Scénario taux d’intérêt, taux de changes et pétrole 2016-2017 (septembre 2016)

Scénario taux et changes_sept 16

 

 

  • La FED n’a pas le loisir de relever le niveau de ses taux directeurs cette année, la porte pourra éventuellement se rouvrir l’an prochain si l’économie américaine parvient à échapper à une récession et que la politique budgétaire s’assouplit…
  • BoJ et BCE restent sur le qui-vive dans un contexte de bas niveau persistant de l’inflation et de fragilité conjoncturelle
  • Risques politiques et errements des politiques monétaires rendent l’environnement obligataire plus instable mais les taux de rendements peinent à remonter.
  • Les cours du pétrole ont peu de raison de remonter significativement, le risque de nouvelle rechute d’éloigne toutefois.

Scénario mondial 2016-2017 (juin 2016)

Principaux points du scénario 2017 (sans Brexit)

  • Le cycle américain s’essouffle davantage
  • La situation en Chine reste fragile
  • La remontée des cours du pétrole n’est pas durable ; repli vers les 40-35$/b
  • La reprise européenne ne parvient pas à gagner en régime mais ne retombe pas (effet pétrole et soutien électoral)
  • La croissance mondiale stagne sur faible niveau, celle du monde développé rétrécit à 1,1 %, contre 1,5 % cette année

Scénario de croissance mondiale_ Juin 2016

Pauvre Janet !

Décidément pas chanceuse la Présidente de la Fed, en permanence prise à revers. Avec 38 000 créations d’emplois en mai, ce n’est pas seulement la possibilité de relever le niveau de ses taux directeurs en juin qui disparaît mais probablement toute opportunité de hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Lire la suite…

La chute du dollar reprend de plus belle : pourquoi, jusqu’où ?

La tendance baissière du cours du dollar s’est accélérée ces derniers jours, poussant en particulier sa parité contre l’euro et le yen vers des niveaux qui n’avaient pas été enregistrés depuis la fin de l’année 2014, à ponctuellement 0,86 euros et moins de 106 yens dans la journée d’hier. Ajoutée au mouvement de dépréciation à l’égard des devises émergentes de ces dernières semaines, c’est un repli de plus de 5 % qu’affiche le taux de change effectif du billet vert au cours des trois derniers mois, soit sa plus forte baisse depuis 2009. Comment comprendre ces tendances et jusqu’où risquent-elles d’aller ? Lire la suite…

L’inconnue pétrolière du scénario 2016

Inflation, pouvoir d’achat, taux d’intérêt… Avant de s’enquérir du scénario de tel ou tel, mieux vaut lui demander quelle est son hypothèse de prix du pétrole, car c’est bien de cette dernière que devrait dépendre l’essentiel des prévisions pour cette année. Après une division par trois des cours du brut en moins de dix-huit mois, nul n’y échappe ; même l’hypothèse de prix inchangés, généralement utilisée pour neutraliser l’impact d’une variable considérée comme exogène, ne permet pas de passer outre l’influence des effets de base de la chute des cours du pétrole sur les éléments clés du scénario mondial 2016. Difficile, dès lors, de faire l’impasse sur cet épineux sujet et ce qu’il peut nous réserver.

petrole et inflation mondiale Lire la suite…

Les immanquables du scénario 2016

Le cycle avance et se complexifie. Si le quantitative easing pratiqué par les banques centrales ces dernières années a permis d’évacuer les risques extrêmes, les déséquilibres par ailleurs créés par ces injections massives de liquidités compliquent la donne conjoncturelle : bulles immobilières, surendettement asiatique, distorsions de prix et des taux de changes. L’ensemble entretient un environnement d’une rare fragilité dans lequel, même les économies apparemment les mieux loties font état d’une vulnérabilité hors norme faute d’une assise suffisante de leur croissance.

En 2015, la croissance de l’économie mondiale a probablement été plus proche de 2 % que de 3 %. 2016 ne s’annonce pas sous un meilleur jour. Alors que la perspective d’une hausse des taux fait redouter une récession aux États-Unis, la Chine, paralysée par son surendettement et la surévaluation de son taux de change, s’enlise. Les pressions à la baisse des prix des matières premières confisquent les ressources d’un monde émergent dont rares sortent indemnes. Dans un tel contexte, si l’Europe va indiscutablement mieux, comment envisager qu’elle renoue avec les rythmes de croissance qui seraient nécessaires pour combler ses déficits et son sous-emploi ?

La crise a duré trop longtemps pour ne pas avoir de retombées politiques majeures. Après avoir abandonné sa gestion aux banquiers centraux, les gouvernements, volontaires ou forcés, reprennent la main : crise des réfugiés, crise syrienne, COP 21… C’est en dehors de la sphère monétaire que les lignes semblent dorénavant devoir bouger, sans que l’on puisse précisément anticiper comment les choses se feront et jusqu’où iront les initiatives que l’on présent.

L’ensemble n’est pas des plus porteurs pour les marchés financiers. Notre scénario de fin de cycle mondial des marchés boursiers est aujourd’hui partagé par un nombre croissant d’observateurs. Sur fond de retour généralisé de la volatilité, l’environnement obligataire devient, à son tour, plus erratique et exposé à des incertitudes croissantes. On reste tenté de considérer que l’or puisse dans un tel contexte retrouver son statut de placement refuge. Lire la suite…

FED-BCE, le clash

C’est quasiment acquis, la BCE devrait assouplir sa politique monétaire sous une forme ou sous une autre la semaine prochaine. Ce changement interviendrait donc deux semaines avant que la Fed procède, à l’inverse, à une hausse de ses taux directeurs, la première depuis 2006, même si sur ce dernier point la messe pourrait ne pas être totalement dite. Après avoir mené des politiques extrêmes, les deux principales banques centrales s’apprêtent donc à braver l’inédit, à savoir l’adoption de trajectoires diamétralement opposées. De tels épisodes sont rarissimes, jamais observés depuis l’introduction de la monnaie unique et exceptionnels auparavant –se limitant à la période de l’unification allemande, lorsque la Bundesbank a procédé à un resserrement drastique de sa politique monétaire en plein cycle de baisse de ses taux directeurs de la Fed.

Les conséquences d’une telle configuration dans les conditions présentes d’extrême instabilité économique et financière internationale, sur fond de très faible croissance mondiale, sont assez largement imprévisibles. Plus question, en effet, de considérer au cas par cas l’impact de la décision de la BCE sur la situation en zone euro ou de celle de la Fed sur l’économie américaine ; les enchaînements et les risques associés à cette configuration sont incontestablement globaux. Lire la suite…