Le PIB britannique sauvé des eaux, la BoE prise à contrepied ?

Attendu en baisse ou, au mieux, stable, au vu des données mensuelles, le PIB britannique est ressorti en hausse de 0,1 % au dernier trimestre, grâce à un rebond inattendu de 0,4 % de la croissance du mois de décembre. Sur l’ensemble de l’année dernière, il a donc progressé de 0,9 %, après 0,4 % en 2023.
Pour le gouvernement en difficulté, ces résultats sont sans doute un soulagement. Pour la Banque d’Angleterre, l’histoire est plus compliquée. Si elle ne peut que se réjouir de données en apparence meilleures qu’attendu, ces dernières ne tombent pas au moment le plus adéquat, une semaine tout juste après qu’elle ait annoncé une division par deux ses perspectives de croissance pour 2025. Ce changement, qui paraissait servir la cause d’un biais un peu plus accommodant de sa politique monétaire, était-il vraiment opportun ? Peu d’observateurs en avaient compris les raisons jeudi dernier. Les détails du PIB trimestriel offre un certain éclairage, malgré le rebond du mois de décembre. Vu sous cet angle, les réactions des marchés à la publication des chiffres de ce matin semble disproportionnées.

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Inflation américaine : pas grave, D. Trump baissera les taux…

Le verdict des données de prix aux Etats-Unis est sans appel et pas dans le sens espéré par la Fed et, encore moins, par le président américain. Finies les données nuancées de 2024, contrariantes mais plutôt inoffensives à court terme. En janvier 2025, le taux annuel d’inflation et sa composante sous-jacente ont augmenté d’un dixième, à respectivement 3 % et 3,3 % malgré des effets de base encore fortement baissiers, censés jouer un rôle protecteur. Sauf que d’un mois à l’autre, les prix totaux et sous-jacents ont bondi de 0,5 % et 0,4 %, ce qui n’avait plus été observé depuis 2023. Quand bien même ces évolutions mensuelles sont volatiles, le rythme en présence est plus de deux fois trop élevé par rapport à celui requis pour un retour de l’inflation américaine à l’objectif de 2 % de la Fed.

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Après le modèle allemand, un nouvel équilibre pourrait se dessiner en Europe

Perdante sur tous les fronts, tétanisée par les menaces de D. Trump, de la Russie et de la Chine, incapable de prendre son destin technologique en main et en proie à ses crises politiques nationales et à ses différends de plus en plus profonds, l’Europe peine à inspirer d’autre sentiment que celui de la désolation ces derniers temps. Les dés bougent, pourtant.

Loin de nous l’idée de nous contenter de ressasser que l’UE s’est régulièrement renforcée face à l’adversité ou de refuser de prendre la mesure des défis et des risques auxquels le Vieux continent, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, fait face aujourd’hui. Il s’agit de prendre acte des nouvelles perspectives que pourrait offrir le rééquilibrage que les circonstances de ces dernières années accélèrent. La chute du modèle allemand, jusqu’alors perçu comme le plus efficient et la seule voie à suivre, est pour beaucoup dans ces changements. Doublé de la montée en puissance des pays du groupe de Visegrad, des impératifs énergétiques, militaires et technologiques qui s’imposent aux Européens aujourd’hui, l’évanescence de l’industrie allemande du passé ouvre la voie à une redistribution des cartes à la faveur d’un meilleur équilibre possible des spécialisations et des enjeux de pouvoir ou d’influence. Nous n’y sommes pas, à l’évidence, et la concurrence destructrice que se livrent les grandes Nations européennes peut encore savonner la planche, mais l’issue, à ce jour la seule susceptible de renforcer l’ambition d’une Europe souveraine et pérenne, n’a jamais semblé autant à portée de main.

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Europe du nord-sud, le fossé se creuse, l’Espagne en pole position… mais fragile

Les comptes nationaux publiés cette semaine offrent des enseignements souvent passés inaperçus en première lecture. Parmi ceux-ci, le creusement des distorsions entre les pays du nord et du sud de l’Europe interpelle. Si la croissance de l’ensemble des vingt pays de la zone euro a pu ressortir un cran au-dessus de celle de 2023, à 0,7 % après 0,4 %, ce n’est pas, en effet, grâce à ses principaux pays dont les résultats sont, au mieux, restés inchangés (-0,2 % après -0,1 % en Allemagne, 1,1 % inchangé en France, 0,5 % après 0,8 % en Italie) mais grâce aux plus petits, parmi lesquels l’Espagne, le Portugal, la Grèce ou encore nombre de plus petites économies du sud européen.

Habituels, les écarts de croissance intra-zone euro ont néanmoins pris une dimension particulière l’an dernier, dont tout laisse penser qu’ils ont plus de chance de perdurer que l’inverse, ne serait-ce que par l’avantage que procure aux pays les plus dynamiques leur performance passée. Fin 2024, les acquis de croissance pour 2025 sont déjà de 1,3 % au Portugal et en Lituanie et de plus de 1 % en Espagne. Sans doute sera-ce le cas de la plupart des économies pour lesquelles les comptes de la fin 2024 ne sont pas encore disponibles mais qui se situent dans le haut du classement européen.
De tels écarts persistants sont loin d’être anodins. Si la performance du sud de l’Europe rassure, les conséquences de distorsions durables entre les pays d’un même bloc monétaire peuvent rapidement devenir déstabilisantes, à bien des titres. Après être remonté à 50 % du PIB régional en début de décennie, le poids de l’Allemagne et de la France réunies s’est effrité à 47,7 % l’an dernier. Inhérent au processus d’élargissement, ce phénomène n’est pas un sujet en soi mais pourrait le devenir s’il s’accompagne de déséquilibres croissants que des politiques unifiées amplifient plutôt que l’inverse, créant d’un côté des effets dépressifs additionnels et de l’autre des effets d’aubaine qui ne s’accompagnent pas forcément de progrès structurels proportionnels. C’est en particulier le défi de l’Espagne, quatrième économie de la zone euro qui, bien qu’ayant une nouvelle fois épaté par ses performances en fin d’année dernière pour clore une année de croissance de 3,2 %, peine à transformer ses succès conjoncturels en atouts de plus long terme.
Le risque dans un tel cas de figure est, non seulement, la formation de déséquilibres, à terme, très coûteux, mais que les écarts de croissance finissent par rendre caduque la politique monétaire de la BCE, comme déjà vécu pendant les années qui ont précédé la crise de 2008. Lointaine problématique ? Pas si sûr, si, comme l’a martelé Mme Lagarde cette semaine, la croissance revient en force en zone euro cette année.

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« Wait and see » sur l’inflation en Europe et aux Etats-Unis

Des deux côtés de l’Atlantique, les données de prix publiées hier et aujourd’hui sont apparues en ralentissement ou, du moins, un peu plus en phase avec une inflation contenue :
– En zone euro au mois de janvier, l’inflation a accéléré en Espagne et en Belgique. Elle est, en revanche, restée très faible en France, à 1,4 % et, surtout, a franchement ralenti en Allemagne, à 2,3 % après 2,6 %.
– Aux Etats-Unis, l’inflation PCE s’est accélérée en décembre, passant de 2,4 % à 2,6 %. Néanmoins, pour le deuxième mois consécutif, l’évolution mensuelle des prix sous-jacents est restée compatible avec un retour à 2 %.
Dans un contexte hautement incertain sur les perspectives de prix, ces résultats rassurent plutôt. Sans être en mesure de faire évoluer significativement les anticipations de politique monétaire, ils chassent les risques d’un regain de tensions imminent.

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Croissance américaine, le cadeau empoisonné de J. Biden à D. Trump

D. Trump, quoiqu’il en dise, aura du mal à faire mieux que son prédécesseur, dont le mandat a été marqué par une croissance du PIB de 13 % en quatre ans, à un rythme moyen de 3,2 %. Ironie du sort, ce succès lui revient en partie, en tout cas pour la première partie du mandat de son successeur qui ne pouvait que marcher dans les traces du plan de relance qu’il avait lui-même précédemment préparé, mais qui s’en souvient ?
J. Biden, s’il est parvenu a maintenir la croissance à flot depuis deux ans et demi commençait, à l’évidence, à manquer de moyens. L’impulsion donnée à l’investissement en 2022, essentiellement consommée, les bases de la croissance commençaient à s’étioler. Si le repli de l’inflation avait permis de stimuler la consommation des ménages, il ne restait plus grand-chose pour alimenter la machine, comme en témoignent les détails du PIB du dernier trimestre de son mandat, publiés aujourd’hui. La stratégie de D. Trump qui consiste pour beaucoup à démolir ce qui a été achevé ces quatre dernières années parviendra-t-elle à recréer les bases de nouvelles sources de croissance ? L’ambition est de taille.

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D. Trump devrait féliciter la Fed dont la prudence fait refluer les taux, non l’inverse !

Le meilleur moyen de faire refluer les taux d’intérêt auxquels se financent les entreprises, les ménages et l’Etat américains n’est pas de baisser les taux directeurs de manière injustifiée mais, souvent, l’inverse. D. Trump gagnerait bien du temps et de l’énergie s’il acceptait cette vérité, on ne peut mieux illustrée par les développements monétaires des derniers mois. Rappel : le 18 septembre, la Fed surprend en versant d’un côté démesurément accommodant. Pour prévenir un risque conjoncturel qu’elle est à peu près la seule à redouter, elle baisse d’un demi-point ses taux directeurs de 5,50% à 5 % et annonce envisager de les ramener à 3,5 % d’ici fin 2025. Perçue comme trop conciliante à l’égard de l’inflation, son action pousse les taux longs en sens inverse de celui des Fed Funds : le rendement des T-Notes à 10 ans grimpe de 3,60 % le 18 septembre à 4,40 % à la veille du FOMC suivant. La Fed a fait un faux pas qui lui à couté sa crédibilité et les primes de terme se tendent d’autant plus que les menaces inflationnistes s’exacerbent à l’approche de la réélection de D. Trump. Son erreur la menace de perdre la main sur la formation des taux d’intérêt à terme, une issue hautement inconfortable qu’il lui faut corriger. C’est ce qu’elle a fait en décembre par un changement de discours complété de perspectives de baisses des Fed Funds drastiquement rabotées et ce qu’elle a réitéré cette semaine en fermant la porte à de nouvelles baisses de ses taux directeurs jusqu’à nouvel ordre, sans exclure la possibilité d’un nouveau resserrement : les taux à deux ans se sont, de fait, légèrement tendus, mais les taux à plus long terme, qui avaient stoppé leur ascension après le FOMC de décembre, se sont, à l’inverse, légèrement détendus, aidés par la dissipation des craintes relatives au protectionnisme de D. Trump depuis le 6 janvier.

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Profil bas pour un président de la Fed sur un siège éjectable…

Le maintien des taux de la Fed à 4,25/4,5 % au terme du FOMC de cette semaine ne fait guère de doute. Dans un contexte de croissance soutenue, de récent raffermissement des créations d’emplois et d’incertitude persistante sur l’inflation future, le mini-cycle de baisses des taux directeurs de la Fed devrait prendre fin, tout au moins marquer une pause jusqu’à nouvel ordre. J. Powell en dira-t-il davantage sur la suite ?

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