Synopsis de rentrée

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Le mois d’août aura finalement été calme, même relativement porteur pour les marchés financiers internationaux. Dans le sillage d’une progression toujours solide des indices américains, malgré la prudence qu’inspire une surévaluation patente, les marchés mondiaux ont pour la plupart enregistré de belles performances sur fond, qui plus est, de rebond des cours des matières premières.

Sur le front économique, les nouvelles ont généralement été réconfortantes : aux États-Unis où les bonnes statistiques d’emploi ont été confortées par celles de l’activité industrielle et immobilière ; en zone euro où la croissance du PIB a été sauvée par l’Allemagne ; au Royaume-Uni où, pour l’instant, les stigmates du Brexit sont quasiment absents ; en Chine, enfin, où si la situation ne s’améliore pas véritablement, elle cesse de se détériorer.

Avec une croissance dorénavant supérieure à celle des États-Unis, la zone euro redevient plus attractive pour les investisseurs. Ainsi malgré le rebond de l’euro face au dollar, l’Eurostoxx a surperformé les grands indices américains depuis début août, une tendance susceptible de perdurer si l’Europe parvient à prendre les mesures nécessaires pour gérer la crise bancaire…

Sommaire

  • La Fed a raté le coche en juillet, pas sure qu’elle puisse rattraper le coup d’ici décembre
  • La BCE temporise ; les bancaires restent sur leur faim
  • Brexit, rira bien qui rira le dernier
  • Japon, refuge malgré lui
  • La situation chinoise se stabilise sur un matelas de dettes de plus en plus préoccupant ; les pays émergents respirent
  • Les marchés se ressaisissent

 

BMG juillet 2016 – Le Japon isolé

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BMG

  • Fin juillet, notre Moniteur Macroéconomique Global* ressort à nouveau en amélioration, à +1 par rapport au mois de juin (0).
    • La remontée des indicateurs d’activité et la stabilisation du contexte à l’exportation expliquent cette hausse, malgré des contrastes toujours importants selon les pays où régions considérés.
    • La situation redevient plus favorable sur le front de l’investissement où commandes de biens d’équipement et degré d’utilisation des capacités se sont redressés, à l’exception du Japon où la forte dégradation des perspectives à l’exportation déteint sur l’ensemble des données.
    • En revanche, notre indicateur synthétique sur la consommation est inchangé, à zéro. Après du mieux les mois précédents, la situation américaine pâtit de la rechute des ventes d’automobiles et du repli de la confiance. Ailleurs, les indicateurs évoluent peu, à l’exception du Japon où l’évolution du débat fiscal semble avoir une influence positive sur les ménages.
  • Après une forte hausse en juin, notre indicateur d’inflation reste neutre en juillet dans chacune des régions sous revue, sauf, encore une fois au Japon, où s’intensifient de nouveau les pressions déflationnistes.

La BoJ, le yen et l’Eurostoxx

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On s’en doutait, les moyens à disposition de la Banque centrale du Japon pour infléchir le cours des choses, en particulier celui du yen, sont pour le moins réduits. La raison ne tient pas tant à sa politique, outrancièrement accommodante, qu’au privilège malheureux d’avoir une devise au statut de valeur refuge. Peu importent, dès lors, les moyens mis en œuvre, c’est du degré d’aversion au risque global que dépendent en premier lieu les évolutions du taux de change ces derniers mois. Or, le climat n’est pas particulièrement favorable à l’appétit pour le risque, en témoignent l’ascension des métaux précieux depuis le début de l’année et la chute des taux d’intérêt à long terme. Dans un tel contexte, le reflux des matières premières et celui du dollar depuis mercredi ne facilitent guère la tâche de la BOJ ; le risque que le yen ait entamé aujourd’hui une nouvelle phase d’ascension est donc probablement élevé.

Les entreprises européennes et, par voie de conséquence, les marchés européens, pourraient s’en réjouir. Quatrième exportateur mondial derrière l’Allemagne, cinquième si l’on comptabilise l’Union européenne, le Japon est loin d’avoir un rôle secondaire sur le front de la compétition internationale, en tout premier lieu à l’égard de l’Allemagne avec laquelle il occupe, dans bien des domaines, les mêmes terrains. Pourquoi dès lors ne pas prendre comme une bonne nouvelle le quasi-statu-quo de la Banque du Japon de ce mois-ci ?

A very bad trip ! La croissance annuelle des États-Unis, inférieure à celle de l’UEM pour la 1ère fois depuis 2010.

C’est peu de dire que l’économie américaine déçoit au deuxième trimestre, avec une croissance de seulement 1,2 % en rythme annualisé, soit un chiffre moitié moins fort que celui attendu et à peine supérieur au taux de croissance révisé du premier trimestre de 0,8 %.

Si les dépenses de consommation des ménages constituent le lot de consolation, avec une progression de 1,9 % sur le trimestre (soit 4,2 % en rythme annualisé) portée par l’ensemble des dépenses, les autres composantes sont, indiscutablement médiocres. Sans surprise, l’investissement des entreprises a continué de baisser pour le troisième trimestre consécutif, de -2,2 % après successivement -3,4 % et -3,3 %. Plus surprenante est, toutefois la chute conséquente de l’investissement résidentiel, en repli de 6,1 % r.a, sa plus forte baisse depuis 2010.

Les exportations progressent légèrement, de 1,4 % r.a., enregistrant ainsi leur meilleur trimestre depuis un an tandis que les importations refluent à nouveau, de -0,4 %, l’ensemble apportant une contribution légèrement positive, de 0,1 point r.a à la croissance du trimestre.

Enfin, les variations de stocks basculent en territoire négatif après avoir reflué cinq trimestres durant, ce qui constitue assurément un signal préoccupant pour la suite.

Stocks

À la fin du deuxième trimestre, l’acquis de croissance n’excède pas 1,1 % pour l’année en cours. Sauf à imaginer que l’économie américaine puisse enregistrer 4 % de croissance au cours des deux prochains trimestres, ce résultat forcera à une révision à la baisse des prévisions du consensus, toujours de 1,9 % en juillet.

De fait l’acquis de croissance américain est identique aujourd’hui à celui du PIB français à la fin du deuxième trimestre, un constat en phase avec celui d’une croissance trimestrielle exactement égale à celle de la zone euro, de 0,3 % en rythme non annualisé, par ailleurs, dorénavant inférieure à l’UEM en glissement sur quatre trimestre, ceci pour la première fois depuis 2010. De quoi, sans doute refroidir la FED et justifier une réévaluation du cours de l’euro contre le dollar… 

PIBpib2

La BoJ exsangue : un signal de longue portée

La BOJ a déçu les marchés en maintenant inchangé le niveau de ses achats mensuels de bons du Trésor (JGB) d’actifs, à 80 Trn de yen ainsi que le niveau de ses taux d’intérêt. Seule décision, la banque centrale nippone annonce un quasi-doublement de son programme d’achats d’ETF?, de 3,3 Trn à 6 Trn mensuels. En d’autres termes rien qui ne puisse dans ce dispositif faire refluer le yen ou même prévenir une nouvelle ascension à venir.

La BoJ pouvait-elle toutefois faire davantage après avoir multiplié son bilan de plus de 2,5 depuis fin 2012, à plus de 83 % du PIB japonais aujourd’hui ? Abaisser davantage le niveau de ses taux de dépôts, porté à -0,1 % en janvier ? S’il est vrai que M. Kuroda avait évoqué la possibilité d’aller jusqu’à -1 % il y a quelques mois, sans doute l’analyse des effets contre-productifs des politiques de taux négatifs ont-elles un certain écho au Japon, quand la BoJ peut également avoir choisi de conserver quelques munitions en cas notamment d’assouplissement de la Banque d’Angleterre et possiblement de la BCE d’ici à l’automne…

BOJ

Cette déception a potentiellement plusieurs implications sur les marchés locaux et mondiaux :

  • Elle ouvre la porte à une réappréciation de la devise, ce qui est foncièrement mauvais pour les entreprises locales et le Nikkei, en dépit de la réaction positive ponctuelle liée à l’annonce d’une augmentation du programme d’achat d’ETF. Une validation de la posture accommodante de la FED dans les minutes du dernier FOMC qui seront publiées dans trois semaines pourrait, dès lors, récréer les conditions d’une baisse du dollar sous la barre des 100 JPY/USD.
  • Elle provoque une remontée mécanique des taux longs japonais susceptible, au-delà de l’effet de surprise, de constituer un seuil durable.
  • Ces effets induits devraient avoir pour conséquence de réduire la pression sur les autres banques centrales, la Banque centrale coréenne, d’une part, la BCE surtout. Cela explique vraisemblablement la remontée des taux longs européens ce matin et peut-être aussi la légère remontée du cours de l’euro face au dollar…

Au total, on aurait tort de considérer que le signal envoyé par la BoJ se cantonne au marché local. C’est bien la limite des politiques de QE que nous renvoie la BoJ aujourd’hui, quand bien même une nouvelle charge ne peut pas totalement être exclue.

PIB français : la douche froide

Inférieure aux attentes de 0.2%, la première estimation sur la croissance française est de zéro après une hausse de 0,7 % au premier trimestre 2016.

pib réel

Si ce ralentissement n’est pas une surprise, la stagnation l’est davantage. On était en effet en droit d’espérer un brin de consommation en provenance des ménages et quelques investissements supplémentaires. Rien de tout cela, les données sont toutes mauvaises :

– la consommation stagne littéralement ;

– l’investissement des entreprises et celui des ménages reculent respectivement de 0,4 % et de 0,1 % ;

– les exportations baissent également de – 0,3 %, soitune croissance inchangée par rapport au trimestre précédent ;

– la croissance des dépenses publiques est stable à 0,4 % ;

– enfin la consolation que pourrait représenter la baisse des stocks -qui ont retiré 0,4 points à la croissance trimestrielle- est difficilement exploitable à en juger par la faiblesse de la demande.

Les éléments ne manquent pas pour tenter d’expliquer ce mauvais résultat : grèves, inondations, intempéries, attentats, Brexit… on retiendra surtout qu’il s’agit d’un avertissement rappelant à quel point la situation est fragile, malgré des signes indiscutables d’amélioration conjoncturelle.

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L’inaction de la Fed fait flamber les cours de l’or. Ce n’est pas fini.

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Article écrit pour Boursorama, à paraître sur www.boursorama.com aujourd’hui

Après un mois de consolidation, les cours de l’or se sont adjugés un nouveau rebond de 1,5 % à la publication du communiqué de la FED de ce mercredi. L’argent, lui, a bondi de 3.5 %, semblant ainsi renouer avec sa tendance très fortement haussière des six derniers mois. Initiée à la fin de l’année dernière, l’envolée des métaux précieux a conduit à une appréciation de respectivement 25 % et 37 % des cours de l’or et du l’argent depuis le 1er décembre, un mouvement que de nombreux éléments pourraient encore venir supporter dans le futur. Revenons sur ce qui porte la valeur de ces actifs, de loin, les plus performants de ces derniers mois.

FOMC – mais où est le loup ?

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La Fed, nous l’avons exprimé plus tôt dans la journée, avait toutes les raisons de reprendre son bâton de pèlerin en rouvrant la porte à une possible hausse des taux d’ici la fin de l’année, à l’occasion du FOMC de ces deux derniers jours. À ce stade, rien de tel, tout du moins de façon explicite. Si son communiqué prend acte de l’amélioration des indicateurs économiques récents, notamment sur le marché de l’emploi, il souligne néanmoins la détérioration persistante des tendances sur le front de l’investissement. Par ailleurs, rien de son analyse sur l’inflation ne suggère une quelconque préoccupation, malgré des arguments, à l’évidence, à sa portée sur ce dernier front.

En somme ce communiqué est des plus opaques, laissant les voies ouvertes à tous les scénarios… au point de se demander ce qu’il cache. Les minutes du FOMC dévoileront-elles une autre réalité, comme cela a été régulièrement le cas ces derniers mois ? La Fed redoute-t-elle les effets contrariants de la chute des cours des MP ou les conséquences d’une hausse trop rapide du billet vert tandis que les autres grandes banques centrales s’apprêtent à assouplir leur politique, comme suggéré dans notre hebdomadaire (voir à ce sujet Quid de la FED face à la rechute des MP ?, du 22 juillet) ? Ou encore, virera-t-elle sa cuti à la rentrée ? Autant de questions susceptibles de compliquer la lecture des marchés dans les prochaines semaines.

FOMC Juillet 16