Accord US-Japon : le Nikkei salue un « deal » prédateur #japon #usa #trump #tarifs #droitsdedouane #investissement #croissance

Se soumettre ou se démettre : le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, en position délicate avec un gouvernement minoritaire et une conjoncture précaire, ne pouvait pas refuser un accord avec le deuxième partenaire commercial du pays…. Le Japon n’est pas en position de sacrifier ses exportations à destination des Etats-Unis, soit 4 % de son PIB.

Initialement annoncés à 25 %, les droits de douane américains sur les produits japonais seront, grâce à cet accord, ramenés à 15 %, y compris sur l’automobile. Cette dernière représente environ un tiers des exportations japonaises vers les Etats-Unis. L’acier et l’aluminium restent, en revanche, soumis à des surtaxes de 50 %.

L’indice Nikkei a salué la nouvelle, avec une hausse de 3,6 % et les taux à 10 ans japonais ont retrouvé un plus haut depuis 2008. En comparaison des autres pays, le Japon a, au moins, réduit le niveau des sanctions. Ce qui frappe, en revanche, c’est ce à quoi le Japon a dû consentir pour une baisse de seulement 10 points des droits de douane, au regard du coût que représentent les 15 % restants pour son économie.

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Pause sous contrainte de la BCE

Après huit baisses de taux, dont sept consécutives, la BCE devrait garder ses taux directeurs inchangés à 2 % ce jeudi. Jusque-là, rien de bien anormal. La banque centrale européenne a déjà fait beaucoup au cours de l’année écoulée en comparaison des autres grandes banques centrales du monde développé. Avec 2 % d’inflation en juin, ses taux réels sont revenus à zéro, ce qui constitue une exception parmi les principaux pays occidentaux. La conjoncture européenne mériterait, pourtant, davantage. En premier lieu parce qu’elle ne se porte pas au mieux et que ses perspectives, un temps, plus encourageantes, battent à nouveau de l’aile sous le joug des menaces protectionnistes américaines. En second lieu, parce que la transmission des baisses de taux de la BCE est loin d’être optimale. La croissance du crédit au secteur privé n’excédait pas 1,7 % l’an en mai, loin derrière ce que devrait autoriser la pente de la courbe des taux d’intérêt, alors que l’enquête BLS auprès des établissements de crédit mentionne déjà un resserrement des conditions de prêts, face au regain d’incertitudes.

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Quelles perspectives pour l’Asie hors Chine dans un monde protectionniste ?

Avant la Chine, les pays d’Asie du Sud-Est ont basé leur modèle de développement économique sur l’ouverture de leur économie à l’exportation. L’histoire a débuté avec les « Dragons » à partir du milieu des années quatre-vingt, rapidement rejoints par les « Tigres », alors que, sous l’impulsion américaine, les politiques d’ouverture et de libéralisation des échanges battaient leur plein. Le modèle consistait à profiter des avantages comparatifs qu’offrait l’abondance d’une main d’œuvre à bas coût pour asseoir l’essor de pays sous-développés et assurer, ainsi, une meilleure distribution des sources de croissance internationale. L’ascension des premiers a été fulgurante. De 5 % environ des exportations du monde émergent au milieu des années soixante, leur part s’est hissée à plus de 20 % dix ans plus tard, avant de culminer à plus de 40 % au milieu des années quatre-vingt-dix, avec, à la clé, les bases d’une élévation proportionnelle des niveaux de vie.
L’ouverture de l’économie chinoise, accélérée par son entrée dans l’OMC en 2001, a mis un coup d’arrêt à cette ascension. Les exportations chinoises se sont progressivement substituées à celles des premiers conquérants pour se tailler la part du lion dans les échanges mondiaux et la croissance économique de ces derniers, ponctuée de crises de surinvestissement, puis de plus en plus fréquemment, de crises politiques, s’est structurellement ralentie, malgré l’influence positive de l’essor de l’économie chinoise sur la région. Les plus précoces, qui étaient parvenus à se hisser à un niveau de développement comparable, voire supérieur aux standards du monde développé, sont progressivement devenus moins tributaires de leur commerce extérieur. De plus en plus tertiarisés, ils ont notamment assis la poursuite de leur essor économique sur des bases plus financières, à l’instar de Singapour ou de Hong-Kong, jusqu’en 2019 pour ce dernier. Les ressources de croissance des autres pays semblaient se tarir inexorablement. À partir de 2018, ces derniers ont, pourtant, profité de l’effet d’aubaine offert par la première guerre commerciale de D. Trump avec la Chine pour récupérer les parts de marché que cette dernière perdait sur le marché américain ; les exportations de l’Asie hors Chine à destination des Etats-Unis se sont, ainsi, singulièrement accélérées. Par ses sanctions à l’égard de l’Empire du Milieu, D. Trump redonnait au reste de l’Asie émergente un nouveau souffle qui lui permit, notamment, de compenser la croissance raréfiée des débouchés chinois. Le 2 avril a subitement confisqué cette bouée de sauvetage, avec des droits de douanes américains particulièrement élevés, à l’égard, non plus seulement de la Chine mais de la plupart des pays d’Asie, vis-à-vis desquels l’économie américaine avait creusé des déficits depuis 2018. Quel avenir envisager, dès lors, pour les pays de la région, coincés entre une Chine de moins en moins distributrice de croissance et un marché américain quasi-inaccessible ?

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Juin, mois de répit pour la conjoncture américaine… En attendant août

Après le CPI, publié mardi, correct en apparence bien que plus préoccupant dans les détails, les données publiées ces deux derniers jours sont d’un meilleur cru.
– Les prix à la production publiés hier sont ressortis stables, grâce à une baisse dans les services et malgré une hausse persistante du côté des biens.
– Les ventes de détail, la production manufacturière, les inscriptions au chômage, les enquêtes Philly Fed, Empire State et NAHB sont globalement meilleures qu’en mai.
Rien de tout cela n’offre de garantie sur le futur de la conjoncture américaine mais permet de maintenir à flot l’estimation d’une croissance soutenue au deuxième trimestre, laquelle profite surtout des effets positifs de la chute des importations, après leur envolée de début d’année. A 2,6 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta, la Fed n’est pas encore aux abois et le dollar en profite pour consolider son rebond de ces derniers jours, malgré les menaces renouvelées de D. Trump d’un possible limogeage de J. Powell.

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Nouvelle salve de tarifs américains, chaud devant !

Malgré la suspension des droits de douane jusqu’au 1er août, D.Trump fait feu de tout bois depuis la semaine dernière, multipliant les annonces intempestives de renchérissement des tarifs envisagés à cette date, notamment à destination de ses partenaires européens, canadiens et mexicains. L’issue de la période de négociations reste donc très incertaine, avec à la clé de possibles surprises encore à venir, tant l’arme des droits de douanes est utilisée par le président américain à peu près à toutes les sauces, y compris dorénavant pour faire pression sur le Kremlin sur l’aboutissement d’un processus de paix avec l’Ukraine. Même pas mal semblent nous dire les marchés qui parient sur des compromis encore à venir entre l’administration américaine et ses fournisseurs et n’ont vu jusqu’alors que très peu des effets patents de cette guerre commerciale sur l’inflation ou l’activité américaines et internationales. Les données du jour donnent pourtant à réfléchir, en Chine ce matin et aux Etats-Unis avec le rapport sur l’inflation du mois de juin, à laquelle les taux américains à 30 ans ont notamment réagi par un retour sur leurs points hauts de la mi-mai, au-delà de 5 %.

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Le rapport NFP est mauvais mais la Fed n’est pas sous pression

L’économie américaine a créé 147 K emplois en juin, c’est a priori mieux que les mauvaises données de l’ADP publiées hier. A ceci près que la moitié de cette hausse provient des Etats et collectivités et que l’emploi privé, lui, n’a progressé que de 74 K, son rythme le plus faible depuis octobre dernier. Si l’on retranche à cela les 51 K de l’éducation et de la santé, bien plus résistants que ne le disaient les données ADP, il ne reste quasiment plus rien, voire même une légère baisse en ce qui concerne le secteur minier, l’industrie manufacturière ou les services professionnels.

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Le Vietnam, bouc émissaire, de la guerre commerciale sino-américaine

Les derniers PMI le confirment, l’Asie résiste aux pressions commerciales. Et pour cause, la pause de 90 jours des hausses de tarifs annoncées le 2 avril en a, jusqu’à présent, différé l’essentiel des effets de la guerre commerciale. En Chine, les différentes mesures du climat des affaires se sont améliorées en juin, tout comme les enquêtes manufacturières de la plupart des pays d’Asie : Corée, Inde, Japon, Philippines, Malaysie ou Thailande.
Ce n’est pas le cas au Vietnam, où le PMI manufacturier a reculé d’un point, à 48,9. Le pays, en ligne de mire de l’administration américaine, est parvenu à conclure un accord commercial avec les Etats-Unis pour échapper aux droits de 46 % annoncés le 2 avril. Il s’en tire néanmoins avec une surtaxe de 20 % sur ses ventes à destination des Etats-Unis. La pillule est amère pour une économie dont 30 % des exportations ont pour destination la première économie mondiale et représentent presque autant de son PIB. Elle risque de passer d’autant plus mal que les Américains ont instauré une surtaxe de 20 % additionnelle aux ventes de produits d’origine étrangère par le Vietnam. La mesure, qui vise directement les tentatives de contournement des taxes américaines par les entreprises chinoises, devrait finir par impacter ces dernières et par peser d’autant plus sur l’économie vietnamienne.

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