D. Trump devrait féliciter la Fed dont la prudence fait refluer les taux, non l’inverse !

Le meilleur moyen de faire refluer les taux d’intérêt auxquels se financent les entreprises, les ménages et l’Etat américains n’est pas de baisser les taux directeurs de manière injustifiée mais, souvent, l’inverse. D. Trump gagnerait bien du temps et de l’énergie s’il acceptait cette vérité, on ne peut mieux illustrée par les développements monétaires des derniers mois. Rappel : le 18 septembre, la Fed surprend en versant d’un côté démesurément accommodant. Pour prévenir un risque conjoncturel qu’elle est à peu près la seule à redouter, elle baisse d’un demi-point ses taux directeurs de 5,50% à 5 % et annonce envisager de les ramener à 3,5 % d’ici fin 2025. Perçue comme trop conciliante à l’égard de l’inflation, son action pousse les taux longs en sens inverse de celui des Fed Funds : le rendement des T-Notes à 10 ans grimpe de 3,60 % le 18 septembre à 4,40 % à la veille du FOMC suivant. La Fed a fait un faux pas qui lui à couté sa crédibilité et les primes de terme se tendent d’autant plus que les menaces inflationnistes s’exacerbent à l’approche de la réélection de D. Trump. Son erreur la menace de perdre la main sur la formation des taux d’intérêt à terme, une issue hautement inconfortable qu’il lui faut corriger. C’est ce qu’elle a fait en décembre par un changement de discours complété de perspectives de baisses des Fed Funds drastiquement rabotées et ce qu’elle a réitéré cette semaine en fermant la porte à de nouvelles baisses de ses taux directeurs jusqu’à nouvel ordre, sans exclure la possibilité d’un nouveau resserrement : les taux à deux ans se sont, de fait, légèrement tendus, mais les taux à plus long terme, qui avaient stoppé leur ascension après le FOMC de décembre, se sont, à l’inverse, légèrement détendus, aidés par la dissipation des craintes relatives au protectionnisme de D. Trump depuis le 6 janvier.

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Profil bas pour un président de la Fed sur un siège éjectable…

Le maintien des taux de la Fed à 4,25/4,5 % au terme du FOMC de cette semaine ne fait guère de doute. Dans un contexte de croissance soutenue, de récent raffermissement des créations d’emplois et d’incertitude persistante sur l’inflation future, le mini-cycle de baisses des taux directeurs de la Fed devrait prendre fin, tout au moins marquer une pause jusqu’à nouvel ordre. J. Powell en dira-t-il davantage sur la suite ?

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Quasi-clap de fin de la baisse des taux de la Fed : un brutal retour à la réalité

Le verdict semblait, pourtant, acquis : dans une position intenable depuis le FOMC du 18 septembre, la Fed accompagnerait l’annonce d’une baisse d’un quart de point des Fed Funds, que les derniers chiffres d’inflation lui permettaient de sauver, d’une révision significative de ses perspectives. C’est ce qu’elle a fait en réduisant de moitié l’ampleur de l’assouplissement monétaire pour 2025, de 100 points de base comme elle l’avait malencontreusement prévu en septembre, à 50 points. A écouter J. Powell, la Fed aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin. L’unanimité des votes n’a pas été recueillie, en effet, pour la baisse de ce 18 décembre et certains membres considèrent bel et bien que celle-ci pourrait être la dernière. En cause, un changement majeur de perception sur les perspectives d’inflation que les membres du FOMC prévoient en hausse l’an prochain, de 2,4 % en décembre 2024 pour le PCE, à 2,5 %, au lieu des 2,1 % prévus en septembre. C’est ce changement qui semble avoir provoqué la susceptibilité des marchés, qui ont violemment réagi à la publication de ces projections et, plus encore, aux réserves exprimées par J. Powell au fur et à mesure de sa conférence de presse. Résultat, les indices boursiers américains ont perdu pieds, le Nasdaq en chute de 3,6 % et le S&P 500 de 2,95 %, tandis que le rendement des T-Notes s’est envolé de plus de 13 pb, à 4,52 % à deux doigts de son plus haut d’avril, 4,66 %. Le dollar s’est quant à lui adjugé une progression de 1,2 %, provoquant des réactions en chaîne sur les marchés des changes dont le plus remarquées sont la chute l’euro à 1,035$, celle du yuan à un plus bas depuis fin 2007, à 7,325CNY pour un dollar et celles des crypto-monnaies.

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CPI britannique: La BoE, patiente plus que faucon

A l’heure où les Banques centrales occidentales prennent toutes le chemin des baisses de taux en décembre, la Banque d’Angleterre pourrait bien faire exception et laisser ces derniers inchangés : après la forte progression des salaires publiée hier, l’inflation a, elle aussi, accéléré. Au mois de novembre, elle a atteint 2,6 % , contre 2,3 % en octobre et l’inflation sous-jacente, à 3,5 %, a augmenté de deux dixièmes. Légère remontée, également, pour les PPI, toujours en territoire négatif sur un an.
Pour autant, si la BoE a pris garde à ne pas brusquer son rythme de baisses de taux, ce n’est, sans doute, pas pour changer du tout au tout son diagnostic dès les premières données contrariantes. Il n’y a, d’ailleurs, pas vraiment de raison à cela.

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La BCE entre l’IFO, la Fed et la BoE… le danger de faire cavalier seul

Les retours en provenance de l’IFO allemand sont parmi les plus dégradés enregistrés depuis la fin de la pandémie. Que ce soit dans l’industrie, les services ou le commerce, les résultats de ce matin sont une douche froide après les espoirs de sortie de récession du début d’automne et un argument de plus pour que la BCE poursuive ses baisses de taux, voire accélère leur cadence début 2025. Reste que cette dernière n’est pas seule à bord et que ses marges de manœuvres pourraient être sacrément limitées par l’impact de ce que feront ou non les autres banques centrales sur le taux de change de l’euro. La Fed aura vraisemblablement du mal à baisser davantage le niveau des Fed Funds à partir du printemps si, comme les marchés l’anticipent, la politique de D. Trump est un succès, ce qui pourrait constituer une limite au potentiel de baisse des taux de la BCE. Plus proche, la Banque d’Angleterre n’est pas non plus sans influence sur les décisions de la Banque centrale européenne. Car, si l’euro s’est sensiblement affaibli vis-à-vis du billet vert, il n’est guère plus robuste à l’égard de la livre, face à laquelle il s’échange aujourd’hui à 0,8259, un plus bas depuis le référendum en faveur du Brexit de 2016. L’accélération des salaires au Royaume-Uni, en risquant de fermer la porte à une baisse des taux de la BoE cette semaine, a poussé le taux de change de l’euro-livre un peu plus bas ce matin, au grand dam des perspectives, décidément malmenées, de baisses des taux de la BCE (voir notre dernier postview).

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Oublions la Fed, regardons plutôt du côté de la BoJ

« Noël au balcon, Pâques au tison… ». Comment ne pas être tenté de rappeler le titre de notre réaction au FOMC du 13 décembre 2023, un an plus tard, jour pour jour, dans le contexte en présence ? Si la politique monétaire américaine n’a cessé de faire l’actualité de l’année écoulée sur les marchés financiers, reconnaissons que les choses n’ont guère avancé depuis. L’enthousiasme de la Fed (voir ici) avait alors permis de clore l’année avec des taux à 10 ans à moins de 3,80 %, niveau qu’ils n’ont que brièvement enfoncé neuf mois plus tard… après un pic à 4,70 % au printemps et avant de repartir en direction des 4,40 % à la perspective puis la confirmation d’une réélection de D. Trump.
Décidément l’environnement de taux d’intérêt et de politiques monétaires est incertain et les chances sont manifestement importantes qu’il le reste. Mieux vaudra, dès lors, garder la tête froide à l’occasion du prochain FOMC car la probabilité que la Fed fasse une nouvelle fois fausse route ou soit, sous peu, rattrapée par une réalité contrariante sont indiscutablement, élevées.
En ce sens, l’élection de D. Trump ne facilite pas sa tâche. Les incertitudes autour de ce que seront les effets de ses premières décisions de politique économique sur l’activité et l’inflation, non seulement, ajoutent aux risques concernant la politique monétaire américaine mais complexifient grandement les perspectives sur l’attitude des autres grandes banques centrales.
En l’occurrence, la décision de la BoJ de jeudi ne manquera pas d’intérêt. Cette dernière a tous les éléments en place, en effet, pour avancer d’un cran supplémentaire la normalisation de sa politique monétaire amorcée en mars, avec une nouvelle hausse de ses taux : activité robuste, inflation soutenue et yen grandement menacé de retomber sur ses points bas du début de l’été, voire en-deçà. Un statu quo sur ses taux et sur sa communication serait, dès lors, difficilement défendable, sauf à y voir un changement de cap dont l’explication la plus plausible serait à chercher du côté des menaces protectionnistes américaines. Prémices d’une guerre de changes que les dirigeants chinois n’ont de cesse de brandir face aux menaces de D. Trump, ce signal serait potentiellement bien plus important pour le reste du monde, l’Europe en particulier, que celui que tentera de véhiculer la Fed, surtout s’il venait à être complété par un changement de posture de la Banque d’Angleterre ou un nouvel assouplissement côté PBoC vendredi…

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Prête à aller plus loin, la BCE passera à l’acte… en fonction de la Fed et de Trump

Sans surprise, la BCE a baissé ses taux de 25 points de base et revu à la baisse ses prévisions de croissance. Plus surprenant, en revanche, elle a aussi abaissé sa prévision d’inflation et tenu un discours bien plus rassurant que jusqu’alors sur son diagnostic sur ce dernier front. Par ces changements et les commentaires qui l’accompagnent, la BCE acte un changement de sa perception qui ouvre la porte à des baisses de taux plus durables qu’elle ne l’avait vraisemblablement envisagé jusqu’à présent. Jusqu’où ira-t-elle dans les faits est encore largement incertain, notamment conditionné aux développements américains, côté Fed d’une part et, forcément, administration américaine. Le pronostic 2025 après la réunion de ce jour reste donc très incertain.

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A la BCE, un conseil des gouverneurs très politique pour clore 2024

Quand le politique fait guerre, les banques centrales sont rarement épargnées. C’est particulièrement vrai pour la Fed, menacée par D. Trump de perdre son indépendance, mais ce n’est pas totalement faux du côté de la BCE, en des temps de tensions de plus en plus marquées entre les pays de l’union monétaire, notamment entre ses deux principaux membres. En l’occurrence, Mme Lagarde pourrait justifier d’accélérer la cadence de la baisse de ses taux directeurs et procéder, ce jeudi, à un ajustement d’un demi point plutôt que d’un quart. La situation en présence mériterait, en effet, que le niveau des taux réels soit abaissé en zone neutre, voire négative, d’autant que les anticipations d’inflation de long terme des marchés, lourdement retombées ces dernières semaines, sont inférieures à l’objectif de 2 % de la BCE. Il est très probable néanmoins que le conseil ne retienne pas cette option. Les « faucons », sans surprise, s’y opposeront, mais peut-être aussi Mme Lagarde, soucieuse de préserver sa posture d’impartialité, plutôt que de paraître voler au secours de la France.

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