Entre deux maux, les PMI d’une France chahutée et ceux d’une Allemagne empêtrée

En septembre, l’écart entre les PMI composites allemand et français s’est de nouveau creusé. Le premier a progressé de presque deux points, à 52,4, un plus haut depuis mai 2024, tandis que le second s’est replié de plus d’un point, à 48,4, en raison d’un reflux de ses deux composantes, manufacturière et services…. Surpris ? Pas franchement, compte-tenu des effets délétères de la crise politique sur le moral des chefs d’entreprise de l’Hexagone. Bonne nouvelle outre-Rhin ? Pas vraiment, non plus. Malgré le rebond de l’indicateur des services et, dans son sillage, du composite, les difficultés manufacturières, le recul généralisé de l’emploi et la persistance de l’inflation semblent presque plus préoccupants que les retours en provenance de la France, où une sortie de l’impasse politique rendrait encore possible la préservation d’une perspective de croissance modeste…

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De la disparition du statut d’actif sans risque à l’appétit pour les obligations privées

Les habitudes ont la vie dure et la référence n’est pas près de disparaitre de sitôt des règlementations, référentiels et réflexes d’arbitrage. Voilà bien longtemps, pourtant, que la notion d’actif sans risque ne correspond qu’à une réalité toute relative, que les épisodes de crises souveraines des lendemains de la crise financière de 2008 auraient dû balayer. La protection offerte par les banques centrales a, toutefois, permis d’entretenir l’illusion, du moins les faux-semblants, avant que les crises des cinq dernières années approfondissent le travail et érodent plus sérieusement le statut d’actifs sans risque des obligations souveraines d’un grand nombre de pays.
Si le diagnostic n’est pas encore totalement admis, et pour cause, force est de reconnaître que nombre de signaux clignotent de manière plus ou moins aigüe dans cette direction : perte de contrôle des dettes publiques, enflement des primes de terme, envolée des taux de financement à très long terme, fragmentation du marché. Parmi les conséquences, nombreuses et encore largement hypothétiques, de ces changements, l’écrasement des primes de risque traditionnellement assorties au financement des entreprises par rapport à celui des États en dit long sur les mutations en cours.

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Données du jour : la BoJ commence à se défaire de ses ETF, climat des affaires INSEE et autres…

La matinée a été marquée
– Au Japon, par la publication des données d’inflation, en baisse à 2,7 %, et par la décision de la BoJ de laisser ses taux inchangés, tout en commençant à vendre à hauteur de 330 milliards de yens d’ETF par an. A défaut de relever le niveau de ses taux directeurs, la BoJ tente de combler son retard sur ses homologues occidentales, au risque de grandement fragiliser les actions du pays qu’elle détient en très grande proportion.
– En France, par la publication du climat des affaires de l’INSEE, toujours stable, à 96, grâce, presque exclusivement, à son net rebond dans les services d’information et communication.
– En Allemagne, par une nouvelle baisse des prix à la production, de 2,2 % en glissement annuel.
– Au Royaume-Uni, par la poursuite du rebond des ventes de détail, à 0,5 %.

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La Fed soigne son indépendance mais ne lève pas les incertitudes

Nous nous sommes trompés, l’arrivée de S. Miran à la Fed n’a pas changé la donne. La Fed a baissé ses taux d’un quart de point, à 4,25 %, ce qui peut être considéré comme un minimum face à la dégradation du marché de l’emploi de ces derniers mois, mais n’est pas allée au-delà de ce qu’autorisent les incertitudes sur la trajectoire de l’inflation. Sa décision semble donc raisonnable, tout comme ses projections, qui n’envisagent pas plus d’un demi-point supplémentaire de baisse des Fed Funds d’ici la fin de l’année, soit, a priori, deux mouvements consécutifs d’un quart de point chacun. Celles de 2026 et 2027 sont ajustées en conséquence mais conservent la ligne prudente du mois de juin, avec seulement un quart de point d’assouplissement additionnel chacune des deux années. Finalement le FOMC modifie à la marge son scénario, à hauteur de 25 points de base sur toute la période prévisionnelle et conserve son objectif de 3 % à long terme.
Préoccupé sur la tournure du marché de l’emploi, J. Powell l’est moins sur le taux de chômage, au vu de la faible croissance de la population active et des effets de la politique migratoire. Les prévisions de taux de chômage du FOMC ont, en l’occurrence, été révisées d’un dixième à la baisse, ce qui peut justifier sa prudence, avec, par ailleurs une révision à la hausse de deux dixièmes de son scénario de croissance et d’inflation pour l’an prochain.

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Les prouesses technologiques ne font pas la croissance en Chine mais son rayonnement

Les changements et progrès de l’économie chinoise sont réels et indiscutables en matière scientifique, technologique et énergétique. Ils offrent au pays un réel avantage aux entreprises de l’Empire du Milieu que les bourses chinoises et hongkongaises commencent à en prendre en considération, mais ne doivent pas être confondus avec ses performances conjoncturelles. Ces dernières sont toujours sous l’emprise du surendettement et des surcapacités chroniques de production, qui entravent d’autant plus la croissance que la demande mondiale évolue peu et que la guerre commerciale produit ses effets nocifs.
De fait, les données de la nuit sont, une nouvelle fois, d’un bien mauvais cru. Les exportations avaient donné la direction la semaine dernière, les retours en provenance de l’industrie, de l’investissement et des ventes de détail, confirment, toutes, un sérieux coup de frein de la croissance économique du troisième trimestre, après un premier semestre de bonnes surprises. Sans doute faudra-t-il un certain temps avant que les investisseurs parviennent à appréhender ces contradictions d’une histoire éminemment différente de celle qui a fait la performance de l’indice Shanghai par le passé (voir à ce sujet notre présentation du mois de juillet et sa Retransmission vidéo) et qui, aujourd’hui, fait celle du Shenzhen Tech.

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Les banquiers centraux entre le marteau et l’enclume de la stagflation

La posture des banques centrales semble de jour en jour plus délicate. Si la Fed est la plus concernée, du fait de la pression qu’exerce l’administration américaine sur ses décisions, et ses choix particulièrement scrutés en raison de son influence, la plupart ont perdu leurs repères face à un monde qui ne ressemble guère à celui qu’elles ont connu ces dernières décennies.
Comme envisagé avant même la réélection de D. Trump et la guerre commerciale qui s’en est suivie, l’inflation, partout, résiste et la poursuite de sa décélération laisse le plus souvent à désirer. Les banques centrales pourraient se satisfaire d’évolutions de prix nettement moins menaçantes qu’elles ne l’étaient il y a quelques trimestres, malgré tout, les choses ne sont pas aussi simples. Avec une inflation sous-jacente nettement plus soutenue que ce qu’elle était avant 2021, le juste positionnement du curseur des politiques monétaires est beaucoup plus incertain.

Répondre aux sirènes des risques conjoncturels n’est, dès lors, pas aussi accessible que par le passé. La capacité des banques centrales à prévenir ces derniers s’est érodée et la situation ne se clarifiera pas avant que ne soit levée l’incertitude sur la trajectoire du mix inflation-croissance. Après une décennie de « goldilocks », au cours de laquelle co-existaient croissance, sinon forte, du moins décente, et très faible inflation, la flambée des prix de 2022-2023, sur fond de changements structurels de l’économie mondiale et d’instabilité géopolitique et commerciale, est en mesure d’avoir définitivement confisqué la possibilité d’un retour vers cet équilibre. Si tel est le cas, sur quoi pourrait déboucher l’état de stagflation qui caractérise la situation du monde développé depuis le début de l’année dernière ? La réponse suscite, à juste titre, d’intenses débats et c’est de sa réponse que dépendront, pour l’essentiel, les évolutions à venir des prix d’actifs.

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Les mauvaises données du CPI américain ensevelies sous les inscriptions au chômage

Contrairement au mois dernier, c’est cette fois-ci du CPI américain que proviennent les déceptions, après des PPI plutôt réconfortants hier. En août, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 %, à raison de 0,3 % pour leur composante hors énergie et alimentation. Sur un an, l’inflation gagne deux dixièmes, à 2,9 %, soit une hausse de six dixièmes par rapport à son point bas d’avril. Sur les marchés, la publication simultanée des inscriptions hebdomadaires au chômage, en forte hausse, a néanmoins pris le pas sur la mauvaise nouvelle de l’inflation : les taux futurs américains ont, en effet, décroché sur toutes les échéances. Le message est clair : la Fed est censée donner plus d’importance aux mauvais retours du marché de l’emploi qu’à l’inflation, quand bien même cette dernière confirme l’évidence : la hausse des droits de douane fait monter les prix.

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Le surstockage enfle les PMI industriels mondiaux, un mauvais signal pour la suite…

L’indice PMI manufacturier du monde développé s’est nettement redressé en août, à 50,9 après 49,2. Il se situe maintenant dans les mêmes eaux que l’indice global et que son équivalent pour les pays émergents, pourtant soutenu par les très bons indices indiens. L’industrie du monde développé semble renaitre de ses cendres, avec un niveau d’indice PMI qu’elle n’avait pas connu depuis longtemps, période covid. Faut-il y voir les effets de l’essor des politiques de défense, de réindustrialisation ou de la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine ? Aucun de ces arguments ne semble, aujourd’hui, à l’origine de cette apparente embellie. Le rapport de S&P insiste surtout sur un phénomène de stockage, beaucoup plus plausible compte-tenu du contexte en présence, en particulier des menaces que font peser les mesures protectionnistes de D. Trump sur les perspectives… Une conclusion nettement moins encourageante pour la suite.

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