Les nouvelles d’Asie ne sont pas bonnes. Comment pourrait-il en être autrement ?

Une nouvelle fois, les nouvelles d’Asie déçoivent. En Chine, les PMI ont un peu plus fléchi, que ce soit dans l’industrie ou les services, en dépit d’un léger mieux dans la construction. En Corée, après deux mois de progression, la production industrielle s’est contractée de 3,5 % en octobre et stationne à un rythme de hausse de 1,8 % l’an, tandis que les exportations plafonnent et que les indicateurs de demande domestique ont du plomb dans l’aile. Ces données font écho à celles en provenance du reste de l’Asie de ces derniers jours, Vietnam y compris, et du Japon où, malgré un très léger mieux sur le front de l’activité industrielle en octobre, les tendances en place restent désespérément moroses.
En l’absence de reprise de la demande mondiale, l’inertie des exportations explique pour l’essentiel ces difficultés, lesquelles ne semblent pas en voie de résorption à en juger par les indicateurs avancés américains, toujours très influents sur l’activité exportatrice de la région. L’ensemble justife le calme observé sur les marchés des matières premières en dépit des tentatives récurrentes de rebond, telles que celles de ces derniers jours sur le marché pétrolier dans l’attente des annonces de l’OPEP+ dont on peut légitimement douter des conséquences durables sur les cours.

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L’inflation japonaise s’envole, les PMI retombent, la BoJ au pied du mur ?

Alors que 80 % des économistes envisagent une hausse des taux de la BoJ dans le courant de l’année prochaine, l’hypothèse d’un passage à l’acte est de plus en plus fragilisée par l’évolution des anticipations de politique monétaire en occident et, de facto, beaucoup plus sensible à l’évolution des données japonaises. Celles de la nuit dernière ne sont pas des plus encourageantes pour la BoJ. En octobre les prix ont enregistré leur plus forte remontée mensuelle depuis 2014, de quoi assurément questionner sa stratégie hyper-accommodante. La BoJ risque-t-elle, dès lors, de changer son fusil d’épaule, au risque de fragiliser davantage son économie chancelante et, au-delà, d’entraver l’amélioration du contexte obligataire occidental ? Les détails des données du jour lui offrent encore quelques cartouches.

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L’Allemagne se stabilise, la France décroche, le Dax reprend l’avantage sur le CAC

En novembre, le PMI composite allemand a continué à regagner un peu de terrain, à 47,1, grâce à une hausse de trois points de sa composante manufacturière et un léger mieux d’un demi point du côté des services. Comme déjà souligné par les commandes et par la dernière enquête ZEW, l’activité industrielle reprend quelques couleurs à l’exportation ce que traduisent pour l’essentiel les PMI. Il faudra, certes, pour confirmer cette amélioration que les résultats de l’enquête IFO, attendus demain, la corrobore et que la situation ne se dégrade pas davantage sur d’autres fronts, domestique notamment, en pleine crise budgétaire.

Pour autant, l’Allemagne regagne un peu de terrain par rapport à la France où la situation industrielle continue de se dégrader. En novembre, le PMI manufacturier français s’est, de nouveau, replié, à 42,6 points, effaçant l’intégralité de l’avance qu’il avait accumulée sur l’Allemagne au printemps. L’espoir d’un réveil de l’industrie française né des bons chiffres des exportations du deuxième trimestre n’est clairement pas au rendez-vous.

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Karlsruhe, un gros pavé dans la mare en Allemagne

Il y a une semaine, la cour de justice de Karlsruhe saisie par l’opposition pour enfreinte du gouvernement à la loi budgétaire de « frein à l’endettement » a annoncé ses conclusions : la réaffectation par le gouvernement Scholtz d’une enveloppe de 60 milliards d’euros, initialement affectée au budget 2021 pour la lutte contre le Covid, à un « fonds spécial pour la transformation de l’économie et le climat » est contraire à la loi fondamentale, ces fonds n’ayant été employés :
– ni dans le cadre dans lequel ils avaient été initialement votés ;
– ni dans celui de l’exercice prévu, puisqu’ils qu’ils ont été réaffectés en février 2022 ;
– ni, de fait, dans le respect de la législation du « frein à l’endettement » selon laquelle les nouveaux emprunts doivent être limités à 0,35 % du PIB maximum, dont seules les mesures « Covid » avaient été exemptées.
Conséquence immédiate de cette décision, le fonds spécial de 212 milliards d’euros « pour le climat et la transformation de l’économie » doit être réduit de 30 %, correspondant aux 60 milliards d’euros directement mis en cause.
L’affaire dépasse, cependant, de loin ce montant. Le jugement de la Cour constitutionnelle remet, en effet, en cause nombre de financements votés au cours des années précédentes, utilisés en 2023 ou utilisables pour les exercices à venir. C’est ainsi, de facto, l’ensemble de la stratégie budgétaire du pays qui est remise à plat, au risque de coupes drastiques des dépenses et des programmes de soutien à l’économie décidés ces dernières années pour faire face à une situation de crise économique et climatique sans précédent. Sauf compromis, difficile, entre le différents partis de la coalition, cette décision menace l’économie allemande d’une crise économique et politique majeure.

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Les chauds-froids américains font valser les taux

Après les bons chiffres du CPI, validés, depuis, par les PPI et les prix à l’importation, les données de ces deux derniers jours soulèvent de plus en plus de doutes sur la conjoncture américaine. L’économie est-elle vraiment sur la voie d’un soft-landing ? Les marchés hésitent et les taux cherchent leur voie. Après leur chute exceptionnelle dans la foulée des données d’inflation, mardi, les rendements des T-Notes à 2 et 10 ans ont récupéré plus de la la moitié du chemin parcouru hier, puis ont de nouveau baissé fortement aujourd’hui, sur fond de statistiques contradictoires : les ventes de détail ont légèrement reflué en termes nominaux, les climats des affaires régionaux ont regagné du terrain mais les perspectives ont baissé, parfois franchement, la production industrielle s’est contractée en raison des grèves dans l’automobile, les inscriptions hebdomadaires au chômage remontent et le climat des affaires des constructeurs immobiliers flanche un peu plus … L’ensemble interroge et alimente une forte instabilité des marchés de taux , réponse logique à une Fed qui n’a de cesse de répéter qu’elle est « data dependent »… ?

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Bouffée de confiance après les CPI américains

En octobre, les prix à la consommation aux Etats-Unis sont restés stables par rapport à septembre, ce qui a permis grâce à des effets de bases encore très négatifs de faire refluer le taux d’inflation annuelle de 3,7 % à 3,2 %, son niveau de juillet. L’indice sous-jacent n’a quant à lui augmenté que de 0,2 %, après 0,3 % en septembre. Sur un an, il ralentit d’un dixième, à 4 %.
Ce rapport est beaucoup plus convaincant que le précédent et largement suffisant pour justifier un taux inchangé des Fed Funds. D’autant qu’à part quelques exceptions, l’assurance auto et le tabac, notamment, l’inflation décélère sur la quasi-totalité des postes, loyers y compris. Après les inquiétudes nées des dernières interventions des membres de la FED, les marchés saluent la nouvelle avec une forte baisse, de 18 points de base des taux à 2 et 10 ans américains, une embardée des indices boursiers et de l’eurodollar.

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Quatrième baisse consécutive de la production industrielle allemande

La production industrielle allemande dans son ensemble, c’est-à-dire construction incluse, s’est contractée de 1,4 % en septembre. Il s’agit de la quatrième baisse consécutive depuis mai, pour un total de -3,5 % par rapport à avril. La seule production manufacturière a reculé de 1,7 %, soit un retard de 7,5 % par rapport au début de l’année 2020. Dans le même temps, les commandes n’ont augmenté que de 0,2 %, après avoir été révisées à la baisse pour le mois d’août, avec une progression de seulement 1,9 % contre 3,9 % en première estimation.
Excepté le léger rebond de la production dans la construction hors finitions, +2,1 %, insuffisant pour contrarier la tendance baissière à l’œuvre depuis le début d’année, il n’y a donc pas grand-chose à sauver de cette fin de troisième trimestre. Le quatrième démarre, lui, sur de très mauvaises bases, avec un acquis de production de -0,9 %.

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Les NFP apportent de l’eau au moulin de J. Powell…

-15 points de base : la réponse des taux à 10 ans américains, retombés à 4,50 % dans les minutes qui ont suivi la publication du rapport sur l’emploi du mois d’octobre aux Etats-Unis. Les créations de postes en net recul, à 99 K dans le seul secteur privé, la nouvelle remontée d’un dixième du taux de chômage à 3,9 % et le ralentissement des hausses mensuelles de salaires, à 0,2 % seulement, confortent simultanément le discours du président de la Fed de cette semaine et renforcent l’idée d’un arrêt des hausses de taux directeurs.
Les grèves dans l’industrie automobile ont manifestement aidé, avec 33 K destructions d’emplois dans le secteur automobile -35 K au total dans l’industrie manufacturière- ; un effet amené à être corrigé le mois prochain. Par ailleurs, les emplois gouvernementaux continuent à croître à un rythme de 51 K, comme il le font peu ou prou depuis trois mois, constituant, après la santé et l’éducation, le principal socle de créations de postes. Dans tous les autres secteurs, en effet, les hausses sont très réduites ou inexistantes, notamment dans les loisirs et la restauration mais également les services professionnels ou le commerce de détail, quand l’emploi ne baisse pas, comme dans les transports, les technologies.

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