6 point r.a., suivies de la FBCF et du commerce extérieur.

En moyenne en 2023, le PIB a augmenté de 2,5 % par rapport à 2022, un rythme comparable à celui d’avant la crise du Covid, dans un contexte international toutefois très différent qui fait de l’économie américaine une exception. Ainsi, non seulement, le PIB américain dépasse de quasiment 10 % son niveau de 2019 mais il a presque renoué avec sa tendance des 5 années d’avant crise, faisant, à ce titre, bien mieux que les grands pays européens, que le Japon, mais aussi que la Chine ou l’Inde.

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PMI : la zone euro fait tache

Les indicateurs PMI du climat des affaires publiés aujourd’hui sont, hors zone euro, plutôt bien orientés pour le premier mois de 2024 : le Royaume-Uni, le Japon et les Etats-Unis enregistrent des hausses significatives, en zone de légère croissance. Un tournant que n’a, cependant, pas pris la zone euro où les indicateurs sont nettement moins encourageants, pour ne pas dire préoccupants, toujours en zone de nette contraction pour l’activité, malgré le rebond des indices manufacturiers, tandis que renaissent des tensions sur les prix des inputs.

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La BCE devrait confirmer la baisse de taux à venir, toute la question est quand

L’essentiel a déjà été formulé par Mme Lagarde la semaine dernière : la BCE devrait abaisser le niveau de ses taux directeurs cette année. Un pas a donc, déjà, été franchi par rapport à sa posture du mois de décembre lorsqu’elle refusait d’aborder la question, laquelle n’avait, selon ses dires, même pas été évoquée lors du dernier Conseil de politique monétaire. Reste la délicate question du timing de cet assouplissement et la manière dont elle sera adressée. La position du chef économiste de l’institution, Philip Lane, est apparue rigide la semaine dernière, ce dernier arguant du fait que la BCE ne pourrait agir qu’après avoir connaissance des données attendues au mois de juin, en l’occurrence celles des salaires. Voilà qui semble bien éloigné, au vu des attentes des marchés et, plus encore, de la médiocrité de la conjoncture ambiante, en particulier en Allemagne où crise industrielle, crise immobilière et crise politique forment un cocktail de plus en plus préoccupant. Mme Lagarde s’est montrée moins précise, mais pas forcément plus ouverte à une action plus précoce. Campera-t-elle sur cette position jeudi ou le conseil des gouverneurs lui offrira-t-il l’option d’apparaître un brin plus flexible ? C’est toute la question et ce qui pourrait faire toute la différence pour les anticipations des marchés

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Les ventes de détail britanniques jettent le doute sur la fin d’année

Avec une baisse de 3,2 % en décembre, après une hausse de 1,4 % en novembre, les ventes de détail en volume terminent l’année en  recul de 2,4 % sur 12 mois. L’anticipation des achats avec le  Black Friday en novembre explique une part de ce reflux. Difficile, néanmoins, de s’en satisfaire totalement, tant le niveau en présence est faible, le plus bas depuis la deuxième vague de Covid, inférieur de plus de 5 % à la moyenne de 2019. Le responsable de cette baisse est, dès lors, à chercher du côté du renchérissement du coût de la vie et des hauts taux d’intérêt.

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Aux Etats-Unis, la consommation tient, c’est à peu près tout…

Voilà, en substance, le contenu du Beige Book de ce mois-ci, selon lequel l’activité serait restée inchangée ou en évolution modeste dans une majorité des 12 districts sous revue. Malgré un léger mieux sur le front des dépenses de consommation saisonnières, dans les loisirs essentiellement, le marché de l’emploi est décrit comme stagnant ou en faible progression, l’activité manufacturière en repli, tandis que les taux d’intérêt élevés limitent les ventes d’automobiles et immobilières. La situation est, au total, assez fidèle à ce qu’ont révélé, plus tôt dans la journée de mercredi, les ventes de détail et de production industrielle du mois de décembre. Si les premières tiennent, un peu par miracle et, surtout, grace au crédit, ce n’est en aucun cas suffisant pour réveiller une industrie stagnante qui, sur l’ensemble de l’année 2023, n’a pas progressé de plus de 0,2 %.

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Chine : le coup de grâce déflationniste

Conformément aux attentes officielles, la Chine a vu son PIB augmenter de 5,2 % en 2023, après 3 % en 2022. Avec une croissance trimestrielle de 1 %, des ventes automobiles sur un record historique et une croissance de la production légèrement supérieure aux attentes, la batterie de données de la nuit aurait pu passer inaperçue. Tel est loin d’être le cas. Les indices boursiers chinois ont tous chuté de plus de 2 % aujourd’hui, accélérant une tendance déjà particulièrement déprimée, en dépit des contraintes imposées par les régulateurs aux investisseurs institutionnels sur leurs ventes d’actions. La réplique sur les marchés mondiaux ne s’est pas fait attendre : les bourses européennes accélèrent leur repli, en même temps que les matières premières industrielles et les cours du pétrole. De fait, au-delà des apparences premières, le bilan de la situation chinoise laisse de moins en moins de place au doute : la deuxième économie mondiale est en déflation et le processus de désendettement entamé par les entreprises et imposé par la crise immobilière ne laisse guère augurer qu’elle en réchappe rapidement, dans un contexte démographique, par ailleurs, de plus en plus pesant, aggravé par les difficultés économiques du moment. Si le PIB réel a finalement été fidèle aux attentes, sa croissance nominale ne l’a, de toute évidence, pas été et l’histoire qu’elle nous livre est éminemment différente, pour la Chine comme pour le reste du monde.

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