Enquêtes européennes : calme sur le BLS, tempête sur le ZEW

D’après l’enquête « Bank Lending survey », d’avril, les conditions de crédit se sont détendues : le pourcentage net de banques rapportant un durcissement de leurs conditions de crédit est moindre qu’au premier trimestre, quand bien même il est resté légèrement positif, autour de 3 %, en ce qui concerne le crédit à la consommation et le crédit aux entreprises. Les conditions de crédit hypothécaire se sont, quant à elles, véritablement assouplies, avec un solde à -7 %, en raison de la concurrence entre les banques.

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La déflagration : suite…

Dans le contexte particulier que nous traversons, ce numéro de notre Humeur du Vendredi aborde trois sujets du moment.
1- Un contexte de marché, toujours, des plus critiques en pleine escalade de la guerre commerciale déclenchée le 2 avril et maintenant, crise de défiance accélérée à l’égard des Etats-Unis que révèle en particulier l’effondrement du dollar et l’envolée simultanée des taux d’intérêt à long terme américains.
2- Notre preview BCE, autant que faire se peut, dans un contexte éminemment incertain dans lequel les anticipations, les nôtres et celles des marchés, sont ballotées comme jamais.
3- Un point sur le programme de la coalition du futur gouvernement allemand, lequel fait la part belle à l’Europe.

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L’inflation seule aurait suffi pour faire baisser les taux américains…

Après un début d’année inquiétant, l’inflation américaine montre de vrais signaux de ralentissement. Elle est passée de 2,8 % en février à 2,4 % en mars. Même chose pour l’inflation sous-jacente, en recul de trois dixièmes, à 2,8 %. En termes mensuels, les prix à la consommation ont même baissé de 0,1 %, pour la première fois depuis presque trois ans, sous l’effet combiné du ralentissement du CPI « cœur », à 0,1 % et de la baisse de 2,4 % des prix de l’énergie. En résumé, à l’exception de l’alimentaire, en hausse de 0,4 % sur un mois, les données du mois de mars sont d’un cru rarement égalé depuis la fin du covid….
Dans ce contexte, la Fed aurait clairement pu envisager de reprendre ses baisses de taux… Si seulement il n’y avait pas les initiaties ravageuses de D. Trump.

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Dans la panoplie de guerre commerciale, la bombe des taux vaut toutes les ripostes

Parmi les scénarios de risques envisagés début janvier à la perspective d’un retour de D. Trump à la Maison blanche, celui d’un double krach obligataire et du dollar que provoquerait la perte de confiance des investisseurs étrangers à l’égard de l’administration américaine, occupait une place de choix. La déclaration de guerre commerciale de D. Trump il y a tout juste une semaine y a ajouté une nouvelle dimension : celle d’une arme économique toute puissante susceptible d’être actionnée par les premiers détenteurs de dette du Trésor américain, le Japon et la Chine, en particulier. L’a-t-elle été ? Ce n’est pas encore certain mais l’hypothèse gagne du terrain et commence à faire le travail sur le niveau des taux d’intérêt à long terme de la dette publique américaine, subitement remontés à 4,87 % durant la nuit pour les emprunts à 30 ans. Il s’agirait d’une bombe obligataire aux effets instantanés pour l’économie américaine et mondiale.

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BMG mars 2025 – Dommage…ça commençait à s’améliorer

En mars, notre BMG revenait en zone légèrement positive pour la première fois depuis octobre, à 0,3 après 0,2 (inchangé) en février. Les momenta des composantes du baromètre de mars étaient plutôt bien orientés, à l’exception de l’investissement. Les Etats-Unis restaient le seul pays à la limite du territoire négatif. Ailleurs, en partie du fait d’une amélioration des débouchés américains en prévention des hausses de droits de douanes mais aussi des initiatives européennes, les indicateurs composites restaient bien orientés. Notre baromètre de l’inflation se repliait quant à lui, à -0,4, toujours en territoire négatif. Mais tout ceci c’était en mars. Depuis il y a eu le 2 avril….

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Déprime industrielle allemande, le pire est devant nous

En février, la production industrielle allemande a reculé de 1,3 %, dont 0,6 % pour sa composante manufacturière, retombée à un niveau inférieur de 12 % à celui de janvier 2020. Les commandes, de leur côté, ont stagné. Malgré le léger rebond des ordres étrangers et des exportations, l’hypothèse des droits de douane américains n’a pas sensiblement accru la demande adressée par les Etats-Unis aux industriels allemands en début d’année.
La concrétisation des tarifs, elle, pourrait avoir un effet nettement plus visible, dont les conséquences récessives à court terme ne font guère de doute. Le temps que le plan Merz se mette en place, les perspectives sont donc particulièrement sombres pour l’industrie, et, par là même, l’ensemble de l’économie allemande.

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Rapport sur l’emploi largement illisible aux Etats-Unis

Le chiffre phare du rapport sur l’emploi américain, 228 K créations totales de postes au total en mars, est, paradoxalement, le seul à être satisfaisant. En effet, les données de janvier et février ont été révisées à la baisse et sont, désormais, inférieures de 18K et 34K à celles publiées en première lecture.

Sectoriellement, la santé reste le principal pourvoyeur d’emplois, tandis que les autres secteurs évoluent à des rythmes ralentis, ou légèrement négatifs, comme  dans l’information, les activités minières et, pour le deuxième mois consécutif, au sein des emplois fédéraux, victimes du DOGE. Pour autant, les 4K emplois supprimés en mars, après 11 K en février, envoient un signal largement moins désastreux que ce que laissent entendre les retours d’autres sources, enquête Challenger notamment.

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