Les grands doutes de la rentrée

La saison estivale n’a pas été de tout repos sur les marchés et les turbulences de la fin juillet ont laissé des stigmates qui marqueront vraisemblablement les semaines de rentrée. Si les perspectives de baisse de taux se sont intensifiées depuis le début de l’été, leur capacité à prendre le pas sur les menaces en provenance de la conjoncture américaine interroge. Bien que l’issue d’une récession ne s’impose pas au diagnostic, les craquements immobiliers et le ralentissement des créations d’emplois préoccupent, quand le tassement de l’inflation ajoute aux risques sur les perspectives de résultats des entreprises. Jusqu’où la FED ajustera-t-elle sa politique dans un tel contexte est incertain. Si le ton devrait être donné pour un premier pas d’un demi-point dès septembre à l’occasion du symposium de Jackson Hole cette fin de semaine, ses marges de manœuvres seront-elles aussi importantes que les marchés l’escomptent en l’absence de récession ?

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Août sous pression après une folle semaine

Rares sont les étés aussi chargés que celui que nous traversons, au cours duquel se déchaînent, tout à la fois, les éléments politiques, géopolitiques, économiques et financiers. Les données sur l’emploi américain ont bouclé une folle semaine, faite :
– d’un deuxième relèvement des taux directeurs japonais ; d’un FOMC au cours duquel le président de la Fed a, sans sourciller, pris les devants d’une première baisse des Fed Funds en septembre ; d’une baisse, avant l’heure, des taux directeurs de la Banque d’Angleterre.
– L’ensemble sur fond de menaces grandissante de récession et de correction d’ampleur des bourses malgré l’effondrement des taux d’intérêt : le rendement des 10 ans américains à 3,80 %, plus de 50 pb inférieurs à leur niveau d’il y a un mois et des rendements de l’OAT de même échéance à 2,96 %, contre 3,32 % au lendemain du second tour des législatives.

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Marchés sous tensions en ce premier jour de FOMC mais les taux refluent toujours

L’environnement de marché reste très instable, toujours très impacté par les déceptions sur les résultats des sociétés américaines, technologie en tête, et les corrections qui s’ensuivent. Dans un tel contexte, les données économiques passent au second plan. Ni la croissance américaine, plus forte que prévu au deuxième trimestre, ni l’inflation allemande, dont les progrès ne sautent pas aux yeux, n’ont entamé les anticipations de baisse des taux de la Fed ou de la BCE à partir du mois de septembre. Tant mieux, aurions nous envie de dire, notamment après la lecture des données des PIB européens tout juste publiés. Car si la croissance de 0,3 % du deuxième pour la zone euro est ressortie meilleure qu’attendu, elle cache une évolution de seulement 0,6 % au cours des quatre derniers trimestres et une économie allemande de nouveau en contraction, de 0,1 % d’un trimestre sur l’autre comme sur l’ensemble de l’année écoulée…

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Fortes turbulences

Nous l’avions pressenti vendredi dernier, les développements de cette semaine le confirment : l’été ne sera pas de tout repos, que ce soit sur le plan politique, économique ou financier. Difficile de faire l’impasse tant la tournure de ces derniers jours pourrait engager celle de la rentrée économique et financière.
En France comme en Allemagne, le décrochage des indicateurs de climat des affaires a été violent ce mois-ci, au point de faire ressurgir l’hypothèse d’une récession. Une douche froide pour l’Allemagne, après des PMI révélateurs de fragilités beaucoup plus profondes que ne l’avaient envisagé le consensus et les responsables de politique économique. En France, les résultats de l’enquête INSEE font froid dans le dos. Après des PMI plutôt conformes à l’idée d’un soutien, même modeste, des JO, ils évoquent la possibilité d’un grand « pschitt » et d’une calamitée de plus pour l’Hexagone. L’espoir, contenu, d’un ressaisissement immobilier finit par sérieusement en pâtir.
Aux Etats-Unis, la croissance du PIB du 2ème trimestre a une nouvelle fois défié les pronostics. Si l’immobilier lâche, les dépenses des ménages restent au RDV et celles d’investissement des entreprises tirent leur épingle du jeu, grâce à l’essor des nouvelles technologies et autres impulsions ponctuelles dans les transports. Pas de quoi inquiéter la Fed à première vue, qui n’a pas lieu de délivrer un message particulièrement « dovish » la semaine prochaine, sauf si la situation de stress sur les marchés l’y pousse.
C’est bien de ce côté-ci, en effet, que les risques se multiplient et qu’il devient de plus en plus difficile d’envisager que la correction en place puisse être enrayée sans l’espoir d’un soutien monétaire imminent. Que ce soit par ce que nous renvoie la conjoncture en zone euro ou les développements financiers en cours, le statu quo monétaire semble avoir trop duré. Il faudra bien que J. Powell et C. Lagarde se rendent à l’évidence.

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Les marchés financiers zieutent déjà la rentrée et, plus loin… 2025

La saison estivale à peine entamée, les marchés ont déjà fait le saut vers les préoccupations d’une rentrée 2024 hautement chargée, à laquelle prépare une actualité, politique surtout, particulièrement dense. Depuis 2016, année du référendum britannique pour le Brexit et de la première élection de D. Trump, le politique n’a cessé de prendre plus de place dans l’actualité et tout semble nous dire, aujourd’hui, qu’il ne s’agit que d’un début, que 2025 pourrait, bel et bien, couronner. C’est vraisemblablement sur ces questions que l’attention tournera sur les marchés dès, voire avant, la rentrée.

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Lagarde : si l’inflation baisse nous serons rassurés…

… Mais encore ? Pas grand-chose à retirer de la conférence de presse de la présidente de la BCE ni du communiqué officiel. Tous les sujets, ou à peu près, ont été évoqués, sans offrir néanmoins de guide sur ce qu’a en tête l’Institution, dont on retiendra les principaux points suivants :
– La BCE n’a pas encore les garanties suffisantes de parvenir à son objectif d’inflation pour envisager de réduire le degré de contrainte monétaire. Ce dernier, rappelons-le, ne dépend pas uniquement de ses taux d’intérêt mais de leur écart à l’inflation, autrement dit, des taux d’intérêt réels, ce qui explique qu’elle ait pu baiser d’un quart de point le taux repo en juin tout en maintenant le même degré de restriction. Vu sous cet angle, il faudrait au moins une baisse du taux d’inflation d’un quart de point pour que la BCE procède à un ajustement équivalent de son taux directeur en conservant le même degré de contrainte monétaire.

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La BCE contrainte de lever le pied face aux disparités intra-UEM #uem #bce #inflation #taux #lagarde #conjoncture #uem20

C. Lagarde l’avait déjà sous-entendu et l’a confirmé à Sintra, la BCE n’a pas l’intention de baisser ses taux directeurs une deuxième fois d’affilée, après son premier mouvement début juin. Cela n’empêche pas la plupart des économistes d’anticiper un nouveau pas en septembre, comme pour la Fed. Pas sûr que Mme Lagarde ait l’intention de conforter ces anticipations, au vu de l’insuffisance des résultats récents en matière de désinflation, lesquels souffrent d’importantes disparités intra-régionales. Sa communication pourrait dès lors décevoir, au grand dam des pays où l’inflation s’est normalisée, qui auraient souvent le plus besoin d’un ajustement monétaire.

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Les banques centrales retrouvent des marges de manœuvre, mais jusqu’où ?

Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis le 13 décembre 2023, lorsque la Fed conclut que le temps d’une possible baisse de ses taux directeurs approchait et que ses membres introduisirent deux ajustements supplémentaires des Fed Funds à leur projection pour cette année, portant à 75 points de base leur prévision médiane de repli des taux. Prise en défaut dès les premiers mois de 2024 par une inflation et une économie, toutes deux, plus résistantes que prévu, il fallut attendre le mois de juin pour qu’elle revoie son diagnostic et ne conserve plus qu’un assouplissement d’un quart de point de ses taux directeurs d’ici décembre.
Mal lui en a pris, dès le surlendemain de cette annonce, la Fed fut une nouvelle fois prise à contrepied par le rapport sur l’emploi du mois de mai nettement moins favorable que ne le suggérait sa lecture de la conjoncture américaine. Le mouvement n’a quasiment pas cessé depuis avec une série d’informations toutes plus contrariantes les unes que les autres, au point que son message de début juin resta lettre morte sur les anticipations de marché. Non seulement en effet, l’économie américaine a multiplié les signes de fragilité mais l’inflation a poursuivi sa normalisation à un rythme cadencé jusqu’au rapport du mois de juin publié cette semaine, duquel on peine à tirer de quelconques signes persistants d’inflation.
Dont acte, la probabilité d’une baisse des taux directeurs en septembre, déjà aux environs de 70 % la semaine dernière, s’est envolée à 85 % à la lecture de ces données et celle, non plus de trois baisses des taux, mais de cinq d’ici fin avril 2025, est remontée illico à 35 %. Les marchés sont assez coutumiers de ce type d’embardées et il n’y a en ce constat rien que de très classique que l’on serait avisé de prendre avec distance. Ce serait, toutefois, passer à côté de l’opacité qui entoure aujourd’hui les perspectives monétaires, dans un contexte économique particulièrement instable, compliqué par un panorama politique et géopolitique hautement incertain, qui ont tous à voir, de près ou de loin, avec ce que l’on peut attendre des tendances inflationnistes de moyen terme.
L’approche d’un premier pivot de la Fed n’a pas fini de créer des dents de scies sur les perspectives de taux d’intérêt et de taux de changes du monde entier. Où faudra-t-il regarder pour s’y préparer ?

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