L’inflation britannique stagne depuis novembre : 4 % pour l’inflation totale en janvier, 5,1 % pour le sous-jacent. Un dixième de gagné par rapport à décembre pour l’inflation dans les services (6,1 %), un dixième de perdu pour les biens (1,8 %).

L’inflation britannique stagne depuis novembre : 4 % pour l’inflation totale en janvier, 5,1 % pour le sous-jacent. Un dixième de gagné par rapport à décembre pour l’inflation dans les services (6,1 %), un dixième de perdu pour les biens (1,8 %).

En janvier, le CPI américain a augmenté de 0,3 % par rapport à décembre tandis que sa composante sous-jacente a affiché une hausse de 0,4 %, la plus forte depuis mai et un rythme deux fois plus élevé à celui requis pour renouer avec une inflation annuelle conforme à l’objectif de 2 % de la Fed.
Pour l’heure, l’inflation mesurée en glissement annuel bénéficie encore d’effets de base baissiers : elle est, ainsi, retombée à 3,1 % après 3,4 % en décembre. Malgré cela, l’inflation sous-jacente n’a pas évolué et piétine autour de 3,9 % depuis octobre. Or, ces effets de base disparaîtront vers mai/juin, de sorte que la poursuite de hausse des prix au rythme de ces trois derniers mois ferait remonter le taux d’inflation, au moment même où les marchés envisagent la première baisse des Fed Funds. On comprend mieux la réaction très négative à la publication des données du jour qui mettent à l’évidence en péril l’hypothèse d’un possible pivot de la Fed d’ici l’été.

Le PIB allemand a reflué de 0,1 % en moyenne en 2023, en raison d’une chute de 0,3 % au dernier trimestre et malgré une révision à la hausse du début d’année. Du côté de l’industrie, secteur moteur de l’économie, la production manufacturière a enregistré huit mois de baisse sur les douze de l’année écoulée pour terminer l’année sur une contraction trimestrielle de 2,2 %. En décembre, l’activité manufacturière s’est repliée de 1,5 % après, déjà, une baisse de 0,4 % en novembre. Sur 12 mois, la chute se chiffre à quasiment 4 %, bien au-delà du recul moyen sur l’ensemble de l’année, de 0,8 %. L’industrie allemande ne va décidément pas bien et surtout pas mieux, contrairement à ce que nous disent les directeurs d’achats.
Le léger rebond automobile en toute fin d’année risque de s’avérer particulièrement précaire au vu des niveaux de commandes adressées au secteur et des données préliminaires de janvier. Plus généralement, les commandes à l’industrie ont été sauvées, en décembre, par les ordres exceptionnels. Hors ces derniers, leur évolution est une nouvelle fois en retrait de 2,2 %. Si l’on ajoute à cela la récession du secteur de la construction, le momentum de l’économie allemande n’est, assurément, pas bon.
Malgré cet environnement de plus en plus préoccupant, la BCE freine encore des quatre fers pour ajuster sa politique monétaire. C’est un sujet !

Notre BMG persiste en zone neutre pour le cinquième mois consécutif, à 0, comme au mois de décembre, révisé en baisse de deux dixièmes. Dans le détail, le momentum du climat des affaires progresse nettement, dans toutes les régions. A contrario, les choses continuent de se dégrader du côté de l’investissement et, plus marginalement, de la consommation.Tandis que la Chine regagne un peu de terrain, les Etats-Unis, qui avaient tiré notre BMG fin 2023, sont les plus lésés en janvier. Notre baromètre de l’inflation regagne un dixième, à -0,6.

Les indicateurs ISM de climats des affaires dans l’industrie manufacturière et les services ont enregistré un rebond, de respectivement deux et trois points. Une progression bienvenue, si elle ne s’accompagnait d’une franche augmentation de l’opinion sur les prix payés. Dans le secteur non manufacturier, celle-ci a regagné 7,3 points, sa plus forte hausse mensuelle depuis avril 2012, pour atteindre, à 64, son niveau le plus élevé depuis un an. Dans l’industrie manufacturière, les indices de prix n’ont fait que revenir en zone de hausse (au-dessus de 50) mais ont, néanmoins, également enregistré une augmentation de plus de 7 points.
Selon les communiqués de l’ISM, les incertitudes sur les coûts du transport et la hausse des délais de livraison du fait des tensions en mer Rouge expliquent une partie de ces résultats, y compris selon les prestataires de services. Il s’agit donc d’un facteur a priori exogène mais bien malvenu apres les donnes d’emplois de vendredi qui, dejà, avaient montré une accélération notable des salaires.

« L’inflation est sur la bonne voie » ou « il en faudra plus pour nous faire baisser les taux » ? Visiblement les membres de la BoE ont pris le problème sous des angles bien différents, étant donné que l’un d’entre eux a voté pour une baisse des taux, justifiée par l’effet des hausses passées, tandis que deux autres ont voté pour une remontée supplémentaire, dans le but de faire revenir l’inflation à l’objectif plus rapidement. Comme attendu, les taux britanniques sont finalement restés stables, à 5,25 % mais le communiqué, lui, a pris un tour plus dovish qu’en décembre.

De nouveau un zéro pointé pour la croissance française de la fin de l’année dernière, les données révisées du troisième trimestre ayant gommé la contraction initiale de 0,1 % ; soit un total de quatre trimestres de croissance zéro sur les cinq derniers. ça fait cher la stagnation, si l’on en juge par l’évolution des déficits et de la dette publics au cours de la même période. Consolation, les acquis de la fin 2022 et la croissance de 0,7 % du deuxième trimestre ont permis de sauver les meubles. L’économie française peut afficher une croissance de 0,9 % en moyenne pour l’ensemble de l’année dernière, qui se compare avantageusement à la récession qui frappe l’Allemagne. Elle pourrait avoir bien du mal, cependant, à faire aussi bien cette année, même avec les J. O. Les agences de notation pourraient avoir du pain sur la planche.

Meilleur qu’attendu, le PIB américain a progressé de 3,3 % r.a. au quatrième trimestre (0,8 % en rythme trimestriel), après 4,9 % au troisième. Toutes ses composantes ont contribué à cette hausse, en premier lieu la consommation privée et publique, à hauteur de respectivement 1,9 point r.a. et 0,6 point r.a., suivies de la FBCF et du commerce extérieur.
En moyenne en 2023, le PIB a augmenté de 2,5 % par rapport à 2022, un rythme comparable à celui d’avant la crise du Covid, dans un contexte international toutefois très différent qui fait de l’économie américaine une exception. Ainsi, non seulement, le PIB américain dépasse de quasiment 10 % son niveau de 2019 mais il a presque renoué avec sa tendance des 5 années d’avant crise, faisant, à ce titre, bien mieux que les grands pays européens, que le Japon, mais aussi que la Chine ou l’Inde.
