Aux Etats-Unis, la consommation baisse, les prix PCE ne décélèrent pas

 

Comme le laissaient prévoir les ventes de détail, la consommation réelle des ménages américains s’est contractée en janvier, de 0,5 %. Il s’agit de la première baisse significative depuis un an et de la plus forte depuis presque trois ans. Certes, les circonstances du début d’année pourraient plaider en faveur d’un impact temporaire des évènements climatiques mais les tendances plus récentes ne permettent pas d’écarter un phénomène plus profond.

Du côté des prix, le rythme de hausse des PCE reste inférieur à celui du CPI. C’est suffisant pour faire baisser l’inflation totale d’un dixième, à 2,5 % et sa composante hors énergie et alimentaire, de trois dixièmes, à 2,6 %. Pour autant, les tendances mensuelles sont moins favorables, avec des hausses de prix totaux comme sous-jacents de 0,3 %, toujours supérieures à ce qu’il faudrait pour renouer avec une inflation sous contrôle, avant même les hausses de tarifs à partir de maintenant.

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Dégradation conjoncturelle américaine : un peu, beaucoup… dangereusement ?

En janvier, la conjoncture américaine avait enregistré quelques signaux contrariants sur le front de l’emploi ou des climats des affaires rapidement attribués à des phénomènes hors du champ économique : grands froids, incendies… En février, néanmoins, les PMI, les indicateurs NAHB, la confiance des consommateurs se sont, encore, dégradés, forçant à considérer qu’après sa performance 2024, la conjoncture amorçait une tendance moins flamboyante, comme semblaient déjà l’annoncer les comptes nationaux du dernier trimestre.
Sauf que les données du jour enfoncent un peu plus le clou. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont bondi, les prix PCE ont été révisés à la hausse et, surtout, les promesses de ventes immobilières ont atteint leur plus bas niveau depuis le début du millénaire. A partir de quand cela devient-il vraiment préoccupant ?

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Ravalement de façade des indicateurs européens

En février, l’indicateur de confiance des ménages et des entreprises en zone euro a regagné un point, à 96,3, une bonne nouvelle a priori, renforcée par l’amélioration du climat des affaires de la France et de l’Allemagne, pays parmi les plus en difficulté de la région, au contraire de l’Italie et de l’Espagne. A y regarder de plus près, le bilan reste pourtant très mitigé. Si le rebond industriel est bienvenu, il concerne surtout les perspectives des industries allemandes, toujours très faibles et aujourd’hui menacées par les annonces de D. Trump. Les retours en provenance des services, qui ont jusqu’alors soutenu la croissance, sont nettement moins favorables, pointant notamment vers une forte détérioration des perspectives de demande et d’emplois, comme confirmé, en France, par les données de chômage du mois de janvier.
Dans le même temps, la détente monétaire a permis un rebond bienvenu des crédits aux ménages et aux entreprises. Ceux-ci ont progressé de respectivement 0,9 % et 1,6 % pour l’ensemble de la région, soit leur plus forte hausse depuis la mi-2023.
Le diagnostic en présence est donc, on ne peut plus, mitigé : en apparence, plutôt meilleur qu’au cours des tout derniers mois, il soulève bien des questions sur les tendances à venir, face, qui plus est, à la montagne d’incertitudes qui attendent l’Europe pour la suite de l’année.

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La conjoncture américaine prend une tournure fort contrariante

L’enquête PMI américaine de février montre un net recul. L’indicateur des services est ressorti en zone de contraction, à 49,7 après 52,9, pour la première fois depuis deux ans. Le climat des affaires composite, dont la chute a été amortie par la hausse du manufacturier, a perdu plus de deux points, à 50,4. L’incertitude politique, notamment concernant les baisses de dépenses fédérales, est, explicitement, pointée du doigt parmi les causes de la stagnation de la demande. Les indicateurs d’emploi du S&P se replient.

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Les PMI français font tache, l’écart France-Allemagne s’inverse brutalement

Les PMI de février se sont améliorés pour la plupart. Faibles, voire en léger repli dans l’industrie, ils gagnent un peu plus de terrain dans les services où ils ont ces derniers mois renoué avec un niveau supérieur à 50, synonyme de croissance, que ce soit en Asie, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Avec une chute de presque quatre points du PMI des services, de 48,2 en janvier à 44,5 en février, la situation en France fait d’autant plus figure d’exception. L’indicateur composite, à 44,5, est ainsi nettement inférieur à l’allemand, remonté à 51. Une telle divergence, en défaveur de la France, jusqu’alors mieux lotie que sa voisine, interpelle, d’autant que l’enquête INSEE, de son côté, affiche une légère amélioration du climat des affaires.
Le contexte politique toujours tendu, le contrecoup des JO et les conséquences des défaillances d’entreprises sur l’emploi mordent chaque mois un peu plus sur la confiance en France. Il n’est pas impossible, par ailleurs, que les écarts d’inflation et de perspectives de prix des professionnels de services jouent en défaveur des PMI, en particulier par rapport à l’Allemagne où l’inflation y est beaucoup plus soutenue. Les enquêtes PMI sont très influencées, en effet, par les attentes en matière de chiffres d’affaires, hausses des prix comprises. Quoi qu’il en soit, les PMI français ne sont pas bons. Sauf les acquis salvateurs en provenance de la consommation de la fin d’année dernière, ils attiseraient la probabilité d’une récession française au premier trimestre.

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L’inflation britannique annonciatrice d’une tendance plus globale ?

Notre baromètre mensuel interrogeait en début de mois sur la fin possible du mouvement de désinflation mondiale. Les données publiées depuis enfoncent un peu plus le clou. Les hausses de prix se sont accélérées dans la plupart des pays industrialisés en janvier et à y regarder de plus près un nombre croissant de composantes de notre tableau de synthèse du contexte inflationniste sont à nouveau en hausse.

Outre-manche, l’inflation de janvier a déjà dépassé les prévisions de la BoE pour le premier trimestre, avec une hausse de quatre dixièmes, à 3 %, et de cinq dixièmes pour sa composante sous-jacente, à 3,7 %. Dans les deux cas, il s’agit des plus hauts depuis neuf à dix mois tandis que, par ailleurs, l’inflation salariale réaccélère. Sans oublier les particularismes britanniques, l’histoire récente et le relevé des tendances globales incitent à un regain de vigilance sur les développements inflationnistes en cours.

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Le PIB britannique sauvé des eaux, la BoE prise à contrepied ?

Attendu en baisse ou, au mieux, stable, au vu des données mensuelles, le PIB britannique est ressorti en hausse de 0,1 % au dernier trimestre, grâce à un rebond inattendu de 0,4 % de la croissance du mois de décembre. Sur l’ensemble de l’année dernière, il a donc progressé de 0,9 %, après 0,4 % en 2023.
Pour le gouvernement en difficulté, ces résultats sont sans doute un soulagement. Pour la Banque d’Angleterre, l’histoire est plus compliquée. Si elle ne peut que se réjouir de données en apparence meilleures qu’attendu, ces dernières ne tombent pas au moment le plus adéquat, une semaine tout juste après qu’elle ait annoncé une division par deux ses perspectives de croissance pour 2025. Ce changement, qui paraissait servir la cause d’un biais un peu plus accommodant de sa politique monétaire, était-il vraiment opportun ? Peu d’observateurs en avaient compris les raisons jeudi dernier. Les détails du PIB trimestriel offre un certain éclairage, malgré le rebond du mois de décembre. Vu sous cet angle, les réactions des marchés à la publication des chiffres de ce matin semble disproportionnées.

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Mauvaise passe pour l’inflation européenne en janvier

Malgré des effets de base baissiers, l’inflation européenne est ressortie à 2,5 % en janvier, un dixième de plus qu’en décembre 2024. A première vue, la hausse en présence est due à l’énergie, qui n’a rien d’une surprise. En effet, sur un an, ni les services, ni l’alimentaire, ni les biens n’ont accéléré. Les prix mondiaux du pétrole s’étant stabilisés, voire ayant légèrement reculé, il serait tentant de relativiser la situation.

Le diagnostic est nettement plus compliqué :

  • D’une part, les prix du gaz, eux, continuent d’accélérer, ce qui jette le doute sur la normalisation énergétique.
  • Quant aux prix sous-jacents, leur rythme mensuel reste soutenu et leur hausse sur un an, inchangée, à 2,8 %. Pas de signe de retour à l’objectif, donc, sur ce point.

Seule satisfaction, l’inflation apparaît un peu plus homogène entre les pays, ce qui aura, au moins, le mérite d’atténuer les arbitrages de la BCE en la matière.

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