L’Inde, délaissée par des investisseurs plus sélectifs qu’ils ne paraissent

Après deux années au cours desquelles les marchés indiens ont gravi le haut du podium mondial, le vent a subitement tourné en septembre 2024, quelques mois après la réélection de Narendra Modi à la tête du pays et quelques semaines avant celle de D. Trump aux Etats-Unis. Au cours des douze derniers mois, le léger déclin du MSCI indien le place aux derniers rangs de la performance des principaux marchés, lesquels ont progressé de 15 % au niveau mondial, de 18 % dans pays émergents et de 32 % dans les seuls pays frontières. Si l’avance prise les deux années antérieures n’a pas été totalement effacée, elle s’est néanmoins considérablement réduite, tandis que les indices indiens sont laissés à l’écart du mouvement de reprise dont profite la majorité des pays émergents depuis le printemps.
Désamour passager après l’ivresse passée ou question plus fondamentale ?

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L’héritière d’Abe et de Thatcher fait du Trump au Japon… La BCE bien isolée !

Elue à la tête du parti libéral démocrate en fin de semaine dernière, Sanae Takaichi est promise au poste de première ministre du Japon, en remplacement de Shigeru Ishiba, démissionnaire. Bien qu’issue du même parti, S. Takaichi ne s’inscrit pas dans la droite ligne de ses deux prédécesseurs, plutôt modérés et pragmatiques. L’ambition de Mme Takaichi est plus proche de Shinzo Abe. Ses méthodes semblent vouloir s’inspirer de l’ex-dame de fer britannique, M. Thatcher. Enfin, son style et sa rhétorique nationaliste radicale, teintée d’un populisme identitaire à la limite du révisionnisme historique, est incontestablement proche de celui de D. Trump.
– La future tête du gouvernement japonais, première femme à ce poste dans l’histoire du pays, définit sa stratégie économique autour de trois axes principaux :
– – Un expansionnisme budgétaire à tout crin, fait de dépenses publiques, notamment en direction d’investissements dans les secteurs d’avenir, et de baisses d’impôts.
– – Un interventionnisme monétaire visant à pousser la BoJ à maintenir de bas taux d’intérêt, profitables au crédit et, via une baisse du yen, aux exportations.
– Un tournant protectionnisme, certes, sans comparaison avec ce qui est pratiqué aux Etats-Unis, mais en ligne avec une vision nationnaliste de l’économie : les traités non profitables doivent être renégociés, l’immigration limitée et, dans un souci identitaire, le tourisme régulé.
La stratégie permettra-t-elle au Japon de faire mieux que par le passé et de donner de meilleurs résultats que les Abenomics de 2012 à 2014 ? Ce serait surprenant. Il se pourrait bien, en revanche, que la méthode parvienne à sortir définitivement le pays de l’état de déflation dans lequel il s’était enlisé ces deux dernières décennies pour virer dans celui d’une inflation structurelle, vers lequel il a déjà bien avancé.
C’est sur ce point que les péripéties nippones interpellent, sur ce qu’elles nous disent des effets du vieillissement et, plus encore, sur ce qu’elles révèlent de la préférence actuelle des dirigeants pour l’inflation. Rien d’étonnant compte-tenu des niveaux d’endettement et du climat de guerre économique en présence, d’autant que la BoJ n’a jamais été un modèle d’indépendance. Il n’en reste pas moins que Mme Takaichi passe un cap. Jusqu’où ira-t-elle est incertain mais force est de reconnaître que le dogme de l’indépendance des banques centrales a du plomb dans l’aile et que, dans l’environnement qui se profile, la BCE semble promise à un isolement grandissant. Si le sujet n’en est pas encore un, il pourrait le devenir sans tarder, à moins de deux ans du changement de présidence de l’institution.

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Prévisions septembre 2025: Sous le signe de la défiance

– Bourses vs obligations : deux visions que tout oppose

– Stagflation stationnaire, ou sinon?

– Aux Etats-Unis, Le pari d’une réforme fiscale réussie

– En Europe, tensions sur les taux et guerre commerciale prennent le pas sur l’action de la BCE

– Le Sud Global prend racine

– Un mini-cycle de baisse des taux de la Fed auquel la BCE pourra difficilement se soustraire

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Shutdown et pertes d’emplois privés, les marchés ne doutent plus : les taux baisseront

Sauf les données sur l’emploi, les retours sur la conjoncture américaine ont plutôt été de bonne facture ces dernières semaines, voire, de très bonne facture. Il n’en reste pas moins que la plupart des indicateurs soufflent le chaud et le froid ou n’évoluent que très peu, tandis que la trajectoire du marché de l’emploi est, elle, de plus en plus précise… Ainsi, le ralentissement s’est mué en destructions nettes de postes en septembre avec, selon l’ADP, des pertes 32 K salariés privés, après un recul de 3 K en août, au lieu des 54 K publiés initialement. En cumul sur deux mois, il s’agit du premier reflux enregistré depuis la première vague de Covid. Les données NFP quand la situation de shutdown permettra leur publication, ont peu de chances d’être bien différentes à en juger par la corrélation entre ces deux indicateurs. La Fed, quoi qu’en dise J. Powell, pourra difficilement ignorer ces tendances, surtout si les tensions sur les prix des biens marquent le pas, comme le suggèrent les résultats de l’enquête ISM dans l’industrie.

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Entre deux maux, les PMI d’une France chahutée et ceux d’une Allemagne empêtrée

En septembre, l’écart entre les PMI composites allemand et français s’est de nouveau creusé. Le premier a progressé de presque deux points, à 52,4, un plus haut depuis mai 2024, tandis que le second s’est replié de plus d’un point, à 48,4, en raison d’un reflux de ses deux composantes, manufacturière et services…. Surpris ? Pas franchement, compte-tenu des effets délétères de la crise politique sur le moral des chefs d’entreprise de l’Hexagone. Bonne nouvelle outre-Rhin ? Pas vraiment, non plus. Malgré le rebond de l’indicateur des services et, dans son sillage, du composite, les difficultés manufacturières, le recul généralisé de l’emploi et la persistance de l’inflation semblent presque plus préoccupants que les retours en provenance de la France, où une sortie de l’impasse politique rendrait encore possible la préservation d’une perspective de croissance modeste…

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De la disparition du statut d’actif sans risque à l’appétit pour les obligations privées

Les habitudes ont la vie dure et la référence n’est pas près de disparaitre de sitôt des règlementations, référentiels et réflexes d’arbitrage. Voilà bien longtemps, pourtant, que la notion d’actif sans risque ne correspond qu’à une réalité toute relative, que les épisodes de crises souveraines des lendemains de la crise financière de 2008 auraient dû balayer. La protection offerte par les banques centrales a, toutefois, permis d’entretenir l’illusion, du moins les faux-semblants, avant que les crises des cinq dernières années approfondissent le travail et érodent plus sérieusement le statut d’actifs sans risque des obligations souveraines d’un grand nombre de pays.
Si le diagnostic n’est pas encore totalement admis, et pour cause, force est de reconnaître que nombre de signaux clignotent de manière plus ou moins aigüe dans cette direction : perte de contrôle des dettes publiques, enflement des primes de terme, envolée des taux de financement à très long terme, fragmentation du marché. Parmi les conséquences, nombreuses et encore largement hypothétiques, de ces changements, l’écrasement des primes de risque traditionnellement assorties au financement des entreprises par rapport à celui des États en dit long sur les mutations en cours.

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Données du jour : la BoJ commence à se défaire de ses ETF, climat des affaires INSEE et autres…

La matinée a été marquée
– Au Japon, par la publication des données d’inflation, en baisse à 2,7 %, et par la décision de la BoJ de laisser ses taux inchangés, tout en commençant à vendre à hauteur de 330 milliards de yens d’ETF par an. A défaut de relever le niveau de ses taux directeurs, la BoJ tente de combler son retard sur ses homologues occidentales, au risque de grandement fragiliser les actions du pays qu’elle détient en très grande proportion.
– En France, par la publication du climat des affaires de l’INSEE, toujours stable, à 96, grâce, presque exclusivement, à son net rebond dans les services d’information et communication.
– En Allemagne, par une nouvelle baisse des prix à la production, de 2,2 % en glissement annuel.
– Au Royaume-Uni, par la poursuite du rebond des ventes de détail, à 0,5 %.

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La Fed soigne son indépendance mais ne lève pas les incertitudes

Nous nous sommes trompés, l’arrivée de S. Miran à la Fed n’a pas changé la donne. La Fed a baissé ses taux d’un quart de point, à 4,25 %, ce qui peut être considéré comme un minimum face à la dégradation du marché de l’emploi de ces derniers mois, mais n’est pas allée au-delà de ce qu’autorisent les incertitudes sur la trajectoire de l’inflation. Sa décision semble donc raisonnable, tout comme ses projections, qui n’envisagent pas plus d’un demi-point supplémentaire de baisse des Fed Funds d’ici la fin de l’année, soit, a priori, deux mouvements consécutifs d’un quart de point chacun. Celles de 2026 et 2027 sont ajustées en conséquence mais conservent la ligne prudente du mois de juin, avec seulement un quart de point d’assouplissement additionnel chacune des deux années. Finalement le FOMC modifie à la marge son scénario, à hauteur de 25 points de base sur toute la période prévisionnelle et conserve son objectif de 3 % à long terme.
Préoccupé sur la tournure du marché de l’emploi, J. Powell l’est moins sur le taux de chômage, au vu de la faible croissance de la population active et des effets de la politique migratoire. Les prévisions de taux de chômage du FOMC ont, en l’occurrence, été révisées d’un dixième à la baisse, ce qui peut justifier sa prudence, avec, par ailleurs une révision à la hausse de deux dixièmes de son scénario de croissance et d’inflation pour l’an prochain.

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