Commandes allemandes : forte baisse ou point mort, c’est, en tout cas, mauvais

En octobre, les commandes allemandes ont reflué de 3,7 % par rapport à septembre, pour atteindre un plus bas depuis mars. En niveau, elles n’ont fait que rejoindre les commandes « hors exceptionnel », qui stagnent peu ou prou depuis sept mois, toujours inférieures de 4 % à leur volume d’avant covid après leur forte chute de mars. En résumé, outre les commandes de transport maritimes, sans doute en partie militaires, il ne s’est rien passé depuis longtemps

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BMG novembre 2023 – Vague à l’âme de la conjoncture

Après une brève incursion en territoire positif en septembre, notre baromètre retombe en novembre, à -0,2, après -0,1, révisé à la baisse d’un dixième. Ses composantes restent pour la plupart en zone neutre, à l’exception des exportations, en fort recul. Les Etats-Unis, qui avaient porté notre baromètre au cours des derniers mois, vacillent. Ailleurs peu de mouvement sinon un léger frémissement de la consommation en Europe. Notre indicateur d’inflation plonge à -1,3, un plus bas de notre historique.

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Au revoir l’exception française, le PIB révisé à -0,1 % au troisième trimestre

On avait cru les risques récessifs cantonnés aux enquêtes et la croissance, bon an mal an, sauvée à +0,1 % au troisième trimestre. Il aura suffi d’une révision à la baisse de la FBCF (+0,2 % contre 1 % en première lecture), surtout en provenance des ménages et d’une révision à la hausse des importations, à +0,1 % contre -0,5 %, pour que le PIB ressorte en légère contraction, de 0,1 %.

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Une réalité plus sombre que les chiffres du PIB en Allemagne

En baisse de 0,1 % au troisième trimestre 2023, confirmée par les données mises à jour, le PIB allemand s’est contracté de 0,2 % depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Quoique ces chiffres n’aient rien de positif en soi, les craintes, notamment énergétiques, étaient telles que la relative stagnation observée peut paraître un moindre mal. Quant aux détails du PIB du troisième trimestre, ils révèlent que le déstockage a confisqué 0,4 point à la variation, qui aurait donc été positive sans ce poste.
Verdict moins négatif, donc ? Loin s’en faut. Si déstockage il y a eu au troisième trimestre c’est après un surcroit de stockage exceptionnel depuis le début 2022 et sans lequel le PIB aurait baissé de 1,1 % au cours des six derniers trimestres. Si l’on ajoute à cela la baisse des importations enregistrée plus récemment, positive pour le calcul du PIB, cela donne une autre illustration de l’ampleur de la récession allemande.

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L’inflation japonaise s’envole, les PMI retombent, la BoJ au pied du mur ?

Alors que 80 % des économistes envisagent une hausse des taux de la BoJ dans le courant de l’année prochaine, l’hypothèse d’un passage à l’acte est de plus en plus fragilisée par l’évolution des anticipations de politique monétaire en occident et, de facto, beaucoup plus sensible à l’évolution des données japonaises. Celles de la nuit dernière ne sont pas des plus encourageantes pour la BoJ. En octobre les prix ont enregistré leur plus forte remontée mensuelle depuis 2014, de quoi assurément questionner sa stratégie hyper-accommodante. La BoJ risque-t-elle, dès lors, de changer son fusil d’épaule, au risque de fragiliser davantage son économie chancelante et, au-delà, d’entraver l’amélioration du contexte obligataire occidental ? Les détails des données du jour lui offrent encore quelques cartouches.

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L’Allemagne se stabilise, la France décroche, le Dax reprend l’avantage sur le CAC

En novembre, le PMI composite allemand a continué à regagner un peu de terrain, à 47,1, grâce à une hausse de trois points de sa composante manufacturière et un léger mieux d’un demi point du côté des services. Comme déjà souligné par les commandes et par la dernière enquête ZEW, l’activité industrielle reprend quelques couleurs à l’exportation ce que traduisent pour l’essentiel les PMI. Il faudra, certes, pour confirmer cette amélioration que les résultats de l’enquête IFO, attendus demain, la corrobore et que la situation ne se dégrade pas davantage sur d’autres fronts, domestique notamment, en pleine crise budgétaire.

Pour autant, l’Allemagne regagne un peu de terrain par rapport à la France où la situation industrielle continue de se dégrader. En novembre, le PMI manufacturier français s’est, de nouveau, replié, à 42,6 points, effaçant l’intégralité de l’avance qu’il avait accumulée sur l’Allemagne au printemps. L’espoir d’un réveil de l’industrie française né des bons chiffres des exportations du deuxième trimestre n’est clairement pas au rendez-vous.

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Karlsruhe, un gros pavé dans la mare en Allemagne

Il y a une semaine, la cour de justice de Karlsruhe saisie par l’opposition pour enfreinte du gouvernement à la loi budgétaire de « frein à l’endettement » a annoncé ses conclusions : la réaffectation par le gouvernement Scholtz d’une enveloppe de 60 milliards d’euros, initialement affectée au budget 2021 pour la lutte contre le Covid, à un « fonds spécial pour la transformation de l’économie et le climat » est contraire à la loi fondamentale, ces fonds n’ayant été employés :
– ni dans le cadre dans lequel ils avaient été initialement votés ;
– ni dans celui de l’exercice prévu, puisqu’ils qu’ils ont été réaffectés en février 2022 ;
– ni, de fait, dans le respect de la législation du « frein à l’endettement » selon laquelle les nouveaux emprunts doivent être limités à 0,35 % du PIB maximum, dont seules les mesures « Covid » avaient été exemptées.
Conséquence immédiate de cette décision, le fonds spécial de 212 milliards d’euros « pour le climat et la transformation de l’économie » doit être réduit de 30 %, correspondant aux 60 milliards d’euros directement mis en cause.
L’affaire dépasse, cependant, de loin ce montant. Le jugement de la Cour constitutionnelle remet, en effet, en cause nombre de financements votés au cours des années précédentes, utilisés en 2023 ou utilisables pour les exercices à venir. C’est ainsi, de facto, l’ensemble de la stratégie budgétaire du pays qui est remise à plat, au risque de coupes drastiques des dépenses et des programmes de soutien à l’économie décidés ces dernières années pour faire face à une situation de crise économique et climatique sans précédent. Sauf compromis, difficile, entre le différents partis de la coalition, cette décision menace l’économie allemande d’une crise économique et politique majeure.

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L’Argentine, de Charybde en Scylla

En pleine récession, avec une inflation proche de 150 % et des taux directeurs de 133 %, l’Argentine est allée aux urnes le 22 octobre et a placé en tête de l’élection présidentielle deux candidats, Sergio Massa et Javier Milei, qui s’affronteront ce dimanche 19 novembre pour le second tour. Le premier est le successeur et ministre de l’économie d’Alberto Fernandez, président sortant, qui n’a pas pu se présenter en raison de la situation économique désastreuse dans laquelle il laisse le pays. A l’opposé, J. Milei, libertarien, souhaite renverser la table : dollarisation et austérité déflationniste au programme, promettent un avenir improbable, après, déjà, l’échec retentissant du currency board des années quatre-vingt-dix. Ses chances de remporter l’élection semblaient s’être évanouies ces dernières semaines mais la probabilité d’une victoire a été regonflée par le soutien apporté par la candidate de centre droit Patricia Bullrich.
S’il suffisait de changer de référence monétaire pour régler ses problèmes, ça se saurait. Le cas argentin souffre manifestement d’autres maux, au premier rang desquels une corruption endémique et un sous-investissement chronique que l’issue malheureuse du currency board a notablement aggravé après, déjà, les années de plomb de la dictature. Pour autant, le projet est là et s’il venait à se concrétiser, l’Argentine pourrait être le premier pays depuis bien longtemps à rejoindre la zone dollar avec laquelle elle a si peu à voir qu’elle vient tout juste de se raccrocher au Club des BRICS élargi et, donc, à son programme de monnaie commune… Après des décennies de déclin et dix années au cours desquelles le PIB par habitant s’est rétréci de 8 %, le pays se cherche et a manifestement du mal à trouver sa voie. Trois ans après avoir renégocié sa dette l’Argentine pourrait être à la veille d’une nouvelle crise majeure en cas de victoire de J. Milei.

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