Nouveau paradigme : les mauvais chiffres américains enflent les matières premières

Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.

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L’Allemagne, l’épine dans le pied de l’inflation de la zone euro

En première estimation, l’inflation de la zone euro du mois de novembre est ressortie à 2,2 %, légèrement supérieure aux 2,1 % du mois précédent, sous l’effet d’une accélération d’autant du taux d’inflation des services, de 3,4 % à 3,5 %. Les autres composantes ont peu ou pas évolué et s’annulent pour l’essentiel entre la moindre baisse des prix de l’énergie, de -0,9 % à -0,5 % et la légère décélération des prix des biens à 0,6 %, pour une inflation sous-jacente inchangée, à 2,4 %. Pas grand-chose à dire, donc, sur ce rapport, sinon que la décélération de l’inflation s’est interrompue depuis le début de l’année, en particulier du fait du rôle spécifique de l’Allemagne, seule parmi les grands pays de la région à enregistrer une hausse significative de son taux d’inflation harmonisé le mois dernier, de 2,3 % à 2,6 %, à l’origine de la remontée de l’ensemble de la région.

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BMG – L’inflation repointe son nez malgré une activité en berne

Révisé en hausse de 0 à 0,3 en novembre, notre baromètre macroéconomique global retombe à -0,2 en décembre du fait d’ajustements à la baisse marqués dans la plupart des pays, exception faite du Japon. Les données américaines, qui ne couvrent que partiellement les deux mois passés, accusent une sensible détérioration, tant du côté de la production que sur celui de la consommation. En Chine, où la dégradation est également marquée, notre indicateur synthétique tombe à -0,8, son plus bas niveau depuis juillet 2023. Enfin zone euro et Royaume-Uni retombent en territoire négatif encore du terrain. Notre indicateur global d’inflation remonte sensiblement ce mois-ci, à 0,6, un plus haut depuis octobre 2022.

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Les « Dragons » d’Asie prêts pour un grand retour

Avant que la Chine n’entre dans l’OMC au début du siècle, il y avait les « Tigres » ou « Dragons » d’Asie, un groupe de quatre pays du Sud-Est asiatique, composé de la Corée du Sud, de Singapour, Hong-Kong et Taïwan, auxquels se sont ajoutées la Thaïlande et la Malaisie, alors regroupés sous le vocable de Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie (NPIA). Pionnières de la mondialisation, ces économies ont connu leur heure de gloire dans les années soixante-dix à quatre-vingt-dix, jusqu’à la crise de surinvestissement de 1998 et avant la montée en puissance de l’économie chinoise. Leur réussite, assise sur le modèle d’un développement à l’exportation, a largement inspiré les politiques mondiales d’ouverture des frontières des années quatre-vingt-dix et la stratégie de l’Empire du Milieu.
Les performances de la Chine ont, depuis, largement occulté ces petits pays, considérés comme des satellites économiques de la Chine, à l’égard de laquelle leur dépendance s’est considérablement accrue ces vingt dernières années. Plus récemment, le Vietnam, a pu paraître leur voler la primeur, avant que les déboires de l’économie chinoise ne les entrainent sur la voie de nouvelles difficultés, souvent aggravées par des crises politiques, domestiques ou régionales, récurrentes. La politique protectionniste de D. Trump a, alors, pris l’allure d’un coup de grâce. Toujours très dépendantes de leurs exportations à destination des Etats-Unis, ces économies étaient en première ligne du « Liberation Day », victimes directes des droits de douanes annoncés, en même temps que victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine qui se profilait. Difficile d’imaginer à ce moment-là quelle issue favorable pourrait se présenter pour ces feus puissances à l’exportation.
Les perspectives pourraient, pourtant, redevenir plus porteuses pour ce groupe de pays qui disposent pour la plupart d’un leadership incontestable dans les domaines technologiques, qui semble déjà jouer en leur faveur et pourrait en faire de grands gagnants incontournables de la course à l’innovation en présence.

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Une histoire, définitivement, pas faite pour l’Allemagne

L’économie allemande paie décidément bien lourd ses années de myopie et pourrait avoir bien du mal à trouver les marques d’une situation plus porteuse en 2026. Dans un monde dans lequel les principales perspectives de croissance émanent des secteurs sur lesquels elle est, soit déficiente – technologie et énergie-, soit en perte de vitesse souvent vertigineuse -industrie traditionnelle-, même les programmes ambitieux de relance de la coalition Merz ont du mal à porter leurs fruits.
Après avoir fait illusion depuis l’été, sans doute davantage du fait du biais d’une inflation toujours soutenue, les indices PMI ont flanché en novembre, en même temps que leurs composantes prix… Bien rares étaient d’ailleurs les autres indicateurs d’activité allant dans le sens réconfortant des PMI, qu’il s’agisse des retours en provenance de l’activité réelle, production, commandes ou ventes de détail, ou du climat des affaires mesuré par l’IFO. Jusqu’où ira le déclin de la première économie de la zone euro est incertain mais ce qui l’est moins c’est que les développements en cours ne vont pas dans la meilleure direction. Les pans de son industrie qui ont permis ses succès pendant les années de mondialisation se heurtent aujourd’hui à une concurrence de plus en plus féroce de la Chine sur ces mêmes segments. Par ailleurs, véritable fer de lance de l’activité industrielle outre Rhin, la métallurgie ne se remet pas de la crise énergétique, simultanément plombée par des coûts de la transition environnementale et l’érosion de ses principales sources de demande, en provenance de l’automobile et des biens d’équipement, notamment. Idem pour la chimie, qui a perdu près d’un cinquième de ses volumes de production depuis le début de la décennie et pour laquelle les pourtours de la croissance à venir ne se présentent pas sous le meilleur jour.
Si les perspectives d’investissement ont partout le vent en poupe face aux besoins des technologies de l’innovation, il est à craindre que l’industrie allemande ne soit pas la mieux positionnée pour répondre à la typologie des équipements concernés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les cycles d’investissement passés dont elle a généralement tiré un grand avantage.
Le modèle allemand fait face à des difficultés, à bien des égards, inédites, qui ne semblent pas près de disparaître.

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« On balance »… la Fed n’envisage pas de baisser davantage ses taux en décembre

En dépit de nombreuses incertitudes sur les tendances de la conjoncture américaine en plein shutdown et de dissensions inhabituelles entre les membres du FOMC, le fin mot des minutes du dernier comité de politique monétaire est des plus limpide, posé sur le papier en fin de compte-rendu, en ces termes : « La plupart des participants notent que, dans un contexte d’inflation élevée et de refroidissement très progressif des conditions du marché du travail, de nouvelles réductions des taux directeurs pourraient accroître le risque d’une inflation plus élevée ou être interprétées, à tort, comme un manque d’engagement des décideurs politiques envers l’objectif d’inflation de 2 % ». Voilà qui devrait aider à départager les anticipations encore très hésitantes sur l’issue du prochain FOMC.

Les taux futurs ont pris acte de ces conclusions, poussant l’ensemble de la courbe des taux vers le haut, quand bien même dans des proportions limitées, de 1 à 2 points de base. Le dollar, qui avait pris de l’avance dans la journée, a peu évolué tandis que les indices américains, concentrés sur la publication à venir des résultats de Nvidia ont à peine frémi. De ce compte-rendu ressort une préoccupation des membres de la Fed de ne pas risquer d’apparaître moins vigilants à l’égard de l’objectif d’une inflation à 2 %, un ressaisissement incontestablement bienvenu, aux multiples conséquences pour les marchés internationaux.

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L’inconnue pétrolière

L’objectif était parmi les principaux points de campagne de D. Trump en 2024 : diviser par deux les cours du pétrole pour redonner du pouvoir d’achat aux Américains. Le slogan « Drill, Drill, Drill » a ensuite été l’un des premiers clairons de sa victoire. Malgré tout, le nombre de forages a poursuivi son déclin et, si la production de pétrole brut s’est ressaisie depuis l’été dernier, c’est à peine d’un demi-million de baril par jour ; rien à voir avec les années fastes de la décennie écoulée.
Il est vrai que depuis son arrivée au pouvoir, les priorités de D. Trump ont évolué. Dans sa bataille pour la suprématie américaine de l’IA, l’électrique s’est imposé au premier plan de la politique énergétique américaine, à la faveur, surtout, d’une redécouverte du nucléaire. Les cours du pétrole n’ont, du reste, pas eu besoin des capacités américaines pour baisser. Légèrement supérieur à 70 $ le baril début novembre 2024, le WTI se traite aujourd’hui à moins de 60 $, soit, en termes réels, un niveau inférieur de quelques 16 $ à sa moyenne du quart de siècle écoulé. La hausse de la production des pays hors OPEP et de l’OPEP+, dans un contexte de faible croissance de la demande, ont amplifié les pressions à la baisse des cours et, a priori, la situation n’est pas sur le point d’évoluer. L’AIE estime à 1,9 mbj l’excédent moyen de l’offre par rapport à la demande pour 2025 et envisage un possible doublement de celui-ci pour 2026. Dans la mouvance de l’électrification de l’économie mondiale, les justifications pour envisager que les cours du pétrole flanchent ne manquent pas.

Reste la question de ce que ce mouvement signifierait par rapport aux autres matières premières, en particulier relativement aux métaux industriels dont les cours progressent à grand pas dans le sillage de l’envolée des métaux précieux. Rares sont les métaux, aujourd’hui, à l’écart de ce mouvement contre lequel peu d’arguments plaident en faveur d’une rupture de tendance. Une déconnexion persistante des cours du pétrole de ces derniers serait une nouvelle norme, aux conséquences économiques et géopolitiques significatives. Est-ce l’histoire qui se profile ? La réponse par la positive n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

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Le PIB japonais, objet de crispations entre la BoJ et le gouvernement fait chuter le yen

Rien de tel qu’une contraction du PIB pour renforcer la rhétorique de la nouvelle première ministre japonaise et mettre plus en porte-à-faux la BoJ sur son intention de poursuivre la normalisation du niveau de ses taux directeurs. Après une progression de 0,6 % au printemps, l’activité s’est contractée de 0,4 % au troisième trimestre au Japon, une occasion d’enfoncer le clou pour Mme S. Takaichi, en faveur du plan de relance en préparation et d’une opposition plus farouche à toute hausse des taux directeurs que la BoJ s’apprêtait à décider en décembre. Avec un déflateur du PIB en hausse annuelle de 2,8 %, la posture toujours très accommodante de la BoJ pose d’autant plus question que la politique budgétaire a pris un tour résolument expansionniste avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle première ministre. Dans un tel contexte, la perspective de maintien de taux directeurs à 0,5 % attise les pressions à la baisse du yen dont le taux de change a de nouveau faibli contre le dollar ce matin, pour se rapprocher de ses points bas de l’année dernière, à 145,7 yen pour un dollar. Mme Takaichi, dont l’objectif est bel et bien d’affaiblir ce dernier, n’y verra pas d’inconvénient, au risque de devoir payer cette préférence par des taux de financement de plus en plus exorbitants au vu du haut niveau d’endettement public du pays. Les conditions ne semblent décidément pas en place pour une stabilisation du yen et des rendements des JGB, qui affectent, par ailleurs, la compétitivité européenne et menacent le reste du monde d’une raréfaction des sources de financements japonais.

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