Changement de régime industriel en Allemagne ?

Malgré les médiocres résultats de l’économie allemande, certains pans de l’industrie profitent d’un environnement porteur. Contrairement à ce qui a fait la réussite passée du pays, ce n’est pas grâce à l’automobile ni à la machine-outil que l’industrie allemande tire son épingle du jeu aujourd’hui, mais grâce aux secteurs aéronautique et naval. Sans doute dopés par les efforts de défense du pays depuis l’enclenchement de la guerre en Ukraine, ces secteurs semblent expliquer les écarts atypiques entre les données totales et celles hors commandes exceptionnelles. C’est une nouvelle fois le cas avec les commandes du mois de décembre publiées ce matin qui retiennent, de fait, de tirer des conclusions trop hâtives sur l’activité industrielle immédiate, quand bien même la situation domestique offre des résultats progressivement plus encourageants.

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Vers une baisse des taux de la BoE, sans grande conviction sur la suite

La Banque d’Angleterre est restée très prudente jusqu’à présent et n’a abaissé ses taux directeurs qu’à deux reprises depuis août, contre cinq pour la BCE. Chaque baisse a, par ailleurs, été assortie d’une certaine retenue quant à la poursuite de l’assouplissement, tandis que chaque pause a été accompagnée d’une porte ouverte à une reprise des baisses. En décembre, la BoE avait laissé ses taux inchangés, face à une légère accélération de l’inflation, dont la composante sous-jacente s’est néanmoins repliée trois dixièmes le même mois, à 3,2 %, un plus bas (avec septembre) depuis l’embardée des prix post-covid. Les taux d’intérêt réels sont, par ailleurs, repassés au-dessus de ceux des Etats-Unis et les anticipations implicites d’inflation campent sur de bas niveaux depuis l’automne. L’ensemble devrait permettre à la BoE d’abaisser ses taux directeurs une nouvelle fois jeudi, de 4,75 % à 4,50 %, pour limiter une atonie prolongée de l’activité et, peut-être, prévenir une réappréciation trop rapide de la livre sterling. La BoE a tout lieu néanmoins de conserver un discours prudent sur la suite qu’elle donnera à sa politique monétaire, avant les mesures du budget 2025 qui seront introduites en avril, parmi lesquelles la revalorisation du salaire minimum.

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BMG janvier 2025 – La désinflation tire-t-elle à sa fin ?

Notre BMG continue de fluctuer autour de la zone neutre, pour s’établir à 0 en janvier, après révision en hausse de deux dixièmes, à 0,2, en décembre 2024. Quand bien même les climats des affaires et le commerce extérieur sont bien orientés, le contexte se dégrade sur le front de la consommation. Surtout, notre baromètre d’inflation témoigne d’un potentiel changement de tendance, avec un retour en zone neutre, à -0,1, son plus haut niveau depuis presque deux ans.

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Mauvaise passe pour l’inflation européenne en janvier

Malgré des effets de base baissiers, l’inflation européenne est ressortie à 2,5 % en janvier, un dixième de plus qu’en décembre 2024. A première vue, la hausse en présence est due à l’énergie, qui n’a rien d’une surprise. En effet, sur un an, ni les services, ni l’alimentaire, ni les biens n’ont accéléré. Les prix mondiaux du pétrole s’étant stabilisés, voire ayant légèrement reculé, il serait tentant de relativiser la situation.

Le diagnostic est nettement plus compliqué :

  • D’une part, les prix du gaz, eux, continuent d’accélérer, ce qui jette le doute sur la normalisation énergétique.
  • Quant aux prix sous-jacents, leur rythme mensuel reste soutenu et leur hausse sur un an, inchangée, à 2,8 %. Pas de signe de retour à l’objectif, donc, sur ce point.

Seule satisfaction, l’inflation apparaît un peu plus homogène entre les pays, ce qui aura, au moins, le mérite d’atténuer les arbitrages de la BCE en la matière.

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Les ailes de colombe de Mme Lagarde bel et bien ligotées par les faucons de la BCE

Super cool sur l’inflation dans son communiqué initial, la BCE apparaît, in fine, beaucoup plus réservée sur les perspectives, en particulier sur le front des services. Après avoir confirmé la baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, à 2,75 % pour le taux de dépôt, Mme Lagarde a quasiment mis à l’écart la probabilité d’une nouvelle baisse de ses taux au mois de mars dès sa réponse à la première question qui lui a été posée. La présidente de la BCE a souligné la nécessité d’avoir plus d’informations sur les tendances en cours avant d’aller plus loin dans le processus de baisse des taux, quand bien même ce dernier n’est probablement pas terminé : les conditions monétaires sont, en effet, jugées toujours restrictives et les taux encore supérieurs à ce qui serait la neutralité … même si ce diagnostic peut encore évoluer dans le futur ! En bref, les chances que la BCE aille là où les marchés l’attendent, sont malmenées.

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PIB français : l’effet glaciation de la crise politique

Attendu stable par l’INSEE et la Banque de France, après une hausse de 0,4 % à l’été, le PIB français s’est finalement contracté de 0,1 % au dernier trimestre 2024, en raison d’une contribution négative d’un dixième des variations de stocks et de deux dixièmes du commerce extérieur. Au final, sur l’ensemble de l’année, la révision à la hausse du deuxième trimestre a permis de sauvegarder une croissance moyenne de 1,1 %. L’impact négatif de la crise politique ne fait aucun doute sur l’origine des mauvais chiffres de fin d’année. L’économie française s’est littéralement figée au dernier trimestre, suspendue aux résultats de négociations budgétaires tumultueuses, assorties de menaces d’austérité, et victime des pénalités additionnelles en provenance d’une économie allemande en récession et du contrecoup des JO. L’ensemble est toutefois moins mauvais que redouté, en particulier sur le front de la consommation des ménages sur laquelle la désinflation produit quelques effets salvateurs, ainsi que souligné par ailleurs par les données mensuelles d’achats de biens. Le budget en discussion permettra-t-il de préserver cet atout ? C’est toute la question.

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Flop des PMI chinois contre DeepSeek, un début de semaine à cloche-pied

Après une première semaine d’enthousiasme porté par les premières annonces de D. Trump, les choses se compliquent sur les marchés financiers qui se heurtent simultanément à la réalité économique et à la guerre des puissants de l’intelligence artificielle. Les PMI chinois ont fait flop ce matin, contrairement aux attentes et à l’espoir que l’économie chinoise soit sortie de l’ornière. Mais cela n’est rien à côté de l’impact qu’ont aujourd’hui les enjeux technologiques sur les bourses mondiales. Après le gros couac entre E. Musk et S. Altman provoqué la semaine dernière par l’annonce du projet Stargate, c’est l’ascension de DeepSeek qui fait vaciller les valeurs technologiques américaines. Décidément, l’ère Trump est fidèle aux attentes. et débute sous le signe d’une instabilité chronique qui pourrait ne faire que commencer. « Ceinture et bretelles » avions nous titré pour nos perspectives 2025 en début de mois. Pour l’instant, on ne change rien.

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Des PMI dopés par la réélection de Trump, sauf aux Etats-Unis, où les feux l’emportent

Les indicateurs PMI, en janvier, se sont redressés un peu partout, à l’exception de l’Inde et des Etats-Unis. Soulignée par les rapports de S&P, la réélection de D. Trump est saluée par une amélioration des perspectives manufacturières dans de nombreux pays. Difficile de s’emballer néanmoins, au vu des détails de ces enquêtes qui donnent peu d’éléments concluants sur l’activité et, souvent, révèlent un regain de tensions sur les prix. Mais la surprise vient surtout des PMI américains, en hausse dans l’industrie manufactuière, avec un retour à 50, pour la première fois depuis mars dernier, mais en net repli dans les services, où l’indicateur perd quatre points, à 52,8 points, son plus bas niveau depuis avril 2024. Manifestement, les incendies de Los Angeles ont une bonne part de responsabilité dans ce résutlat. Avec 14% du PIB américain, la Californie pèse notablement dans les résultats nationaux, en particulier pour la consommation de services pour laquelle elle occupe le premier rang national. Los Angeles à elle seule concentre un tiers du PIB de la Californie, de quoi, en effet, expliquer les mauvaises nouvelles récentes, qu’il s’agisse de la hausse des inscritpions au chômage depuis deux semaines ou du PMI des services aujourd’hui. La Fed n’en tiendra sans doute pas compte dans sa communication de la semaine prochaine, mais D. Trump pourrait lui en vouloir un peu plus… De fait, le dollar, en recul depuis les propos du président à Davos, se replie davantage.

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