Ravalement de façade des indicateurs européens

En février, l’indicateur de confiance des ménages et des entreprises en zone euro a regagné un point, à 96,3, une bonne nouvelle a priori, renforcée par l’amélioration du climat des affaires de la France et de l’Allemagne, pays parmi les plus en difficulté de la région, au contraire de l’Italie et de l’Espagne. A y regarder de plus près, le bilan reste pourtant très mitigé. Si le rebond industriel est bienvenu, il concerne surtout les perspectives des industries allemandes, toujours très faibles et aujourd’hui menacées par les annonces de D. Trump. Les retours en provenance des services, qui ont jusqu’alors soutenu la croissance, sont nettement moins favorables, pointant notamment vers une forte détérioration des perspectives de demande et d’emplois, comme confirmé, en France, par les données de chômage du mois de janvier.
Dans le même temps, la détente monétaire a permis un rebond bienvenu des crédits aux ménages et aux entreprises. Ceux-ci ont progressé de respectivement 0,9 % et 1,6 % pour l’ensemble de la région, soit leur plus forte hausse depuis la mi-2023.
Le diagnostic en présence est donc, on ne peut plus, mitigé : en apparence, plutôt meilleur qu’au cours des tout derniers mois, il soulève bien des questions sur les tendances à venir, face, qui plus est, à la montagne d’incertitudes qui attendent l’Europe pour la suite de l’année.

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F. Merz, prochain Chancelier allemand, sera-t-il à la hauteur des enjeux en présence?

Selon tous les sondages, la CDU arrivera en tête de l’élection allemande de ce dimanche 23 février, au terme de laquelle Friedrich Merz devrait donc devenir le prochain chancelier. L’issue fait jusque-là peu débat. La véritable question est celle de l’ampleur de la poussée de l’AfD et de l’éventualité qu’elle apparaisse comme une force, sinon incontournable, du moins suffisante pour envenimer le climat politique et contraindre à une coalition trop large pour adresser les difficultés d’un pays, passé de locomotive à wagon de queue européen. Alors que son PIB peine à conserver son niveau d’il y a cinq ans, référence d’avant covid souvent mise en avant, le décrochage de l’économie allemande est plus ancien, marqué dès 2017 par le point haut de son industrie automobile, période depuis laquelle son déficit de croissance est de plus de 8 % relativement au reste de l’UEM, de 5,5 % par rapport à la France et de quasiment 4 % par rapport à l’Italie.

L’Allemagne, première économie de l’UE, fait ainsi figure d’homme malade dont l’avenir dictera sans aucun doute celui de la monnaie unique et de l’union européenne dans son ensemble.
Les enjeux du scrutin de dimanche vont bien au-delà des problématiques habituelles, en effet, dans un contexte international requérant une Europe plus forte que jamais qui ne peut être envisagée sans l’engagement plein et entier de la future coalition allemande. Les marchés jusqu’alors bien confiants dans sa capacité à faire le job voient-ils juste ?

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La conjoncture américaine prend une tournure fort contrariante

L’enquête PMI américaine de février montre un net recul. L’indicateur des services est ressorti en zone de contraction, à 49,7 après 52,9, pour la première fois depuis deux ans. Le climat des affaires composite, dont la chute a été amortie par la hausse du manufacturier, a perdu plus de deux points, à 50,4. L’incertitude politique, notamment concernant les baisses de dépenses fédérales, est, explicitement, pointée du doigt parmi les causes de la stagnation de la demande. Les indicateurs d’emploi du S&P se replient.

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Les PMI français font tache, l’écart France-Allemagne s’inverse brutalement

Les PMI de février se sont améliorés pour la plupart. Faibles, voire en léger repli dans l’industrie, ils gagnent un peu plus de terrain dans les services où ils ont ces derniers mois renoué avec un niveau supérieur à 50, synonyme de croissance, que ce soit en Asie, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Avec une chute de presque quatre points du PMI des services, de 48,2 en janvier à 44,5 en février, la situation en France fait d’autant plus figure d’exception. L’indicateur composite, à 44,5, est ainsi nettement inférieur à l’allemand, remonté à 51. Une telle divergence, en défaveur de la France, jusqu’alors mieux lotie que sa voisine, interpelle, d’autant que l’enquête INSEE, de son côté, affiche une légère amélioration du climat des affaires.
Le contexte politique toujours tendu, le contrecoup des JO et les conséquences des défaillances d’entreprises sur l’emploi mordent chaque mois un peu plus sur la confiance en France. Il n’est pas impossible, par ailleurs, que les écarts d’inflation et de perspectives de prix des professionnels de services jouent en défaveur des PMI, en particulier par rapport à l’Allemagne où l’inflation y est beaucoup plus soutenue. Les enquêtes PMI sont très influencées, en effet, par les attentes en matière de chiffres d’affaires, hausses des prix comprises. Quoi qu’il en soit, les PMI français ne sont pas bons. Sauf les acquis salvateurs en provenance de la consommation de la fin d’année dernière, ils attiseraient la probabilité d’une récession française au premier trimestre.

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L’inflation britannique annonciatrice d’une tendance plus globale ?

Notre baromètre mensuel interrogeait en début de mois sur la fin possible du mouvement de désinflation mondiale. Les données publiées depuis enfoncent un peu plus le clou. Les hausses de prix se sont accélérées dans la plupart des pays industrialisés en janvier et à y regarder de plus près un nombre croissant de composantes de notre tableau de synthèse du contexte inflationniste sont à nouveau en hausse.

Outre-manche, l’inflation de janvier a déjà dépassé les prévisions de la BoE pour le premier trimestre, avec une hausse de quatre dixièmes, à 3 %, et de cinq dixièmes pour sa composante sous-jacente, à 3,7 %. Dans les deux cas, il s’agit des plus hauts depuis neuf à dix mois tandis que, par ailleurs, l’inflation salariale réaccélère. Sans oublier les particularismes britanniques, l’histoire récente et le relevé des tendances globales incitent à un regain de vigilance sur les développements inflationnistes en cours.

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La renaissance touristique sauve la croissance au pays du Soleil Levant

Le PIB japonais a une nouvelle fois progressé de 0,7 % en fin d’année dernière, comme cela avait déjà été le cas au deuxième trimestre, après une croissance plus ralentie de 0,4 % au troisième ; une belle succession de résultats inattendus dont l’origine semble tout aussi inattendue. L’économie nippone n’a pas profité d’un rebond de la consommation privée post-covid, ni des effets positifs de la chute du yen sur ses exportations de biens manufacturés, comme on pourrait légitimement l’envisager, mais semble avoir tiré son épingle du jeu d’un facteur beaucoup plus atypique, en l’occurrence, du tourisme. Avec près de 3,5 millions de visiteurs par mois en moyenne à la fin de l’automne, les entrées touristiques au pays du Soleil Levant ont atteint un record, en effet. De quoi appréhender différemment les conséquences de la chute du yen pour une économie jusqu’alors beaucoup plus connue pour son industrie exportatrice que pour sa capacité à attirer des visiteurs.
Alors que l’inflation continue à déprimer les dépenses des ménages, la BoJ devrait toutefois se montrer moins soucieuse de soutenir ce nouvel atout qu’elle ne l’a été s’agissant de ses entreprises.

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Les perspectives du monde émergent, sous le joug de la politique américaine

Après quatre années de chahut et de déconvenues récurrentes, à quelle sauce les pays émergents pourraient-ils être mangés par la nouvelle administration américaine : victimes attitrées ou, possiblement, rescapés ?
Plusieurs cas de figure aux conséquences très différentes, en même temps que très disparates selon les pays, se présentent, auxquels s’ajoutent depuis peu la perspective possible d’un terme à la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine depuis 2022. De quoi changer la donne ?

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Le PIB britannique sauvé des eaux, la BoE prise à contrepied ?

Attendu en baisse ou, au mieux, stable, au vu des données mensuelles, le PIB britannique est ressorti en hausse de 0,1 % au dernier trimestre, grâce à un rebond inattendu de 0,4 % de la croissance du mois de décembre. Sur l’ensemble de l’année dernière, il a donc progressé de 0,9 %, après 0,4 % en 2023.
Pour le gouvernement en difficulté, ces résultats sont sans doute un soulagement. Pour la Banque d’Angleterre, l’histoire est plus compliquée. Si elle ne peut que se réjouir de données en apparence meilleures qu’attendu, ces dernières ne tombent pas au moment le plus adéquat, une semaine tout juste après qu’elle ait annoncé une division par deux ses perspectives de croissance pour 2025. Ce changement, qui paraissait servir la cause d’un biais un peu plus accommodant de sa politique monétaire, était-il vraiment opportun ? Peu d’observateurs en avaient compris les raisons jeudi dernier. Les détails du PIB trimestriel offre un certain éclairage, malgré le rebond du mois de décembre. Vu sous cet angle, les réactions des marchés à la publication des chiffres de ce matin semble disproportionnées.

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