



Depuis décembre dernier, les indicateurs avancés de l’activité économique ont régulièrement été meilleurs qu’attendu dans la zone euro laissant, sur fond de chute de l’euro et des prix du pétrole, une large place à l’amélioration des perspectives. Ce temps semble révolu. Les statistiques du climat économique publiées ces dernières semaines plafonnent pour la plupart, en effet :


Les dossiers fâcheux ont repris la main sur les tendances de marchés ces derniers jours. L’enlisement des négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers, les inquiétudes que font planer des niveaux de taux d’intérêt de plus en plus largement négatifs, les déceptions répétées sur la croissance américaine et chinoise. Quels sont les réels enjeux économiques et financiers de ces différents sujets de préoccupation ?
Assouplissement monétaire, chute des cours du pétrole, reprise européenne, rien ne semble avoir prise sur la conjoncture chinoise qui continue à se détériorer de mois en mois. Au premier trimestre, la croissance du PIB aurait atteint 7 % selon les données officielles, son niveau le plus faible depuis 2009. À en juger par les quelques statistiques exploitables, la réalité est pourtant probablement bien en deçà de ce rythme fétiche…
À en juger par l’expérience du quantitative easing de la Fed, c’est une progression de 50 % des indices européens que pourrait impulser la politique de rachats d’actifs mise en place par la BCE le 22 janvier dernier. Une telle hausse n’aurait, bien entendu, aucun fondement économique, répondant uniquement à une logique de flux de liquidités abondamment présentes sur les marchés aujourd’hui. Il s’agirait donc bien d’une bulle au sens propre du terme. Les économistes peuvent-ils l’empêcher ?
Commandes, exportations, production… les données en provenance d’Allemagne ne sont pas à la hauteur de la reprise escomptée ces derniers mois. Malgré une embellie indiscutable sur le front de la consommation, l’activité industrielle déçoit. La faible croissance mondiale et l’anémie de l’investissement sont les principales causes de ces déceptions qui, si elles venaient à durer, finiraient par peser sur les prévisions de croissance, en Allemagne comme ailleurs.
Malgré l’amélioration des perspectives et les effets bénéfiques de la chute de l’euro sur les résultats des entreprises, la sous-performance du secteur industriel en bourse est amenée à durer.
Le fait est suffisamment rare pour être souligné, la zone euro caracole en tête de la conjoncture mondiale. Certes la croissance y est encore bien maigre, à peine 0,9 % au cours des quatre derniers trimestres, contre 2,4 % aux États-Unis, pour autant s’il est une région du monde où l’amélioration va bon train c’est bien en zone euro. Résultat, les économistes revoient à la hausse leurs estimations et il fait assez peu de doutes qu’apparaitront sans tarder des chiffres de plus en plus encourageants dans le radar des prévisions pour 2015 et… les années à venir. La confiance est donc de rigueur, jusqu’où peut-elle nous pousser ?