IFO allemand : le verre est encore à moitié vide

Dans la foulée des PMI, les indicateurs de climat des affaires de l’INSEE et de l’IFO se sont améliorés ce mois-ci. Reste que dans les détails, les résultats des enquêtes de ce mois-ci sont encore de bien médiocre qualité, notamment en Allemagne où, sauf dans le commerce, les hausses du climat des affaires sont particulièrement faibles, sauvées par celles des perspectives mais plombées par la dégradation de la situation courante, de l’industrie notamment.

L’économie allemande est manifestement toujours à la peine ce qui incite à considérer les bons résultats relatifs de l’enquête mensuelle de l’INSEE avec un certain recul.

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L’industrie mondiale trébuche à nouveau malgré du mieux général dans les services

Nouvelle hausse des PMI composites en février, dorénavant en zone d’expansion dans la plupart des pays industrialisés. Vu sous cet angle, la livraison des PMI est plutôt de bon augure, confirmant l’amélioration du contexte conjoncturel international au fur et à mesure de la dissipation des craintes extrêmes et du repli des pressions inflationnistes. Reste que les PMI manufacturiers s’enfoncent ou stagnent pour la plupart en territoire récessif, à 47,4 au Japon et 46,5 en Allemagne, 47,9 en France et 47,8 aux Etats-Unis, malgré une légère amélioration dans ce dernier cas.  La demande industrielle est donc loin de se normaliser et les effets de la reprise chinoise sur l’activité mondiale se font clairement attendre. Difficile dans de telles conditions de voir dans ces indicateurs des signes particulièrement encourageants, quand bien même l’embellie dans les services portera la croissance immédiate et autorisera davantage de hausses des taux d’intérêt.

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Les PPI américains le confirment : le repli de l’inflation n’est pas encore tout tracé

Le coup de grâce aux espoirs de voir l’inflation américaine se normaliser est venu des prix à la production, deux jours après la première déception des CPI. Après une baisse en décembre de 0,2 %, ceux-ci ont marqué une hausse de 0,7 % en janvier, la plus forte depuis juin dernier ; même constat pour leur composante hors alimentaire et énergie, en hausse de 0,5 %, la plus forte depuis mai.

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Marché de taux : « Conendrum 2.0 »

L’effondrement accéléré des courbes de taux d’intérêt après la communication des banques centrales de la semaine dernière sème la zizanie sur les marchés. Puissant signal de récession, rarement démenti, surtout avec une telle ampleur, comment cette configuration peut-elle être compatible avec le regain, à certains égards, fulgurant d’appétit pour le risque simultanément observé sur les marchés ces derniers jours ? Les banques centrales ont manifestement raté quelque chose dans leur communication pour provoquer de telles distorsions. En effet, les pans les plus à risques des marchés semblent n’avoir retenu que leur relative confiance dans la perspective d’une maitrise de l’inflation et d’une réduction simultanée des risques sur l’activité. A l’inverse, les marchés de taux « sans risque » semblent n’avoir retenu que leurs propos sur la poursuite nécessaire d’un resserrement monétaire inachevé et le maintien de conditions monétaires durablement restrictives dont le résultat serait forcément récessif. Résultat, les bourses et les marchés du crédit flambent tandis que les courbes de taux d’intérêt sonnent le glas de la croissance. Cela rappelle, de loin, la période 2004-2005, lorsque le président de la FED de l’époque A. Greenspan pointait du doigt l’énigme (Conendrum) d’une inertie anormale des taux longs à la remontée des taux directeurs qu’il orchestrait. Le fait est que l’efficacité du resserrement monétaire en était largement diluée et que la FED a dû aller beaucoup plus loin dans ses hausses de taux pour contrer une inflation jugée menaçante, à 4,5 % à son plus haut de septembre 2005… On connaît la suite, et, quand bien même, l’environnement de l’époque n’avait pas grand-chose de comparable avec l’actuel, on est tenté d’y voir quelques similitudes… Alors, que penser ?

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Branle-le-bas de combat sectoriel en bourse après les banques centrales

Cela ressemble au bon vieux temps, celui d’un appétit -apparemment sans limite- pour le risque qui entraîne dans son sillage les cycliques, les valeurs technologiques et, plus encore, les cryptomonnaies. Preuve s’il en est que les banques centrales n’ont pas fait le job de normalisation des conditions monétaires dont elles ont la charge, le mouvement semble bel et bien parti pour durer quelques semaines. Car si ces dernières reconnaissent collectivement qu’elles n’ont pas fini le travail, elles brouillent suffisamment les cartes pour laisser penser qu’elles pourraient lâcher leur établi sous peu.

La crainte d’être mises en défaut par une baisse accélérée de l’inflation alors que les perspectives de résultats refluent partout rapidement explique, peut-être, ce retournement. Un tel changement de posture ne laisse, assurément, pas de questionner pour la suite. Mais la suite, c’est après et, pour l’instant, les marchés répondent d’autant plus vite au son du canon que beaucoup ont été trop timorés pour monter dans le train du mois de décembre. FOMO revient au galop. Cela ne devrait durer qu’un temps mais pourrait être d’autant plus spectaculaire que les excès de liquidités sont aveuglants.

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Tête-à-queue des marchés après les NFP et l’ISM américains

Des mois à plus de 500 K créations d’emplois salariés, l’économie américaine n’en a pas souvent connu. On en recense un au cours des trente années qui précèdent la première vague de l’épidémie de covid. Autant dire qu’avec 517 K postes créés en janvier la situation est exceptionnelle. Rattrapage toujours ? Ça commence à être suspect. Méli-mélo des nouveaux programmes de désaisonnalisation initiés durant la période exceptionnelle de l’épidémie ? Sans aucun doute mais, pour le coup, même les données brutes sont de qualité ce mois-ci : en janvier les destructions de postes n’auraient pas dépassé 1,6 million, contre 1,8 à 2,1 million depuis dix ans en cette période de l’année, la différence est de taille. Récupération en janvier des pertes de décembre liées aux perturbations climatiques ? Là encore, rien ne permet de le dire. Alors, on cale. D’autant plus que le taux de chômage issu d’une enquête indépendante rechute à 3,4 %, du jamais vu de 1969 et que les créations de postes sont généralisées à tous les secteurs parmi lesquels certains étaient depuis longtemps, avant covid même, en sous-régime, tel le commerce de détail. Alors, la FED a-t-elle vraiment refroidi l’économie américaine ? Hausse de la durée du travail et remontée de l’ISM non-manufacturier à 55,2, après 49,2 (contre 49,6 initialement) ne le suggèrent pas davantage et valident notre sentiment initial selon lequel les distorsions climatiques et le ralentissement de l’inflation énergétique expliquaient le mauvais chiffre de décembre. Alors, M. Powell on rembobine la conférence de mercredi ? Après leurs errements de ces derniers jours, les marchés de taux semblent s’y atteler et ça promet du mouvement.

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FED/BCE/BoE : même schizophrénie. Mais pourquoi, donc ?

Les taux vont continuer à monter pour être suffisamment restrictifs face à des tensions sur les prix encore trop importantes. FED, BCE et Banque d’Angleterre ont, toutes, eu peu ou prou les mêmes mots et ont toutes rappelé leur ferme attachement à leur objectif d’inflation de 2 %. Elles ont, néanmoins, chacune à sa manière, ouvert la porte à une possible pause de leurs hausses de taux à partir du mois de mars. Pourquoi ce revirement, d’autant plus surprenant que leurs craintes sur la croissance ont plutôt tendance à être moins importantes aujourd’hui qu’à la fin de l’année dernière ? Pourquoi offrir aux marchés de quoi amplifier ce qui, de leur point de vue, devrait être un handicap, à savoir un repli des taux longs éminemment contrariant par rapport à leur stratégie de resserrement des conditions monétaires ?

L’ensemble est une énigme mais crée un inconfort évident. La Banque d’Angleterre est peut-être la plus transparente qui se réfugie derrière les résultats de son modèle lui indiquant un retour à 4 % d’inflation d’ici la fin de l’année. Fed et BCE continuent à souligner les grandes incertitudes entourant les prévisions d’inflation mais privilégient un scénario optimiste dans lequel une moindre inflation énergétique finirait par filtrer les différents secteurs économiques. Complaisance ? Les marchés applaudissent mais la question taraude.

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Powell : La FED n’a pas terminé le job. Dont acte, le Nasdaq s’envole, les taux chutent.

Après avoir annoncé le relèvement, comme prévu, d’un quart de point des Fed Funds de 4,50 % à 4,75 %, J. Powell a été des plus clairs : « des augmentations continues de la cible des Fed Funds seront appropriées pour parvenir à une orientation de la politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à 2 % à terme. Il serait prématuré, très prématuré, de crier victoire ou de penser que nous avons vraiment fait le nécessaire. Il nous reste beaucoup à faire » ! De quoi refroidir les marchés ? Que nenni ! Après une brève réaction négative avant la conférence de presse de J. Powell, le vent a brutalement tourné lorsque ce dernier a évoqué la prochaine réunion du FOMC du mois de mars et la mise à jour du scénario de la FED. Sans doute, malgré toutes les réserves qu’il a pris soin de détailler, en particulier sur la persistance de tensions inflationnistes en provenance de l’immobilier, J. Powell a-t-il donné l’impression d’être assez confiant sur le fait de voir l’inflation perdre progressivement plus de terrain, en même temps qu’il est apparu moins négatif sur les perspectives de croissance, soulignant notamment qu’il n’envisageait pas de baisse du PIB cette année.

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