Puigdemont laisse la voie libre à la BCE

C’est vraisemblablement ce que retiendront les marchés, à court terme, de l’allocution du président de la Catalogne devant le parlement régional.

Si la situation espagnole est loin d’être éclaircie, le scénario du pire qu’aurait été celui de la proclamation d’une république indépendante de Catalogne, est écarté. Durant son discours, le président Catalan n’a pas remis en cause les résultats de la consultation du 1er octobre qui, selon lui, ont donné à la région le droit à son indépendance et a affirmé que « la Catalogne sera une république indépendante ». Toutefois, afin de laisser le temps au dialogue et à la médiation, il a demandé la suspension sine die de la loi adoptée en septembre dernier qui imposait la déclaration d’une république indépendante dans les deux jours suivant le référendum en cas de résultat positif. En procédant de la sorte Puigdemont limite -sans évacuer totalement- la possibilité pour Madrid d’utiliser l’article 155 de la Constitution qui permettrait à l’État central de reprendre le contrôle de la région.

Cette stratégie, plutôt que celle de l’affrontement aux conséquences imprévisibles, éloigne le spectre d’une crise imminente, quand bien même nul ne peut dire à ce stade quels seront les développements à venir dans le scénario le plus probable, celui d’une fin de non-recevoir de Madrid aux demandes de dialogue.

Le dossier est donc loin d’être clos et animera vraisemblablement encore longtemps la vie politique en Espagne. Il devrait toutefois être beaucoup plus facile à la BCE de passer outre ces menaces qu’en cas de crise avérée, au moment où cette dernière s’apprête à communiquer sur sa stratégie monétaire de l’année 2018 au terme de son prochain comité de politique monétaire du 26 octobre. Alors que les voix des membres de la BCE en faveur d’une réduction programmée de ses achats d’actifs se multiplient, l’atténuation du risque de crise imminente en Espagne a toutes les chances de peser en leur faveur. L’euro, dont le cours a déjà réagi positivement au discours du président catalan, devrait en sortir renforcé en même temps que le niveau des taux futurs dont on peut légitimement envisager qu’ils se retendent dans les jours à venir.

The Fed’s favored indicator, the US jobless rate, has fallen to 4.2%. But that’s not the whole story


Determining which way the US job market’s cursor is pointing after publication of the September report is no mean feat. Initially, the financial markets shrugged off the bad news of 30,000 job losses and focused on the good unemployment and wage figures. But uncertainty gradually came to the fore. This is because no indicator projected so much impact of September’s severe weather on US employment and by extension on US economic activity, until this report was published. In this context, and even though the members of the Fed are eager to increase the Fed funds rate, it is not clear that they will be able to cast aside the bad news of contracting salaried employment. Rather, they might have to wait for the next employment report, to be published on November 3, to obtain a clearer picture. Were they to take the initiative now, as their behavior in the last few days would indicate, the markets would be making a risky bet.

Lire la suite…

Le taux de chômage américain, indicateur fétiche de la FED, tombe à 4,2 %… Gare au loup

Malin qui peut dire de quel côté s’oriente le curseur du marché de l’emploi américain après la publication du rapport du mois de septembre. Alors que les marchés financiers ont eu pour première réaction d’ignorer la mauvaise nouvelle d’une perte de 30 000 emplois pour donner la primeur aux bons chiffres du taux de chômage et des salaires, l’incertitude reprend le dessus. Aucun indicateur ne laissait supposer, un tel impact des perturbations climatiques sur l’emploi et, donc, l’activité américaine, avant la publication de ce rapport. Dans de telles conditions, pas sûr  que les membres de FED aient la latitude de relever le niveau des Fed funds.

Lire la suite…

Garder la tête froide

« Phénomène suffisamment rare pour être souligné », « du jamais vu depuis 2012 »… Le ton des commentaires de ce matin sur la révision à la hausse, de 1,6 % à 1,8 %, des prévisions de l’INSEE sur la croissance française de cette année, laisse dubitatif tant il semble disproportionné. Du même tonneau, les analyses sur le rebond de 3,6 % des commandes à l’industrie allemande du mois d’août semblent un brin décalées par rapport à la réalité économique. Que la conjoncture européenne s’améliore est indiscutable, gare toutefois à ne pas tirer de conclusions trop hâtives face à un contexte de marché financier incitant assurément à voir midi à sa porte.

En l’occurrence, s’il est une raison de se réjouir des statistiques allemandes de ce matin, c’est parce que ces dernières étaient jusqu’alors les grandes absentes de la panoplie des indicateurs d’une meilleure santé de la conjoncture, ce qui finissait par devenir gênant par rapport au discours ambiant. Derrière la statistique allemande des commandes se trouvent, en effet, d’importantes informations sur l’évolution de la demande internationale, en particulier celle de biens d’équipement, dont on attend qu’ils s’inscrivent en phase avec l’embellie pressentie du côté de l’investissement des entreprises. Leur raffermissement est donc une bonne nouvelle. On notera toutefois, qu’à ce stade, leur croissance n’égale pas encore le rythme du premier trimestre de cette année, en particulier du fait d’une persistante mollesse des commandes étrangères dont le niveau n’est pas plus élevé aujourd’hui qu’en début d’année.

L’évolution des autres composantes de la demande étrangère est également plutôt décevante, notamment pour ce qui concerne les ordres en provenance de la zone euro en repli ces deux derniers mois du fait d’une contraction des commandes de biens d’équipement…

Au total, si ces données vont dans la bonne direction, elles mériteront d’être confirmées pour valider le regain d’optimisme en présence au sujet des perspectives tant de l’Allemagne que du reste de la zone euro.

Impasse espagnole : une crise, vraisemblablement, durable

Difficile d’anticiper les développements à venir en Catalogne après la consultation de dimanche 1er octobre. Sur le papier, la Catalogne serait en mesure de proclamer son indépendance dans les tout prochains jours, conformément à la loi adoptée par le gouvernement catalan début septembre. La crise que pourrait déclencher une telle option invite toutefois certains observateurs et politiques à envisager une annonce dont les effets ne seraient effectifs que dans plusieurs mois, privilégiant ainsi la possibilité de négociations. Dans un cas comme dans l’autre, le vote du 1er octobre risque fort d’avoir ouvert une période de grande incertitude pour l’avenir de l’Espagne.

Lire la suite…

Zoom Arrière Septembre 2017 – Impossible normalisation monétaire

Tombée à moins de 40 % fin août, la probabilité implicite d’une nouvelle hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année est remontée à 75 % fin septembre dans la foulée du changement de posture de la FED lors du FOMC des 19-20 septembre. Intervenu une semaine après le relèvement inattendu des taux de la banque du Canada et quelques jours après les déclarations de la Banque d’Angleterre sur sa volonté de relever les siens, les marchés ont vu dans ce changement le signal d’une possible inflexion généralisée des politiques monétaires. La tentative de reprise en mains de la présidente de la FED n’a, toutefois, guère porté ses fruits.

Lire la suite…

Trump trade II – Still waiting for the big event

The US administration’s new tax reform plans were enough to prompt renewed hopes among investors for an ideal scenario: a combination of tax cuts – so positive for the US economy that they could allow the Fed to bring interest rates back to normal without damaging the equities market – and a dollar rally that would distribute part of the USA’s excess growth to the rest of the world. However, this scenario, which had already been widely priced in by the markets immediately after Donald Trump election, has little chance of happening, for both political and economic reasons.

Lire la suite…

Trump trade II- Pas tout de suite le grand soir

Il a suffi que l’administration américaine présente un nouveau projet de réforme fiscale pour réveiller l’espoir des investisseurs sur l’éventualité d’un scénario idéal qui verrait se combiner : l’adoption d’un programme de baisse d’impôts aux retombées tellement positives pour l’économie américaine qu’il pourrait autoriser la FED à procéder à la normalisation de ses taux d’intérêt sans heurter les marchés actions, et soutenir le dollar dont la réappréciation diffuserait au reste du monde une partie du surcroît de la croissance américaine… Déjà plébiscité par les marchés dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, ce scénario a probablement bien peu de chances de se produire, que ce soit pour des raisons politiques ou économiques.

Lire la suite…