Pourquoi la Fed se précipiterait-elle à changer d’option ?

Lors de sa dernière prise de parole, J. Powell s’est montré confiant, soulignant la solidité du marché du travail et le fait que la Fed était en bonne position pour attendre d’avoir plus de visibilité avant de faire évoluer le niveau de ses taux d’intérêt. Les marchés ont mal réagi à ces déclarations du 7 mars qui coïncidaient avec la publication par la Fed d’Atlanta de son estimation d’une contraction de 2,8 % r. a. du PIB américain du premier trimestre. Depuis, de nombreux indicateurs ont déçu, entretenant l’idée que la posture de la Fed pourrait avoir évolué dans une direction plus accommodante, susceptible d’ouvrir plus nettement la porte à de possibles baisses de ses taux à partir de l’été, conformément aux attentes des marchés.
La probabilité d’une baisse des Fed Funds cette semaine est proche de zéro, en effet, c’est donc sur la suite que l’attendent les marchés, après la révision à la baisse des Dots qui n’envisagent plus qu’un demi-point de baisse des Fed Funds cette année depuis le FOMC de décembre. Les marchés verraient d’un bon œil un changement de ces projections, en faveur de perspectives de de 75 points de baisse des Fed Funds que pourrait justifier une révision à la baisse des perspectives de croissance dès lors que la Fed peut encore se permettre de conserver sa prévision d’inflation inchangée. En des temps normaux, une telle éventualité lèverait peu de doutes. Sauf que le temps présent n’a rien de bien normal et que de nombreux éléments suggèrent que la Fed a bien peu d’incitations à aller dans ce sens.

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PPI US : premiers effets des tarifs, frein à la baisse des taux et peu de répit pour le S&P

Après les CPI, au tour des prix à la production de se montrer plutôt rassurants dans l’ensemble, avec une stagnation de l’indice total et, même, une baisse de 0,1 % de l’indice sous-jacent en février. Sur un an, la hausse des prix n’est plus que de 3,2 %, après 3,7 % et celle de l’indice hors énergie et alimentaire a ralenti de quatre dixièmes, à 3,4 %. Deux points viennent pourtant brouiller ce message rassurant :
1- les chiffres de janvier ont été sensiblement révisés à la hausse, de 0,4 % à 0,6 % concernant l’indice total.
2- Surtout, alors même que les PPI services reculent de 0,2 %, ceux des biens augmentent de 0,4 %, une hausse hors norme, la plus forte depuis deux ans dont l’explication la plus plausible se trouve dans les premières hausses de droits de douane à l’encontre de la Chine début février, alourdis et étendus depuis à d’autres pays.
Impossible à décrypter à partir des données du CPI d’hier, les premières mesures protectionnistes commencent, donc, à produire leurs effets et ça ne devrait pas se calmer de sitôt à en juger par le calendrier annoncé. En dépit des bons résultats apparents, les marchés de taux ne se satisfont guère de ces tendances. Les taux à 2 comme à 10 ans, déjà en hausse hier, continuent à se renchérir graduellement. Or, sans repli des taux, qui habituellement accompagne les phases de retracement des bourses, la tendance à la baisse des indices boursiers américains risque d’avoir du mal à trouver du répit…

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Inflation américaine, un sursis bienvenu, …avant les hausses de tarifs douaniers ?

L’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis a augmenté de 0,2 % en février, tout comme sa composante sous-jacente. L’inflation annuelle est passée de 3 % à 2,8 %. L’inflation hors énergie et alimentaire a baissé, elle aussi, de deux dixièmes, à 3,1 %. L’objectif de la Fed reste lointain, mais ces chiffres vont, incontestablement, dans la bonne direction, après ce qui apparaît comme une anomalie au mois de janvier.

Les principales composantes de l’inflation ont, par ailleurs, augmenté plus modérément que ces derniers mois, notamment dans les services, où leur hausse est de 0,3 %, soit de 4,2 % sur un an, leur plus faible variation annuelle depuis début 2022.
Reste maintenant les effets à venir des hausses de tarifs et de leur ampleur, domaine encore très incertain, auxquels s’ajouteront à partir du mois de mai des effets de base nettement moins favorables…

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En Allemagne, les commandes déjà sanctionnées par la guerre commerciale

En janvier, les commandes à l’industrie allemande se sont contractées de 7 % après, certes, une hausse de plus de 5 % en décembre 2024. En France, la production manufacturière s’est repliée de 0,7 % en janvier après -1 %, à un plus bas niveau depuis presque trois ans, inférieur de 7 % à ceux d’avant covid. Deux mois de baisse consécutifs, également, en Espagne, quoique de moindre ampleur.
L’amélioration supposée de la conjoncture industrielle trébuche et les récents développements côté américain en sont, déjà, en partie responsables. Les livraisons de véhicules allemands aux Etats-Unis se sont, littéralement, effondrées, avant même la mise en place effective des droits de douane.

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Emploi US : pas folichon mais rien, a priori, en mesure pousser la Fed à changer de cap

Bonne nouvelle s’il en est, le rapport sur l’emploi américain n’est pas celui d’une économie en récession, même si, mieux vaut le rappeler, l’emploi n’est pas une variable avancée de la conjoncture. Avec 140 K créations de postes privés en février, la situation est plutôt meilleure qu’indiqué par les données de l’ADP de mercredi et meilleure que celle du mois de janvier, mois au cours duquel seulement 81 K emplois nets avaient été ajoutés. Le rapport est moins anodin dans le détail, avec notamment, un deuxième mois consécutif de destructions de postes dans les services professionnels et les loisirs et l’hôtellerie et un retour en territoire négatif du commerce de détail. On retrouve là les stigmates d’un tassement de la demande révélé ces dernières semaines. Le secteur gouvernemental dans sa globalité annonce 11K créations nettes de postes, la baisse de 10 K des emplois fédéraux ayant été compensée par une hausse des emplois des Etats et collectivité.

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Les matières premières attendront-elles le coup d’envoi américain pour flamber ?

Protectionnisme, tentations impérialistes, tensions géopolitiques, militarisation… combien de temps faudra-t-il pour que ces bouleversements finissent par provoquer ce qui va, normalement, de pair, à savoir : un renchérissement massif des matières premières, métaux industriels en tout premier lieu ? La réponse soulève encore quelques doutes dans un contexte conjoncturel des plus chahutés mais la menace est, indiscutablement, là, susceptible de prendre de court à tout moment.
La multiplication des signes de faiblesse en provenance de l’économie américaine, la réponse favorable de l’OPEP+ aux appels du président américain pour accroître leur production et l’espoir d’une fin possible de la guerre en Ukraine ont offert un certain répit aux prix des produits de base, énergétiques notamment, depuis la mi-janvier. Il est assez évident, malgré tout, que la détérioration du climat géopolitique et l’essor promis de l’industrie militaire pourraient reprendre la main sur l’évolution des cours.
Les marchés évoluent de manière désordonnée ces derniers mois mais certains segments semblent déjà en ordre de marche. C’est, en partie, d’ailleurs, le message envoyé par les cours de l’or par rapport auxquels l’indice GSCI des métaux industriels marque des degrés de sous-évaluation rarement égalés par le passé.
Dit autrement, soit les premiers sont surévalués, ce que n’incitent pas à penser les développements récents sur le front géopolitique ou sur celui des anticipations d’inflation, soit les cours des métaux industriels ne tarderont pas à rattraper, une partie au moins de leur retard. Sauf récession avérée aux Etats-Unis, cette deuxième option est, aujourd’hui, la plus probable. Les cours du pétrole ne s’y sont pas trompés qui rebondissent de plus de 2 % depuis la publication du rapport sur l’emploi américain du mois de février, lequel met pour l’instant à l’écart le risque d’une récession imminente.

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BCE : mais où est passée la marque de la Buba ?

Nous ne nous faisions plus d’illusion ces dernières 24 heures : la BCE ne nous entendrait pas (-_-); elle baisserait une nouvelle fois ses taux directeurs d’un quart de point cette semaine, confortée, qui plus est, par l’envolée de l’euro des deux derniers jours. Voilà qui est acté avec un taux de dépôt ramené à 2,50 % aujourd’hui, après une sixième baisse depuis juin. Plus encore, le communiqué officiel et les propos de Mme Lagarde conservent un ton résolument accommodant. Aucun message, en effet, sur un arrêt imminent des baisses de taux, quand bien même l’aboutissement du cycle d’assouplissement ne semble plus très loin. Quant aux questions à l’esprit de tout en chacun concernant sa lecture de l’impact de la hausse des tarifs américains et des annonces budgétaires, allemandes en particulier, Mme Lagarde a besoin de temps.

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Changement de cap de la politique allemande : les taux s’envolent, à juste titre

Une bonne nouvelle ne vient jamais seule. Ce qui se passe depuis le début de la semaine en Allemagne et en Europe en est une illustration. On aurait, bien entendu, préféré que l’Allemagne se réveille il y a dix ans et qu’elle fasse, alors, pour une bonne cause économique, ce qu’elle envisage aujourd’hui sous le coup de la menace géopolitique. Mieux vaut tard que jamais, néanmoins, tant le retard en matière d’investissement public de la première économie de l’Union européenne s’est accentué depuis la réunification. Pointé du doigt de longue date par la plupart des spécialistes, ce déficit d’investissement est responsable d’une sous-performance structurelle de productivité que, même les années de prospérité à l’exportation ne sont pas parvenues à effacer, d’autant plus difficiles à surmonter depuis que ce temps est dépassé.

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