Libération Day : c’est violent, même si l’Europe s’en tire à moindre mal

La logorrhée du président américain semblait partie pour nous tenir des heures jusqu’au coup de communication savamment orchestré de l’arrivée du secrétaire au commerce porteur d’un tableau figurant les estimations pays par pays des protections non-tarifaires estimées, à partir desquelles D. Trump avait préparé ses annonces. S’ensuit une énumération pays par pays des barrières supposées subies par les entreprises américaines à l’exportation et des tarifs réciproques décidés, « après discount » : Chine, Vietnam, Laos, Thaïlande, Japon, Inde, Bangladesh, Corée, Australie, Suisse, UE… la liste épargne peu de pays et les tarifs annoncés sont salés : 48 % pour le Laos, 46 % pour le Vietnam, 34 % pour la Chine (en plus des hausses précédentes selon CNBC, ce qui porte à 54 % les droits de douanes effectifs sur les produits chinois à partir du 9 avril). L’UE s’en tire plutôt mieux et écope de 20 % de droits de douanes. Mexique et Canada sont épargnés, du moins le temps d’analyser les retombées des droits précédemment décidés. Enfin, D. Trump annonce 10 % de droits universels à l’entrée des produits sur le sol américain pour tous.
Personne n’est donc épargné, tandis que les tarifs de 25 % sur les importations automobiles décidés la semaine dernière ont été confirmés et entreront en vigueur à partir du 3 avril.

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Inflation industrielle aux USA, c’est parti !

Sous l’effet, très vraisemblablement, des hausses des droits de douane, l’indice des prix de l’ISM manufacturier a augmenté de 7 points en mars, après une hausse de même ampleur en février. Il s’établit, désormais à 69,4, son plus haut niveau depuis juin 2022. L’indicateur, très corrélé à l’évolution des prix à la production des biens, laisse donc peu de doutes : l’inflation redémarre dans l’industrie avec, à ce stade, des augmentations vraisemblables des PPI de 0,5 % par mois, soit 6 % en rythme annualisé.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation allemande en léger recul, suffisant pour une baisse des taux

En mars, l’inflation allemande est passée de 2,3 % à 2,2 %. Sa composante sous-jacente a reculé de deux dixièmes, à 2,5 %. Mieux encore, les prix des services, après avoir affiché une hausse annuelle autour de 4 % pendant neuf mois, décélèrent davantage, à 3,4 %, soit 0,4 point de moins qu’en janvier. Les données mensuelles, non corrigées des variations saisonnières, font, également, état d’un net ralentissement par rapport à février.
A l’exception, peut-être, des prix alimentaires, à 2,9 % soit cinq dixièmes de plus qu’en février, les données de mars sont donc, incontestablement, un bon cru outre-Rhin.

Perspectives trimestrielles : de l’enthousiasme compréhensif au principe de réalité

Le début d’année 2025 a été l’un des plus chargés sur le plan politique, géopolitique et économique depuis, au moins, la crise du Covid et, avant elle, celle de 2008 ou la chute du mur de Berlin. L’hostilité de l’administration américaine à l’égard des pays européens et son abandon militaire ont poussé les pays de l’Union européenne à revoir leur stratégie à la faveur de mécanismes de défense et d’investissements communs, impliquant, de facto, une intégration plus poussée des pays membres. Dans le même temps, en Allemagne, F. Merz, est parvenu à faire adopter en un temps record des dispositifs de soutien au rattrapage des infrastructures et un ajustement du bouclier à l’endettement susceptible d’autoriser jusqu’à 1,0 % de dépenses supplémentaires en faveur de la défense au cours des dix prochaines années. L’ensemble constitue une rupture de politique économique historique, avec un effort plus de deux fois supérieur à celui réalisé à l’occasion de la réunification allemande au début des années quatre-vingt-dix.


L’impact économique potentiel des dispositifs adoptés de part et d’autre est inédit. Toutes choses égales par ailleurs, les gains de croissance pour l’Europe dans son ensemble pourraient, en effet, dépasser 1 % au bout d’un an et avoisiner 2 % par an au cours des quatre prochaines années, offrant au continent européen des perspectives depuis longtemps inespérées auxquelles les marchés financiers ont répondu par un enthousiasme exceptionnel.
Les obstacles susceptibles de faire barrage à ces initiatives restent, malgré tout, nombreux. Le premier plan de relance de 2020, face au Covid, avait, déjà, été présenté comme une révolution pour l’Europe. Cinq ans après, ses effets concrets sont difficilement perceptibles. La guerre en Ukraine et, plus encore, l’absence de stratégie politique cohérente et suffisamment tracée en ont avalé les effets positifs escomptés. La capacité de faire d’initiatives contraintes et forcées une stratégie durable et efficace est, aujourd’hui, rendue plus incertaine encore dans un contexte international particulièrement hostile.
Les menaces de récession en provenance des Etats-Unis, celles du protectionnisme et les risques d’inflation ou de dépression qui y sont liés, les déficits de ressources de base et démographiques auxquels sont confrontés les pays européens, sont autant d’entraves qui obligeraient ces derniers à soulever des montagnes d’initiatives, de financement et de combats idéologiques supplémentaires pour rattraper vingt ans de sommeil profond. À quoi pourraient, dès lors, ressembler les perspectives 2025 et 2026 ?

Lire la suite…

Aux Etats-Unis, la consommation est inerte, les prix PCE ne rassurent plus

Après une baisse de 0,6 % en janvier, la consommation des ménages américains est restée à peu près inchangée en février, avec une hausse marginale de 0,1 %. Le rythme du début d’année reste donc en deça de ce qui avait été constaté l’année dernière, au cours de laquelle la consommation privée avait augmenté en moyenne de 0,3 % par mois.
Parallèlement, les prix PCE et leur composante sous-jacente ont augmenté de, respectivement, 0,3 % et 0,4 %. Une mauvaise nouvelle, alors que cette mesure de l’inflation est la plus scrutée par la Fed et que sa relative faiblesse par rapport aux CPI avait soutenu les anticipations d’un possible assouplissement de la politique monétaire de la Fed dans le courant de cette année. En février, les données se sont inversées, avec des CPI en ralentissement, mais des PCE en accélération.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La reprise attendra encore un peu en zone euro…

Si la différence entre le court terme et le long terme n’était pas claire, les chiffres publiés pour la zone euro zone aujourd’hui sont là pour nous la rappeler. En effet, les effets attendus des récentes initiatives publiques en Europe tendent à faire oublier une situation courante nettement moins reluisante. En l’occurrence, la consommation diminue en France, le chômage augmente en Allemagne et les retours des enquêtes de la commission européenne laissent toujours à désirer.
Les signes de baisse de l’inflation pourraient, s’ils se confirment, donner de l’air au pouvoir d’achat des ménages et à la BCE, avant les effets des plans de relance. Néanmoins, les perspectives de prix semblent, déjà, entachées par les craintes sur le front protectionniste.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Coup de fouet manufacturier sur les climats des affaires européens

Les PMI en zone euro se sont, marginalement, améliorés, avec un indicateur composite pour l’ensemble de l’UEM en hausse de deux dixièmes, à 50,4. Néanmoins, le climat des affaires dans les services, principal moteur de la croissance depuis le Covid, a légèrement reculé. A contrario, les indices manufacturiers ont nettement réaccéléré, avec une hausse d’un point en un mois et de presque quatre points au cours des trois derniers mois. Le communiqué de S&P accompagnant cette publication propose deux explications :
– Une conséquence, temporaire, de l’accélération des importations américaines, avant les effets de la hausse des droits de douane. Auquel cas, l’entrée en vigueur des tarifs ferait rechuter la confiance des industriels.
– Ou, plus encourageant, le résultat des développements sur le front politique, en raison des avancées en matière de dépenses militaires et d’infrastructures, notamment avec l’adoption du plan « bazooka » en Allemagne.
Sans doute y-a-t-il un peu des deux, la deuxième explication ayant potentiellement joué au mois de mars davantage que la première, soulignée par nombres d’indicateurs récents entre décembre et février. Quoi qu’il en soit, ces tendances sont encourageantes et vraisemblablement amenées à se poursuivre.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

« Game changer » en trompe l’œil des PMI américains

Après une nette baisse en tout début d’année, le PMI composite américain a regagné près de deux points ce mois-ci , à 53,5, grâce à une hausse de plus de trois points dans les services, à 54,3. Le rebond de la demande, sur fond de conditions météorologiques plus clémentes, est la principale raison de cette amélioration. L’indicateur manufacturier, lui, s’est dégradé, avec un retour en zone de contraction à 49,8.
Ces résultats inattendus n’effacent pas toutes les inquiétudes sur la conjoncture américaine, sur laquelle l’impact de la politique de droits de douane se fait sentir :
– Au niveau des prix, avec une hausse des coûts des intrants comme de ceux des produits facturés, notamment dans l’industrie.
– Sur les perspectives d’activité, qui se sont, davantage, dégradées. De manière contre-intuitive, la détérioration des perspectives est concentrée dans les services, tandis que les directeurs d’achat de l’industrie semblent relativement confiants dans la capacité de D.Trump à réindustrialiser le pays.

Lire la suite…