Et maintenant, c’est quoi le programme, l’Amérique renonce à se libérer ?

Après un mois d’avril sous le signe de l’escalade dans la guerre commerciale, le mois de mai est marqué par une relative détente entre les Etats-Unis et la Chine. Supérieurs à 100 % des deux côtés, les droits de douane sont, grâce à un accord conclu ce lundi matin, ramenés à 10 % pour les produits américains entrant en Chine et à 30 % pour les biens chinois entrants aux Etats-Unis. Cet accord n’est pas définitif mais marque une trêve de 90 jours, censée, donc, arriver à terme mi-août, un mois après la pause des tarifs à l’égard du reste du monde annoncée le 9 avril.
Il permet de mettre à l’écart les menaces les plus importantes induites par l’escalade de la guerre commerciale sino-américaine de ces dernières semaines et a, sans surprise, été salué par les marchés mondiaux : en Chine, avec une progression de 0,8 % de l’indice Shanghai et de 1,7 % de celui de Shenzhen et aux Etats-Unis, avec une hausse de plus de 3 % du S&P 500 et de plus de 4 % du Nasdaq composite. Le dollar, de son côté, s’est adjugé un rebond de 1,6 %, l’euro retombant sous le niveau de 1,11$ qu’il n’avait plus connu depuis le 2 avril. Si l’objectif était l’apaisement, le pari est réussi, tout au moins, ce lundi. S’il s’agissait de rendre la politique américaine plus lisible, on est encore loin du compte.

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BMG avril 2025 – Qui sème la guerre récolte la récession

En avril, notre BMG retombe en zone neutre, à 0, après 0,4 en mars, révisé en hausse d’un dixième. Les indicateurs les plus avancés, consommation et climat des affaires, sont également les plus dégradés, tandis que l’investissement et le commerce extérieur se maintiennent en zone positive. Sans surprise, les Etats-Unis, victimes des conséquences de la guerre commerciale qu’ils ont déclarée, ferment la marche des régions sous revue. Ce ralentissement de l’activité coïncide avec une forte baisse de notre baromètre d’inflation, à -0,8 après -0,3.

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Résistance bienvenue pour les enquêtes INSEE et IFO

Après les PMI, plutôt corrects au vu des inquiétudes en présence, les retours des enquêtes INSEE et IFO d’avril sont encore meilleurs, avec des indicateurs stables, bien que toujours faibles, à respectivement 96 et 87. Si les niveaux en présence témoignent, toujours, d’une conjoncture morose, cette dernière ne s’est pas dégradée depuis l’emballement de la guerre commerciale. Comme pour les enquêtes S&P, les climats des affaires manufacturiers, notamment, semblent préservés. Les retours sur le plan des services sont en phase avec ceux de mars. A contrario, les consommateurs ne sont pas à la fête, le commerce de détail est le plus touché, des deux côtés du Rhin.
Le risque de dégradations plus nettes dans les mois à venir est, évidemment, présent. Cependant, même sur ce point, les perspectives vont plutôt dans le bon sens…

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PMI européens et tarifs…même pas mal ?

Très attendus après l’annonce des droits de douane par D.Trump le 2 avril, les indicateurs PMI sont moins mauvais qu’on aurait pu le craindre. Au Japon, ces derniers se sont, carrément, redressés. A l’autre extrémité du spectre, les PMI britanniques ont atteint leur plus bas niveau depuis deux ans
Entre les deux, en zone euro, l’indice composite est passé de 50,9 à 50,1. L’équivalent français a perdu sept dixièmes, à 47,3, tandis que l’allemand a retrouvé la zone -théorique- de contraction, à 49,7, près 51,3. Les annonces américaines ont donc eu un impact, renseigné par les enquêtes, mais celui-ci n’a rien d’exceptionnel, par rapport aux fluctuations courantes de tels indicateurs.

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J. Powell dans le viseur de D. Trump, la crise du dollar prend de l’ampleur

J. Powell se pliera ou partira. C’est, en somme, le message envoyé par D. Trump au sujet du président de la Fed qu’il menace de faire tomber sous peu. Dans la foulée de l’annonce d’une nouvelle baisse des taux de la BCE, le président américain a une nouvelle fois accusé le président de la Fed de jouer une partie politique et de ne pas mener la politique monétaire appropriée, lui reprochant de trop tarder pour baisser ses taux d’intérêt, au contraire de ses demandes et de ce que faisait la BCE. Le président américain ne se contente pas seulement de critiquer l’action de la Fed, comme c’était le cas jusqu’à présent ; il menace dorénavant J. Powell de destitution. « Il est plus que temps que le mandat de Powell se termine » a, ainsi, écrit D. Trump sur sa plateforme. Ses propos ont été à l’origine d’une nouvelle vague de panique sur les marchés ce lundi, séance au cours de laquelle Dow Jones, Nasdaq et S&P, ont perdu, de concert, 2,5 %. C’est néanmoins ailleurs que se mesurent les effets de ces invectives à l’égard de l’institution monétaire américaine, en l’occurrence :
– sur le cours du dollar, en chute de plus de 1 %, à 98,13 pour l’indice ICE (11 % depuis son point haut de début janvier)
– sur les tensions renouvelées des rendements des T-Notes à 10 et des T-Bonds à 30 ans, en hausse de près de 10 points, à respectivement 4,41 % et 4,91 %.
– Sur l’envolée de plus de 3 % des cours de l’or, enfin, l’once ayant allègrement dépassé les 3 400$ ce lundi.
L’ensemble à la faveur d’une situation caractéristique d’une crise du dollar aux conséquences des plus menaçantes pour l’économie américaine et le reste du monde.

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À ce stade, les menaces américaines ont profité à la Chine. Ça ne devrait pas durer.

Au premier trimestre, le PIB chinois est ressorti en hausse de 1,2 %, après 1,6 % en fin d’année dernière. Sur un an la croissance économique est inchangée, de 5,4 % du fait notamment à la révision à la hausse du troisième trimestre. Les données mensuelles d’activité sont en amélioration, avec une accélération de la croissance de la valeur ajoutée dans l’industrie et les services, de même que des ventes de détail et de l’investissement.
Reste que ces résultats sont antérieurs au 2 avril, date à partir de laquelle les droits de douanes américains sur les produits chinois se sont envolés, jusqu’à atteindre 145 % en fin de semaine dernière. Si la perspective d’une hausse des tarifs américains a dopé l’activité du premier trimestre, c’est bien l’effet inverse qu’il faut anticiper pour les trimestres à venir.

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Enquêtes européennes : calme sur le BLS, tempête sur le ZEW

D’après l’enquête « Bank Lending survey », d’avril, les conditions de crédit se sont détendues : le pourcentage net de banques rapportant un durcissement de leurs conditions de crédit est moindre qu’au premier trimestre, quand bien même il est resté légèrement positif, autour de 3 %, en ce qui concerne le crédit à la consommation et le crédit aux entreprises. Les conditions de crédit hypothécaire se sont, quant à elles, véritablement assouplies, avec un solde à -7 %, en raison de la concurrence entre les banques.

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La déflagration : suite…

Dans le contexte particulier que nous traversons, ce numéro de notre Humeur du Vendredi aborde trois sujets du moment.
1- Un contexte de marché, toujours, des plus critiques en pleine escalade de la guerre commerciale déclenchée le 2 avril et maintenant, crise de défiance accélérée à l’égard des Etats-Unis que révèle en particulier l’effondrement du dollar et l’envolée simultanée des taux d’intérêt à long terme américains.
2- Notre preview BCE, autant que faire se peut, dans un contexte éminemment incertain dans lequel les anticipations, les nôtres et celles des marchés, sont ballotées comme jamais.
3- Un point sur le programme de la coalition du futur gouvernement allemand, lequel fait la part belle à l’Europe.

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