Budget français : « 3 % en 2013, un objectif intangible” ?

A répéter à l’envi que l’objectif de 3 % de déficit public pour 2013 est intangible, le gouvernement français ne rassure pas tout le monde. Que les investisseurs apprécient, au point de payer pour détenir des titres de la dette française, est sans doute en partie le signe du succès de sa communication et l’on ne saurait que s’en féliciter en ces temps où de plus en plus de nos voisins n’ont accès au financement qu’à des conditions exorbitantes. Mais ne soyons pas dupes, la France n’y parviendra pas ! L’exercice déjà ambitieux au vu des perspectives de croissance officielles, respectivement 0,3 % et 1,2 % pour 2012 et 2013, deviendra impossible dès lors que l’économie évoluera en territoire négatif.

Or, après trois trimestres de stagnation, c’est bien par une récession que se soldera la détérioration persistante de l’activité depuis le début de l’été. Selon nos estimations, le taux de croissance du PIB s’établirait autour de zéro cette année et enregistrerait une baisse d’au moins 0,7 % en moyenne l’an prochain. La différence est de taille avec les prévisions actuelles du gouvernement à partir desquelles se basent aujourd’hui les hypothèses budgétaires pour 2012 et 2013 : avec un manque à gagner de respectivement 0,4 et 1,9 point de PIB, soit 2,3 points au total, l’effort nécessaire pour ramener le déficit à 3 % en 2013, initialement prévu à 2,6 % de PIB sur deux ans, s’élèverait ainsi à 3,6 points ! En d’autres termes, un effort inédit, au deux-tiers concentré sur l’année à venir, qui s’il venait à être réalisé, ferait de la France la championne de l’ajustement fiscal au sein de la zone euro… Le calcul laisse dubitatif. Le gouvernement s’apprête-t-il vraiment à tenter le diable ? Lire la suite…

Gare au consensus, l’euro peut encore surprendre !

Le caractère inéluctable d’une baisse de l’euro est un des rares points sur lesquels les économistes semblent largement s’accorder aujourd’hui. L’idée, à l’évidence assez légitime au regard de la situation de crise extrême que traverse l’union monétaire, est pourtant loin de couler de source. La résistance du cours de l’euro pourrait prendre bon nombre d’observateurs à contre pieds.

L’intensification de la crise souveraine a fini par convaincre la grande majorité des économistes que le taux de change de l’euro était voué à une forte baisse dans les mois à venir. Un certain nombre prédisent un retour du cours de l’euro sous les 1.20 dollar et quelques uns proposent une chute jusqu’à la parité contre le billet vert dans les douze ou dix-huit prochains mois. Une telle perspective, si elle venait à se vérifier, serait assurément bien venue tant elle soulagerait la région. Cette prédiction est malheureusement assez peu probable. Les seules perspectives d’une croissance durablement anémique et d’une aggravation de la crise souveraine sont loin d’être suffisantes pour justifier le consensus actuel sur la chute de l’euro. En alimentant les craintes de déflation, ces mêmes raisons pourraient, tout au contraire, se révéler un des meilleurs remparts contre une dépréciation un tant soit peu significative de la monnaie unique ! Lire la suite…