Dette française : et si la politique salariale était une grosse partie du problème ?

Dans les nombreux débats qui animent l’actualité française de ces derniers jours, si l’on parle, un peu, de pouvoir d’achat, rares sont les références au contexte salarial pour tenter de comprendre la situation politique et financière en présence. Il est vrai que l’environnement actuel s’y prête peu. Les entreprises françaises, c’est bien connu, souffrent de leur faible compétitivité et, à l’heure des sanctions commerciales américaines, le sujet est d’autant plus aisément mis à l’écart… comme il l’a été depuis longtemps dans l’Hexagone. Ce faisant, l’analyse fait abstraction d’un sujet, pourtant, assez largement indissociable des questions d’endettement. Des salaires partent, pour une large part, l’inflation, laquelle explique, le plus souvent, une bonne part de la croissance nominale des revenus, donc du PIB, dont dépendent la capacité des agents, État comme les autres, à rembourser leurs dettes.

Est-ce à dire qu’une croissance nominale soutenue par l’inflation vaut autant que la croissance réelle pour les investisseurs ? L’expérience de ces dernières années et, au-delà, les rouages économiques les plus évidents, qui nous rappellent que la dette ne se dissout jamais dans la déflation et encore moins dans l’austérité déflationniste, ne devraient pas permettre de faire l’impasse sur cette question.

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Ce qui se cache derrière la stabilité de l’inflation européenne

2 % en juin, idem en juillet et 2,1 % en août. Depuis mars, l’inflation européenne demeure autour de l’objectif, à +/- deux dixièmes près. 2 %, c’est, également, l’évolution mensuelle en rythme annualisé de l’indice des prix à la consommation. De ce seul point de vue, la normalisation de l’inflation apparaît complète. Sous résere, toutefois, de ne pas analyser ces chiffres dans le détail…

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A vos marques ! Les rendez-vous de la rentrée 2025

Intense, l’actualité des marchés financiers a, malgré tout, peu évolué en août et les thématiques de rentrée semblent proches de celles de juin-juillet, avec, néanmoins, trépidante gestion américaine oblige, quelques variations…
– Stablecoins contre primes de terme. L’avenir de la Fed sera l’un de ces premiers rendez-vous, dans le sillage du dernier symposium de Jackson Hole de l’ère Powell, avec à la clé un chapelet de questions : quel nouveau président, quand, pour quelle politique monétaire et jusqu’où l’administration ira-t-elle pour imposer des baisses de taux à la Fed ? Derrière ces questions essentielles, s’agissant de la banque centrale de la première monnaie de réserve au monde, une réalité : celle d’une administration aux prises avec des primes de termes sur lesquelles des baisses de taux directeurs imposées et des stablecoins pourraient avoir l’effet inverse à celui recherché. Le fait est que défiance et inflation se combattent mal par une offre monétaire déguisée.

– L’inflation américaine et celle du reste du monde. Ce pourrait bien être le deuxième rendez-vous. Inflation américaine, certes, laquelle semble toutefois offrir une trajectoire assez claire à la hausse, mais, aussi, mondiale. Rarissimes ont été les épisodes d’inflation américaine qui ne se sont pas propagés au reste du monde par le passé. Pourrait-il en être différemment aujourd’hui ? Peu évoqué à ce stade, compte-tenu du contrecoup dépressif attendu du protectionnisme américain, le sujet pourrait faire surface sous peu. Pourquoi la question d’une possible résurgence de l’inflation mondiale, du moins occidentale, se pose-t-elle ?
– Les camouflets camouflés des accords à la Trump. Poignées de mains et sourires convenus cachent mal l’amertume des pays soumis aux sanctions commerciales américaines. L’administration de D. Trump, chacun l’a bien compris, promet d’user encore largement de sa position de force. Mais le monde s’organise et finira peut-être par se révéler moins tributaire des exigences du locataire de la maison blanche, du moins hors d’Europe, laquelle n’a pas encore trouvé le chemin de l’indépendance. La menace géopolitique l’y conduira-t-elle ? Il est à craindre qu’elle ait l’effet inverse.
– « Back in USSR ?». En même temps que le rêve d’une paix retrouvée ou, a minima, l’espoir d’un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie, se profilaient ces derniers jours, la question de la sécurité européenne s’est imposée. C’est que, hier considérée comme une lubie, l’idée d’une stratégie de reconquête des républiques du feu empire soviétique par V. Poutine paraît de moins en moins fantaisiste. Doux délire ou réalité ? Toujours est-il que face à la menace l’Europe, démunie, préférera, encore, faire semblant de croire à l’aile protectrice des Etats-Unis…

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Résumé d’un été sans trêve

Pas facile de décrocher pendant cette première quinzaine d’août. Usuellement temps de répit, les rebondissements n’ont pas cessé durant ce cœur d’été 2025, encore et toujours monopolisé par l’administration américaine. Qu’en retire-t-on ?
1- La guerre commerciale n’est pas près de prendre fin. Si accords il continue à y avoir, tout un chacun aura compris que ces derniers n’ont qu’une valeur toute relative. Avec les droits de douane, l’administration américaine a trouvé une recette pour tirer les ficelles de négociations en tous genres : financement des investissements, potentiellement de sa dette, pression idéologique, politique, diplomatique, de sorte que les nouvelles menaces foisonnent, revenant sans scrupules sur les pseudos engagements passés. Or, tout indique que ce mode de gouvernance est là pour durer. Les Européens ont plié mais n’ont pas plus de garantie sur ce qui pourrait les attendre à la première occasion. Ils auraient peut-être gagné quelques concessions et un délai supplémentaire en se montrant moins coopérants et auraient, surtout, évité de donner l’image d’une Europe totalement impuissante aux conséquences ravageuses sur la confiance des Européens. Quoi qu’il en soit, si la perspective d’accords commerciaux a constitué le principal espoir d’une issue plus favorable que celle du « Liberation Day », la confiance sur ce front s’est sérieusement érodée ces derniers temps. Le Brésil écope de droits de 50 % pour refuser d’exonérer l’ex-président Bolsonaro de son jugement. L’Inde est soumise au même sort parce qu’elle n’a pas cédé à la menace. La Suisse, enfin, est sanctionnée à hauteur de 39 %, au lieu des 31 % annoncés le 2 avril, pour la bonne et simple raison de ses excédents. Premier marché à l’exportation du pays, la Suisse réalise les deux-tiers de ces derniers auprès des Etats-Unis, pour l’essentiel grace à la vente de produits chimiques et pharmaceutiques que D. Trump a pour cible.

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Baisse de 3 % des Fed Funds : Acte I de la fin de l’indépendance de la Fed

D. Trump ne relâche pas la pression sur la Fed, en particulier sur son président dont il cherche à se débarrasser par tous les moyens. Incriminé pour les dépenses engagées dans la rénovation des locaux historiques de l’institution qu’il dirige, J. Powell pourrait être limogé ou finir par démissionner avant le terme de son mandat. Quoi qu’il en soit, comme le dit D. Trump, il sera parti sous huit mois. Il fait peu de doute qu’il sera remplacé par une personnalité beaucoup plus proche du président américain, plus susceptible de répondre à ses injonctions ou désidératas sur la conduite de la politique monétaire.
L’indépendance de la FED, il faut s’y résoudre, vit probablement ses derniers temps et avec elle, le système monétaire international en présence. Il s’agit d’une rupture historique aux conséquences incommensurables pour les Etats-Unis et le reste du monde. À ce stade, le déroulé des enchaînements qui pourraient s’ensuivre est, en effet, impossible à prévoir, que ce soit à brève échéance ou à plus long terme. S’il est tentant d’envisager la fin du statut de monnaie de réserve du dollar, nul n’est pour autant en mesure de prédire précisément comment, à quel terme, ni par quoi le billet vert pourrait être remplacé. Chacun a, pourtant, en tête que le départ de J. Powell pourrait en être le premier déclencheur.
L’administration américaine a clairement fait savoir qu’elle souhaitait voir le niveau des taux d’intérêt abaissés très sensiblement. Ces dernières semaines, D. Trump a plaidé avec insistance en faveur d’une baisse de 3 % des Fed Funds, qui les ramènerait à 1,5 %. J. Powell ne se pliera pas à ces exigences et il est très improbable qu’il donne un quelconque signal dans cette direction à l’occasion des derniers FOMC qu’il présidera. Que pourrait-il se passer si son successeur suivait ces consignes à conditions économiques plus ou moins comparables à celles en présence ? Quels pourraient être les rouages de transmission d’un choix de politique monétaire éminemment inapproprié au regard des pratiques des cinquante dernières années ? Il est grand temps de débroussailler le terrain de ce que pourrait venir signifier l’Acte I de la fin de l’indépendance de la première institution monétaire.

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La BCE et les PMI européens suspendus aux nouvelles de l’Oncle Sam

Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés à 2 %, une posture que, sauf surprise, elle devrait garder au cours des prochaines réunions. C’est le message qu’a voulu délivrer la présidente de la BCE, lequel contrarie quelque peu les attentes des marchés. Si C. Lagarde a égrené les risques positifs et négatifs qui entourent les perspectives actuelles, sa lecture se veut clairement rassurante (1) la croissance tient bon, soutenue par les baisses de taux antérieures et pourrait, le cas échéant, profiter d’un accord commercial équilibré avec les Etats-Unis (2) l’inflation se normalise et les salaires ralentissent, mais les risques sur l’offre et les dépenses militaires pourraient accroître les tensions sur les prix… En attendant d’y voir plus clair, la BCE privilégie un statu quo. Elle n’a d’ailleurs guère le choix comme exposé dans notre Preview (Pause sous contrainte de la BCE). C. Lagarde doit conserver des marges d’action pour faire face aux incertitudes en provenance des Etats-Unis, d’un éventuel départ précipité de J. Powell en particulier.
Les données conjoncturelles ne la mettent pas forcément en port-à-faux. L’indice PMI composite de la zone euro a regagné un peu de terrain, à 51 après 50,6. L’équivalent allemand est resté stable, à 50,3 et le français a regagné un peu de terrain, en zone de contraction, à 49,6. Idem pour l’indice INSEE, stable mais inférieur à sa moyenne de long terme. Pas de mouvement très notable, non plus, sur les indicateurs de prix.

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Accord US-Japon : le Nikkei salue un « deal » prédateur #japon #usa #trump #tarifs #droitsdedouane #investissement #croissance

Se soumettre ou se démettre : le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, en position délicate avec un gouvernement minoritaire et une conjoncture précaire, ne pouvait pas refuser un accord avec le deuxième partenaire commercial du pays…. Le Japon n’est pas en position de sacrifier ses exportations à destination des Etats-Unis, soit 4 % de son PIB.

Initialement annoncés à 25 %, les droits de douane américains sur les produits japonais seront, grâce à cet accord, ramenés à 15 %, y compris sur l’automobile. Cette dernière représente environ un tiers des exportations japonaises vers les Etats-Unis. L’acier et l’aluminium restent, en revanche, soumis à des surtaxes de 50 %.

L’indice Nikkei a salué la nouvelle, avec une hausse de 3,6 % et les taux à 10 ans japonais ont retrouvé un plus haut depuis 2008. En comparaison des autres pays, le Japon a, au moins, réduit le niveau des sanctions. Ce qui frappe, en revanche, c’est ce à quoi le Japon a dû consentir pour une baisse de seulement 10 points des droits de douane, au regard du coût que représentent les 15 % restants pour son économie.

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Pause sous contrainte de la BCE

Après huit baisses de taux, dont sept consécutives, la BCE devrait garder ses taux directeurs inchangés à 2 % ce jeudi. Jusque-là, rien de bien anormal. La banque centrale européenne a déjà fait beaucoup au cours de l’année écoulée en comparaison des autres grandes banques centrales du monde développé. Avec 2 % d’inflation en juin, ses taux réels sont revenus à zéro, ce qui constitue une exception parmi les principaux pays occidentaux. La conjoncture européenne mériterait, pourtant, davantage. En premier lieu parce qu’elle ne se porte pas au mieux et que ses perspectives, un temps, plus encourageantes, battent à nouveau de l’aile sous le joug des menaces protectionnistes américaines. En second lieu, parce que la transmission des baisses de taux de la BCE est loin d’être optimale. La croissance du crédit au secteur privé n’excédait pas 1,7 % l’an en mai, loin derrière ce que devrait autoriser la pente de la courbe des taux d’intérêt, alors que l’enquête BLS auprès des établissements de crédit mentionne déjà un resserrement des conditions de prêts, face au regain d’incertitudes.

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