Le Royaume-Uni dépasse la France, pour combien de temps?

Le PIB britannique serait repassé devant celui de la France en 2014, remontant ainsi au 5ème rang mondial. La nouvelle suscite une grande curiosité côté français, avec cette tentation de rechercher dans la voie britannique un quelconque modèle. On oublie trop souvent, toutefois, de rappeler que l’économie britannique est avant tout une plateforme financière hors norme en Europe : le secteur financier y concentre encore 7,5 % du PIB et à peu près autant de la masse salariale du pays, contre moins de 5 % en France et moins de 4 % en Allemagne. Dans le contexte financier international de ces dernières années, la City a drainé de nombreux capitaux de par le monde, dans le sillage desquels de larges pans de l’activité économique ont été alimentés, de la finance à proprement parler aux multiples services qui y sont rattachés, sans oublier l’immobilier et les transports. L’économie britannique est ainsi probablement la plus grande bénéficiaire des injections de liquidités de la Fed sur les marchés financiers depuis la fin 2012.

L’exposition du pays à des marchés dorénavant moins porteurs, soumis en outre à l’assèchement des flux de capitaux en provenance de Russie ou autres producteurs de pétrole, augure de jours vraisemblablement plus compliqués outre-Manche. Car les progrès effectivement réalisés par le pays en dehors du secteur financier sont ténus : ses performances industrielles ou à l’exportation ne sont guère plus avantageuses que celles de la France, par exemple, quand, par ailleurs, le pays enregistre un déficit courant de plus de 5 % de son PIB et un déficit public de même ampleur.

Dès lors ne rougissons pas trop, le « modèle » britannique est encore très relatif…