Statu quo de la FED confirmé par J. Powell

Le président de la FED vient de confirmer sans ambage, l’évidence : la FED évoluera avec prudence en matière de taux d’intérêt dans un contexte hautement incertain où se cumulent les difficultés à lire les tendances de la conjoncture américaine et une montée des risques internationaux liés à la situation au Proche-Orient. Le discours ne surprend guère dans l’environnement en présence. Les marchés n’avaient d’ailleurs guère suivi les conclusions du dernier FOMC dans lequel la FED envisageait une nouvelle hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année, en dépit de données économiques plutôt solides et d’un certain nombre de déceptions sur l’inflation. Au dernier relevé, la probabilité d’une nouvelle remontée des Fed Funds n’atteignait pas 37 % et devrait s’écraser d’ici à au prochain comité de politique monétaire programmé à partir du 31 octobre. Quels effets aura cette communication sur les taux futurs est incertain. Si les rendements des T-Notes à deux ans ont plus de chances de se stabiliser, voire à légèrement refluer, après s’être nettement tendus depuis l’enclenchement du conflit israélo-palestinien, la réaction des taux à 10 ans est plus incertaine. Ces derniers intègrent de plus en plus de risques de long terme et se sont plutôt tendus après le discours du président de la FED, tout comme l’ont fait les cours du pétrole WTI et ceux de l’or. En l’absence de reflux suffisant des anticipations de long terme d’inflation, c’est effectivement le risque qu’encourent les marchés de taux, dans un contexte géopolitique, par ailleurs, plutôt propice à des tensions persistantes. La réaction positive des actions s’en trouve, de facto, limitée, face, par ailleurs, aux déceptions d’un certain nombre de publications de résultats des entreprises de ces derniers jours.

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Conflit israélo-palestinien versus conjoncture, les marchés hésitent encore…

Les risques d’escalade du conflit israélo-palestinien se sont intensifiés après le bombardement d’un hôpital à Gaza dans la journée d’hier, provoquant tout à la fois l’annulation de la rencontre entre J. Biden et le président palestinien M. Abbas par ce dernier et la multiplication des menaces en provenance du Hezbollah qui appelle à une « journée de colère » ce mercredi, à laquelle les Américains répondent en évoquant la possibilité d’une intervention militaire dans la région. Sur les marchés, les cours du pétrole qui avaient jusqu’alors réagi dans des proportions très limitées à l’éclatement de ce conflit, se sont nettement tendus dans la foulée de ces développements, avec un Brent propulsé dans la région de 92$ le baril. Dans un tel contexte, la fuite des investisseurs vers les valeurs refuges n’a pas suffi à limiter la hausses des taux, lesquels se sont sensiblement renchéris depuis le début de la semaine, aux Etats-Unis comme en zone euro, ou au Japon où le rendement des JGB à 10 ans s’établit à plus de 80 points de base depuis hier après-midi.
Les marchés semblent, encore, donner une importance disproportionnée aux nouvelles économiques. Les données de ventes de détail et de production américaines d’hier ont, en effet, nettement ravivé les tensions sur les taux jusqu’à la publication de l’enquête NAHB, de plus en plus inquiétante quant à la tournure de l’immobilier américain. Ce matin, les données chinoises, meilleures qu’attendu, n’ont pas aidé à calmer le jeu, avec un impact élargi aux matières premières industrielles, voire alimentaires, puis l’inflation britannique plus soutenue qu’anticipé. Difficile de dire jusqu’où pourront aller ces développements face à un degré d’incertitude extrême que révèle une volatilité sous tension sur les différents marchés.

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Où en est l’économie française ?

On s’enorgueillit du succès d’une croissance française très supérieure au zéro pointé d’une Allemagne, en récession, pénalisée par l’importance d’une industrie que nous n’avons plus, et l’on savoure la réaction des Allemands, mêmes, qui disent s’intéresser à la réussite de la France après des années durant lesquelles ils ont flanqué l’économie hexagonale d’un bonnet d’âne. C’est de bonne guerre ! Espérons que les agences de notations Moody’s et Fitch, qui donneront respectivement leur verdict les 20 et 27 octobre sur la note de l’Etat français, auront la même lecture. Car les éléments d’inquiétude s’accumulent dangereusement sur le front de la conjoncture et les promesses d’avenir tardent, manifestement, à porter leurs fruits. Or, le coût budgétaire de ces dernières n’autorise guère l’absence de résultats et encore moins, l’éventualité d’une possible récession, que l’on présent, aujourd’hui, au coin de la rue.

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Conflit israélo-palestinien : ce que l’on peut dire, à ce stade

L’assault du Hamas en Israël de ce samedi a ouvert un conflit dont nul ne peut dire comment il évoluera et quelles en seront les répercussions à plus ou moins long terme. Ce conflit est en mesure de bouleverser les lignes politiques au Moyen Orient et d’entrainer des ondes de choc internationales imprévisibles à plus ou moins long terme. Il faudra, à l’évidence, du temps pour prendre la mesure de ce qui s’est passé ce week-end et en évaluer les conséquences.
Sur le front économique et celui des marchés, avec toute la prudence qui s’impose, un certain nombre de points peuvent d’ores et déjà être mis en avant.

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Plus d’emplois, moins de salaires : bull steepening ?…

Resserrement monétaire, inversion de la courbe des taux, crise immobilière… Les développements se sont succédés qui promettaient, tous, de faire vaciller l’économie américaine au cours de l’année écoulée. Il n’en est toujours rien. Au troisième trimestre, la croissance du PIB pourrait avoisiner les 5 % en rythme annualisé selon la FED d’Atlanta, une estimation des plus plausibles, avec un acquis de croissance de la consommation privée de 3,6 % r.a. à la fin août, et des créations d’emplois regonflées, de 336 K en septembre, deux fois plus qu’envisagé par le consensus, après 227 K le mois précédent, 40 K de plus qu’initialement publié.

De tels résultats auraient pu être le catalyseur d’un vent de panique sur les marchés. Il n’en a rien été. Au-delà de quelques minutes de stress, les marchés ont vu dans ce rapport de quoi se rassurer ! C’est des salaires qu’est venue la bonne nouvelle. Ces derniers ont continué à se détendre légèrement donnant plus de poids à la perspective optimiste d’une possible reprise de l’activité, simultanément à un reflux de l’inflation ; le scénario bull par excellence. Qu’en est-il ? Où sont les origines de cette bonne santé apparente de l’économie américaine et quelles peuvent être ses conséquences pour les marchés, impatients de voir dans les détails du rapport sur l’emploi le scénario idéal d’un bull steepening ?

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Reflux fort, mais disparate, de l’inflation en zone euro

Des données d’inflation en zone euro publiées aujourd’hui, il y deux principaux enseignements à tirer
– L’inflation a bel et bien reflué, de 5,2 % en août à 4,3 % en septembre, en raison d’effets de base importants sur l’énergie voire, dans certains cas, sur le sous-jacent, également en net recul, de 5,3 % à 4,5 %. Les résultats par pays sont, en revanche, très disparates selon les cas : l’inflation annuelle a chuté en territoire négatif aux Pays-Bas et est tombée à moins de 1 % en Belgique alors qu’elle campe au-dessus de 5 % en France, en Italie et dans plusieurs pays de l’Est.
– Le ralentissement pour l’ensemble de la zone euro a concerné tous les principaux secteurs, quand bien même les variations mensuelles dans les services sont restées élevées. Les pressions en provenance de la demande semblent, en effet, se répercuter essentiellement sur les prix des biens, nettement moins, pour l’instant, sur ceux des services.

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La parenthèse de taux réels négatifs se referme à grande vitesse et ça change la donne.

La flambée des taux d’intérêt amorcée cet été a pris plus d’envergure ces derniers jours et pourrait ne pas avoir dit son dernier mot à en juger par la configuration technique en place et malgré le repli de ces dernières heures. Il y a de fortes chances que les rendements des T-Notes à 10 ans franchissent la zone des 5 % avant de pouvoir trouver un peu de répit. Si tel est le cas, sans doute faut-il envisager que le renchérissement des taux européens ne s’arrête pas, non plus, en si bon chemin. Le rendement du Bund pourrait, de fait, aisément venir s’installer dans la région des 3 %-3,5 %, emportant, du même coup dans son sillage, l’ensemble des obligations de la zone euro ; les taux de l’OAT vers les 4 %, ceux du BTP italien, au-delà des 5 %, etc…

Si, après l’envolée de ces derniers trimestres, de telles évolutions peuvent sembler anodines, il n’en est rien. En premier lieu parce que la sensibilité à l’évolution des taux d’intérêt est tout sauf linéaire et que le passage de certains seuils peut déclencher des réactions autrement plus importantes dès lors qu’ils sont franchis. Or, ces derniers sont rarement prévisibles. En second lieu, parce que, couplée à une inflation en décélération, le mouvement s’accompagne d’une remontée d’autant plus rapide des taux réels, notamment en zone euro ce mois-ci. Après deux années de chute en territoire exceptionnellement négatif, le retour des taux réels autour de zéro, voire au-delà, constitue un changement radical d’environnement financier aux résonances multiples, que ce soit sur les finances publiques, l’immobilier ou l’investissement des entreprises. Le risque conjoncturel se trouve ainsi mécaniquement accru par rapport à la situation qui prévalait jusqu’alors. C’est bien la raison pour laquelle les banques centrales finiront par ajuster le tir de leur politique monétaire.

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Merci les effets de base sur l’inflation et tant mieux si la BCE s’en satisfait

Compte tenu d’importants effets de base énergétiques, la baisse de l’inflation en zone euro est largement garantie pour le mois de septembre. Avant la publication des CPI pour l’ensemble de l’UEM demain, les données allemandes confirment cette prévision. A contrario, les chiffres espagnols, plus sensibles aux variations des prix énergétiques, réaccélèrent. Pour autant, l’inflation sous-jacente montre quelques légers signes d’apaisement dans les deux cas, ce qui devrait conforter la BCE dans son choix d’une stabilisation de ses taux directeurs, d’autant que les effets de base devraient rester importants au cours du mois à venir. Ces derniers pourraient ainsi faire refluer à eux seuls l’inflation d’ au moins un point et demi entre août et octobre.
Restent donc les effets à venir de la hausse actuelle des cours du pétrole, renchéris par la chute de l’euro, dont il est difficile de dire s’ils pourraient recréer une vague d’inflation sous-jacente ou tout l’inverse. En effet, la situation conjoncturelle n’est assurément pas la même aujourd’hui qu’il y a deux ans. Pour l’heure, même si les ménages sont plus inquiets sur l’inflation future, industriels et prestataires de services ne semblent pas enclins à augmenter, de nouveau, leurs prix.

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