Pas de chance !
Concentrée à la publication d’un scénario d’un rare optimisme de notre part sur les perspectives de croissance de la consommation mondiale, notamment américaine, c’est seulement tardivement que nous avons pris connaissance de la mauvaise nouvelle d’une contraction exceptionnelle des ventes de détail aux États-Unis en décembre. Après des semaines passées à décortiquer les éléments d’une révision, disons-le, à reculons de notre scénario, cette publication nous fait naturellement blêmir. Avons-nous raté quelque chose ? C’est encore trop tôt pour le dire. Les données des ventes au détail sont publiées à prix courants à ce stade. Elles intègrent donc les évolutions de prix du mois de décembre dont nous n’avons pas encore connaissance. Les données corrigées de l’inflation pourraient être moins mauvaises. Quoiqu’il en soit, de deux choses l’une :
- Soit, effectivement la baisse des prix de décembre explique une proportion importante du reflux nominal des ventes que pourraient expliquer les prix de l’énergie mais aussi ceux des biens importés (que la hausse du dollar pourrait bien avoir écrasés). Notre scénario d’une amélioration des perspectives réelles que n’accompagnent pas les perspectives nominales de la croissance en serait conforté.
- Soit, les données corrigées de l’inflation restent très décevantes ce qui, sauf chiffre spectaculaire en janvier, risque de nous faire regretter notre changement de scénario. Que pourrions-nous, dans ce dernier cas, avoir raté ? Deux points nous ont interrogés pendant l’élaboration de nos prévisions. 1/ le risque d’effets richesse négatifs, liés à la forte baisse des taux d’intérêt et au moindre dynamisme des marchés d’actions, susceptibles de rogner une partie des gains de pouvoir d’achat escomptés de la chute des prix énergétiques 2/ les effets négatifs sur la consommation d’un marché de l’immobilier toujours très fragile, en l’occurrence probablement en repli ces derniers temps à en juger par le très faible niveau des demandes de financement hypothécaires. Ces deux points que nous pensions pouvoir reléguer au second plan dans le contexte présent de forte amélioration des gains de pouvoir d’achat sont-ils plus influents ?…
L’avenir proche nous permettra sans doute de répondre à ces questions mais quoi qu’il en soit ceci ne dit rien qui vaille pour les marchés financiers.







