L’économie française gagne progressivement du terrain sur le chemin de l’amélioration. Malgré le repli des indicateurs PMI du climat des affaires en juillet, la reprise de l’activité produit ses effets sur une proportion croissante de secteurs domestiques quand les exportations, grandes manquantes jusqu’alors, se ressaisissent. Réservées, les prévisions du consensus devraient acter ces résultats réconfortants dans les prochains mois avec une correction à la hausse vraisemblable des prévisions de croissance pour l’an prochain, une tendance à même de consolider la surperformance du marché français par rapport aux autres places européennes, notamment l’Allemagne. Lire la suite…
Author Archives: Véronique Riches-Flores
Repli du prix du pétrole, cette fois une vraie bonne nouvelle?
L’accueil positif réservé à la baisse des prix du pétrole de ces derniers jours est-il justifié ? Les effets de la chute des cours ont pris à contre-pied bon nombre d’analystes depuis l’été dernier au point qu’il est encore difficile de dire si la division par deux des prix mondiaux a, in fine, plutôt eu un impact déflationniste ou reflationniste sur l’économie mondiale. Sous quelles conditions, les conséquences du repli actuel pourraient-elles se révéler plus nettement favorables et pour qui ?
Janet Yellen croit-elle ce qu’elle dit ?
La détermination de la Présidente de la Fed, Janet Yellen, à annoncer une hausse des taux cette année est surprenante au vu des indicateurs économiques les plus récents :
– repli des ventes de détail,
– baisse du climat de confiance dans les PME mesuré par le NFIB
– stagnation de la production manufacturière,
– l’ensemble sur fond de regain de faiblesse des cours du pétrole et de remontée du dollar.
Comment comprendre ses messages?
Nous continuons à penser qu’un passage à l’acte serait très risqué dans le contexte économique et financier présent et il semble que nous soyons de moins en moins isolés à le penser. Janet Yellen, dont on avait plutôt compris qu’elle était de nature prudente, a-t-elle des raisons de prendre un tel risque ou a-t-elle choisi la posture de l’optimisme, qui ne peut se départir de la projection d’une hausse des taux, dans le seul but d’éviter un scénario tel que celui du mois d’octobre dernier quand l’annonce d’une non-action avait précipité une correction brutale des marchés financiers ?
Faux artifices, ou… quand les nouveaux paradigmes sont légion
Il existe une caractéristique commune à toutes les bulles qui se manifeste par l’incapacité à prendre la distance nécessaire pour apprécier un prix. Les actifs dont la valeur faciale escompte un rendement futur, fonction de projections sur un avenir que nul ne peut prétendre prévoir mieux que son voisin, sont assez facilement sujets à cette myopie, surtout lorsque revient le temps des nouveaux paradigmes.
Sur les ruines de l’austérité
Que l’on se réjouisse qu’un accord de soutien à la Grèce ait pu être trouvé ou que l’on déplore les conditions dans lesquelles ces négociations se sont déroulées et leur aboutissement aura in fine peu d’importance si la croissance revient en Grèce. Si tel n’est pas le cas, en revanche, nul ne peut dire quelles seront les conséquences économiques, sociales et politiques des décisions des dirigeants européens de ce week-end sur l’avenir de la Grèce et plus généralement sur celui de la zone euro. Imaginer une issue favorable est-il réaliste ou du simple domaine de l’utopie ? Tout dépend de ce qui viendra, non de ce qui a été décidé au petit matin du 13 juillet qui, en l’état, est intenable.
Crises
- A une très forte hausse de la probabilité d’une sortie de la Grèce de la zone euro
- Un clivage beaucoup plus profond que jusqu’alors entre les dix-huit autres membres de la zone euro aux conséquences imprévisibles mais très certainement durables quelle que soit in fine l’issue pour la Grèce.
1-Aucune aide ne sera envisagée avant :
- L’adoption par le gouvernement grec d’ici à mercredi 15 juillet des mesures clés du programme d’engagement (hausse de la TVA, amplification de la réforme des retraites, indépendance du bureau des statistiques nationales, adoption d’un cadre de respect formel du Traité de stabilité incluant un mécanisme de coupes automatiques des dépenses en cas d’impossibilité à dégager les excédents primaires exigés)
- L’abandon du programme de réformes promises par le gouvernement après son arrivée au pouvoir en janvier en vue de mieux prendre en compte la situation économique et financière du pays notamment en ce qui concerne la réforme du système de retraite, la législation commerciale, celle du droit du travail, la privatisation du marché de l’énergie et le développement des activités financières.
- La modernisation de l’administration et des règles de gouvernance du pays.
- La consignation d’actifs publics pour un montant de 50 milliards dans un fonds destiné à garantir les prêts accordés, le cas échéant, par les pays européens
- Une présence sur le terrain des créanciers et une obligation d’Athènes à soumettre tout projet de loi à approbation par ces derniers avant consultation publique ou au Parlement national.
2-Sous réserve que ces conditions soient remplies, l’Eurogroupe et l’ESM pourraient proposer un nouveau plan d’aide de 82 à 86 milliards.
3- En cas d’échec des négociations à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possibilité de restructurer sa dette.
- Ce plan est-il acceptable par Athènes ?
- Combien de temps la Grèce tiendra-t-elle ?
- Quelles implications pour la construction européenne ?
Six mois
Si, comme cela semble dorénavant envisageable, un compromis finit par être trouvé entre la Grèce et ses créanciers durant le week-end, les marchés pourraient tomber de haut, une fois cette bonne nouvelle digérée. L’alibi du dossier grec ne pouvant plus être mis en avant, c’est ailleurs qu’il faudra rechercher les causes de la fébrilité persistante des marchés internationaux. M. Xi Jinping nous a donné six mois, pas sûr que le répit durera autant à en juger par la tournure récente des indices américains !
La probabilité d’une remontée des taux de la Fed s’éloigne davantage
Les minutes du dernier FOMC sont bien plus mitigées que ne l’était apparue Janet Yellen lors de son communiqué du 18 juin, faisant ressortir de nombreux points d’interrogation quant aux développements conjoncturels de l’économie américaine. Parmi ceux-ci on notera en particulier :
– les questionnements au sujet des déceptions sur le front de la consommation et sur le risque de ménages durablement plus regardants sur leurs dépenses
– les interrogations sur les origines de la baisse récente de la productivité, source potentielle de déception future sur le front de l’emploi si le mouvement venait à s’inverser ou d’inflation dans le cas inverse…
– les incertitudes sur les tendances salariales malgré des signes d’amélioration du marché de l’emploi
– de nombreuses interrogations sur les tendances de l’activité manufacturière qui ont assurément déçues
– un manque de visibilité sur les développements à venir de l’industrie pétrolière
– enfin un manque de conviction sur les tendances inflationnistes sous-jacentes.
L’ensemble ne laisse guère le sentiment d’un possible changement de politique monétaire imminent. De toute évidence, au contraire de ce qui avait pu transparaître du communiqué post FOMC, les membres de la Fed semblent encore très hésitants sur la nécessité de remonter les taux directeurs et la capacité de l’économie à y faire face.
Ces minutes confortent indiscutablement notre analyse selon laquelle la Fed n’a pas les moyens de remonter ses taux directeurs et ne les aura vraisemblablement pas à horizon des douze prochains mois, un scénario qui explique notre prévision d’un repli additionnel des T-Bonds à 10 ans vers 2 % d’ici la fin de l’année, voire en deçà, et d’une remontée de l’euro – cette dernière étant toutefois largement conditionnée à l’issue du dossier grec.

