L’inflation moyenne des quatre principaux pays de l’UEM chute à 1,5 % en septembre

Après la France et l’Espagne vendredi, au tour de l’Allemagne et de l’Italie de publier leurs chiffres d’inflation annuels pour le mois de septembre, à respectivement 1,6 % et 0,7 %. Pour la première fois depuis mars 2021, les quatre grands pays de la zone euro affichent donc une hausse annuelle des prix très largement inférieure à 2 %, en moyenne à 1,5 % après 2,0 % en août, son plus bas niveau depuis mars 2021. Les résultats devraient être un peu plus soutenus dans les autres pays, comme suggéré par les résultats de la Belgique et du Portugal, également disponibles, sans empêcher, toutefois, un retour de l’inflation sous l’objectif de la BCE pour l’ensemble de l’UEM, à 1,7 %/1,8 % selon nos estimations, après 2,2 % en août.

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Chine-Etats-Unis, la bataille monétaire fait rage, l’Europe ne restera pas spectatrice

L’intention n’était peut-être pas celle-là mais le résultat n’en est pas moins là. Le changement de braquet de la politique monétaire américaine a ouvert le bal à ce qui s’apparente à une guerre monétaire, dans laquelle la Chine s’est engouffrée avec fracas cette semaine et sera vraisemblablement suivie, qu’ils le veuillent ou non, par bon nombre d’autres pays. Preuve s’il en est que le dollar n’est pas encore détrôné, les risques assortis aux promesses de baisses très consistantes des taux de la Fed ont fait sortir les Chinois de leurs gonds cette semaine, avec, à leur tour, un plan de soutien monétaire inédit. Prioritairement orientés en direction de l’immobilier, les dispositifs annoncés n’en sont pas moins un moyen de prévenir une appréciation additionnelle du taux de change du yuan, dont la hausse est particulièrement malvenue pour les entreprises chinoises en proie à la plus forte baisse annuelle de leurs profits depuis avril 2023 en août.

La Banque Nationale Suisse a, de son côté, été plus explicite, mettant clairement en avant la motivation du haut niveau du taux de change du franc suisse contre l’euro, derrière sa décision d’abaisser d’un quart de point ses taux directeurs à 1 % ce jeudi en cachant, à peine, la menace d’interventions sur les marchés des changes en cas de réponse insuffisante à sa décision. Le franc suisse avait rejoint ces derniers jours ses niveaux records contre l’euro, brièvement atteints lors de la panique début août.
Au rythme où vont les choses, difficile d’imaginer que la BCE se contente d’observer ces mouvements sans entrer dans la danse. Si le taux de change de l’euro contre dollar est encore relativement faible par rapport à son histoire, sa hausse récente n’est, à l’évidence, pas des mieux venues face à la conjoncture en présence et dès lors que la question inflationniste perd en influence. Le taux de change effectif de l’euro au sens large, flirte, en effet, avec ses records et, qu’elle le veuille ou non, la BCE pourra difficilement rester à l’écart de ce qui se joue aujourd’hui à l’échelle internationale. Les indicateurs le plus récents d’inflation devraient lui faciliter la tâche, avec la confirmation ce matin d’une nette décrue de l’inflation au mois de septembre d’après les données françaises et espagnoles. Bonne nouvelle, s’il en est, la BCE devrait pouvoir procéder à une nouvelle baisse de ses taux directeurs en octobre.
Sauf que dans une bataille, il y a forcément des gagnants et des perdants et des risques de pousser le bouchon trop loin. Le yen ne pourra pas absorber seul les conséquences de ce qui se joue sur les autres grandes devises. Gare aux turbulences et aux réponses inopinées des banques centrales sur fond de risque accru de trop forte expansion des liquidités.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les  PMI lèvent les doutes sur les politiques monétaires, en Europe… pas aux Etats-Unis

Les mauvaises livraisons des PMI du mois de septembre en Europe devraient donner de l’aplomb aux politiques de baisses des taux de la BCE et, peut-être même, de la BoE. En zone euro comme au Royaume-Uni, la contrepartie de la baisse du climat des affaires se retrouve, en effet, de plus en plus nettement dans celle de l’inflation. Tel n’est pas le cas aux Etats-Unis, où, en dépit d’un PMI manufacturier un peu plus bas encore, celui des services tient bon, tout comme les prix, en particulier ceux des inputs. L’enquête de S&P représente, sans conteste, un caillou dans la chaussure de J. Powell. Les marchés boursiers, pour l’instant, se satisfont de la perspective d’une baisse des taux sans risque de récession. Cela ne devrait pas durer éternellement.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Baisse des taux, pour le meilleur ou pour le pire ? Scénario trimestriel du 17/09

Programmer une présentation trimestrielle la veille d’un comité de politique monétaire de la Fed n’est jamais très confortable, certains diront malin. A contrario, à quoi serviraient les économistes s’ils n’étaient pas capables de se forger des convictions suffisamment solides pour affronter, y compris, les banquiers centraux ? En l’occurrence, notre vision n’a pas vraiment changé après les annonces de la Fed, sinon que la confiance de J. Powell dans sa capacité à procéder à un assouplissement monétaire de l’envergure qu’il prévoit renforce nos craintes d’un redémarrage précoce de l’inflation, inscrit en toile de fond de notre scénario pour 2025.
Dans notre exercice trimestriel de cette rentrée, bien peu de digressions sur la situation macro-économique. Cette dernière ne change guère à l’échelle internationale et nos prévisions de croissance et d’inflation sont quasiment inchangées depuis deux trimestres. Peu de développements également sur l’inflation, qui évolue peu ou prou comme prévu : l’inflation reflue bel et bien mais les facteurs de résistance sont encore largement présents, comme anticipé. C’est sur les perspectives de baisses des taux d’intérêt que nous avons mis l’accent, avec, pour le coup, un nécessaire préalable sur le diagnostic conjoncturel américain, autour de la question : vrai risque de récession ou non ? De la réponse à cette question découle, en effet, l’essentiel de nos prévisions de taux d’intérêt et les risques que le meilleur de la baisse des taux puisse se transformer en pire hypothèse, sinon à courte échéance, du moins à plus long terme, pour l’inflation et les marchés financiers du monde développé et émergent. De fait, au-delà du soutien que représente le repli en cours des taux d’intérêt pour les perspectives économiques et marchés financiers, la question de la profondeur de la reprise cyclique est difficilement contournable.

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Reculer pour mieux sauter : la BoJ marque une pause

La BoJ a laissé ses taux inchangés, à 0,25 %, à l’issue de son comité de politique monétaire de ces deux derniers jours. Fin juillet, le relèvement de 15 pb de ses taux avait provoqué une envolée du yen à l’origine d’un mouvement de panique sur les marchés mondiaux, occasionnée par un débouclage massif des opérations de carry-trade de la devise japonaise contre le dollar. La plus grande prudence est donc maintenant de mise, et il s’agit, sans doute, de la première raison d’une absence de nouvelle hausse des taux cette semaine. Sans réelle surprise, cette décision a néanmoins été suivie d’un nouvel accès de faiblesse du yen, retombé sur ses plus bas niveaux de ces dernières semaines, à 143 JPY/$, en renfort à une hausse du Nikkei de 1,7 % aujourd’hui.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les leçons de la BoE en matière de bonnes pratiques monétaires

Aucune des banques centrales n’est à l’abri de faux pas, pas même la Banque d’Angleterre, mais la crédibilité s’acquiert, aussi, par la méthode. En ce sens, la BoE, aujourd’hui, est autrement plus convaincante que ne l’a été la Fed hier. Après une baisse d’un quart de point de son taux directeur le 1er août, elle a décidé de maintenir son taux de base à 5 % aujourd’hui, tout en actant le vote à l’unanimité en faveur d’une réduction de 100 milliards de livres de son stock d’obligations d’État dans les 12 prochains mois. L’inflation, pourtant, a donné des résultats nettement plus convaincants de décrue depuis le début de l’été, y compris en août malgré une légère accélération, en même temps que la croissance des salaires a nettement décéléré et que le PIB mensuel du pays a stagné en juillet/août. A. Bailey serait-il moins « data dependent » que son homologue américain ? Il le paraît, en tout cas.

La BoE évoque, en effet trois scénarii possibles sur l’inflation future…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

POSTVIEW FED: L’économie américaine est donc en aussi mauvaise posture ?

Tel n’est pas notre diagnostic et tel ne semble pas être non plus celui des marchés malgré leurs attentes en matière de baisses de taux. Mais ces derniers ont finalement eu gain de cause puisque les projections de la Fed s’y sont rigoureusement collées. Parmi les principaux arguments qui nous faisaient attendre une baisse de 50 points de base cette semaine, celui que la Fed pourrait, ainsi, faire digérer des projections très inférieures aux anticipations de marché, occupait une place importante. Nous nous sommes trompés : les Dot Plots du FOMC sont particulièrement « dovish », au point d’espérer que la Fed se trompe car au rythme de baisse de ses taux escompté, on pourrait bientôt reparler de taux négatifs ou d’assouplissement quantitatif de ce côté-ci de l’Atlantique : à 2,9 % à horizon décembre 2026, les Fed Funds totaliseraient 250 points de base de baisse, en effet, un ajustement qui inciterait la BCE, le cas échéant, à abaisser ses taux dans la région de 1 % ! A moins que la Fed ne fasse fausse route, ce qui justifierait la réaction des cours de l’or ou, encore, des crypto-monnaies à son annonce : la perte de crédibilité des banques centrales ayant ce pouvoir de renforcer l’attrait du premier et des pseudo-monnaies sous toutes leurs formes…Cette dernière lecture est pour le moins tentante pour ceux qui, comme nous, peinent à trouver les justifications au risque de récession dans l’environnement en présence (comme développé dans notre présentation trimestrielle de mardi soir, cf l’extrait ci-dessous) et elle n’offre pas un cadre durablement propice au regain d’appétit pour le risque.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre